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1777); NKCEER (1777-1781); JOLT M FLEURT (1781-1783); Le Fevhr d'Ormes- SON (1783) ; DE CALONNX (1783-1787); Bouvard de Fourqueux (1787); Loméme de Brienne(i787);de Villedeuil (1787); Lambert (1787-1790); de Lessart (1790- 1791). Le 27 avril i79i, le titre de amfrtfleur général fut supprimé et remplacé par celui de ministre des contributions et revenus publics.
CONTROLEUR GÉNÉRAL DE La MAISON DU ROI. — Officier qui avait au xvu* siècle la surveillance générale du service de la maison du roi. Yoy. Maison du bol
CONTROLEUR DES POSTES. - Voy.
Postes.
CONTUMACE. — Accusé qui refuse de comparaître en justice. Yoy. Justice.
CONVENTION NATIONALE. - Assemblée politique qui gouverna la France, du 21 septembre 1792 au 26 octobre 1795. Voy. Assemblées politiques.
CONVENTU ALITÉ. - État d'une maison religieuse soumise à une règle monastique. Voy. Religieux.
CONVERS. — On appelait et on appelle encore convers ou frère convers , un religieux employé aux œuvres serviles d'un monastère. Les religieuses consacrées aux mêmes travaux se nomment sœurs converses.
CONVIVES DU ROI. — Nom donné aux leudes francs. Voy. Leudes.
CONVOI. — Voy. Funérailles.
CONVOI. — Escorte de bâtiments marchands par des vaisseaux de guerre.
CONVOI DE BORDEAUX. - Sous l'ancienne monarchie , on appelait convoi de Bordeaux un impôt qui se levait sur certaines denrées transportée» par mer, et spécialement sur les vins, eaux -devie, etc. L'origine de ce droit explique le nom qu'il portait. Les bourgeois et marchands de Bordeaux faisaient primitivement escorter leurs navires par des vaisseaux armés en guerre, et s'imposaient une taxe pour subvenir aux frais de ce convoi. Dans la suite , les rois disposant seuls de la marine militaire, se chargèrent de faire escorter les navires de commerce et établirent pour subvenir aux frais de convoi un droit de douane permanent qui garda le nom de convoi de Bordeaux. Le bureau établi pour la per ception de cette taxe s'appelait aussi convoi de Bordeaux.
CONVULSIONNA1RES. — Jansénistes qui, en 1727, se réunissaient au cime-
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tière de Saint-Médard et te faisaient flageller sur le tombeau du diacre Paris.
Les convulsion» qu'ils éprouvaient étaient considérées par leurs partisans comme un miracle. Le gouvernement fit fermer le cimetière , et on composa, à cette occasion , Tépigramme si connue :
De par 1* Roi défraso à Dioa D« foira m i racle en ce lieu.
COQ. — Le coq n'a été employé comme symbole de la France que vers la fin du xv i i« siècle. Jusqu'alors il ne figurait que sur les clochers des églises pour annoncer la vigilance qui doit distinguer les ministres de Dieu. Un des premiers monuments où figure le coq comme emblème de la France , est une médaille de 1679, qui porte pour légende gallus proter (or sub umbra alarum ( le coq les protège à l'ombre de ses ailes \ Ce furent surtout les ennemis de la France qui firent usage de cet emblème. Ainsi , en 1706 , à l'occasion de la défaite des Français à Ramillies , on représenta un coq qui se , laisse prendre à un hameçon , sur lequel il s'est jeté avidement. Une autre médaille montre le coq gaulois fuyant devant le lion belge , avec cette légende :
Anne tu. Galle , fugit , dum leo btlga frémit.
«Ta fois m., in tenant , coq oa Gatiloia , atf seul frémissement du lion belge. >
Sur une médaille de 1 712, on voit le coq qui demande la paix au lion belge et au léopard anglais , sans pouvoir 1 obtenir. Une médaille de 1760 représente le coq gaulois déchiré par l'aigle impériale qui lui arrache les plumes. On voit que jusqu'à la révolution le symbole du coq était surtout satirique. Jamais il ne parait sur les méd ai Iles frappées par o rd re de Louis XI V; jamais l'Académie des inscriptions ne l'employa comme emblème national. Il n'a été adopté comme symbole de la France qu'en 1792. Voy. Armes de Franck.
