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Le Je PAPINEAU.
Notice de l'ouvrage français intitulé: “ Dictionnaire
. Le de la Conversation.” L
Papineau (L. J.) dont la famille, originaire de l’Ouest de la France, s'établit, il y a un siècle et demi, en Canada, est né à Montréal vers 1787. Notre révolution de 1789 inspirait trop de crainte au ministère anglais pour qu’il refusât plus longtemps au Bas-Canada une consti- \ tution avec une chambre élective. M. Papineau, père, fut un des membres de cette assemblée, et il y fit preuve d’autant de patriotisme que de courage, surtout en 1796 et en 1810, époques ( } où le joug de l’Angleterre se fit le plus cruellement sentir. Peu après ce dernier temps, il se retira des affaires, et sa vieillesse est aujoutd’hui entourée “’un respect universel ; son fils, Louis, le remplaça à l4 chambre, où bientôt {1814) il fut élu Président (Speaker). Il avait été reçu avocat le 9 mûi 1810, mais il renonça au barreau pour se vouer entièrement à la défense des droits et des intérêts de son pays. Il fut constamment reélu à la présidence, excepté en 1822 et 1823, période où il fut remplacé par M. Vallières de St. Réal, et envoyé par la Chambre auprès du ministère anglais pour soutenir ses remontrances contre l’administraiion despotique de lord Dalhousie. A son retour, il fut rappelé à la présidence ; la lutte recommença contre ce gouverneur qui, revenu aussi de Londres, ne mit plus de frein à ses vexations, Jusque à ce que une pétition signée par 69,700 Canadiens le fit enfin destituer en 1828. Comme tous les Canadiens, M. Papineau avait fait d'assez mé- k: diocres études au Séminaire des Sulpiciens (ft), seul
[*] Il y a erreur pour 1796.
[t] Voilà un compliment à l'adresse des Calotins ! Mais ceux qui ont voulu travailler ont fait dans ce collége des études vraiment fortes.
ssbesiéreriirt
‘collége qui existe à Montréal ; mais plus turd il a fortifié son esprit par des travaux spéciaux sûr l’histoire de son pays et des Etats-Unis, ainsi que sur la législation de l'Europe. C’est par là, autant que par une éloquence naturelle, qu'il s’est acquis une veritable supériorité pariementuire. L’Assemblée de Québec uime les discours. Ainsi que dans la Chambre des Communes, les discussions s’engagent le soir ; tous les discours y sont improvisés, et souvent le président en fuit le résumé. Les Parlemens des six provinces anglaises du nord américain n'ont pas d'Orateur comparable à L. J, Papineau. Il est d’une stature avantageuse ; les traits de son visage annoncent, cumime ses uctes, un esprit ferme, adroit sans rudesse, et fecund en ressources ; su pensée est forte, brillante, plus vive que profonde ; son expression grave, incisive, et empreinte du cuructère canadien, dont lenjouement tempère l'énergie. Quelquefois, après avoir improvisé en françuis un discours de deux heures, M. Papineau l’a répéts en anglais. D'autres députes suivent cet exemple ; mais aucun ne parle notre laugue uvec plus de correction que lui, sans toutefois qu'il se préserve entièrement de certains idivtismes canadiens. Su bibliothèque, très considérable, est choisie avec discernement. . Des articles recueillis par un Journal françuis rédigé longtems pur de jeunes avocuts, et qui, comme les autres gazettes libéral:s, vient d’etre détruit violemment, indiquent que le style de M. Papineau est inférieur à son élocution oratoire ; il lui faut l’action, un auditoire, un sujet qui l’affecte vivement, la contradiction. Il est orateur. Le traitemeut du Président est annuel et s'élève à 1000 1. st, 25,000 fr. environ. M. Papineau, dont la famille nombreuse est une des principales du pays, possède en outre une grande fortune, et 1l en jouit honora-
Il en est sorti des évêques des Etats-Unis et même d'Europe, un ambassadeur américain (M Dilks) et un ambassadeur français, [le comte ds St. Auluire,] Le fils di: Consui Générul de Russie aux Etats-Unis y fesait ses classes en même temps que moi. Joseph Octave Plessis, Jean Jacques Lartigue, D. B et J. Viger, Michel U'Sullivan et Michel Bibaud Hughes Heney, peuvent se mesurer avec l'élite de la France, Moi-mèrme, je laisse à ceux qui sont connaisseurs en fait de logique de
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\ M, Horteuiius de St. Albin, sorti de l'Université de France.
