‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 85 sur 183 · LUT · texte numérisé non relu

LUT

joindre à lof contre François iM; de plus, ■et états héréditaires étaient tous catholiques. On lui reproche même d'avoir tu avec plaisir naître une faction qui lui donnerait lieu de lever des taxes et des troupes dans l'Empire, et d'écraser les catholiapes , ainsi que les luthériens, sous le poids d'un pouvoir absolu. EnGn sa politique et sa dignité l'engagèrent à se déclarer contre Luther, quoique peut-être il lût , dans le fond , de son avis sur quel- * que» articles, comme les Espagnols l'en soupçonnèrent aprèa sa mort. *

11 somma Luther de venir rendre compte de sa doctrine en sa présence à la diète impériale de Worms , c'est-à-dire , de venir y déclarer n'il soutenait les dogmes que Borne avait proscrits. Luther comparut avec un sauf-conduit de l'empereur, s 'ex posant hardiment au sort de Jean Hus ; mais cette assemblée étant composée de princes, il se Ga à lenr honneur. Il parla devant l'empereur, et devant la diète, et soutint sa doctrine avec courage. On prétend que Charles - Quint fut sollicité par le nonce Alexandre de faire arrêter Luther, malgré le sauf-conduit, comme Sigismond avait livré Jean Hus, sans égard pour la foi publique; mais que Charles -Quint répondit* qu'il ne voulait pas avoir à rougir comme Sigiamond. »

Cependant Luther, ayant contre lui son empereur, le roi d'Angleterre, le pape, tous les évéques et tous les religieux , ne s'étonna pas : caché dans une forteresse de Saxe, il brava l'empereur, irrita la moitié de l'Allemagne contre le pape, répondit au roi d'Angleterre comme à •on égal, foui lia et «tendit son église

Le vieux Frédéric , électeur de Saxe, souhaitait l'extirpation del'église romaine. Luther crut qu'il était temps enGn d'abolir la messe privée. 11 s'y prit d'une manière qui, dans un temps plus éclairé, n'eût pas trouvé beaucoup é applaudûscmens. Il feignît que le diable, lui étant apparu, lui avait reproché de dire la messe et de consacrer. Le diable lui

Erojva, dit-il, que c'était une idolâtre, uther, dans le récit de cette fiction , avoua nue le diable avait raison, et qu'il fallait l'en croire. La messe fut abolie dans la ville de Wittemberg, et bientôt aptes dans le reste de la Saxe. On abattit les images. Les moines et les religieux sortaient d« leurs cloîtres; et, peu d'an-

nées apri-s , Luther épousa une religieuse nommée Catherine Dore. Les ecclésiastiques de l'ancienne communion lui reprochèrent qu'il ne pouvait se passer de femme; Luther leur répondit qu'ils ne pouvaient se passer de maîtresses. Ces reproches mutuels étaient bien différent:

les prêtres catholiques, qu'on accusait d'incontinence, étaient forcés d'avouer qu'ils transgressaient la discipline de l'église ; Luther et les siens la changeaient.

La loi de l'histoire oblige de rendre justice * la plupart des moines qui abandonnèrent leurs églises et leurs cloîtres pour se marier. Ils reprirent , il est vrai, la liberté dont ils avaient fait le sacrifice, ils rompirent leurs vœux ; mais ils ne furent point libertins, et on ne peut leur reprocher des mœurs scandaleuses. La même impartialité doit reconnaître que Luther et les autres moines , en contractant des mariages utiles à l'état , ne violaient guère plus leurs vœux que ceux qui , avant fait serment d'être pauvres et humbles, possédaient des richesses fastueuses. ( Essai sur Us mœurs.)

— riaarxT la polyoamib. (7 décembre, 1539.) — Les réformateurs d'Allemagne, qui voulaient suivre l'évangile mot 4 mot , dispensèrent d'une loi reconnue , laquelle semblait ne devoir pins recevoir d'atteinte; c'est la loi de n'avoir qu'une femme, loi positive sur laquelle paraît fondé le repos de» états et des familles dans toute la chrétienté ; mais , loi quelquefois funeste et qui petit avoir besoin d'exceptiona comme tant d'autre* lois. Il est des cas où l'intérêt même des famille* et surtout l'intérêt de l'état , demandent qu'on épouse une seconde femme du vivant de la première , quand cette première ne peut donner nn héritier nécessaire. La loi naturelle alors se joint au bien public; et, le but du mariage étant d'avoir desenfana; il paraît contradictoire de refuser le seul moyen qui mène à ce but.

Il ne s'est trouvé qu'un seul pape qui ait écouté cette loi naturelle ; c'est Grégoire ii, qui dans sa célèbre décréta le de l'an 726, déclara que quand un homme a une épouse infirme , incapable des fonctions conjugales; il peut en prendre une seconde pourvu qu il ait soin de la première. Luther alla beaucoup plue loin que le pape Grégoire II. Fhilippele Magnanime, landgrave de Hesse , voulut du vivant de sa femme Christine d*

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