MILITAIRE
CAPOTS. — Population dégradée plus connue sous le nom de cagots. Yoy. Ca-
CAPSE. — Boîte de cuirre ou de ferblanc, où les juges déposaient leurs suffrages lorsqu'on snbissait un examen pour l'acte de tentative (voy. Thèses) ou pour la licence.
CAPSOL. — *On appelait capsol ou coptûu un droit prélevé dans certaines contrées parle seigneur sur la vente des biens de ses v as baux.
CAPTAL. - Mot gascon qui signifiait thef ou seigneur. Le captai de Bvch , Jean de Grailly, s'est rendu célèbre dans tes guerres du xiv* siècle. La peiite seigneurie de Buch était située dans le département de la Gironde.
CAPUCE, SAPUCHON. - Morceau d'étoffe qui tenait à La robe des moines et se rabattait sur la tète. Pendant plusieurs siècles toutes les classes portèrent des ca- Mk'ts ou capuchotu.
CAPUC1ÈS. — L'association des caputiè$ se forma en Bourgogne, en 1 186, pour Éitter coutre l'anarchie qui désolait alors k France , et rétablir la paix. A la tète des tapuciès était un bûcheron qui prétendait que la sainte Vierge, dans une apparition merveilleuse, lui avait remis une image du Christ, avec cette inscription : «Agneau de Dieu , qui ôtez les péchés du monde , donnez-nous la paix. » Secondé par l'évèque du Puy, il réussit à organiser une association dont les membres se distinguaient par un capuchon blanc, d'où leur vint ie nom de capuciès. Us s'engageaient par serment à conserver la paix entre eux . et à combattre tous les ennemis de la paix. Us employaient, pour établir la concorde, les moyens les plus violents. On fut obligé de résistera leur zèle fanatique, et l'association des capuciès fut dissoute par la force. /
CAPUCIN, CAPUCINES. - Voy. Clergé R ÉCOLIER.
CAQUKUX, CAQUINS. — Populations semblables aux cagots. Voy. Cagots.
CARABINE, CARABINIERS. — Voy. Armée, Armes et Organisation militaire.
CARABINS. — Corps de cavalerie légère, uax xvi« et xvii" siècles. Voy. AnsiËL.
CARAT. — Poids qui exprime le titre de
perfection plus ou moins grande de l'or.
CARAVELLE. — Vaisseau rond qui portait des voiles triangulaires appelés voiles
CARBONARI. — Association secrète empruntée à l'Italie et organisée en France vers 1820. Voy. Sociétés secrètes.
C A BROUILLON. — Le corbout/ion ou droit de carbouillon était un impôt qui se prélevait sur les salines de Normandie et qui était du quart du prix du sel blanc fabriqué dans les salines.
CARCAN. — Collier de fer qui servait à attacher les criminels à un poteau. Voy. Peines afflictives.
CAKCISTES. Nom d'un parti qui, vers la lin du xvi* siècle , désola la Provence ; il se composait des partisans du comte de Garces, grand sénéchal de Provence.
CARDEORS. - Ouvriers travailla** la iaine. Voy. Corporation.
CARDINAL. — Dès le v« siècle, il est question de cardinaux dans l'Eglise romaine, mais ce titre ne signifiait alors autre chose que clerc titulaire d'une église cardinale <>u principale , soit qu'il fût prêtre ou évèque. On disait un prétre-cardinal ou un évëque-cardinal pour désigner un prêtre ou un évèque qui avait ù toujours le soin d'une église , et le distinguer d'un prêtre ou d'un évèque qui n'avait les mêmes fonctions que temporairement. Ce nom de cardinaux marquait, dit Fleury, au'ils étaient attachés à leur église, comme une porte est engagée dans ses gonds v le mot cardinal vient du latin cardo , gond )• Il y avait aussi des diacrescardinaux pour les oratoires de moindre importance. Le pape saint Grégoire se sert souvent du mot cardinal dans ce sens. Plus tard , le titre de prêtres-cardinaux fut attribué spécialement aux prêtres des villes. L'Eglise romaine, plus fidèle que les aunes aux*anci»'nnes traditions, conserva cet usage. Dans un synode tenu à Rome, en 963, on trouve mentionnés des cardinaux-prêtres et des cardinaux-diacres. Peu à peu, le titre de cardinal tomba en désuétude dans toutes les autres églises , et devint une dignité exclusivement romaine. Il v avait cependant quelques exceptions; l\ibbé de Vendôme jouissaitencore du titre de cardinal au temps du concile de Constance 1 I4i3-Hi8).
