COLLEGE MILITAIRE DE LA FLÈCHE
— voy. Ecole militaire.
COLLÈGE DE FRANCE. — Cet établissement d'instruction publique a porte les noms de Collège des trois langues, parce qu'on y enseignait l'hébreu , le grec et le laiin ;"de Collège de Cambrai, parce qu il était situé sur l'a place de Cambrai, a Paris, et de Colléqe royal, qu'il prît seulement sons Louis XIII, parce qu il était placé sous la protection spéciale des roi* de France, et que les professeurs avaient le titre de lecteurs royaux. Ce fut François Ier qui fonda cet établissement en 1529. Il y songeait dès 1518 , comme le prouve une lettre de Guillaume Budé à Erasme. « Le roi , disait Budé , a dessein d'immortaliser son nom par un établissement utile aux lettres. Il s'entretient souvent avec l'évêque de Paris ( Etienne Poncher) et avec son confesseur ( Guillaume Petit) des moyens de faire fleurir les sciences. 11 les charge d'attirer dans ses États des hommes éminents en doctrine. ». Le projet ajourné pendant les premières cuerres contre Charles-Quint fut repris après la paix de Cambrai. L'Université de Paris était à cette époque en décadence. « Avant le roi François l«r, dit Galland en 1547, qui avait entendu parler enTrance de la langue hébraïque? qui avait appris, je ne dis pas a entendre , à écrire , a parler, mais à lire le grec avec la plus légère connaissance des premiers éléments? qui était en état de se servir de la langue latine , je ne dis pas avec distinction, avec ornement, avec propriété, ce qui eût ete véritablement inouï et extraordinaire, mais avec une forme véritablement latine ? » Ramus confirme ces assertions , et tout prouve qu'une réforme dans renseignement était devenue indispen-
L'Université de Paris s'opposa cependant aux projets de François l«, et s at-
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tira les railleries de Clément Marot qui s'adressait au roi en ces iei mes :
« Bien ignorante e«t elle d'ettre ennemie De la trilingue et noble académie Qu'os érigée
O povre* gens de savoir tout étiqnes ! M Bien faites vrai ce proverbe courant : W Science n'a haïtien t eu« t'iguorani. m
L'opposition de l'Université fut impuissante, et le roi ajouta bientôt de nouvelles chaires h celles des trois lawjuex. Les mathématiques, la philosophie, la médecine étaient enseignées au collège royal du vivant même de François 1er. Ce roi fonda en tout douze chaires; sept autres furent établies par ses successeurs, l es professeurs furent placés sous l'autorité immédiate du grand aumônier et ne furent justiciables que des parlements. Un des professeurs qui jeta le plus de gloire sur les commencements du collège de France fut Pierre de LaKamëe ou llamus. Il éveilla en même temps la jalousie de ses confrères et l'un d'eux excita , dit-on , ses disciples à l'assassiner pendant le massacre de la Saint-Barthélemy. Après les guerres de religion, Henri IV s'occupa d'assurer au collège royal un bâtiment convenable. 11 en protégea les professeurs et ordonnait à ses trésoriers de diminuer les dépenses de sa table pour payer les lecteurs rouaux. ha construction qu'il avait projetée fut réalisée par son successeur qui hàtit près de lu place do Cambrai le collège de France, qui existe encore aujourd'hui dans le mémo lieu , mais avec des agrandissements considérables dus principalement au règne de Louis- Philippe.
Dès 1566, le collège de France obtint une ordonnance qui soumettait à l'examen du corps des professeurs t'«us ceux qui aspiraient à en faire partie. Cette présentation par les professeurs souleva plusieurs contestations ; mais elle lut à la longue regardée comme un droit et confirmée sous Louis XIV. Colbert ayant fait examiner par une commission spéciale la situation du collège de France reconnut que, pour assurer Ta prospérité de cet établissement, il fallait augmenter les traitements des professeurs, et surtout leur abandonner l'administration du collège en ne laissant au grand aumônier que des droits honorifiques.
Le nombre des chaires du collège de France s'accrut aux xvii» ctxviii* siècles, et enfin de nos jours on y enseigne presque toutes les sciences et la plupart des langues du monde. Placé à la tète de l'enseignement public , avec la mission d'ouvrir de nouvelles voies et de donner l'impulsion à la science, le collège de France
a une mission distincte de celle desFaculu s, dont l'enseignement ne doit être que le complément de l'instruction classique Ce n'est même qu en 1832 que le collcgo de France a été rattaché au ministère de J instruction publique; il dépendait antérieurement du ministre de l'intérieur.
Jusqu'en 1852, la nomination aux chaires du collège de France avait lieu sur une double h -te de présentation dressée par les professeurs et par les membres de l'Institut de la section correspondante.
Depuis le décret du 9 mars 1852, le ministre de l'instruction publique peut, outre les candidats du collège de France et de l'Institut, présenter au choix du président de la république un savant designé par ses travaux, le collège de France est dirigé par un des professeurs qui prend le nom d administrateur. Voy.
un mémoire de Cou gel sur le collège de France dans sa Bibliothèque historique.
COLLEG ES ELECTORAL' X. — Réunions d'électeurs. Voy. Electeurs.
COLLÉGIALE. - Maison de chanoines réguliers. Voy. Chanoines réguliers.
COLLET (Petit). — Signe distinetîf que devaient porter ceux qui jouissaient d'un bénéfice ecclésiastique. Voy. Abcès.
