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nois de l'Ile avec le secours dès principales puissances de l'Europe, dont tl était sûr.
11 faut qu'il y ait des temps ou fa tête tourne à la plupart des hommes. Sa proposition fut acceptée. Le baron Théodore aborda, le i5 mars 1756, Au port d'Aleria, vêtu à la turque et coiffé d'un turban. Il débutà par dire qu'il arrivait avec des trésors immenses ; et , fcoor preuve , il répandit parmi le peuple une cinquantaine de setyuios en* monnaie de billon. Ses fusils, sa poudre, qu*ii distribua , fiirent les preuve de sa puissance. Il donna dès souliers de bon cuir ; magnificence ignorée en Corse. Il àposta des courriers qui venaient dé Livourne sur des barques , et qni lui apportaient de prétendus paquets des puissances d'Europe et d'Afrique. Oh le prit pour un des plus grands princes dè la tèrre : il fut élu roi ; on frappa quelques monnaies' de cuivre à son coiu ; il eut line Cour et de.« secrétaires d'étët. Ce qui accrut principalement sa réputation et son pouvoir, c'est. que le sénat génois mit sa tête à prix. Mais , au bout de huit mois , les principaux Corses ayant reconnu le personnage ; et le peu "d'argent qu'il avait étant épuisé , il partit pout aller, disait- il, chercher les pins puissans secours.
Réfugié dans Amsterdam , dti de ses créanciers lè fit mettre en prison. Cette disgrâce ne le rebuta point ; il trouva lè secret de tromper des juifs et dés hègocians étrangers établi dans Amsterdam, comme il avait trompé Tunis et la Corse; il leur persuada non seulement de jpayer ses dettes, mais de charger un vaisseatt d'armes, de poudre, de munitions de guerre et de bouche avec beaucoup dé marchandises , leur persuadant qu'ils feraient seuls tout le commerce dè la Corse, et leur fesant envisager dés profita immenses. L'intérêt leur ôtait la raison ; mais Théodore n'était pas moins fou qu'eux : il s'imaginait qu'en débarquant en Corse des armes , et paraissant avec quelque argent , toute l'île se rangerait incontinent sous ses drapeaux malgré les Français et les Génois. Il ne put aborder: il se* sauva à Livourne : et ses créanciers de Hollande furent ruinés.
Il se réfugia bientôt en Angleterre ; il fut mis en prison pour ses dettes à Londres , comme il l'avait été à Amsterdam. II y resta jusqu'au commencement d*