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6on avis , contre les Flamands. Blessé des railleries de quelques seigneurs qui accusaient sa prudence de làcbeté et presque de traliison, je vous minerai si loin , leur dit-il , que vous n'en reviendrez point. Et, en effet, ils restèrent presque tous sur le champ de bataille , égorgés par ces vilains qu'ils dédaignaient. Gaucher de Chastillon , son successeur (1302-1329), est surtout célèbre par la victoire de Casscl sur les Flamands (22 août 1328). Raoul de Brienne périt dans un tournoi 1 18 janvier 1 344). Son fils, Raoul de Brienne , lui succéda; prisonnier des Anglais en 1346, il fut soupçonné de trahison, et eut la téte tranchée le 19 novembre 1350. Son successeur, Ciiaiu.es de Lacerda , favori du roi Jean , fut assassiné, en 13^5, par ordre de Charles le Mauvais , roi de Navarre. Jacques de Bourbon 0355-1356) se démit au bout d'un an de la charge de connétable; il fut remplacé par Gauthier de Brienne, qui périt à la bataille de Poitiers (1356). Robkut de Fiennes (1356-1370) défendit Amiens contre le roi de Navarre, chassa les Anglais et les grandes compagnies du Languedoc. Bertrand du Guesclin ( 1370- 1380) est un des plus illustres entre les connétables ; le récit de ses exploits se trouve dans toutes les histoires de France. Olivier de Clisson, frère a"armes de du Guesclin , lui succéda (i38o-i392) ; il s'était rendu odieux aux oncles de Charles VII par la fermeté de son gouvernement. Ils le destituèrent lorsque Ta folie de Charles VI leur eut livré le gouvernement (1392). Philippe d'Artois ( 1392-1397) prit part à la croisade de Nicopolis , et mourut prisonnier de Bajazet (16 juin 1397). Louis de Champagne, comte de Sancerre, mourut en 1402. Charles d'Albret périt à la bataille d'Azincourt (25 octobre 1415); comme le connétable d'Albret était un des chefs du parti armagnac, la faction des Bourguignons lui opposa Waleran de Luxembourg , comte de Saint-Pol , qui porta le titre de connétable, Hii à i4i3. Bernard d'Armagnac , qui a donné son nom à une des factions qui divisaient alors la France, fut égorgé dans le massacre da 12 juin 1418. Charles de Lorraine (1418-1424), Jean Stuart, tué à Verneuil en 1424, Arthur de Brrtagne, comte de Richemont. furent successivement connétables. Richemont 6e signala dans les guerres contre les Anglais , et, par la vigueur de son administration, il contribua puissamment aux succès de Charles VII.
Après sa mort, en 1458, la dignité de connétable fut quelque temps vacante. A la suite des troubles de la ligue du bien publie (1465), Louis XI nomma connétable
Louis de Luxembourg , comte de Saint- Pol , qui , dans la suite , fut convaincu dt* trahison et eut la tête tranchée (^décembre 1475). Louis XI laissa la charge vacante jusqu'à sa mort. Jean de Hourbo* la remplit de 1483 à H88. Pasquier s'est <fnnc trompé lorsqu'il a écrit dans ses Recherches { livre VI, ch. v ) : « Le comte de Saint-Pol, qui fut exécuté à mort Tan 1475, avait enseveli avec lui la dignité de connétable, jusques en l'an I5i4que le roi François , premier de ce nom ? sur le commencement de son règne , la ht revivre en Charles, prince du sang, aîné de la maison de Bourbon. Ces deux connétables , Saint- Pol et Bourbon , émurent de grands troubles; mais, comme le second était, dans notre France , de plus grande étoffe , aussi porta-t-il plus de coups que le premier. » Il y eut une nouvelle suspension de la charge de connétable jusqu'en 1S15- Charles de Bourbon, nommé connétable en 1515 , est surtout célèbre par sa trahison (1523). Anne de Montmorency, connétable en 1538, conserva cette dignité sous les quatre rois, François l«r, Henri II, François II, et Charles IX; il périt à la bataille de Saint-Denis en 1567. Son fils, Henri de Montmorency, ne fui nommé connétable que par Henri IV (î 593 il mourut en 1614. Charles d'Albert, duc de Luynes ( 1 617-1 621 ),est assez connu comme favori de Louis XIII. François de Bonne, ducdeLesdiguières, fut le dernier connétable ( 1622-I6i6i. Peu de U rès sa mort, la dignité de connétable tut supprimée parun édit du mois de janvier 1627. Déjà plusieurs fois, au xvi* siècle, cetto dignité avait été suspendue comme redoutable pour la puissance monarchique. Le titre de connétable fut rétabli, pendant quelques années , par l'empereur Napoléon en faveur de son frère Louis Bonaparte. Voy. sur les connétable» , du Tillet, Recueil de» rangs, etc., et Denis Godefroi, Histoire des connétables , etc. , Paris, 1688.