COLL1BEKTS. - Le mot collibert a été pris dans plusieurs sens : au nu yen âge il désignait une espèce de serfs qu'on appelait aussi cuverts. Aujourd'hui le nom de collibert s'applique à certains habitants de l'Aunis et du bas Poitou.
Commençons par le moyen âge. « Les coiliberts , dit M. Guérard {Prolégomènes du cartul. de Saint-Père de Chartres r S 32 ),les colliberle peuvent se placer à peu près indifféremment ou au dernier rang des hommes libres ou- à la tète des hommes engagés dans les liens de la servitude. S<>it que leur nom signifie francs du col ou du collier, suivant la définition de D. Muley, soit qu'il serve à désigner proprement les affranchis d'un môme patron , comme il est dit dans du Cange , soit qu'on l'interprète d'une autre manière, il n'en est pas moins certain que les coiliberts étaient privés en partie de la libellé. Le fils du collibert restait collibert, quel que fût le changement apporté à la personne, à la tenurc, aux biens, à la position de ses parents. Les coljiberts étaient d'ailleurs vendus, donnés , échangés comme les serfs. »» Thibaut, comte de Chartres , fit don , en 1080, à l'abbaye de Saint-Père de Chartres de plusieurs coiliberts, sous la condition que les moines chanteraient un psaume pour lui tous les jours de l'année , excepté les jours de fête.
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Les colliberts étaient donc engagés dans ij. servitude. 1 cur position parait avoir eu beaucoup* d"a«alogie avec celle des aiu-ierm colons Un concile de Bourges, tenu ca télé-, les excluait de la cleneauire. Quelque* écrivains pensent qu'ils étaient éiiangers ou descendants d'étrangere,et voient dans cette origine la cause de leur condition inférieure. De là les taxes auxquelles ils étaient soumis et le d ou de iwrinm»rtr qui frappait leur succession. Il est probable que les colliberts de nos jours ne sont que des descendants de ces classes opprimées. Ce qui est certain , c'est que l'on trouve encore aujourd'hui dans la partie du Poitou appelée, le Marais, des populations misérables qui vivent de la pèche et qui sont désignées sous le nom de colliberts ou caoot*.; V«.v. Franc. Michel , tiisi. des Ranamauàitis , t. il.
COLLIER. — Voy. Habillement.
COLLIEit. — I* collier était un signe distinctif des ordres militaires. Voy. Cuey ai.kui t ordres de).
COLLOQUE. — L'usage des colloques ou confétences se retrouve à plusieurs époques de l'histoire de France on rite entre autres lé fumeux colloque de Poissy ilSdn entre les chefs des partis catholiquo et protestant. A une époque plus ancienne, les colloque* n'avaient lieu entre ennemis qu'avec dts précautions injurieuses qui atieslaient la barbarie de ces 'Siècles. Une barrière séparait les deux pa tis, et on ne la franchisait pas sans danger de mon. Au pont de Montereauv Jean sans Peurrducde bourgogne, eut^ l'Imprudence de franchir la barrière qui le séparait du Dauphin et fut assassinée ses pieds(i4i9).
COLOBR - Tunique sans manches ou à manches très courtes que portaient, dans les"premiers siècles du moyen âge, les évêques, juges, princes, etc. Voy. Ha-
COLOMBIER (Droit de ). — Le droit de colombier était un droit féodal qui n'était accorde, d'après la plupart des coutumes, qu'aux seigneurs qui avaient la haute justice. U consistait à élever une tour où l'on entretenait des pigeons, qui se nou' rissaient aux dépens des champs voisins. Ce fut un des dtoKs féodaux supprimes au 4 août 1789.
COl.OMES — Les colonies ou établissement» Tondes pur les Français dans des contrées lointaines, remontent jusqu'aux crois., de s. Le royaume de Jérusalem , les principautés d'Antioche et de Galilée, les comtes d'Êdcsse et de
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Tripoli étaient ne véritables colonies.
Elles furent perdues à la Hn du xiii* siècle au xiv» siècle, des marins normands fondèrent quelques comptoirs sur la côte u iue, et, en hoj. le Normand Jean di " - ineucouri oie mi le vu-e de roi des Canaries, les Français avaient devancé les Portugais sur les cotes d'Afrique; mai> les conquêtes de ces derniers ruinèrent les établissements normands. Au xvi« siècle, Jean de La Kocque, sieur de Itoberval, reçut de François Ier la mission de fonder une colonie vers l'embouchure du fleuve Saint-Laurent; il partit de tram*, en 1541. avec le litre de viceroi et les pouvoirs les plus étendus. De La Itocque s'empara du cap Breton et le fortitia ; ce fut la première colonie française en Amérique. L amiral de Coligny, auquel sa charge donnait la surintendance de la navigation, encouragea les colonies; il voulait peut-être ménager aux protestants un asile au delà des mers, comme plus tard les puritains d'Angleterre en trouvèr nt dans l'Amérique sept, ntrionale. ce fut par ses ordres que Nicolas Durand, sieur rie viltegagnon , conduisit, eu 1555. au Brésil une colonie de protestants qui débarqua dans une île f -rince par la rivière que les indigènes nomment Ganabara et les Portugais Rio-Jan"ro. Une autre colonie de protestants français s'ét-.hht a la Floride. L n Dieppois, nomme Jean RttMHft. partit avec deux bâtiment- et o<>da le fort Charles dans une excellente position (1562 \ Après le letour de Kibaul en France, fa colonie se mit à la recherche des mines, au lieu de cultiver le sol. Bientôt des luttes éclatèrent entre les colons ils périrent ou prirent la fuite. Eu I5u4, Coligny envova une nouvelle expédition sous les ordres de Itené de Uiul -nnière ; elle construisit le tort de la Caroline sur les côtes de la Floride ; mais elle r,e tarda pas à être attaquée nar les troupes de Philippe Il , 1565). Le fort de la Caroline fut pris par les Espagnols qui pendirent les col. .ns a\ec celte inscription : Pendus, non comme Français, mais comme hérëtiûurê. Un marin célèbre , Dominique de Courues , ne laissa pas ce crime impuni 11 équipa trois vaisseaux à ses dépens, en i5«7, enleva plusieurs forts aux Espiigm-ls de la Floride, et Ht pendre plus de huit cents colons ne cette nation , avec l' i use i îplion suivunte: Pendus, non comme Espagnols, mais comme assassins.
