‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 102 sur 300 · CAS · texte numérisé non relu

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porations religieuses, faisaient rédiger.

Ils contenaient un inventaire et souvent même une copie des titres de propriété et des divers privilèges accordés aux corporations religieuses Ces cartulaires présentent beaucoup d'intérêt pour U connaissance des mœurs , des institution* et de la topographie du poyen âge. Le gouvernement fait publier les principaux cartulaires dans les Documents inédit* de l'histoire de France.

CARYATIDES. — Voy. Cariatides.

CAS BOYAUX. — On appelait cas royaux les crimes on délits dont la connaissance était réservée aux magistrats royaux. Les baillis eurent soin de les multiplier pour annuler lc6 justices seigneuriales I<n première désignation des cas royaux se trouve dans l'ordonnance de ildo appelée Testament de Philippe Auguste, qui indiquait comme cas royaux le meurtre , le rapt,Vhomicideet\*trahison.A\ixui'siècle, les cas royaux devinrent plus nombreux. On y comprit les crimes contre la religion ou ses ministres , la fabrication de la fausse monnaie, les attentats contre la sûreté publique et la rébellion contre les officiers royaux. La définition de ces crimes était loin d'être clairement indiquée. Louis X fit une réponse évasive aux seigneurs qui se plaignaient des empiétements des baillis et demandaient que les cas royaux fussent précisés. Enfin , en 1670, l'article il du titre I" de l'Ordonnance criminelle déclara cas royaux les crimes de lèse- ma] esté divine et humaine, tels que l'hérésie, blasphème, idolâtrie, sacrilège avec effraction , révolte contre le roi ou ses officiers , port d'armes contrairement aux défenses, assemblées illicites , sédition ou émotion populaire , altération des monnaies, malversations des officiers royaux , rapt ou enlèvement do personnes avec force et violence. On rattachait encre aux cas royaux les exactions des officiers royaux, l'usure, la banqueroute frauduleuse, les crimes commis sur les grands chemins, l'adultère, l'inqeste, les mariages clandestins, etc.

CASAQUE. — Espèce do manteau qui se portait sur l'armure, ha casaque était quelquefois armoiriée, entre autres les casaques des hérauts d'armes.

CASAQUÏN. — Petite casaque.

CASEMATES. — Bâtiments voûtés à l'épreuve de la bombe. Voy. Fortifications.

CASERNE. — Bâtiment destiné au logement des soldats. Le casernement des troupes ne date que du commencement

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du xviii» siè. le. Les soldats étaient antérieurement logés dans les forts ou chez les bourgeois.

CASQUE. - Voy. Amtcs.

CASSATION C Cour de). — Tribunal suprême dont l'institution est due S l'Assemblée constituante. Voy. Tribunaux.

CASTE!.. — Château fort. Voy. ce mot

CASTILLES. — Jeux d'exercice où l'on feignait d'attaquer et de défendre un fort. Voy. Buioi kt.

CASTOIEMENTS. - Expression de l'ancienne langue française qui s'appliquait à des recueils de maximes et d'anecdotes destinés à instruire un Jeune homme. Le modèle de ces cattoiemenli est un ouvrage latin du xn» siècle, dont on a fait de nombreuses traductions en vers et en prose.

CASUEL —On appelle en général cutuel un revenu éventuel en opposition au revenu fixe. Le mot caeuel désigne spécialement les droits que perçoit le clergé pour certaines cérémonies.

CASIELLES (Parties). — Les partie* cniwllcs étaient un impôt considérable de l'ancienne monarchie provenant des droits qui se payaient à chaque résignation d'office vénal, des offices vacants par mort et enfin de l'impôt levé sur Ifs magistrats et appelé Paulett* (voy. ce mot . Il y avait un receveur spécial des parties casuelh-s.

CASUISTE. — Docteur qui résout les cas de conscience.

CATACOMBES. — Anciennes sépultures des chrétiens oh se u\>uvnicnt des églises souterraines qu'on appelait aussi cryptée. Les catacombes de Paris sont d'anciennes carrières où l'on a déposé au xviii' Btfcle les ossements provenant d'un cimetière supprimé.

CATAFALQUE. — Monument représentant un tombeau et orné |iar la peinture, la sculpture et l'architecture pour les funérailles des personnages illustres.

CATAPULTES. — Machines de guérie.

Voy. Armes

CATE1E. — Javelot des Gaulois.