En 1059, le pape Nicolas II confia l'élection du souverain pontife au collège des cardinaux (voy. Conclave). A partir de celle époque, les cardinaux formèrent le sacré collège et voulurent siéger au-
dessus des évoques ei môme des archevêques métropolitains. En France, cette prétention lencontra une assez vive opposition. Cependant, dès l'époque de saint Louis, ils ootinrent la préséance sor les évèques, et, sous le règne de Philippe le Bel, l'égalité avec les princes. Aux états de Tours, sous Louis XII 1 1505 ), le cardinal de Sainte-Suzanne , évoque d'Angers , était à la droite du roi et le roi de Sicile à la gauche. Cependant les pairs ecclésiastiques disputèrent le pas aux cardinaux; et lorsqu'à la séance solennelle du parlement, où fut proclamée la majorité de Louis XIII, le 2 octobre i6M,on donnais préséance aux cardinaux, les pairs ecclésiastiques se retirèrent pour ne pas préjudicier à leurs droits. Peu de temps après, ie 10 janvier 1630, le pape Urbain VUI ordonna qu'à l'avenir les cardinaux seraient appelés éminences; jusqu'alors on leur avait donné les titres a' illustrissimes et révérendissHmes. A la même époque, les évèques reeurent le titre de grandeur qui leur a été conservé.
Pendant longtemps le nombre des cardinaux n'était pas déterminé Un règlement du concile de Constance l'avait fixé à vingt- quatre, mais dans la suite les papes l'augmentèrent Sixte-Quint en fixa le nombre à soixante-dix par une bulle du 3 décembre 1586 ; il devait y avoir six cardinaux-évêques, quarante-cinq cardinauxprêtres, et dix neuf cardinaux-diacres. Ce règlement a été suivi par les successeurs de Six. te-Quint. Les insignes de la dignité des cardinaux , tels que le chapeau rouge, la pourpre, la calotte rouge, leur furent attribués à diverses époques. Ce fut le pape I Tiuocent IV qui, au concile de Lyon en 124 3 , donna aux cardinaux le chapeau rouge. Vers la fin du xui« siècle , le pape Boniface YUl leur attribua la robe rouge ourob«de pourpie.Enfin, Paul II y ajouta, en 146 4, la barrette ou calotte rouge, le cheval blanc et la housse de pourpre.
Il y a maintenant trois ordres de cardinaux : les cardmaux-e\éques, les cardinaux-prêtres et les cardinaux-diacres.
Lorsque le pape fait une promotion de cardinaux, il leur donne le titre de prêtre ou de diacre, selon qu'il le juge à propos. Ils prennent leur rang suivant l'année -de leur promotion et le titre qu'ils portent. Le premier cardinal-évè- • que, le premier cardinal-prêtre et le premier cardinal-diacre sont appelés chefs d'ordre. Ce sont eux qui dans le conclave reçoivent les ambassadeurs et donnent audience aux magistrats. Le plus ancien cardinal par promotion ou celui qui a pu choisir le premier titre des cardinauxévèques, qui est celui d'Ostie, devient
CAR m
doyen du sacré collège , et a le droit de . sacrer le pape, quand il est choisi entre les cardinaux qui ne sont pas évèques. Il a le pallium ( voy. ce mot comme les archevêques. Au moment de leur promotion, les nouveaux cardinaux perdent leurs bénéfices, et ce n'est que par grâce que le pape les leur rend. Les cardinaux étrangers ne reçoiveut point le chapeau qu'ils niaient un iudult ( voy. ce mot; qui les dispeuse de renoncer à leurs bénéfices.