Les premières colonies françaises furent ruinées par les guerres de religion; et ce ne fut qu'au xvn' siècle, sous le règne de Henri IV et pendant le ministère
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de Sully . qufi furent fondes des établissements durables Henri IV donna, en 1604.
à Pierre du Guest , sieur de Motus, une autorité aussi étendue que celle dont r rançon» avait, investi Jean de La liocque.
Pienœ du Guast partit aveo Samuel Champlain, et fonda, en 1605. uo établissement dans l'Aeadie Mais la colonie la plus importante futile de (Juebec qui dut naissance, en k>08, à Samuel Champlain; cette ville ne tarda pas à devenir la capitale du Canada. I>ès tttoy, on d<nna à ce pays le nom de NovvtUe- France. Jusqu'au ministère de Richelieu (i8M> les colonies fureur abandonnées à des particuliers qui no pouvaient lutter contre le> indi-
S- jes et les nations européennes rivales la France. Richelieu comprit l'importance-'des colonies et favorisa les compagnies de commerce qui s'établirent en France à l imitation des compagnies de Hollande et d'Angleterre. Une des premières qui ieota.de s'organiser en France fut la compagnie du Morbihan. Kl le se composait-de cent associés, qui réunirent un million six cent mille livres comme fonds social, et convinrent d'employer quatre cent nulle livres pour la con>trûcuoo de vaisseaux. Le gouvernement leur cédait le pays de Morbihan . la Nouvelle- France, Jes lies de l'Amérique et le monopole du commerce dans ces contrées.
Il s étaient juges dans I <■ u rs p ropres causes: On ne leur imposait que le tribut d'une couronne d'or a chaque avènement, espèce de droit de joyeux avènement qui rappelait l'ourum coronarium des Romains. « Le bruit de cet événement alar mait déjà les Anglais et les Hollandais, » dit Richelieu; mais le parlement de Rennes refusa l'enregistrement, et la compagnie du Morbihan fut dissoute anrès deux années de vains efforts pour l'organiser. Richelieu substitua, en 1628, la compagnie des Indes occidentales a la compagnie du Morbihan. Il lui accorda les privilèges dont avait joui la compagnie précédente. Le gouvernement lui *eduit Québec, la Nnuvebe-France ou Canada, Ut Floride , le droit de nommer des officiers, d'exploiter exclusivement pendant quinze ans le commerce et la pèche, sous condition d'hommage au roi. lies n côté, la compagnie s'engageait a envoyer des colons dans la iVouty/Ze-è rame. Malgré l'apathie que montra U compagnie/ la colonie du Canada prit d'assez vastes développements.
Vers le même temps . des Français s'établirent à l&Barhade, à Saint-Christophe, à la Martinique, à Saint-Domingue et dans la Guyane. Les premiers colons furent des aventuriers qui fondèrent des
comptoirs et luttèrent contre les Espagnol e
depuis longtemps en possession de ces position*, il* adoptèrent presque la vie sauvage, vivaient sous la tente, et ne se nourrissaient guère que des animaux qu'ils avaient tués dans leurs chasses au milieu des vastes forêts de l'Amérique, et qu'ils étaient dans l'usage ne boucaner ou rôtir en plein air. De la leur vint le nom de 6oucamer<. On finit par les confondre avec les (libustier\ ou pirates. Richelieu, pour donner à ces premiers établissements une organisation plus régulière, établi' la compagnie <>e il"- Saint-Christnphe (16*20), qui fut bientôt transformée en comiagnte du iie* de l'Amérique ( 1635). Elle devait coloniser, entre le dixième et le trentième degré de latitude nord, toutes les Iles qui n étaient pas occupées par des princes chrétiens, et y envoyer en*ïngt ans quatre mille colons. Elle obtenait en compensai on , pour vingt ans, le monopole du commerce dans ces îles. Le roi nommait le gouverneur général, et la compagnie, les gouverneurs particuliers des lies. Les nobles ne dérogeaient pas en s'associant à ce commerce de mer. La compagnie des lies de i Amérique obtint d'abord de grands résultats, Elle ne se borna pas à féconder les été» blissements dont m us venons de parler; elle y ajouta la Guadeloupe ( 1 635 ). Mais, dans la suite, les querelles entre les directeurs de la compagnie, le munopole odieux qu'elle exeicait en transportant aux îles de mauvaises denrées qu'elle vendait un prix exorbitant, entraînèrent sa ruine. Elle 'ut florissante sous Richelieu qui attachait une grande importance aux entreprises maritimes et commerciales. Il encouragea la compagnie d'Afrique qui existait, à Marseille, depuis le xvi* siècle, et qui avait fonde plusieurs eomp* toirs dans la légem-e d'Alger, entre autres, le bastion de France. Richelieu en fit, en 1637 , un établissement régulier et assez fort pour repousser les attaques des ennemis. Il se forma, vers la même époque , une compagnie des Indes orientales qui avait une station à Madagascar, et s'efforçait de lutter contre les Hollandais. Ainsi, le premier âge des colonie^ françaises est marqué par l'influence de l'.icliebeu , qui ne négligea rien pour les rendre florissantes. Elles dépérirent pendant la minorité de Louis XIV, et ne se relevèrent que sous l'administration de Colbert.