CATECHUMENES. — On appelait catéchumènes dans les premiers siècles de l'Église ceux qui n'avaient pas encore reçu le baptême et qu'on préparait à le recevoir. On les divisait en plusieurs classes : les auditeur* (audi tores) admis aux instructions qui se faisaient dans 1 église; les oranles et genuflectentes, ceux qui

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Taisaient les prières et génuflexions , et pouvaient assister aux sermons ei à une partie îles offices; entin les compétentes, qui avaient reçu 1 instruction compétente ou nécessaire pour le baptême. Quelques écrivainsappellent élus les catéchumènes que l'on jugeait suffisamment instruits et qui étaient choisis pour recevoir le baptême. Ce sacrement était donné presque toujours la veille de Pâques. L'évèque l'administrait lui-même aux catéchumènes et les revêtait de la robe blanche, qu'ils ne quittaient que le premier dimanche après Pâques. Les catéchumènes n'assistaient ordinairement à la messe que jusqu'à l 'offertoire ; on donnait le nom de messe des catéchumènes à toute la pa lie de l'office divin qui précédait cette cérémonie. Les catéchumènes y assistaient dans le lieu réservé aux pénitents et placé à l'extrémité de l'église opposée au sanctuaire.

CATHARES. — Secte d'hérétiques du xii* siècle. Voy. Hérésies.

CATHEDRAL. — Le cathédral ou droit cathedra tique était la part du revenu des bénéfices ecclésiastiques que les titulaires payaient à l'évèque en reconnaissance de la supériorité de la chaire épiscopale.

CATHÉDRALE. — Eglise principale d'un diocèse, siège (xaôitaa. ) de l'évèque. Voy. Evkque.

CATHOLICISME. — Le catholicisme domine en France depuis le IVe siècle et y a exercé une influence immense. La retracer en détail ce serait raconter L'histoire de France tout entière. Je dois me borner ici à quelques mots sur l'introduction du catholicisme en France et sur le rôle qu'il a joué dès les premiers temps. Ce fut au ir siècle après Jésus-Christ, vers 177, que la religion chrétienne commença à pénétrer en Gaule. A cette époque se placent les premiers martyrs ou témoins de la foi dans les Gaules. Saint Pothin, disciple des premiers chrétiens, vint prêcher à Lyon la bonne nouvelle et fut martyrisé avec quarante-six do ses compagnons. Saint l ré née. qui fut successivement évèque de Vienne et archevêque de Lyon , succéda à saint Pothin ; on a de lui un traité sur VUnite de l'Eglise; en 202, il fut martyrisé avec neuf mille chrétiens de tout âge et de tout sexe. Le sang de ces martyrs fut une semence de chrétiens. Un demi-siècle après saint Irenée, il y avait des sièges episcopaux établis à Tours , Arles, NarUonne , Toulouse, Paris, Clermont-Ferrand et Limoges ( vers 250 après Jesus-Christ). Au siècle suivant, il y eut

en Gaule autant de sièges archiépiscopaux que de provinces. Les métropoles ecclésiastiques au nombre de dix-sept furent établies dans tes capitales des provinces ( voy. Diocèses). L'archevêque d'Arles fut reconnu pour primat des Gaules (417 après Jésus-Christ ). L'Eglise callicane tout entière resta soumise à l'Eglise romaine, . entre de toute la hiérarchie ecclésiastique.

