CHO
ques coutumes, et spécialement dans celles de Tours, de Loudun et du Maine, l'espace de terrain qu'on appelait ailleurs vol du chapon f et qui était spécialement réservé à l'aine.
CHICANE. — Les formalités judiciaires autrefois multipliées par les procureurs et les avocats , ont été résumées dans ces vers des Plaideurs (act. se. vu) :
J'éeris sur nouveaux frais ; je produit , Je fournit De dtu, de tonlrt-iitt, tnquetet, CoinputiOirti, Rapport» d'experts , transport* , trois mttriocu-
Grleft et faite nouveaux, baux et proeés-rerbaux. J 'obtient lettres royaux, et je m'inscris en faux. Quatorse oppctnituttut* , trente exploits . six in-
Six-vingts produetiotu, ringt arrête de défera**, Arrêt enfin
La plupart de ces termes de chicane ont besoin d'une explication sommaire; on les trouvera à leur place dans ce dictionnaire. Il suffit pour se convaincre qu'il n'y a aucune exagération dans les vers de Racine, de lire le récit de quelque procès célèbre, par exemple du procès de Fouquet qui dura quatre années ; on ne s'étonne plus alors des plaintes qu'excitaient des abus aussi funestes et des éloges que mérita LoUis XIV lorsque, par son ordonnance civile (i667) , il abrégea les procédures.
Déjà de tous côté* la chicane eux aboie S'enfuit au seul atpect de tes nouvelles lois. Ohl que ta main par la va sauver de pupilles ! Qu» de savants plaideurs désormais inutiles
Boilkxv, ép I.
CHIEN. — Voy. Vénerie.
CHIEN (Ordre des chevaliers du). — Voy. Chevalerie ( Ordres de ).
CHIEN (Porter un ). — C'était une peine infamante au moyen age.Voy. Harnescar.
CHIFFRES.— Les chiffres , dont on s'est servi pour compter, ont été d'abord les chiffres romains qui représentaient les nombres par des lettres de l'alphabet. Les chiffres arabes, qu'on etnploieaujourd'hui, furent connus en France dès le x- ou xi« siècle, il est très-probable qu'ils turent apportés d'Espagne, où les Arabes les avaient introduits. L'usage n'en devint commun qu'au xvi« siècle. On commença à s'en servir sur les monnaies en 1549.
On appelle encore chiffres t des caractères déguisés et variés dont on se sert dans les correspondances diplomatiques.
Ce sou t tantôt des chiffres, tantôt des caractères empruntés à différents alphabets.
CHIMIE. — Voy. Scikicis.
CHTROGRAPHATRE. — Créancier dont le titre est un billet sous seing privé.
CHIROGRAPHE. — Contrat que l'on appelait aussi charte-partie. Voy. ce mot.
CHIROMANCIE. — Prétendue science de deviner l'avenir par l'inspection des ligne? de la main. Voy. Sciences occultes et Superstitions.
CHIRURGIE (Académie royale de). — Cette académie fut instituée en 1734 et confirmée par lettres patentes du 2 juillet 1748; le règlement que lui donna le roi était du 18 mars 1751.
CHIRURGIENS. — On distinguait primitivement les chirurgiens en robe longue des chirurgiens-barbiers. Les premiers étaient ceux qui avaient étudié la médecine. Les seconds n'étaient que des praticiens. Les premiers avaient pour insigne une bolie, les seconds une lancette. Ils furent réunis au xvu' siècle, et ne formèrent plus qu'une communauté qui avait saint Côme pour patron.