La plupart des anciennes compagnies de commerce étaient en pleine dissolution ; la compagnie des iles d'Amérique avait vendu les îles et opéré sa liquidation ( 1651 ) ; une compagnie de la France
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équinoxiale , qui s'était organisée à cette époque pour coloniser la Guyane, avait été forcée de se dissoudr e presque immédiatement. La compagnie de laJSouvelU- France ou du Canada venait de renoncer au monopole que lui avait accoidé Richelieu. Les diverses compagnies d'Amérique furent réunies par Colbert en une seule association qui prit le nom de compagnie des Indes occidentales ( 1664 ). Sous l'influence de ce ministre, les colonies du Canada, de l'Acadie, de Terre-Neuve, prirent de rapides développements. La Louisiane fut conquise de 1678 à 1683.
Saini-Dom ngne, la Martinique, la Guadeloupe , Saint-Christophe, Saint Barthélémy, Sainte-Croix, Sainte-!. ucic . Marie- Galande, Tabugo, les Saintes, Saint- Vincent, la Tortue, Grenade, les Grenadines, Cayenne dans la Guyane, ouviiient à la France de vastes débouchés. Dans la fuite, la mauvaise administration de la compagnie des Indes occidentales f rça Colbert de la dissoudre; mais la France n'en conserva pas moins ces importantes colonies dans l'Amérique. La compagnie des Indes orientales, organisée également par Colbert en 1664, établit un comptoir à Surate, acquit Pondichéry en 1683, et fonda Chanderoagor en 1688. L'ile Bourbon et Madagascar, où la France avait des comptoirs , servaient de statiou aux navires français qui se rendaient aux grandes Indes. La compagnie du Sénégal, dont l'institution fui due également à Colbert, établit une colonie dans la petite Ile Saint-Louis, sur les côtes de la Sénégambie. En 1667, elle y acquit l'Ile de Corée et Portendick. Jamais les colonies françaises ne Turent aussi florissantes que sous le ministère de Colbert. On a imputé la décadence de ces établissements, si manifeste dans la dernière partie du règne de Louis XIV, à l'influence désastreuse du monopole des compagnies. Mais ne seraitil pas plus juste d'en chercher la cause dans les longues guerres qui épuisèrent les finances de la France, et ruinèrent sa marine et son commerce?
Le traité d'Ctrecht ( 1713) enleva à la France, Terre-Neuve et l'Acadie (Nouveau- Brunswick et Nouvelle-Ecosse). Elle compensa jusqu'à un certain point cette perte par l'acquisiiion de l'île Maurice, qu'elle acheta aux Hollandais et qui prit le nom d'Ile de France ( 1712). Pendant la minorité de Louis XV, le système de Law, si désastreux à tant d'égards, contribua à donner une grande impulsion aux colonies françaises (voy. Banque). La compagnie du Mûjristtpi , instituée, en n 17, pour l'oxploitalion des terres de la Louisiane , fonda la Nouvelle Orléans a l'embouchure
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du Mississipi. Peu de temps après , celte compagnie obtint des privilèges exorbitants, et, sous le nom de compagnie des IndfSy elle absorba les anciennes compagnies des Indes orientales et occidentales, et s'empara du commerce de l'Asie, de l'Amérique, et de l'Afrique. Les Iles de France et Bourbon prirent alors une nouvelle importance. Mais la ruine de la compagnie des Indes fut fatale aux colonies. Cependant la première partie duxvur» siècle fut signalée par la fondation de plusieurs établissements français à Mahé ( 1727 ), Karikal ( 1739 ), Sainte-Marie de Madagascar ( 1750), Yanaon (1752). Pupleix , gouverneur de Pondichéry, fut un instant maître de Madras et d'une grande partie de lacôtedeCoromandel. Un avenir huilant paraissait s'ouviir pour les Français, aux. grandes Indes; mais les désastres de la guerre de Sept ans ( 1756- 1763 », ruinèrent toutes ces espérances. I.a France perdit, par le traité de Pans (1763), la plupart des colonies d'Amérique, et, entre autres, le Canada et la Louisiane , Tabago, Saint-Vincent, la Grenade , les Grenadines, etc. La marine française se releva pendant la guerre d'indépendance d'Amérique ( 1774-1784 ) , et le second traité de Paris (1784) lui rendit Tabago. Mais pendant la révolution elle perdu la colonie la plus importante qui lui restât aux Antilles. La révolte des nègres à Saint-Domingue (1793) lui enleva cette île. qu'elle tenta vainement de reconquérir en 2803. 11 ne reste aujourd'hui à la France, de ses anciennes colonies d'Amérique, que Cayenne et la Guyane française, la Martinique, la Guadeloupe, Marie-Galande, la Désirade, les Saintes, Saint-Pierre et Miquelon, et une partie de l'Ile Saint-Martin. Elle possède encore l'Ile Bourbon et Mayotte sur la côte orientale d'Afrique ; Chandernagor,Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon aux grandes Indes; les principaux comptoirs du Sénégal sur la côte occidentale d'Afrique. Elle a acquis, sous le règne de Louis-Philippe, Taïli et les tles Marquises oh Ton remarque Nou-ka-hiva, lieu de déportation. En 1854, la France a pris possession de la Nouvelle-Calédonie. Elle a aussi des établissements en Cocbinchine. I.a principale colonie de la France est actuellement l'Algérie dont la conquête a été commencée en 1830 et qui comprend les provinces d'Alger, d'Orau et de Cou stantine. Cette dernière colonie dépend du ministère de la guerre. Les autres colonies sont comprises dans le département du ministère de la marine. Les colonies y forment une division spéciale qui a un directeur et un chef de division. Kn i86l ,
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li compagnie générale maritime a établi troislignes régulièresde paquebots parlant de Bordeaux, Nantes et Marseille pour le Brésil, les Antilles et les États-Unis. I.a ligne des Indes-Orientale* part de Suez et a pour extrémité Saigon avec cinq embranchements: le premier d'Aden sur la Réunion et nie Maurice; lesccond.de Pointede-Galle sur Calcutta -, le troisième, de Singapore sur Batavia: le quatrième, de Saigon sur Manille; enfin le cinquième, de Saïgon sur Hong-Kong et Sang- Haï.