COQS (Combats de ). — Voy. Fêtes.
CORDE (Supplice de la). — Voy. Supplice.
CORDELIERS. — Ordre religieux. Voy.
Abbaye et Clergé régulier.
CORDON BLEU. — Signe distinctif de l'ordre du Saint-Esprit institué par Henri III. Voy. Chevalerie ( Ordres de).
CORDON JAUNE.— Ordre de chevalerie établi par le duc de Nevers sous le règne de Henri IV. Voy. Chevalerie (Ordres de).
CORDONNIERS.— Voy. Corporation.
CORNARDS. — Confrérie burlesque éta-
blie à Rouen et • Evreux. Le chef était appelé abbé des cornaifla. Voy. abbé.
CORNE A BOIRE. — Les anciens Germains se servaient, comme de coupes, dans leurs festins , de cornes d'urus ou de taureau sauvage. Les Francs introduisirent cet usage dans la Gaule.
CORNE DE LICORNE. — La corne de licorne servait pour l'épreuve des mets
CORNEMUSE, CORNET. - Voy. Musique.
CORNETTE. — Drapeau de la cavalerie
légère. On donnait aussi le nom de cornette à l'officier qui portait ce drapeau. Voy. Hiérarchie militaire. — Enfin on appelle cornette un pavillon aux couleurs nationales dont se servent les marins et dont les deux bouts se terminent en pointe ; il se suspend au grand màt.
CORNETTE BLANCHE. - Drapeau royal. Voy. Banniéue.
COHPORAL. — Linge bénit que le prêtre étend sur l'autel pour y placer le calice.
CORPORATION.— S L Origine des corporations. — On donnait le nom de corporation ou ghilde à des associations d'ouvriers qui remontaient à une haute antiquité. Les corporations industrielles se trouvent déjà dans l'empire romain, où elles avaient été instituées par Alexandre Sévère. Elles survécurent a l'empire et furent fortifiées pur l'usage des ghildes ou associations Scandinaves.
« Dans l'ancienne Scandinavie, dit M. Aug. Thierry, ceux qui se réunissaient aux époques solennelles pour sacrifier ensemble terminaient la cérémonie par un festin religieux. Assis autour du feu et de la chaudière du sacrifice , ils buvaient à la ronde et vidaient successivement trois cornes remplies de bière , l'une pour les dieux , Vautre pour les braves du vieux temps, la troisième pour les parents et les amis dont les tombes, marquées par des monticules de gazon , se voyaient ça et là dans la. plaine ; on appelait celle-ci la coupe de l'amitié. Le nom à' amitié (minne) se donnait aussi quelquefois à la réunion de ceux qui offraient en commun le sacrifice, et, d'ordinaire, celte réunion était appelée guilde, c'est-à-dire banquet à frais communs: mot qui signifiait aussi association ou confrérie, parce que tous les cosacriflants promettaient par serment de se défendre l'un l'autre et de s'entr'aider comme des frères. Cette promesse de secours et d'appui comprenait tous les périls, tous les grands accidents do la vie ; il y avait assurance
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mutuelle contre les voies de fait et les injures, coutre l'incendie et le naufrage, et aussi contre les poursuites légales encourues pour des crimes et des délits, même avérés. Chacune de ces associ*tioiiB était mise sous le patronage d'un dieu ou d'un héros dont le nom servait à la désigner ; chacune avait dos chefs pris dans son sein, un trésor commun alimenté par des contributions annuelles, et des statuts obligatoires pour tous ses membres; elle formait aussi une société à part au milieu de la nation ou de la tribu. La société de la ghilde ne se bornait pas , comme celle de la tribu ou du canton germanique à un territoire déterminé; elle était sans limites d'aucun genre : elle se propageait au loin et réunissait toute espèce de personnes . depuis le prince et le noble jusqu'au laboureur et à l'artisan libre. C était une sorte de communion païenne qui entretenait, par de grossie» s symboles et par la foi du serment, des liens de charité réciproque entre les associés, charité exclusive, hostile même à l'égard de ceux qui , restés en dehors de l'association , ne pouvaient prendre les titres de conutt?