Aux ive et v sièc es, l'Eglise des Gaules fut troublée par les hérésies des Priscilliens, des Pélagiens, des scmi-Pélagiens et des Ariens ( voy. Hérésies ); mais elle trouva des docteurs illustres dans plusieurs de ses enfants. >ait;t Hilaire de Poitiets, saint Ambroise, saint Paulin, saint Prosper d'Aquitaine, tiennent un rang glorieux parmi Us Hères du iv* siècle. L'hérésie trouva un appui dans les Goths et les Bourguignons ; mais les Francs se tirent les allies de l'Eglise catholique, et à l'exemple de leur roi Clovis. se convertirent au catholicisme vers la tin du v* siècle. Clovis marcha dès lors" de victoire en victoire. Ses successeurs suivirent son exemple, comb>èrent l'Eglise de biens et portèrent le catholicisme en Germanie en même temps qu'ils soutenaient la papauté et fondaient la puissance temporelle de l'EuUse. De son «oie, la religion catholique adoucissait les mœurs farouches des Francs, réconciliait les conquérants et les peuples conquis au pied des autels, ouvrait dans les église un asile aux opprimés et préparait l'abolition de l'esclavage. L'alliance étroite de la puissance spirituelle et du pouvoir temporel fut une des causes de la grandeur de Charlcmagne. La religion menacée par la féodalité qui envahissait les dignités ecclésiastiques et introduisait dans le sanctuaire des mœurs grossières, opposa la réforme de Grégoire Vil qui donna au clergé plus d'unité, de science et de vertu. Elle triompha aux xu* et xm* siècles des Cathares, des Albigeois et des Vaudois; aux xiv et xv* siècles, du grand schisme d'Occident; aux xvic et xvn* siècles, du protestantisme ; et aux xvur* et xix« siècles, des attaques sceptiques et des crises révolutionnaires. Si 1 on employa , en son nom , la violence et la cruauté , il ne faut pas oublier que la religion les a toujours condamnées, et qu au iv* siècle, saint Martin, un des plus illustres évèques des Gaules, rejetait de sa communion des évèques qui avaient fait périr des hérétiques. L'Église de France a toujours été nationale en même temps que catholique ; Bossuet est le prélat qui exprime le mieux ce double caractère.

Voy. pour les détails : Abbayes, Cardi-

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naux, Chanoines, Clergé, Conciles, Esclavage, Evêquf.s, Hkuésies, Libertés de l'Eglise gallicane, Pkotf.siajits, Religieux, Rites ecclésiastiques.

CATH0L1CON. — Çe mol indiquait un remède universel ; on l'a appliqué à un pamphlet du xvi* siècle appelé aussi retire Ménippée et dirigé contre les Guises et l'Espagne. Dans le prol. gue un charlatan d'Espagne vient of:nr son remède ou catholiron. « Ce nVst pas i. i, s'éeriet-il, le simple catholiron de Home oui n'a d'autre effet que d'édifier les âmes , le caiholicon qui n'est bon qu'aux politiques: c'est le catholiron espagnol alambiqué, calciné, sublimé à T-lède, etc. »

CATHOLIQUE. — On donne au roi d'Espagne le litre de roi calholique. Le troisième c-nole d* Tolèiie l'accorda au roi Recarède, en 5&»; mais il ne tut attribué régulièrrmem aux rois d'E>pagne que depuis la prise de Grenade par Ferdinand le Catholique 1492 . Jules 11 le con tirma à tous les successeurs de ce prince par une bulle de 1509.

CATOGAN — Au dernier siècle, les solduis étaient tenus de rouler leurs cheveux et de les nouer par le milieu. On appelait cette pelote de cheveux catogan.

CATTEL (Droit dcK — Droit qu'avaient les seigneurs du Haiuaut de prendre le meilleur eflVt mobilier qu'un affranchi ou descendant d'affranchi laissait en mourant.

CAUDATAIRE. — On appelait ainsi celui qui portait la queue de la robe des princes, princesses ou prélats.

CAUDEBECS. — Chapeaux en feutre usités au xvir» siècle principalement. Ils tiraient leur nom de la petite ville de Caudehec ( Seinc-lnferieute » . où se fabriquaient la plupart de ces feutres. Boileau a dit (Epît. VI, v. 57-58) :

... Chez le charelier du coin de notrr place, Autour d'un eaudtbee j'en ai lu la préface.

CAUSE GRASSE — Plaidoirie burlesque oh l'on parodiait les formes judiciaires ; c'était une farce des jours gras.

CAUTÉLE ( Absolution à) — C'était une formule d'absolution conditionnelle, dont on trouve un premier exemple dans une lettre du pape Célestin III, datée de U95 Les canonisus l'employèrent souvent depuis cette é|>0(|ue pour mettre leur couscience en sûreté.

CAUTION. - Ce mot désigne tout à la fois la garantie fournie en justice et celui qui sert de garant.

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CAUTIONNEMENT. - Garantie en immeubles, rentes ou argent, qui est exigée d'un certain nombre de fonctionnaires, et de particuliers acquéreurs de charges ou adjudicataires de travaux publics. Les agents comptables des établissements publics, les conservateurs d'hypothèques , les receveurs généraux des finances, les économes des lycées, eu . , sont tenus de fournir un cautionnement.

Il en en de même ries agents de change, courtiers de commerce, avoués , avocats aux conseils, etc.

CAVALCADE. — Promenade équestre.

