‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 84 sur 183 · LUC · texte numérisé non relu

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nions de ces duretés. On les rejetait sur le marquis de Louvois , devenu plus inhumain par cet endurcissement de cœur que produit un long ministère. Il avait en effet donné ces conseils ; mais Louis avait été le maître de ne les pas suivre. Si le roi avait été témoin de ce spectacle, il aurait lui-même éteint les flammes. Il signa, du fond de son palais de Versailles et au milieu des plaisirs, la destruction de tout un pays , parce qu'il ne voyait dans cet ordre que son pouvoir et le malheureux droit de la guerre ; mais de plus près il n'en eut vu que l'horreur. Les nations, qui jusque-là n'avaient blâmé que son ambition en l'admirant , crièrent alors contre sa dureté, et blâmèrent même sa politique. Car si les ennemis avaient pénétré dans ses états, comme lui cher les ennemis , ils eussent mis ses villes en cendres. {Essai sur ies mœurs.)

LUCIUS, pape, — rvt d'ouk cou* os pibbhk un 1 1 if. — Borne n'était pas tranquille. L'ancien amour de la liberté reproduisait de temps en temps quelques racines. Plusieurs villes d'Italie avaient profité de ces troubles pour se mettre eu républiques, comme Florence, Sienne, Bologne, Milan, Pavie. On avait les grands exemples de Gènes, de Venise, de Pise; et Rome se souvenait d'avoir été la ville des Sriptons. Le peuple rétablit ■M ombre de sénat, que les cardinaux avaient aboli. On créa un patricc au lieu de deux consuls. [ 1 1 4 ; ] Le nouveau sénat signifia au pape Lut lus 11 que la souveraineté résidait dans le peuple romain, et que I'évêque ne devait avoir soio que de l'église.

Ces sénateurs s'étant retranchés au Capitule, le pape Lucius les assiégea en personne. Il y reçut un coup de pierre à la tête, et en mourut quelques jours après.

£n ce temps, Arnaud de Brescia, un de ces hommes à enthousiasme, dangereux aux autres et à eux-mêmes, prêchait de ville en ville contre les richesses immenses des ecclésiastiques, et contre leur luxe. 11 vint à Rome, où il trouva les esprits disposés a l'entendre. 11 se flattait de réformer les papes . et de contribuer à rendre Borne libre. Eugène 111, auparavant moine à Citeaux et à Clervaux, était alors pontife. Saint Bernard lui écrivait : « Gardez - vous des Romains : ils sont odieux au ciel et à la terre, impies envers Dieu, séditieux entre eux, jaloux de leurs voisins, cruels envers les étrangers; ils

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n'aiment personne, et ne sont aimés de personne ; et voulant se faire craindre de tous, ils craignent tout le monde, etc. • Si on comparait ce9 antithèses de Bernard avec la vie de tant de pa;>e», on excuserait un peuple qui , perlant le nota romain, cherchait à n'avoir ppint de maître. ( Essai sur (es rrurws. )

LUCBECIA, tille du pape Alexandre VI. — SSS DtBAUCHSS AVSCSOJI FhB.ll. —

Le pape Alexandre vi avait deux grands objets : celui de joindre au domaine de Rome tant de terres qu'on prétendait en avoir été démembrées, et celui de donner une couronue à son fils, César Borgia. Le scandale de ses amours et les horreurs de sa conduite ne lui étaient rien de son autorité. On ne vit point le peuple se révolter contre lui dans Rome. 11 était accusé par la voix publique d'abuser de sa propre fille Lucrèce , qu'il enleva successivement à trois maris, dont il fit assassiner le dernier (Alfoose d'Aragon), pour la donner enfin à l'héritier de la roaisou d'Est. Ces noces furent célébrées au Vatican parla plus infâme réjouissance que la débauche ait jamais inventée, et qui ait effrayé la pudeur. Cinquante courtisanes nues dansèrent devant cette famille incestueuse, et des prix forent donnés aux mouvemeos les plus lascifs. Les enfans de ce pape, le duc de Candie, et César «le Borgia, alors diacre, archevêque de Vt) lence en Espagne, et cardinal, avaient passé publiquement pour se disputer la jouissance de leur sœur Lucrèce. Le duc de Candie fut assassiné danr, Rome : la voix publique imputa ce meurtre au cardinal Rorgia, et Guichardin n'hésite pas à l'en accuser. L mobilier des cardinaux appartenait après leur mort au pontife ; et il y avait de fortes présomptions qu'on avait hâté la mort d< plus d'un cardinal dont on avait voulu beriter. Cependant le peuple romain était obéissant, et toutes les puissances recherchaient Alexandre vi. { Essai sur ies mœurs. ) LUTHER (Martin), réformateur du catholicisme, — 60ut!extsa doctbins 1 la 01ÈTB dk vtobms ( 1 5a 1 ). — C'est un grand problème, .si Charles Qurol alors empereur, devait embrasser la rei<>rme, on l'j opposer. En secouant le joug de Rome, il vengeait tout d'un coup l'Empire de quatre cents ans d'injures que fa tiare avait faites à la couronne impériale ; mai il courait zisque de perdre l'Italie. 11 avait à ménager le pape, qui devait s*?

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