*, conjuré , frère du banquet. Soit que celte pratique d'une grande énergie lût particulière à la religion dOdm, soit qu'elle appartînt à l'ancien culte des populatious tudesques, il est hors de doute qu'elle exista non-seulement dans la péninsule Scandinave , mais encore dans les pays germaniques. Partout , dans leurs migrations, les Germains la portèrent avec eux ; ils la conservèrent môme après leur conversion au christianisme, en substituant l'invocation des saints a celle des dieux et des héros; et en joignant certaines œuvres pies aux intérêts positifs, qui étaient 'objet de ce genre d'association. » De là naquirent les confréries du moyen âge, ^ui plaçaient les hommes d'un même métier sous l'invocation d'un patron et les réunissaient à certains jours de l'année dans des banqueta fraternels.
Le* ghilde*, confréries, associations, éveillèrent souvent les inquiétudes du pouvoir, qui s'opposait à leur établissement ou à leur maintien. Plusieurs capitulaires de Charlemagne les interdirent formellement. Il en lut de même des conciles. Un synode tenu a Rouen , eu 118*, reproduit ces prohibitions. « H y a des clercs et des laïques qui forment des associations pour se secourir mutuellement dans toute espèce d'affaires et spécialement dans leur négoce, portant une peine coutre ceux qui supposent à leurs statuts. La sainte Écriture a en horreur de pareilles associations ou confréries de
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laïques ou d'ecclésiastique*, parc© qu'en les observant on est exposé à se parjurer. En conséquence, nous défendons, sous peine d'excommunication, qu'on fasse de semblables associations ou qu'on observe celles qui auraient été faites » Mal-
f;ré les défenses des rois et des conciles , es confréries et corporations se maintinrent. Elles étaient une nécessité au moyen âge , dans ces temps où la loi ne protégeait pas les individus, et où ils étaient forcés de s'unir pour dérendre leurs droits. L'association des gens de môme métier leur assurait protection contre la violence, secours pour les vieillards , les malades , les orphelins et les veuves des membres de la corporation. I y avait encore un avantage incontestable dans le contrôle exercé sur les œuvres de chaque métier; on prévenait les fraudes et on exigeait un soin consciencieux dans l'exécution des travaux.
S IL Organisation des corfiorationt.
— L'organisation des corporations a présente des variétés infinies selon les métiers et les pays. Cependant on peut dis- * linguer quelques règles qu'on retrouve dans presque toutes les corporations. Ces associations étaient régies par un conseil des principaux maîtres élus par tous les membres de la corporation , au moins dans l'origine. Ces chefs de la corporation s'appelaient syndics , jurés , prud'hommes, gardes du métier, visiteur», etc.; leur réunion portait le nom de syndicat ou jurande. Ils jugeaient les différends qui s'élevaient entre les membres de la corporation pour affaires concernant leur métier; ils punissaient les contraventions aux règlements de la corporation et infligeaient des amendes ou même des peines corporelles, « Si plainte est faite que aucun ait métaint (mal teint} drap, le drap doit être vû par les prud'hommes. »
(litre des métiers d'Êt. Boileau, ordonnance des teinturiers.) S'il était reconnu que la plainte tût fondée, ils devaient indemniser celui qui avait souffert le dommage. Avant l'institution des tribunaux de commerce, qui ne remonte qu'au règne de Charles IX (1564) , les appels des jugements rendus par les gardes du métier étaient portés devant le maire. C'étaient encore les syndics qui procédaient à le réreption des npiirentis. Avant de devenir maître , il était prescrit de passer une ou plusieurs an nées chez un des maîtres de la corporation, qui surveillait ei dirigeait l'apprenti. Pour certains métiers , Vapprentissage était fort long et exigeait huit ou dix années. Ces années ^apprentissage pouvaient être abrégées en laveur d'un tils de maître. Quelquefois même le