Un cardinal, qui va à Rome pour y recevoir le chapeau, doit s'y rendre en habit court violet. Pour l'audience du pape il porte l'habit long; il ne sort ensuite de chex lui que pour le consistoire. Le jour fixé il se rend au consistoire en carrosse de cérémonie et avec la plus grande pompe. « Il s'arrête, dit Aimon ( Tableau de la cour de Rome ) , dans la chapelle de Sixte, quand la cérémonie se doit faire au Vatican, et dans une chambre, si c'est u Monte Cavallo. Cependant les anciens cardinaux entrent deux à deux dans la salle du consistoire, et, après avoir reçu l'obédience ou baisé la main du pape, deux cardinaux-diacres vont chercher le nouveau cardinal et le conduisent devant le pape, auquel il fait troi* révérences protondes, une à l'entrée de la chambre de Sa Sainteté , l'autre au milieu et la troisième au bas du trône. Ensuite il monte les degrés, baise les pieds au pape qui l'admet aussi au baiser de paix, l e nouveau cardinal donne également le baiser de paix à tous les anciens cardinaux Cette première cérémonie achevée, le chœur des musiciens entonne le Te Deum. Les cardinaux s'en vont deux à deux a la chapelle papale, où ils font le tour de l'autel avec le nouveau cardinal , accompagné d'un ancien qui lui cède la main droite pour cette fois seulement. Après quoi, le nouveau cardinal vient s'agenouiller sur les marches de l'autel, où le premier maître des cérémonies lui met sur la tète un capuchon qui pend derrière sa chappe, et, quand on chante le Teergo du Te !>■ n m , le nouveau cardinal se prosterne profondément et demeure dans cette posture, non-seulement jusqu'à la fin du cantique, mais encore pendantque le cardinaldoyen, qui est pour lors à l'autel du côté de l'épître, dit quelques oraisons marquées dans le pontifical romain. Lorsque les prières sont finies, le nouveau cardinal se relève ; on lui abaisse le capuchon ; après quoi le cardinal-doyen, en présence de deux chefs d'ordre et du cardinal camerlingue ou chancelier, lui présente la bulle du serment qu'il doit prêter. Après l'avoir lue, il jure qu'il est prêt a répandre son sang pour la sainte Église romaine et
pour le maintien des privilèges du clergé apostolique auquel il est agrégé. Tous les cardinaux retournent ensuite dans la chambre du consstoire, dans l'ordre qu'ils avaient gardé pour en sortir. Le nouveau cardinal s'v rend aussi , marchant à la droite de l'ancien <lu> l'accomgaynaità la rhau» Ile. Il s'agenouille devant le pape; un mahre des cérémonies lui tire le capuchon sur la tête, et le pape lui met le chapeau de velours rouge sur le capuchon, e<» prononçant quelques oraisons. Le pape se retire ensuite, et les cardinaux en sortant du consi>l«-irc s'arrêtent en cercle dans la salle. Le nouveau cardinal vient leur faire la révérence au milieu de ce cercle et les, remercier. Au premier consistoire oh assiste le nouveau cardinal, le pane fait la cérémonie de lui fermer la houche; ce qui signifie qu'il lui est défendu de parler des choses qui s'y sont passées, et, au consistoire suivant, il fait la cérémonie de lui ouvrir la bouche , après lui avoir « onféré ses titres et mis un anneau au doigt
Le nombre de> cardinaux français n'a jamais été fixe. Il leur était alloué une indemnité d'installation de quarante-cinq mille francs, et un traitement de dix mille francs qui s'ajoutait au traitement dévèque ou d'archevêque qu'ils ont presque toujours. Ces allocations ont été augmentées dans le budget de 1853.
CARDINAL (Palais-). — Le Palais-Cardinal (aujourd'hui Palais- Royal ) , fut bâti par le cardinal de Richelieu et excitait une admiration que P. Corneille a exprimée dans ces vers du Menteur (acte II? scène v } :
Et Punirers entier ne jwut rien Toir d'égal Aux superbe» dehors du Pulau-Cardinul.
Richelieu légua, par son testament, le Palais-Cardinal au roi Louis XIII. Anne d'Autriche en fit sa résidence ordinaire, et ce fut alors qu'il prit le nom de Palais- Royal. Louis XIV le céda à son frère le duc d'Orléans, en 1672, et il devint l'apanage de la maison d'Orléans. Ce palais avait primitivement un vaste jardin, sur l'emplacement duquel le duc d'Orléans (Louis -Philippe- Joseph ) fit construire, en 1781 , les galeries qui devinrent le rendez-vous des étrangers et où le luxe étala ses richesses Trois des galeries furent construites immédiatement , telles ou'on les voit encore aujourd'hui. La galerie parallèle au palais ne fut pas élevée à cette époque; on construisit provisoirement des baraque* que l'on appela galerie de bois : elles ont été remplacées en 1829 et 1830 par la galerie d'Orléans cou-
verte d'une toiture vitrée et occupée par deux rangs d'élégantes boutiques.