COLONS. — Les colons formaient, dans les derniers temps de l'empire romain une classe intermédiaire entre les hommes libres et les esclaves. « Le colonat , dit M. Giraud (du J)rotf français au moyen âge, I. 162 >. fut formé d'un côté par la population libre dégénérée, et de «autre côté par la population servile améliorée. L'une et Vautre se fondirent en une position moyenne qui d'abord n'eut d'autre règle que la coutume ou le contrat, et qui plus lard fut soumise à des règlements que sollicitaient le bon ordre de l'Etat, l'intérêt de l'agriculture et la garantie respective des propriétaires et des colons. » Il n'est pas de mon sujet d'insister sur le colonat romain ; je ferai seulement remarquer , d'après l'auteur que je viens de citer, que les colons romains subirent, au iv» siècle, les conditions de cette société, où la culture, la possession , l'habitation étaient devenues un intolérable fardeau . où l'on ne trouvait plus que des cultivateurs fugitifs , des propriétaires fugitifs, et où il fallait imposer, de force, des maîtres et des possesseurs aux biens de la terre. Les colons furejit attachés à la glèbe , comme les curialcs étaient attachés au municipe ( voy. Municipes). Ils étaient serfs delà terre, comme disent les lois romaines ( servus terras ipsius... inserciat terris). En cas de vente de la terre, le colon restait attaché à la terre et dépendait du nouveau possesseur. <« Le propriétaire , Mit M. Giraud, ne pouvait disposer de la terre sans les colons ni des colons sans la terre. « La classe des colons se recrutait : i° par la naissance , le fils du colon suivant la condition de son père; 2° par la prescription qui s'exerçait après trente ans de colonat; 3° par un contrat volontaire qui faisait passer de la classe des hommes libres dans celle des colons; 4° par des colonies de barbares transplantées dans le^ provinces, l a condition du colon différait de celle de l'esclave, on ce qu'il était libre envers tout autre que le propriétaire de la terre , et pouvait contracter un véritable mariage ; ce qui
était refusé à l'esclave. Mais il était tenu de cultiver la terre et de payer au propriétaire une redevance; il était soumît, comme l'esclave, à un châtiment corporel, s'il manquait aux obligations qui lui étaient imposées. Enfin, il était enchaîne aux travaux de la glèbe: rien ne pouvait l'en affranchir, pas même te seivice militaire, auquel cependant il était soumis. Le colonat romain subsista dans la Gaule après l'invasion des barbares. On en trouve la preuve dans une lettre de Sidoine Apollinaire, évèque de Clermont- Ferrand au v" siècle (livre V, lettre xix}: « Je pardonnerai volontiers à cet homme, dit il en parlant d'un colon , si , de son maître que vous êtes, vous consentez à devenir sou patron et si vous le dégagez du colonat (inquilinalu ) où il est ne.... Devenu de tributaire, client, il passera de la classe des colons à cellf des plébéiens.» Après la chute de lYmpire romain, on trouve les colons désignes dans la Gaule par les noms é'inquilins, de fiscalins, d'aldi <>n«, etc. Il y en avait qui ne devaient le service que trois jours la semaine et qu'on appelait pour ce motif triduani.
Mais le lien qui les attachait à la terre ne fut plus aussi fort que sous l'empire romain; il put être rompu par l'affranchisscmentou par la prescription. Le colon eutle droit de poursuivre une action eu justiceet d'avoir une propriété personnelle. Eu un mot, sa condition s'améliora. Des colons romaius vinrent en partie k-9 colliberts (voy. ce niot}, en partie les hommes de poeste (voy. ce mot) et les serfs (voy.ee mot). L'esclavage ancien disparaissait, et l'émancipation sociale s'accomplissait peu àpeu.Voy. Essais sur l' histoire de France, par M. Gnizot; Polypt. d'Irminon, Prolég. de M. Guérard, et Traité du droit français au moyen âge, par M. Giraud.