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01s su ce* 'il ait à son père, sans être soumis
à l'apprentissage. Ce privilège passa dans la suite en usage et presque en droit Ce fut un des abus du régime des corporations. On exigeait dan" la plupart des métiers , que l'aspirant à là maîtrise fit son ohef-d œuvre. On appelait ainsi une œuvre importante qui attestait la capacité de l'apprenti^ et qui était sounuae à l'examen des prud'hommes et gardes du métier. A sa réception l'apprenti jurait entre les mai os des prad*iiommee >< de bien et loyaument exercer son métier, m La cérémonie se terminait par un de ces banquets qui rappelaient les anciennes ghildes et resserraient la fraternité. Souvent des cérémonies burlesques , des épreuves bizarres , accompagnaient la réception du nouveau maître et répondaient à l'bumeur joviale de nos pères (voy. Bouchers, Boclasgees, etc.).
Les corporations avaient un trésor commun qui se composait des contributions des membres de ia corporation et des amendes que percevaient pour contraventions les gardes du métier. Ce trésor servait à subvenir aux besoins de* ouvriers pauvres ou malades. 11 répondait aussi des dettes des membres de la corponatiun ; car il y avait souvent solidarité entre tous les associés. C'est ce que prouve une charte de Philippe Auguste qui exempte de cette responsabilité la commune d'Amiens. Le trésor de la corcation était ordinairement déposé dans m chapelle consacrée an patron, sous l'invocation duquel elle était placée. Dans le» processions et autres cérémonies publiques, la corporation marchait sous la bannière de ce patron, et le plus souvent les maîtres de chaque métier avaient un costume distinctif.
En voyant cette organisation presque républicaine des corporations industrielles , on serait tente de croire que le travail jouissait an moyen âge d'une pleine liberté sous le règlement que chaque métier acceutaic et dont il rédigeait lui-même les statuts. Il n'en était pas ainsi. 11 (allai* d'abord pour entrer dans la corporation payer au roi ou au seigneur un droit qui variait à Paris de cinq sou* à trente sous , c'est-à-dire, si l'on s'en rapporte aux calculs de M. Le Ber, de vingt-cinq francs à cent soixante Iran, s de monnaie moderne. Certaines corporations se rachetaient de cet impôt en payant une somme annuelle qu'on appelait hauban.
« Hauban , dit le Livr» des métiers ( partie I, titre i ) est le nom d'une coutume , par laquelle il a été établi anciennement que quiconque serait haubmnmer serait plus franc et payerait moins de droitures
et de coutumes de ta marchandise de son
métier que celai qui ne serait pas haubannier. Tous les métiers ne sont pas de hauban , et nul ne peut être haubannier, si le roi ne le lui octroie par don ou par vente. » Le hauban fut fixé par Philippe Auguste à six sons pari si s. Ainsi les nietiers privilégies étaient soumis à un impôt d'environ trente ou quarante francs de notre monnaie. Ils ne pouvaient exposer leurs marchandises sur les marchés sans payer une nouvelle taxe qu'on appelait droit d'etal et dont on trouve le tarif dans le Livre des métiers. Le roi ou le seigneur pouvait toujours revendiquer le monopole. « SI le roi met vin à taverne, dit le Livre dru métiers ( partie 1 , titre v), tous les autres taverniers cessent. » Enfin le marchand rencontrait, à chaque
{> '8 . des bureaux de péage, auxquels il allait payer le tonlrnt. Ainsi l'industrie était chargée d'entraves sons le régime des corporations. La royauté travailla dans la suite I l'en affranchir, et son influence Tut presque toujours utile.
