‹ Dictionnaire historique des hommes illustres du Canada et de l'Amérique [microforme]Chapitre 22 sur 66 · EU · texte numérisé non relu

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et ne tenaient plus que Saint-Marc, Port au Prince, Jérémie et Molé. Toussaint allait attaquer ces postes l’un après l’autre, quand une négociation avec le genéral Maitland aboutit à l’évacuation de l’île. Il rendit visite au capitaine anglais, fut reçu avec les plus grands honneurs militaires et reçut un service en or et deux canons au nom du roi d'Angleterre, Maitland se rendait chez Toussaint accompagné seuiement de trois officiers, quand le commissaire Roumé avertit celui-ci qu’il avait l’occasion belle pour montrer son dévoument à la Répu-

blique en se saisissant de la personne du général anglais.

Toussaint fut fidèle à l’honneur et montra la lettre du commissaire à Maitland (1798). Cependant le Directoire éleva contre lui les mulâtres Pétion et Rigaud. Leur parti devint formidable, mais il les réduisit à l’extrémité, et Bonaparte devenu premier consul crut d’abord expédient de confirmer son titre de Commandant en Chef de l’île. Il ouvrit les ports au commerce, rappela les planteurs et rendit à ceux qui reparurent leurs propriétés ;— fonda son état sur l’agriculture, et établit aussi des écoles. Il se forma une cour et tint des levers. Un historien français dit qu’il législata avec la prévoyance d’un homme qui peut discerner les institutions qui sont de nature à tomber ou à se perpétuer. Toussaint admirait Bonaparte, mais il le blessa en lui écrivant “ Le premier des Noirs au premier des Blancs ” et la jalousie du consul fut augmentée par la constitution de 1801, par laquelle son rival rendait légale la charge de gouverneur général et se réservait le droit de nommer son successeur,—fesait de St. Domingue un état indépendent sous le protectorat de la France. En vair demanda-t-il à Bonaparte la ratification de ‘cette constitution ; celui-ci profita de la paix d'Amiens pour envahir St. Domingue et répondit au citoyen Forfait , qui lui démontrait l’impolitique de cette mesure. “ J’ai besoin vous dis-je de me débarrasser ‘de 60,000 hommes : ” c’était l’armée de Moreau, qui lui fesait ombrage, et qu’il envoyait se faire détruire par les nègres pour tuute récompense d’innombrables et grands services: Rigaud et Pétion accompagnaient l’expédition, qui atteignit S. Domingue le 28 janvier 1802. ‘“ Nous sommes perdus, s’écria Toussaint à la vue de la flotte, toute la France vient contre St, Domingne.” Mais il reprit courage bien que Kervesau

eût forcé le débarquement à Santo-Domingo, Roehambeau au Fort Dauphin, Boudet à Port au Prince et Leelerc, beau-frère du premier consul, au Cap Français, Christophe refusa de reconnaître d’autre autorité que celle de Toussaint, et mit lu ville en cendres avant de l’évacuer La guerre de montagnes fut avantageuse à Toussaint, et Leclerc écrivit que les Alpes n’étaient pas un aussi grand obstacle pour une armée que les montagnes de Huyti. Bonaparte voulut vaincre son adversaire moitié par les armes et moitié au moyen de ses sentimens naturels. Leclerc était porteur d’une lettre où léloge était mêlé à la menace et les deux fils de Toussaint, Isaac et Placide, auxquels il avait fait la langue, étaient sur la flotte avec M. Coasnon, leur précepteur. L’entrevue du père et de ses deux enfans fut touchante ; mais enfin Toussaint commanda qu’on les éloignàt et il fut fidèle à sa mission. Il eut cependant le désavantage. La défection de Laplume et Maurenas ne l'avaient point découragé et il résistait avec Dessalines et Christophe: Le premier, assiégé dans Crète-à-Pierrot, s’ouvrit un passage après avoir tué 2000 hommes à Leclerc ; mais la réduction de cette forteresse annonçait la fin de la guerre. Leclere en fut persuadé et non moins machiavélique que Bonaparte, il fit suivre par des massacres ses premières proclamations humanitaires. Les noirs désertérent et Tl'oussaint fut sauvé pour un temps encore. En 1802 cependant, Leclerc détrompé, proclama de nouveau l'égalité des blancs et des noirs. (Christophe fit sa paix, Dessalines limita, et Toussaint fut abandonné par son frère méme, Paul L’Ouverture. Il conclut alors avec Leclerc le 1er Mai un. traité par lequel il conservait le commandement de l'Ile et ses officiers leurs grades ; le géral français ne devait agir que dans la même qualité que Rochambeau et Hédouvilie,—traité glorieux s’il eût été sérieux de la part des Français. Leclerc fit-traitreusement arrêter. Toussaint à Gonaives conformément aux ordres de Bonaparte, et il fut embarqué sur le Héros avec sa famille. Arrivé à Brest en juin 1802, il fut séparé de sa famille, qui fut conduite à Bayonne, et envoyé an ghâteau de Joux dans.les montagnes du Jura, dans le dessein sans doute de faire agir sur sa constitution un alimat contraire au sien. Ilfut trouvé mort le 27 Avril 1803, assis au coin du feu d’une cheminée ; la tête pen--