COLONEL ( Colonel gênerai des diïOm
?ons, colonel général de la cavalerie, cooncl général de l'infanterie, etc ^L'office de colonel général de l'infanterie française fut établi par François vers 1544 . érigé en charge de la couronne par Henri III, en 1584, et supprimé par Louis XIV en I6t>i. Louis XV le rétablit, en 1721, en laveur de Philippe d'Orléans, fils du régent, qui s'en démit en 1730. Depuis cette époque . il n'y a plus eu de colonel général de l'infanterie française. Voy. Hiérarchie militaire.
COLONELLE. — Ce mot désignait , au xvii» siècle, la première compagnie d'un régiment; celle qui portait le drapeau blanc. H est souvent question de colonelles dans les mémoires du xvit" siècle. « L'enseigne de la colonelle de Miron me
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vint avertir, dit le cardinal de Retz, que le chancelier marchoit droit ail Palais. » Mém. d" Heiz, août 1648; récit de la journée des barricades.
COLOSSE. — Les druides plaçaient les Tirâmes humaines dans un colosse d'osier pour les brûler en l'honneur de leurs dieux. Voy Druides.
COLPORTAGE, COLPORTEUR. — Les marchands ambulants, appelés colporteurs , ont été soumis do toui temps a des règlements particuliers Les anciennes lois françaises leur d« fondaient de vendre aucune marchandise sans la permission du lieutenant général de police ( De La Mare, Traité de hi police, 1 I, t. XV, c. n). Les statuts des libraires de Paris interdisaient aux colporteurs de gazettes, édits , etc. , de tenir appremis , magasins, boutique, imprimerie; ils pouvaient seulement porter à leur cou une balle contenant de petits livres qui ne dépassaient pas huit feuilles brochées et imprimée* par un libraire de Paris , avec sa marque. Aujourd'hui le colportage, qui comprend l'industrie de ces marchands ambulants, des erieurs de nouvelles publiques, des vendeurs et acheteurs de vieux habits, etc., est libr e , à condition que le colpoi leur se pourvoira d une patente, et se conformera aux règlements de police. Comme beaucoup de fraudes peuvent se commettre au moyen du colportage, il est recommandé aux maires de le surveiller. Le colportage du tabac et des cartes a été formellement interdit par la loi du 28 avril 1816, art. m
COMBAT SINGULIER. — Voy. Duel.
COMBATS A LA BARRIÈRE —Jeux militaires où les cheval iers combattaient à pied.
COMBENNATORES. — Conducteurs de chariots appelés Bennes. Voy. Renne.
COMEDIE. — Voy. Théâtre.
COMICES AGRICOLES.— Réunions d'agriculteurs. Voy Agriculture.
COMIRS. — Espèce de jongleurs.
Voy. Jongleurs.
COMITE. - Officier de galères qui dirigeait les forçats et les faisait ramer.
COMITÉ.— On appelait autrefois comité dans l'ordre de Malte, un bureau composé de seize commandeurs et chargé de l'expédition des affaires de l'ordre. — Il y a près des différents ministères des comités ou bureaux composésd'hommes spéciaux destinés à éclairer les questions rejatives à l'agriculture, au commerce, aux colonies, à la marine, aux ponts et chaussées, à l'infanterie , à la cavalerie, à l'artillerie, aux monnaies, aux finances, aux domaines, à
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la diplomatie, etc. Voy. Ministères. — On a souvent d<nné le nom de comitét à des réunions démembres d'as-emblées politiques. La Convention , qui joignait le pouvoir executif au pouvoir législatif, avait forme divers comités charges de l'administration : tels étaient les comités de salut public, de sûreté générale, de l'instruction publique, etc. Nous ne pouvons ici qu'indiquer ces institutions dont l'histoire se trouve dans tous les ouvrages relatifs à la révolution. — Les comités historiques ont été établis auprès du ministère de l'instruction publique p<-ur diriger la publication des documents inédits relatifs à l'histoire de France.
COMMANDANT DE PLACE. — Offiaier chargé du commandement d'une place for.e.
COMMANDE ou COMMENDE. — Administration d'une abbaye confiée par le roi à un personnage qui en touchait les revenus , sans résider et souvent même sans être engagé dans les ordres. On ne donnait en commande ni les cures ni les évèchés. Voy. Adbaye tt Bénéfices ecclésiastiques.
COMMANDE (Droit de). —Droit féodal que certains seigneurs prélevaient tous les ans sur les veuves de condition servile. Dans quelques contrées , le droit de commande éiail payé par les femmes mariées de condition servile, aussi bien que par les veuves.
COMMANDER IE , COMMANDEUR. — Une commanderie était un bénéfice de l'ordre de Malte Celui qui en était investi s'appelait commande" r. L'institution des commanderiez da e de 1260 Jusqu'à cette époque, les biens de l'ordre étaient administrés par des agents comptables, qui, après avoir pris ce qui était nécessaire pour leur subsistance . devaient remettre le surulus au grand maître et au trésorier de l'ordre. Mais, comme il fallait a l'ordte des revenus fixes, on arrêta dans un chapitre tenu à césarée (1260 . un rôle des sommes que chaque bénéficede Malte enverrait à la terre sainte. Le reste des revenus de ces bénéfices ou commanderies fut consacré à l'entretien des chevaliers qui en avaient la direction et qui, depuis cette époque, s'appelèrent commandeurs.