CARDINALAT. - Dignité de cardinal.
CARDINAL1STES. — On donnait ce nom, au xvir» siècle, aux partisans des cardinaux de Richelieu et Mazariu.
CARÊME. — On croit généralement que le ciréme ou jeûne de quarante jours, à 1 imitation du jeûne de Jésus Christ dans le désert, a été établi, au il* siècle de l'ère chrétienne, p r les papes Télesphore et Grégoire lBr. La nature des aliments permis p ndant le carême a beaucoup varié. Il semble que, duns l'origine, l'Eglise s'en rapportait a la pieté des fidèles sur t la sévérité pl> s ou moins grande des jeûnes. « Les hdèles catholiques, dit suint Épiphane, suivent, dans leur manière de vivre, plusieurs réuimes reconnuandables ; car les uns s'ahsiiennent non-seulement de la chair des quadrupèdes, des oiseaux et des poissons , mais encore d'œutsetde fromage; les autres renoncent uniquement aux quadiupèdes et se permettent les oiseaux et tous les autres aliments. Ceux-ci ne mangent point de volatiles ; mais ils mangent des œufs et du poi son. Ceux-la s'interdisent les œufs, lien est qui n'u-ent que de poisson ; d'autres, s' abstenant de poisson, se nourrissent de pain Enlin, quelques-uns rejettent le pain et quelques autres les fruits des arbres, ainsi que tout aliment cuit, n Socraie. un des plus anciena historiens de l'Eglise, confirme le témoignage de saint Epiphane. « Les différentes nation», dit-il, ont leur dinereuie manière de jeûner. Comme per-onne ne peut montrer dans les hv es saints rien de précis sur cette matière, il est évident que les apôtres ont laissé à chaque fidèle la liberté de faire en < e genre ce qui lui plairait; et c'est, selon moi, la raison des différences de jeûnes qui subsistent dans les différentes églises. »
La discipline .de l'Eglise d'Occident en matière d'abstinence, n'était pas plus fixe, dana l'origine, que eelle des Grecs Théodulie. éveque d'orléana , vers la fin du vin» siècle, disait, dans une instruction sur les aliments permis les jours de jeûne: « s'abstenir d'œnfs. de iromage, de poisson et de vin, c'est faire preuve d'une grande vertu ( magnx virtutis t*î ). » Ce fut principalement vers la fin du xi* siècle et au commencement du xir, à l'époque où, sous l'impulsion de Grégoire. Vil et de ses suveesseurs, de ^r-mles réformes s'accomplissaient, que la discipline ecclésiastique, en matière de jeûnes et d'abstinence, parait s'être lixee. On lit dans
ta vie de Godefroi, évèqnc d'Amiens, vers 1 100, des détails qui prouvent qu'à celte époque même le carême n'était pu> encore rigoureusement observé « Le jour des cendres . les habitants «l'Amiens s'étant rendus à l'église de S.iintFi'imn. le bienheureux Godelroi vint nu-pied'*, selon sa coutume, et couvenVun cilice, exhoiter ses ouailles. Il leur défendit, dans non discours, de manger de U viande depuis «ce jour-là jusuu'a Pâques. Mais, loin de «déférer à ses ordres, ils protestèrent, uu contraire , qu'ils ne quitteraient point une coutume ancienne, et. après beaucoup de plaintes contre leur eveque. qui sans cesse se plaisait, disuiem-ils, à imaginer des austérités nouvelles, ils déclarèrent qu'ils mangeraient de la \iande le dimanche. Ils en mangèrent tn effet. Le prélat le sut ; mais il ferma les yeux et attendit que les circonstances devinssent plus favorables. »
Au xive siècle, l'usage <m beurre et du lait, pendant \c carême, fut rigoureusement interdit, t'n concile tenu à Angers, on J365, s'exprimait ainsi : « Nous défendons à toute personne, quelle qu'elle soit, le lait et le beurre en carême, même dans le pain et les légumes, à moins qu'on n'ait obtenu une permission particulière d'en user. » Charles V , qui régnait à cette époque, avait une santé très-faible; il demanda au pape r.régoire XI la permission de faire usage de ces aliments. Le pape exigea, pour y consentir, un certificat du confesseur et du médecin du roi et imposa à Charles V, en compensation du jeune , des prières et d'autres œuvres de religion. Kn H9i, Anne de Bretagne