CAVALCADOUR (écuyer). - Écnyers qui accompagnaient les princes et princesses. On appelait encore écuyers cavalradours au xvir8 siècle, ceux qui avaient l'intendance de l'écurie des princes.

CAVALERIE. — Voy. Armée et Organisation militaire.

CAVALOT. — Monnaie de billon frappée sous Louis XII dans la ville d'Asti, apanage de la maison de Valois Orléans, dont Louis XII était le chef.

CA VATICAIUE. — Mot de l'ancienne langue française qui désignait un homme soumis à l'impôt de la capiialion ; il venait du latin cavaticum, capiialion.

CAVEAU (Société du ).— Société de ebansonniers organisée au xvnr» siècle. Voy. Société du Caveau.

ÇA VETONIERS.— Corporation qui fabriquait les chaussutes en basane. Voy. Corpokation.

CÊDULE. — Le m >t cédule s'employait comme synonyme de billet, pour indiquer un engagement sous seing privé. II s'appliquait quelquefois à un acte judiciaire qui évoquait une cause au conseil du roi: on l'appelait alors cédule évocatoire. Les cédules avaient des formes t.àsdiverses; c'élaieni tantôt des requêtes, tantôt des actes d'appel.

CEINTURE . — La ceinture était une partic importante du vêtement au moyen âge. un l'ornait d'or, d'argent, de perles et de pierres précieuses. Les ceintures étaient quelquefois chargées de broderies , et M. Douël -d'Arcq (Comptes de l'argenterie des rois de France) cite un inventaire du temps de Charles VI, où il est questiou d'une ceinture sur laquelle on avait brode l'évangile de saint Jean. Les ceintures de femmes tombaient jusqu'au bas de la robe. Le même auteur donne l'extrait suivant d'un inventaire du règne de Charles VI : * Une ceinture longue, à femme,

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toute d'or, â charnières, garnie de perles, saphirs, énieraudes, rubis, etc. >»

La ceinture était un symbole d'union et de dignité. Lorsqu'une veuve renonçait a la succession de son mari , elle déposait sur son cercueil aa ce» ri (tire avec sa bourse et ses clefs, c'est ce que fit Margueiite, femme de Philippe le Bon , duc de Bourgogne, mort en 1 467. Monstrelei, qui rapporte ce fait, dit encore que Bonne, veuve de Waleran. comte de Saint-Paul, renonçant aux dettes de son mari, déposa sur son cercueil sa ceinture et sa bourse.

L'arrêt rendu contre Jacques Cœur, argentier de Charles Vil (25 mai 1453), portait qu'il ferait amende honorable sans chaperon ni ceinture . «Il est fait mention expresse, dit Pasquier (Recherches, IV, 10 ), de la ceinture avec le chaperon, l'un représentant l'honneur qui gisoit au chaperon, l'autre les biens qui gisoient en la ceinture comme si on eût voulu indiquer que par la perte de sa ceinture il perdait aussi tous ses biens. Mais d'où vient cet ancien usage? Mon opinion est que cela vient de ee que nos ancêtres avaient accoutumé de porter en leurs ceinture* tous les principaux outils de leurs biens.

L'homme de robe longue, son écritoire, son couteau, sa gibecière, ses ciels , l'ecrituire pour gagner sa vie, le couteau pour vivre, la gibecière pour retirer ses deniers, les clefs qui ouvroient ou formulent sa maison et ses coffres, l e semblable faisoit le marchand, et le gendarme son épee et son escarcelle; tellement que si de notre cetnf«re dépendoient tous les instruments qui servent à vivre, il ne faut

Kint trouver étrange que l'on estimât bandounement de la ceinture, représenter aussi l'abandonnement de nos biens. »

lin arrêt du parlement de Tannée 1420 défendait aux prostituées de porter ceinture dorée; mais elles éludèrent ce règlement De la le proverbe: bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée.

Il existait à Paris un droit ancien, qu'on appelait la ceinture de la reine . et qui se levait de trois ans en trois ans. Il était primitivement de trois deniers pour chaque muid de vin, et était destiné à l'entretien de la maison de la reine. 11 fut dans la suiio étendu à d'autres denrées. Les registres de la chambre des comptes de 1339 le désignaient sous le nom de taille du pain et du vin.

CEINTUR1ERS —Fabricants de ceintures. Voy. Corporation.

CEINTURON. - Ceinture de cuir à laquelle on suspendait Tépée. Les ceinturons remplacèrent les baudriers qui

étaient plus dispendieux. Voy. Habille-

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