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Voy. l'article Eaux et Fouêts

INTRODUCTION

jusqu'aux élus, et une juridiction financière qui descendait des chambres des comptes , cours des aides, bureaux des finances, cour des monnaies, tables de marbre, jusqu'aux tribunaux inférieurs des élus et des gruyers. Enfin, le Consulat, établissant partout l'unité et la simplicité administratives, a rattaché *au ministère des finances tous les fonctionnaires chargés de la perception des contributions directes et indirectes; il les a soumis pour la révision des comptes à une seule cour des comptes, et, pour le contentieux, à la juridiction exclusive du conseil d'État. L'égale répartition de l'impôt entre toutes les classes de la société a été une conséquence du principe d'égalité proclamé par la Constituante.

Administration militaire, — A côté de l'organisation financière se place le système militaire , non moins laborieusement constitué par les efforts séculaires de l'administration monarchique. A l'époque barbare, tous les Francs étaient soldats. Le système féodal ne donna à la royauté qu'une armée temporaire et indisciplinée. La royauté avait besoin d'une armée permanente et soumise à une rigoureuse discipline ; mais elle ne parvint que lentement et péniblement à l'or ganiser. Dès le xir siècle , Philippe Auguste avait une troupe de routiers placés sous les ordres de Cadoc. On reprochait déjà , sous ce règne , aux armées mercenaires leurs violences et leur impiété-; mais ce fut surtout pendant les longues guerres des XIVe et xv* siècles qu'éclata la licence de ces bandes d'écorcheurs , tard-venus , cotereaux, etc. Ils désolèrent la France qu'ils appelaient leur chambre.

Organisation d'une armée permanente. — Charles V et Charles VII parvinrent à les éloigner. L'ordonnance de Vincennes, en 4373, et surtout les ordonnances de 1439 et 4 445, créèrent une force militaire soumise à une organisation régulière , quoique imparfaite. Nomination des capitaines par le roi , solde des troupes par le trésor royal, telles sont les innovations les plus importantes; elles rattachèrent, dès cette époque, l'armée au pouvoir central. La cavalerie des compagnies d'ordonnance fut, dès l'origine, regardée comme excellente. Il n'en fut pas de même de l'infanterie des francs archers dispersée dans les campagnes; il fallut bientôt la remplacer par des troupes mercenaires. L'usage de la poudre à canon et de l'artillerie, longtemps retardée par l'imperfection des armes et des machines de guerre, prit une grande importance. Les engins volants , comme les

ADMINISTRATION DE LA GUERRE. xxxf

appelle Mathieu de Coussy, dirigés par Jean Bureau, abattirent les murailles et forcèrent la soumission des villes.

Au xvi* siècle, Louis XII et François I** tentèrent d'organiser une infanterie nationale, dont les différents corps furent nommés, sous Françoîs Ier, légions provinciale*, La confiance et le courage manquaient aux paysans longtemps avilis et réduits presque à la condition d'esclaves. Mais lorsqu'au xvu* siècle la France eut un peuple, il prit place sur les champs de bataille à côté de la cavalerie et l'égala à Rocroy. La centralisation appliquée à Tannée, l'uniforme imposé à tous les corps, le perfectionnement des armes, l'organisation des corps d'élite, l'établissement d'écoles pour l'instruction des officiers , de magasins abondamment pourvus , d'ambulances, de haras, l'avancement par ordre du tableau ou par ancienneté, les inspections fréquentes, la fortification des places frontières, les revues, les camps de manœuvres, telles furent les principales mesures qui , sous Louis XIV, firent de l'armée française la première armée du monde. Elles furent dues principalement à Louvois.

Le génie militaire dirigé par Vauban , donna à la France la plus redoutable ceinture de forteresses. La cavalerie eut ses corps d'élite comme l'infanterie; des distinctions honorifiques et le magnifique asile des Invalides récompensèrent la valeur. Comment contester les progrès d'une administration qui avait substitué au service précaire des vassaux et aux bandes indisciplinées des mercenaires ces armées de plus de quatre cent mille hommes où régnait une organisation uniforme et qui obéissaient à l'impulsion de l'autorité centrale? Cependant, il ne faut rien exagérer; l'inégalité n'était nulle part plus odieuse que dans l'armée; les principaux grades y étaient réservés à la noblesse. Elle achetait les compagnies et les régiments; comme U n'y avait pas de recrutement régulier, elle chargeait quelque sergent raccoleur de composer les corps de troupes , où entraient trop souvent des gens perdus de vices, la lie du peuple. Dès le temps de Louis XTV, on se moquait des jeunes colonels qui n'étaient pas soldats, Boursault les livrait à la risée publique dans sa pièce d'Ésope à la cour. Mais ce fut surtout après les désastres de 18 guerre de Sept ans, après la honte de Rosbach (1757), que l'opinion publique s'éleva contre ces officiers qui traînaient à la suite des camps l'attirail du luxe. Depuis 4789, tous les citoyens de la France ont été appelés à la défense de la patrie, sans distinction de

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rang et de naissance ; tous ont pu prétendre aux plus hautes dignités militaires. Une génération entière de généraux est sortie des rangs du peuple, depuis Hoche et Marceau jusqu'à Bernadotte et Napoléon. En même temps , l'organisation des gardes nationales a couvert la France d'une armée de citoyens défenseurs de Tordre et de la propriété. Ainsi, recrutement régulier par la conscription, égale admissibilité de tous les Français au commandement des armées, tels sont les progrès accomplis depuis soixante ans dans l'organisation militaire de la France

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