obtint pour elle et pour toute «a maison l'autorisation de se servir de beurre pendant le carême. Peu à peu l'usage s'établit d'accorder cette autorisation moyennant une aumône, et il y eut pendant longtemps dans les paroisses de Paris des troncs pour le beurre. A Rouen, une des tours de la cathédrale s'appelle encore aujourd'hui tour de beurre, parce qu'elle fut bâtie au commencement du xvi» siècle, en grande partie avec les aumônes des fidèles qui achetaient la permission de manger du beurre pendant le carême. L'usage du beurre tes jours inaigres devint si commun au xvir» siècle, que M"* de Sévigné écrivait en 1680 , à l'occasion d'un grand repas donné partles états de Bretagne : ««on y aurait mangé du beurre s il eût été j<>ur maigre. » Aujourd'hui l'Église permet le beurre en carême, moyennant une aumône; il en est de même du lait et des œufs, qui ne sont interdits que pendant les trois derniers jours de la semaine sainte. Le fromage
était prohibé au \y siècle, comme le prouve le passage suivant du Journal d'un bowgeoi* de Pu'ia «otn ChurUt VI et Vnarln VU : « On mangeait de la chair en carême, du fromage, du lait et des oeufs comme en temps ordinaire. »
CAUÊMK-PHENaNT. - On appelait ainsi tantôt le mardi gras, tantôt le carnaval tout entier. Ce nom s'appliquait aussi aux masqui s qui parcouraient les rues. Le mot caréme-premint sert encore dans quelques contrées, à désigner des gau ttes qu'on fait principalement a l'époque du carnaval.
CAMATlDfcS ou C*RYATÏI>ES.— Statues représentant ordinairement des femmes captives et servant de pilastres. On prétend que ce nom vient de ce que les femmes de Carie ou Caryes dans le Péloponnèse, ayant ele réduites en captivité, on les représenta accablées sous le poids de la servitude.
CMtICATUUE. — Iteprésentation satirique d'une personne ou d'un événement.
On trouve des caricatures à toutes les époques de notre histoire. Au moyen âge, la caricature s'est clissée duns les rnuuuscrits où elle peint sous des ormes grotesques des classes entières de la so.ieté; elle s'affiche au pied même des églises, ou elle affuble certains personnages d'un costume bizarre et leur impose un type grotesque. Au xvie siècle, elle devint un instrument de parti entre les mains des protestants et des catholiques; aux xvir et xvm* siècles, elle s'acharna contre tous les personnages qui jouaient un rôle politique, sans «nuquiéter de la sévérité «les prohibitions. I a révolution lui donna une liberté nom elle ne tarda pas à abuser, et jusqu'à nos jours elle n'a cessé de saisir le • ôié burlesque des che>ses humaine» et surtout des événements polniques. l.a Bibliothèque nationale possède une collection trèscomplète et très-cui ieuse de caricature» politiques.
CAUILI.ON. — La plupart des villes avaient autrefois des cari/Zona ou réunion de cloches dont les timbres différents s'harmoniaient pour jouer des airs. Les villes de Flandre étaient surioui renommées pour leurs carillons < voy. Horlo- * ces). On appelle aussi carillon le soi; joyeux des cloches. C'est dans ce sens que Voiture a dit :
a Le jntir que naquit Chatilton
On aonna double e miion
Par tons les clochers de Cythére. »
CARLOVINCIENS. — Dynastie qui a régné en France de 752 à 987. V. Rois.
CARMELITES, CARMES. — ordres religieux. Voy. CLEKCti REGlltlKH, p. lO».
C AIINA y A !.. — Temps de fûtes ol de réjouissances qui s'étend des Hois au carême. L'usage du carnaval remonte à une très-haute antiquité ; il est môme probable qu'il se rattache au paganisme. Voy. Mascarade.
CAROLINE (Écriture). — On donne ce nom à l'écriture qui était en usage à l'époque des Carlovingiens. Voy. Ecriture.
CAUOL1NS 'Livres). — Les livres carolin», qu'on attribue à Charlcmugne , sont au nombre de quatre et attaquent principalement le culte des images.
CAUOLIIS. — Monnaie debillon frappée sous Charles VIII; elle valait dix deniers.
CAKRABAS. — Voitures en osier qui transportaient autrefois les voyageurs aux environs de Paris.