CHOCOLAT. — Le chocolat n'a été introduit en Fraace qu'au xvu* siècle ; il y a été transporté par les Espagnols, qui , au siècle précédent, en avaient emprunté l'usage aux Mexicains. Ils en avaient changé la composition en mêlant au cacao du sucre et de la vanille. Ce tut , dit-on , la reine Marie- Thérèse qui, après son mariage avec Louis XIV, repandit en France le goût du chocolat. Un officier de cette princesse obtint le monopole de la vente de cette denrée; il s'établit près de la Croixdu Trahoir ( à l'angle formé par la rue de l'Arbre-Sec et de la rue Saint -Honoré ) , et obtint un grand succès. D'autres reportent à une époque un peu plus reculée l'introduction du chocolat en France (voy. Le Urand d'Aussy, Vie privée de» Français): mais tous conviennent qu'il nous vint d'Espagne au xvir* siècle. L'usage en était déjà assez répandu en 1671, puisque M™» de Sévigne écrivait ( 1 1 février : à sa fille, qui venait de partir pour la Provence : « Vous ne vous portez pas bien ; le chocolat vous remettra; mais vous n'avez j«s de chocolatière ; j'y ai pensé mille lois ; comment l'erez-vous ? » Ce passage prouve eu même temps que, si l'usage du chocolat était répandu a Paris, il était peu connu dans le reste de la France, puisqu'on ne pouvait s'y procurer les ustensiles nécessaires pour le préparer. La suite de l^ correspondance de M** de Sévigne avec sa fille , fait voir que la vogue du chocolat no se soutint pas longtemps. «J'ai aimé le chocolat, écrit-elle le '25 octobre 1671 , il me semble qu'il m'a brûlée, et depuis j'en ai bien enteudu dire du mal. »
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Maigre les accusations exagérées qui , suivant l'usage , succédaient à des éloges exagérés , le goût du chocolat se répandit dans la France entière. On le servait, en i6di , aux collations que Louis XIV donnait â Versailles les jours de fêtes. Le 25 mars i684,dit Le Grand d'Aussy, un médecin de Paris, nommé Bachot, fli soutenir aux écoles de la Faculté, pendant sa présidence, une thèse p« ur prouver que le chocolat bien fait est une intention des dieux plutôt que le nectar et Vamhroisie. Bientôt les colonies françaises cultivèrent le cacao, et, avant la Wn du xvii« siècle, on comptait un grand nombre de cacaoyers à la Martinique, fendant le xviii» siècle, on s'attacha, par des procédés ingénieux, à rendre plus facile la préparation du cacao, et, en IT78 , Dorel inventa une machine hydraulique qui broyait la pâte de cacao, et y mêlait le sucre et la vanille avec plus de promptitude et de propreté que n'aurait pu le faire la main de l'homme. Celte invention a été de nos jours adoptée par un grand nombre de chocolatiers. Quoique l'usage du chocolat soit aujourd'hui très-répandu , on peui encore répéter la remarque que Le Grand d'Aussy faisait au siècle dernier : le chocolat et le thé ne sont pas devenus populaires en France, tandis que le café, dont l'usage date à peu près du même temps, est recherché jusque dans les dernières classes de la société.
CHOEUR. — Principale partie d'une église, séparée de la nef pur une balustrade appelée jubé. Voy. Église.
CHOEUR. — Réunion de musiciens qui chantent ensemble.
CHOLÉRA. — Maladie épidémiqne qui a ravagé la France en 1832 et en 1849.
CHOLETS (Collège des ). — Collège de l'ancienne université de Paris, dont les bâtiments ont été enclavés dans le collège Sainte-Barbe. La rue des C bolets a existé jusqu'en 1845.
CHOMAGE. — Suspension temporaire du travail.
CHORÉGRAPHIE. - Art de décrire la danse. La chorégraphie date du commencement du xv ni' siècle.
CHORÉVÊQUES. — Êvèqnes des campagnes qui furent supprimes au ix» siècle. Voy. Clergé.
CHOSE JUGÉE. — La chose jugée est reçue comme la vérité même {resjudicata pro eeritate accipilur ), axiome de droit qui repose sur la nécessité de mettre un terme aux contestations.il y a ehoseiuijée
lorsqu'il a été statué sur la question en litige, par uu arrêt définitif et rendu en dernier ressort.
CHOUANS. - Les paysans de la Bretagne d'une partie de la Vendée, du Maine et de la Normandie, qui prirent le* armes contre lu Convention, en 1 7»3, sont désignés suu» le nom de chouans, parce qu'un de leurs principaux chefs était Jean Cotiereau. dit Chouan. Ils ne combattaient pas comme les Vendéens, par troupes nombreuses, mais par petites bandes s embusquant derrière les haies et les buissons. Aussi cette guerre de partisans, favorisée par les accidents du terrain, dura-i-elle plus longtemps que la guerre de Vendée. Jjt révolte des chouans ne fut définitivement comprimée qu'en 1803.