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blement. Lorsque des gouverneurs ont su s’affranchir de la mofétte britanñique, il les 4 dignement reçus dans son hôtel, et desumbassadetrs français auprès des Etats-Unis, ui ont visité Montréal, ont pu se croire chez lui dans un es sulons d'élite de Paris. Ces rénseignemens qui sont fort exuëts, ne répondent pas au portrait qu’on se fut généralement d’un chef da parti, violent, farouche, fanatique par patriotisme, qui a une fortrine à fuire où à réparer, dépourvu d'instruction, surgissant du sein d’une faction pour en être l'instrument aveugle, d'une ambition effrénée, qui accepte tous les excès, et qui se jette dans la guerre civile pour usurper ie pouvoir; qui enfin, du haut du Hochelaga, montagne près de Montréal, menace la Grande-Bretagne. Louis Pupineau se recommande à d’autres titres. Ses mœurs sout douces et polies, elles se ressentent de ce que la France a déposé sous ce rude climat une partie de sa civilisation, germe qui a heureusement fructifié, grâce à la diffusion des lumières, à lexeniple de notre patrie, au voisinage des Etats-Unis, au développement des institutions et de l’industrie anglaises. Louis Papineau, odieux au parti britannique, compte aussi des ennemis parmi d'anciens compatriotes, La peur d'un avenir don l'intérêt personnel grossit les dangers, l’or que quelques-uns ont reçu, celui qu'on offre à d’autres, lu julousie qu'inspire à presque tous une popurité de vingt ans, parvenue à son apogée, telles sont les causes de ces facheuses rivulités d'intérêt. Toutefois elles n’ont pas empêché Louis Papineau de parcourir tout le Bas Canada , voyant les populations des campagnes accourir à lui, empressées de former des comités et des meetings ; recommandant une opposition opiniâtre mais patiente , pour mieux affranchir le pays du monopole commercial ; citant l’exemple d'anciennes colonies anglaises, principalement celui de lIrlande. Vainement la haine lui a prodigué les noms de charlatan, de protecteur de roi Louis [er., d’0’Conuell: elle n’a point ôsé s’attaquer à sa vie privée, qui est restée hors de toute atteinte. Quoique ayant été revêtu iongtems du grade de Major- Général ($) de l’un des sept bataillons du comté de
6) Sic..
Montréal, Louis Papineau n’a pas acquis l’expérience qui fait le chef militaire. On n’en sera vas surpris si l’on songe que la milice n’est passée en revue qu’une fois par an, et qu’elle est dépourvue d’armes et d’unifvrme. Son fils unique, Amédée, âgé de 17 ans, est, il est vrai, l’un des chefs d’une troupe de 900 enfans de la liberté, mais cette troupe n’est pas non plus fort aguerrie : elle n’a commencé à se réunir qu'après que le général Colborne, pu gouverneur déjà que lord Gosford, a autorisé à Qué-
ec et à Montréal, l’organisation de deux corps d'environ 300 volontaires presque tous d’origine anglaise. Si Papineau eut été d’une humeur plus belliqueuse que parlementaire, il se fût trouvé dans la réunion et la bagarre du 23 octobre 1837. Loin d’y prendre une part active, il n’était pas ce jour-là, sorti de chez lui, et le soir, lorsqu’une des bandes du parti conservateur , assuillit son hotel et en brisa les portes et les fenêtres en poussant des cris de mort, il se trouvait encore dans sa bibliothèque, où il avait demeuré toute la journée. Il fit alors engager sa femme à fuir avec ses enfans. ‘“ Non, non, répondit cette dams ; non, je ne m’éloignerai pas ; puisque les jours de mon mari sont menacés, je veux, je dois partager ses périls.” Le courage de cette dame, sa fermeté, engagèrent un grand nombre d'amis de Papincau à ss rendre dans son hôtel pour l’y défendre. L'autorité n’ôsa pas l’y inquiéter, le gouverueur, bien loin de là, fit reclamer le concours de son influence pour calmer les populations ; mais Papineau répondit à cette proposition : “ Le peuple seul a résolu de maintenir ses droits ; je ne puis rien contre la volonté du peuple.” Depuis lors, l’étendard de l’indépendance a été levé dans le Bas- Canada ; Papineau est au milieu des révoltés, et malgré les efforts des feuilles anglaises pour dissimuler l’échee du léopard, il n’est plus douteux que les affaires de cette colonie d’origine française acquièrent de jour en jour une importance et un développement que les plus chauds partisans de l’émancipation des peuples eussent à peine ôsé prévoir.
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APPENDICE