COMMANDEURS. - Les commandeurs dans les colonies étaient des agents qui présidaient, le fouet à la main , aux travaux des nègres. Voy. Nègre.
COMMENDATAIRK ou COMMANDATAI- RE. — Primitivement le rommendataire était un économe chargé d'administrer un bénéfice vacant, jusqu'à la nomination
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d'an nouveau titulaire. L'administration ies évêchés vacants appartenait à l'évcque a plus proche, qu'on appelait, pendant ja vacance du siège , eréyue commendataire. Dans la suite, on laissa des abbés commendalaires jauir pendant toute leur vie des revenus d'ui.e abbaye. L'abbé commendataire n'était pas chargé de la discipline intérieure; mais il avait tous les droits honorifiques et les revenus. C'était trop souvent un courtisan qui ne résidait jamais dans son abbaye. Voy. Abbaye et Bènéficrs ecci.ésiastiquks.
COMMENSAL. — On appelait commensaux ou convives du r>>i, sous les premières dynasties, les guerriers qui accompagnaient le roi dans les contrats et qui le servaient dans son palais orame minitteriales. Aux xvn« ei xvur» socles, les commensauw étaient les officiers qui avaient droit de prendre place aux tables de Ja cour.
COMMERCE. — La France, baignée par l'Océan et la Méditerranée , arrosée par cinq grands fleuves et une infinité de rivières, présente pour le commerce les conditions les plus favorables. Aussi v<>iton dès la plus haute antiquité la colonie des Phocéens, Marseille, lutter contre les Carthaginois et les Etrusques et couvrir de ses comptoirs les côtes de la Gaule it de l'Espagne. [Vous connaissons moins e commerce de la Gaule septentrionale.
Cependant on doit croire, d'après quelques passages des auteurs anciens, que B Gaule faisait un commerce étendu par .a Seine avec la Grande-Bieiagne et les contrées du nord La corporation des marifiers de la Seine ou des nnutes ftartsiens remente à une haute antiquité. Elle était organisée et jouissait de privilèges sous les empereurs romains. Il est probable que ces institutions de commerce se perpétuèrent au milieu des bouleversements aue l'invasion des barbares causa dans 1 empire romain. Dès le vn'siècle, on voit les navires charges des productions riu midi arriver dans la Seine. Une ordonnance de Dagobert . en date de t>29 , mentionne les denrées méridionales , l'huile, la garance, qui éiaient apportées par .'Océan et la Seine (Srript. rerum gallin., IV, «27 ). Ce roi encouragea le commerça en accordant des privilèges aux marchands qui se hasardaient ainsi sur les mers, et il fonda en leur faveur la foire de Saint- Denis . qui durait quatre se maines , et réunissait des marchand* do tontes les nations. Grégoire de Tours cite le vin de Gaza et parle ►ans ctonnement d'un riche négociant syrien établi à Bordeaux ( Hvre VU , chap. xxix etxxxi).
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Au vu» siècle, il est question d'un marchand franc, nomm.* Sa mon , qui devint r<»i des Slaves. 11 traversait probablement les contrées slaves pour se rendre du pavs des Francs à Constantinople, où était un des principaux marches de l'Orient, et, comme u^o-c^h époques barbares . le commerce était chote dangereuse et -e faisait souvent à main armée, le marchand franc put devenir chef d'une nation belliqueuse. Les capitulaires dr Charleina«ne attestent les périls du commerce en » ème le ors que ies efforts de cet empereur pour le protéger II recommande aux cornu s charges de la garde des frontières de veiller a la défense des mar> hands et en même temps il trace a ceux-ci les sta ions commerciales on ils trouveront aide et protection. Au nord et a l'est d»- i empire, Uardewick, près de Lnnebnurg Bardewi k fut ruinée par Henri le l.ion », Zelle et Mau'dehourg sont les principaux rennes des relations commerciale*; au cont e, Krfurt; sur le Danube , Katisbonne et Lorcb , au confluent dr l'Eus et du Danube ' vov. le capitulairc , dans le lien, et l des historiens de Fronce, v , 672). 1/aUenlmn de Charlemagne se portait en même temps sur les denrées commerciales. Il défendait de vendre des armes aux barbares; Charlemagne favorisait encore le commerce en établissant une mesure unique et une seule monnaie pour tout son empire. Les péages, que les Francs avaient muliipliés, entravaient le commerce intérieur; Charlemagne renouvelle souvent la défense d'en établir de nouveaux. * Que l'on n'exke aucun péage là ou il n'y a point de rivière a traverser dans un bac, ou de pont à tranchir. » >Id. ibid.. p 6fi4. )Et ailleurs : « Que personne n aît l'audace de percevoir des péages , si ce n'est dans les lieux où des ponts sont construits depuis longtemps, où l'on a établi des bacs pour le passage, et où existe une ancienne coutume » Ces ordonnances attestent les efforts de Charlemagne pour le bien public et pour la prospérité de ses Etats, dont il embrassait tomes les parties et surveillait jusqu'aux moindres détails. Mais l'anarchie qui suivit te démembrement de l'empire carlovingien, le> guerres civiles, les tutus feod-les, annulèrent pendant plusieurs siècles tout» s relations commerciales. Il semble que les vassaux courbes sur la glèbe furent, aux xe et xi« siècles, condamnés a l'isolement. La France se hérissa de châteaux forts aux gorges des montagnes, aux passages des fleuves, et on ne put circuler qu à main armée. Ce triste eut nou<* est atteste par les efforts mômes que Ht l'Eglise pour en