Les seigneurs eurent aussi pendant quelque temps des connétables ; certaines villes en avaient encore au xve siècle. Alain Chartier rapporte , dans son Histoire de Charles Vil, que Joachim Raoul t fit, entre les mains de ce roi, serment comme connétable de la ville de Bordeaux.
CONNETABLIE. — Tribunal du connétable. Cette juridiction continua d'exister après la suppression de la dignité de connétable et conserva le nom de connétablie. Elle connaissait de tons mm crimes et délits commis par les gens d> guerre au camp, dans les garnisons eJ
CON
pendant les marches ; des contestations
Îui s'élevaient entre eux pour le partage o butin ou pour les rançons 5 des al malversations des officiers de guei re, etc. Ce tribunal se composait d un lifi général, d'un lieutenant particulier s* a*un procureur du roi nommé par le connétable , et . après la suppr. n de cette charge, par les maréchaux. C'était une des tmis tables de marbre du i*amt» à Paris. Les anpels de la connétabi ta étaient portés au parlement de Paris. Le grand } prévôt de la connétablie, accompagné de quatre lieutenants et d'archers , suivait les armées pour faire \% |irocès aux soldats conpables de quelque iu fraction à la disciplina militaire.
11 ne faut pas confondre ce tribunal de la connétablie avec la juridiction des maréchaux de France prononçant sur les contestations relatives au point d'honneur. Dans les affaires rie cette nature, les maréchaux de Fi ance jugeaient euxuêmes et sans appel.
On appelait encore connétablie , dans l'ancienne langue t rancaisa , des compagnies de ravaler infanterie. Ijb roi Jean ordonna, en 1351, que l'infanterie fût rangée par mnnëtahhen et par compagnies de vingt-cinq à trente nommes.
Chaque commandant de ces compagnies s'appelait connétable. Froissart emploie aussi le mot conné'nhlir dans ce sens : « Les Hennuyers, dit-il, vinrent devant la ville d'Aubèton . en trois connétabliss , leurs bannières devant bien ordonnées.»
CONSCRIPTION.- Recrutementde l'armée. VOV. A RUÉE et HtCUUTFJfE.1T.
CONSEIL r/ÊTAT. — 11 y a peu d'institutions de la France qui aient eu une
aussi grande important que le conseil d'Etat: il a surtout contribué à préparer et à consolider l'unité administrative. Désigné sou? les noms de conseil des parties ou de la justice, conseil des ié]êches ou de l'intérieur, conseil de direction 011 de finances, il exerçiit une haute influence sur la justice, l'administration intérieure et la gestion financière; et cependant on connaît à peine l'organisation de cette assemblée. On s'est plus d'une fois trompe, en voyant sous ces noms différents des assemblées différentes, tandis qu'il s'agit toujours du même conseil délibérant sur diverses matières. 3c chercherai , en nVappuvant UT des documents nouveaux et autnen- ' tiques, à indiquer exactement les principales phases de l'institution qu'on a appelée t< ur à tour ^our du roi , cornet/ du roi , grand conseil, conseit étroit, conseil pries, et enfin conseil d'Etat; ce