CAKHEAUX , CAI1RELETS. — Flèches carrées qu'on lançait au moyen de l'arbalète. Voy. Armes.
CARREAUX. — Il était d'usage an xvii8 siècle que les hommes s'assissent ou s'accoudassent sur des carreaux dans les réunions où se trouvaient des dames ( Dict. de Furetière). Les carreaux étaient aussi des coussins carrés et brodes sur lesquels les nobles dames s'agenouillaient à réalise. Les ornements plus ou moins somptueux de ces carreaux indiquaient le rang plus ou moins élevé de celles qui s'en servaient. On appelaitencore carreau, dit Furetière, le pivé des rues ; d'où l'expression qui est restée dans le langage moderne jeter sur le carreau.
CARROSSES. — Les carrosses ne datent que du xvi« siècle et l'usage n'en devint commun qu'au xvir* siècle. On appelait aussi carrosses, à cette époque, les voitures uu'on a désignées plus tard sous le nom uc diligences. On disait le carrosse de flouen, de Lt/on, d'Orléans, etc. Les ducs et pairs avaient le privilège d'entrer en carrosse dans le Louvre, et les duchesses de mettre des housses sur leurs carrosses. Un carrosse drapé était un carrosse de deuil, parce que l'usage était en ce cas de le garnir de drap en dehors et en dedans. • Voy. Voitures.
CARROUSELS. — Courses de seigneurs richement vêtus et équipés à la manière des anciens chevaliers. Les carrousels étaient en grand honneur au xvu* siècle. On en célébra un, en 1612, à l'occasion du mariage de Louis Xlll et d'Anne d'Autriche On construisit à la place Royale un temple de la Félicité, avec des inscriptions à la louange du roi, de la nouvelle reine et de la reine régente. En 1663
Louis XIV célébra un carrousel sur la place qui en a conservé jusqu'à nos jours le nom de place du Carrousel. Voici ce que dit de ce carrousel Mm« de Motteville (Mémoire*, éd. Petitot. 2* série, L XL, p. 16T) : « Il était composé de cinq quadrilles qui représentaient cinq nations : la romaine, la perstne, la turque, l'indienne et l'américaine. Le roi était chef de la première. Monsieur de la seconde, M le Prince delà troisième, M. le duc d'Enghieu de la quatrième, H. le duc de Guise de la cinquième. I e comte de Sault, flls du duc de Lesdiguières, tut 1 honneur d'emporter le prix de la course de bague, qui fut suivi de l'applaudissement des spectateurs et du plaisir qu'il eut de recevoir un diamant d'un prix considérable de la main de la reine mère, qui était sur un échafaud qui avait été élevé près de ce palais. » (Voy. Bague ). Le carrousel s< composait de plusieurs exercices. Les seigneurs qui composaient les différentes troupes ou quadrilles, couraient la bague, rompaient des lances et faisaient exécuter a leurs chevaux des courses et des manœuvres qui prouvaient leur adresse.
Ces jeux cessèrent d'être en vogue après le règne de Louis XIV.
CARTEL. — Provocation en duel (voy.
IH'el ). — Mcfture de capacité usitée dans quelques contrées du nord de la France. — On appelait encore cartel un accord conclu entre les Etats relativement aux prisonniers de guerre. — Entin on nomme cartel un petit cartouche employé dans les décorations des frises ou panneaux.
CARTES. — Voy. JBUX.
CARTOUCHE. —Rouleau de carton ou de gros papier qui enveloppe la charge d'une arme à feu. L'usage des cartouches date de I69i ; elles ont été perfectionnées au xviii" siècle. — Le cartotic/w est encore un ornement de sculpture en pierre, en marbre, en bois, en plâtré, etc., au milieu duquel est un espace de forme régulière ou irrégulière destine à recevoir des inscriptions, des chiffres, des armoiries, des bas-reliefs ou à décorer les monuments <>u les appartements à l'intérieur ou à l'extérieur. Ce mot vient de l'italien cartoccio qui signifie rouleau de papier ou de carton. Le mot cartouche désignait encore les dessins qu'on mettait au bas des plans ou des cartes, et qui servaient à renfermer les titres ou les armoiries de ceux a qui on les présentait. Les petits cartouches employés dans les décorations des frises ou panneaux s'appellent cartels.
CARTULAIRES. — Recueils de chartes, que les chapitres, abbayes et autres cor-