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thée et les mains appuyées sur'ses genoux. On publia qu’il était mort d’apoplexie. Sa famille passa de Bayonne à Agen où un de ses fils le suivit bientôt au tombeau. Son épouse mourut en 1816 dans les bras d’Isaac et de Placide. Le premier publia en 1825 la Vie de son père. Leclerc périt lui-méme dans l’expédition de St. Domingue avec 1509 officiers dont quatorze généraux, sept cents chirutgiens et 30,000 soldats soit par les armes soit par les maladies. Dessalines, Christophe, Clervaux achevèrent l’ouvrage de Toussaint. Soulevés de nouveau par Pattentat des Français, ils les chassèrent bientôt de Fort Dauphin et de Port de Paix, Leclerc mourut en Novembre et Rochambeau, bloqué par les Angluis et traqué par les Noirs, se rendit au premiers. La constitution de Toussaint fut adoptée en 1804 et Dessalines proclamé gouverneur à vie avec le droit de nommer son successeut. St. Domingue reprit son ancien nom d’'Hayti. Toussaint L’COuverture est le héros, d’une tragédie de Lamartine.

Lusignan (Charles de }) ancêtre d’une famille canadienne, était né en Toscane sous Côme ITI, en 1718 et est mort en 1825 à 106 ans. Il se trouva à Fontenoy, vint en Canada en 1756, se trouva à Carrillon dont il commanda quelque temps le fort, vit pendre l’Intendant Bigot en effigie, et commanda à St. Jean puis à Chambly, qu’il remit aux Anglais. Après la conquête, il all en France pour négocier des Ordonnances, et revint en Canada où il s’intéressa pouf Ducalvet, et signa la demande de la constitution.=M. Alexandre De Lusignan du Bureau de lInstruction Publique, a été un des preniers élèves de l’Ecole de Droit.

Lymburner (Adam) riche marchand de la Province de Québec aprés la conquête, fut dit-on, partisan des Américains en 1775, puis agent des constitutionnels à Londres, et membre en 1791 du Conseil Exécutif, dans lequel cependant il n'a jamais siégé.

Mabane (Adam) chirurgien militaire de l’armée conquèrante du Canada, successivement membre du Conseil Supérienr, Juge de la Cour des Playdoyers communs Commissaire exerçant les fonctions de juge en chef, censeiller Législatif ét Conseiller Exécutif en 1791. Il

ne paraît pasavec:avantage dans l’Histoire de .non père: et encore moins dans les écrits de Ducalvet ; mais dansle fait, il fut après Thomas Dunn, un des Anglais qui méritèrent le plus des. Canadiens, comme le prouvent son opposition aux vues d’anglification du Grand-Juge. Smith et son prôtet contre le Rapport anti-seigaeurial des officiers de la Couronne et du même Juge.—Voir mes Znstitutions Historiques.

Macquet (le R. P. Alexis) dernier jésuite ordonné en Canada en 1767, mort le 2 mars 1775.. Jean Joseph Casot avait été ordonné en 1766 avec Jean-Baptiste Noël, qui mourut en 1770.

Mac Ready, fimeux tragique anglais, encore vivant il y a quelques années, et qui a paru à deux reprises sur les théâtres canadiens.

Madrid [J. F. de] ministre de la République de Colombie à Londres, marcha sur les traces des meilleurs poëtes de l'Espagne se signala surtout par deux tragédies et mourut en 1830.

Maguire (Thomas) décédé Grand-Vicaire du diocèse de Québec.—On a de lui une critique bien écrite mais acerbe de l’Histoire du Canada de Smith, un livre de rubriques, un manuel de jurisprudence à l’usage des curés, et le manuel des diflicultés les plus communes de ‘a langue française, adapté au jeune âge Québec 1841, relevé exagèré des fautes de langage qu’on fait communément en Canada, et suivi d’un Recueil de Locutions Vicieuses.

Mailloux [Alexisi ecclésiastique contemporain, cidevant Principal du Collége de Ste. Anne de Lapocatière et actuellement prédicateur de la tempérance dans le diocèse de Québec, dont il est Grand-Vicaire. On lui doit le Manuel des parens chrétiens ow devoirs des pères et des mères düuns l’education religieuse de leurs enfans un volume en—8vo Québec 1851; aussi un bon écrit contre la Philosophie profane imprimé dans la Minerve,

Maison-Neuve (Paul ( «omedey de) gentilhomme champenois, fondateur de Montréal en 1642, avait déjà paru dans l’île et préparé le terrain. Il repassa en France et en amena une recrue de 108 hommes. On fit des prières publiques à Québec pour son heureuse arrivée et il fut appelé je libérateur de la colonie, dont le peuple. était encore très peu de chose. Jeanne Manse l’avait suivi d'abord ; Marguerite Bourgeois s’attacha aussi, à ses pas,

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Ja victoire de Dollard Descormiers sur les Iroquois aux chaudières de l’Ottawa est le plus bel évènement de son: gouvernement de Montréal, que M. de Mesy. lui fit quitter par ses persécutions. Il le chassa ignominieusement: en le déclarant incapable. Le séminaire de Paris fit une pension à ce héros de la propagation de l'Evangile et de l’humilité chrétienne.