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délivrer lu France. La paix de Dieu et la trêve de Dieu (voy. ces mots) ne remédièrent qu'imparfaitement à un mal aussi profondément enraciné, et Ton trouve dans les historiens contemporains les moins suspects la preuve de ces calamités. «' Avant que les chrétiens partissent pour les contrées d'outre mer, dit Guibert de Nogeni ( Hist. de Jérusaltm , livre Ier, chap. xxvir, le royaume de France était en proie à des troubles et à des hostilités perpétuelles. On n'entendait parler que de brigandages commis sur les voies publiques. Les incendies étaient innombranies, et la guerre sévissait de toutes parts sans autre cause qu'une insatiable cupidité, bref, des hommes avides ne respectaient aucune propriété et se livraient au pillage avec une audace effrénée. » Guillaume de Tyr confirme ces assertions (apud Gestn Dci per Franco* , livre 1er, c.hap.vtu . <« Il n'y avait, dit-il, aucune sécurité pour les propriétés : quelqu'un etaitil regarde comme riche, c'était un motif suffisant pour le jeter en prison, le retenir dans les fers et lui faire subir de cruelles toitures. Des brigands, ceints du glaive, assiégeaient les rouies, dressaient des embûches aux voyageurs, et n'épargnaient ni les étrangers ni les hommes consacrés à Dieu. Les villes et les places fortes n'étaient pas même à l'abri de ces calamités; des sicaires en rendaient les rues et les places dangereuses pour les gens de bien. Moins on était coupable, plus on était exposé aux attaques des méchants. »
Le remède vint de l'excès même du mal. La féodalité, fatiguée enfin de ces luttes incessantes oii elle se dévorait elle-même , et obéissant à un sentiment religieux, entreprit les guerres lointaines appelées croisades Dès le xn« siècle, on reconnut les avantages de la route de mer sur la route de terre, et Richard Cœur de Lion s'embarqua à Marseille en 1 190. Bientôt les Vénitiens conquirent avec les Français, 'empire d'Orient. Saint Louis fit creuser un port àAigues-Mortes, et couvrit de ses vaisseaux la Méditerranée. Les croisades avaient donné uu puissant essor à la marine , et par conséquent au commerce. Dès ce moment, il s'établit entre l'Asie et l'Europe, un échange de produits dont les facteurs l urent les Vénitiens et les Génois , et aussi les habitants de Marseille, de Montpellier, de Narbonne. Benjamin de Tudèle, voyageur du xtr» siècle, donne une haute idée de l'activité commerciale de Montpellier. «Cette ville, dit-il, est tréquentéc par toutes les nations chrétiennes et mahométanes. On y trouve des négociants de l'Afrique, de l'Italie, de
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l'Egypte, de la Palestine, de la Grèce, de la Gaule, de l'Espagne, ei de l'Angleterre, en serte qu'on y voit des gens de toutes les langues avec les Génois et lesPisans. » Les denrées qui étaient apportées du Levant dans les ports du midi de la France , étaient transportées par terre ou par eau dans l'intérieur du royaume, aux grandes foires , qui étaient alor3 les principaux centres des relations commerciales. La Champagne avait les plus importantes aux xuc et xnr siècles, et c'était là que se faisait l'échange des produits du nord et du sud de la France. La Normandie était en relation avec l'Irlande et l'Angletene , et, dés le xi« siècle, les bourgeois de Rouen avaient obtenu les privilèges de commerce les plus étendus dans tous les ports d'Angleterre. Philippe Auguste, en s'emparuntde la Normandie (i 204 ), donna à la France une puissante marine sur l'Océan. A la même époque, la Flandre se faisait remarquer par son industrie et ses relations commerciales. Le poète de Philippe Auguste, Guillaume le Breton, en parle avec admiration (Historiens d«.
France , XVII , 234-235 ): « Là se voien: des iingots d'argent et de brillant métal T les tissus de la Phénicie et de la Sérique ( pays ci'oii l'on lirait la soie ) ; les produits des Cyclades , les peaux tacbetées de la Hongrie , les n rai nés qui donnent à l'écarlate une couleur brillante, les vins au'enveient la Gascogne et la Rochelle; du fer, des métaux, les produits de l' Angleterre , et les denrées de toute nature que la Flandre accumule dans ses ports pour les répandre dans les diverses parties dt monde. » Les rois de France s'emparèrent sous Philippe le Bel de cette riche contrée. Déjà ils avaient les ports d'Aigues- Mortes, de Celte, et toute la côte du Languedoc réunie à la couronne en 127 1.
Ainsi, le commerce français prit, dès le xiii" siècle, un vaste développement, et fut favorisé par plusieurs ordonnances des rois de France.
La corporation des marchands de l'eau de Paris, qui avait succédé à celle des liantes parisiens , obtint de grands privilèges de Louis VI , Louis VU , et Philippe Auguste. Elle forma une hanse, on association , et eut le monopole des transports •sur la Seine, depuis le pont du Pecq, près de Saint-Germain , jusqu'à la haute Seine. Elle levait un impôt ou droit de hanse sur toutes les dem ées apportées à Paris. Cette puissante corporation .fut pendant longtemps la plus importante de Paris, et elle donna pour armes à cette ville un vaisseau, emblème du commerce maritime.
La basse Seine était soumise à une autre corporation , celle des marchands de l'eau