‹ Dictionnaire historique des événemens remarquablesChapitre 86 sur 183 · MAC · texte numérisé non relu

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Saxe, qui n'était point infirme, «l il»<ot il avait des enfans, épouser une féline demoiselle nommée Christine de Saal, dont il était amoureux. Ce qui est peut- *tre plu» étrange, c'est qu'il parait par les pièces originales concernant cette af. Taire , qu'il mirait de la délicatesse de conscience dans les desseins de c e prince. C'est un des grands exemples de la faiblesse de l'esprit humain. Cet homme , d'ailleurs sage et politique, semblait croire sincèrement qu'arec la permission de Luther et de ses compagnons, il pourait transgresser une loi qu'il reconnaissait. 11 représcnla donc à ces chefs de son église que sa femme, la princesse de Saxe, t'-tait laide, sentait mauvais et s'enivrait souvent. Ensuite il avoue avec naïveté dans sa requête qu'il est tombé très souvent dans la fornication , et que son tempérament lui rend le plaisir nécessaire : mais ce qui n'est pas si naïf, il fait sentir adroitement à «es docteurs que, s'ils ne veulent pas lui donner la dispense dont il a besoin , il pourrait bien la demander au pape.

Luther assembla un petit synode dans Wittcmberg, composé de six réformateurs : ils sentaient qu'ils allaient choqu* r une loi reçue dans leur parti même. La loi naturelle parlait seule en faveur du landgrave; la nature lui avait donné au nombre de trois ce qu'elle ne donne d'ordinaire aux autres qu'au nombre de deux; mais il n'apporte point cette raison physique dans sa requête.

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La décrétait* de Grégoire u qui p.-r met deux femmes n'était point en fi gueur, et n'autorise personne. L«-s exemples tju' plusieurs rois chrétiens, et surtout les rois goths avaient donnés autrefois de la polygamie, n'étaient regardés par tous 1rs chrétiens que comme des abus. Si l'empereur Valentinien l'ancien, épousa Justine du vivant de Sévéra, sa femme; si plusieurs rois francs curent deux ou trois femmes à la fois , le temps en avait presque effacé le fouvenir. Le synode de Wittemherg ne régardait pas le mariage comme un sacrement; mais comme un contrat civil : il disait que la discipline de l'église admet le divorce , quoique VEtangitc le défend ; il disait que V Evangile n'ordonne pas expressément la monogamie : mai* enfin il voyait si clairement le scandale, qu'il le déroba autant ou'il put aux yeux du public La permission de la polygamie fut signée ; la concubine fut épousée du consentement même de la légitime épouse. Ce que , depuis Grégoire, jamais n'avaient osé les papes , dont Luther attaquait le pouvoir ex cessif,il le lit n'ayant aucun pouvoir. Sa dispense fut secrète; mais le temps révèle tous les secrets de cette nature. Si cet exemple n'a guère eu d'imitateurs ; c'est qu'il est rare qu'un homme puisse conserver chez, soi deux femmes , dont la rivalité ferait une guerre domestiqne continuelle , et rendrait trois personnes malheureusse.

( Essai sur ics mœurs. )

MACANAZ — victime db son zùls

COTRE LIS lMMOlllTis ECCLtSIASTlQURS Blf

1719. — Macanax, fiscal du conseil de Castillc, avait présenté un mémoire à Philippe v sur la nécessité de diminuer les énormes abus de ces immunités ecclésiastiques. Le cardinal Guidice, grand inquisiteur et ambassadeur en France, ayant une copie de ce mémoire qu'un ministre lui avait confiée, trahit son prince, et la remit à un inquisiteur. Le saint-office rendit un décret contre le mémoire , et Guidice confirma ce décret par son approbation.

Cet excès d'insolence devait faire détraire l'inquisition, et perdre Guidice.

Qu'espérer pour un pays dans lequel un mémoire présenté au souverain peut être condamné et flétri par un tribunal , où les avis qu'un citoyen , qu'un ministre croit devoir donner au prince, sont poursuivis comme un crime P

Philippe v défendit la publication du décret. Alors les inquisiteurs déclarent que leur conscience ne leur permet point d'obéir. Guidice offre de se démettre de sa place de grand inquisiteur, ne pouvant, disait-il, concilier son respect pour le roi avec son devoir; mais il s'arrangea pour faire refuser sa démission par le pape.

Albéroni venait de conclure le mariage de Philippe ▼ avec la princesse de Parme ;

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