Malcolm [James Pellew] peintre, graveuretantiquaire, né en Amérique, mourut en 1815. On a de lui lo First: Impressions, 20 Londinun Redivivum;et: 30 Manners and Customs of London.

Malibran [ia] fameuse cantatrice, dont Isidore Lebrun dit, probablement à tort, qu’elle fit une apparition sur les. théâtres du Haut-Canada.

Manco Capac, empereur du Pérou, fonda Cuzco et établit le culte du Soleil.

Manco II, frère et successeur d’Atahualpa, s’échappa des mains des. Espagnols en 1535, leva des troupes et se réfugia dans les. Andes en 1537. Apres quelques succès il fut assassiné par un proscrit espagnol auquel il avait donné asyle. Avec ses deux fils, que les Espagnols mirent à mort, s’éteignit la race male des Incas.

Manse [Jeanne] fondatrice de l’Hôtel-Dieu de Montréal, suivit M. de Maison-Neuve en 1642, et mourut en odeur de sainteté, comme Marguerite Bourgeois avec laquelle elle se lia d’une étroite amitié.—Voir sa vie par l'abbé Faillon.

Marcoux (l’abbé) durant longues années Missionnaire des Iroquois de Caughnaouaga, a travaillé la grammaire et le dictionnaire iraquois, et: communiqué son travail à l’'Académicien Ampère, qui en parle avec éloge dans la Promenade en Amérique.

Margry (P.) conservateur adjoint des archives de la marine à Paris, s’occupe beaucoup du Canada sur le quel il a publié quelques notices. Il travaille même à en écrire l’histoire.

Marguerie (François) interprête des langues sauvages aux Trois-Rivières après le Sieur Nicolet, se noya en 1648. L’annaliste américain Holmes dit, qu’il fut député à Boston en 1646 pour solliciter du secours. Il s’agissait d’une ligue proposée entre la Nouvelle-France:et le Massachusetts contre les Cantons.

Marin Da Gloria (Dona) dernière reine de Portugal,

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fille de l’empereur Don Pedro, naquit et reçut son éduéation au Brézil.

Maricourt (Paul Le Moine Sieur de) fils de Charles Le Moine père, guerrier et diplomate, était né le 15 Décembre 1663. Il se signala à Québec et à la Baie d’Hudson, sous le chevalier de Troye d’abord, puis sous d’Tberville, son frère. Il commandait les Iroquois et les Abénaquis domiciliés dans la grande expédition du comte de Frontenac contre les Cantons,ou ïl alla en ambassade avec Joncaire et le P Bruyas en 1699, et eut beaucoup de part à la paix qui fut conclue sous M. de Calliéres.

Murle (C. L.) habile lexicographe français qui a passé en Canada en même temps que M. Desplaces. Ancien Rédacteur en chef du Constitutionnel, il a publié en vingt volumes le Dictionnaire Physiologique de la langue française, troisième édition.

Marmier (F. X.) littérateur contemporain, auteur d’un grand nombre de beaux ouvrages. Son Voyage en Amérique est superficiel et le moins'bon de ses livres.

Marquette.—Voyez Joliet.

Marriot (Sir James) docteur en dtoit, Jurisconsulte an-

glais ami et correspondant de Voltaire, et l’un des plus acharnés ennemis de la nationalité des Canadiens.—Voir mes Znstitutions Historiques.

. Mariigny (Le Moine de) cousin de Willustre Le Moine d’Iberville, le suivit dans ses expéditions. Ce héros ayant été obligé d'attaquer une seconde fois le fort Bourbon, que les Anglais avaient repris, lui en confia le cominandement.

Martin (les) première famille canadienne, dit-on ; — Le 24 Octobre 1621, le P. Denis, Récollet, baptisa un fils èt une fille (Abraham Amador et Marguerite) d'Abraham Martin dit l’Ecossais et de Marguerite Langlois. Martin père était pilote du Roi pour le fleuve St. Laurent et donna son nom aux plaines d'Abraham. Le parrain du fils fut ce Latour, de si fameuse mémoire en Acadie. Il devint le deuxième prêtre canadien et chanoine lors de érection du chapitre de Québec.

Le célèbre botaniste Sarrasin [voyez ce nom] épousa une fille de eette famille, et Hélène Martin épousa Médard Chouard Desgroseillers, connu par ses entreprises à la Baie d'Hudson.

Philippe Martin, né en Canada en 1752, quitta le paye

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