CHRÊME (Saint). — Huile consacrée par révèque pour administrer les sacrements. On appelait autrefois chrême de Bourges le pays sur lequel s'étendait la juridiction spirituelle de l'archevêque de Bourges et dans lcouel il avait le droit de distribuer le saint chrême aux curés
CHRENECHRliNDA. - Ce mot désigne, dans la loi salique, les cérémonies symboliques par lesquelles un Franc renonçait a sa propriété en faisant un appel a ses parents pour payer l'amende ou conqiosition. «< Si quelqu'un a tue un homme, di; la loi salique, et n'a pas, en toutes ses facultés, de quoi satisfaire à la loi, il donnera douze témoins pour jurer que ni sous terre ni sur terre . il n'a pas plus de bien u'il n'en a donné. Ensuite il doit entrerans son habitation, et des quatre coins prendreen sa main de ia terre.puis se tenir sur le seuil, regarder vers l'intérieur, et de la mai n gauche en lancer par-dessus les épaules, sur son plus proche parent. Quand son père, sa mère, ou son frère ont déjà payé pour lui , il jette de cette même terre sur la sœur de sa mère, ou sur les tils de cette sœur : s'il n'y a point de tels parents , sur les plus proches, du côté paternel où maternel. Et ensuite, en chemise, déceint, déchaux, bâton en main, il doit sauter pardessus la haie. »
CHRETIEN (Très-). - Le titre de roi très-chretien était réservé aux rois de France. Il paraît, d'après une lettre de Jean de Salisbury, qu'il leur était donné dès le xiie siècle Mais ce ne fut qu'à partir de 1469, sous le pontificat de Paul II , que ce titre devint une formule des bulles et brefs apostoliques adressés aux rois de France. François Ier commença à prendre dans ses actes le nom de rot très-chrétien, et cet exemple fut suivi par ses successeurs.
CHRISTIANISME. - Voy. Catholicisme.
CHU ONlQrFS — Ouvrage historique oh l'on suil l'ordre «les temps. i.haq»ie abi«ve avait >es chr»"iques. doni be .ueoui» nous sont parvenues; elles oui une grande importance pour l'nMo redu moyen âge. Les grandes rhn.ni fues de S un/ Deny.% , qui furent rédigées aux xme, xiy et xve siècles, ont eu surtout de la célébrité.
GHKONOGKAMME ou CHHHNOGRAPHE.
*- Assemblage de plusieurs mots qui font on sens etsontehots.s de manière que les lettres numérales q '»i >' v remontrent, marquent l'année de quelque événement saire des rhrono ira- r» monte à une époque fort reculée. on eite comme un des plus ancle <s . lechrom»graphe des vitraux de saint-Pierre d'Aire : ofa se%*teM prsebendas, > baLdVI»e. ded>sti : où l'on voii que les lettres marqué, s en capitales sonlHLVVH «m i06'2. c« tu «âge durait encore au xvnie siècle, on lisait -ur l'hôtel de Uaiipbine, dan< 1 • rue des Boucheries , à Paris : Meta Dex C >rnx s >Cra ?sto paXqVe *ft Inira. les lettres numérales MDCCXVI1 indiuu.iient que la construction datait de 17 17.
1 CHRONOLOGIE. — Science qui ass-gne à chaque é*én« me> l sa date précise. l'Art de vérifier Its d tes^ oublié, au dernier siècle, par les bénédictins, est un des plus savants irailés de chronologie.
CHRYSAItGYllE. — Ce mot, qui shmifie or et argent . désignait! un impôt prélevé par les Romains sur mus eeux qui exerçaient un métier. Voy. mrôts.
CIROIRE. - Vase sacré qui sert à conserver les hosties pour la communion.
CIDRE. - Roisson faite avec des pommes et usitée principalement en \o»mandie Elle est fort ancien ne, uui>qu'ilen est déjà question dans la vie d-- saint Coloiiiban. Charlemagne recommandait qu'il y eût dans tomes ses métairies des gens sachant fabriquer le cidre; il les appelle giceratores , nom qui s'annliquait a eeux qui savaient faire une liqueur lermentée, cidre ou birre. au xnr s ècle, Guillaume le Rreton oarle d^s cidres mousseux de la Normandie II <iit dans un pa-sage relatif au pays d'Auge :
... Sictmque tumentit Air ^ potatnx.
On faisait aussi du cidre dans la Navarre française, l e cidre esi eneoteaujourd'hui la boisson ordinaire des Normands.
C1F.RHE PASCAl, - l orsque le conrilc de Nicée eut réglé le jour auquel on- célébrerait la fête de Pâques , il chargea le pa-
— Ornement qui aun et les armoiries. Voy.