$ III. Intervention de la royauté dans l'organisation des corporations. — Depuis le xui" siècle, le pouvoir monarchique ne cessa d'intervenir, comme le prouvent de nombreuses ordonnances, dans l'organisation des corporations. Sous saint Louis, le prévôt de Paris, Etienne Boilcau, rédigea le Litre des métiers contenant les statuts de la plupart des corporations industrielles de Paris. Ce recueil a été publié psr M. Depping dans les Docummts inédits de l'histoire de France. Il prouve que ces statuts avaient été arrêtés depuis longtemps et du consentement des membres de chaque corporation. Ce sont eux qui généralement constatent l'authenticité du règlement , comme l'atteste la déclaration suivante du prévôt: « Nous faisons savoir que par-devunt nous vinrent le commun des oubUers | pâtissiers ), maîtres et valets , et reconnurent qu'ils avoient fait cette ordonnance de leur métier. » La rovanté n'imnosu donc pas les statuts ; elfe se borna à les fixer par un acte authentique et à en surveiller l'exécution. Elle voulait simplement prévenir les procès, ainsi qoe le dit Etienne Boileuu: « Ponr ce ouenoua avons vu en notre temps moult de plaids et contestations par la déloyale envie qui est mère des plaids et effrénée convoitise, et par le non-sens aux jeunes et ignorants, notre intention est à éclairer au mieux que nous pourrons tous les métiers de Paris, leurs ordonnances, les délits de chaque métier et les amendes. » Dans la suite les rois intervinrent avec plus de hardiesse et ne craignirent pas
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de porter atteinte au système des corporations. Philippe le Bel annonçait l'intention de changer leurs règlements. En 1308, il défendit à la corporation des drapiers de s'assembler plus d'une fois par an ; elles ne pouvait se réunir qu'avec l'autorisation du prévôt de Paris et en présence du procureur du roi. En 1358, après les troubles excités par les étals généraux et les violences de la Jacquerie, le régent Charles annonça l'intention de modifier les anciens statuts. « Il y a dans les registres du Chàielet, disait ce prince en septembre 1358 ( Ordonn., 111,262), des règlements qui sont plutôt faits pour le
rtit des personnes du métier que pour bien commun. C'est pourquoi depuis dix ans on a fait plusieurs ordonnances qui y dérogeut et qui contiennent, entre autres chose*, que tous ceux qui peuvent faire œuvre bonne , peuvent ouvrer (travailler) en la vtlle de Parie » C'était déjà la liberté du travail ; mais les corporations résistèrent et retardèrent longtemps cette conquête de l'industrie. Il résulte de ces faits que l'intervention de la royauté fut presque toujours bienfaisante : elle remédia à la longue à quelques-uns des inconvénients que présentait l'organisation des corporations.
S IV. Inconvéniente de* corporations.— Le danger de celte institution était double: d'un côté les rivalités entre les diverses corporations étaient une occasion de luîtes violentes; elles entretenaient l'ini mitié entre les villes d'un même pays ; et souvent, dans la même ville, il y avait rivalité et lutte entre les différents métiers. La royauté s'éleva au-dessus de ces querelles d'un intérêt éuôiste pour les pacifier. Elle s'empara du droit de donner les lettres de maîtrise, et une ordonnance de Henri III (1581) décida qu'à l'avenir les maîtres reçus à Paris pourraient exercer leur métier dans tout le royaume , et que les maures reçus dans une ville de parlement seraient libres de s'établir dans tout le ressort de ce parlement. Ces dispositions attaquaient le monopole des corporations; qui était le second et le plus grave des inconvénients de ce système. Dans cette organisation , en effet , un petit nombre de privilégiés avaient seuls le droit d'exercer un métier. Toute concurrence était annulée et Tinterêi général sacrifié à l'intérêt particulier. Cependant le monopole des corporations, quoique amoindn par les ordonnances royales , se soutint jusqu'au xviir* siècle. Le commerce parisien était toujours représenté par les six corps de métiers, qui ne furent pas constamment les mêmes , mais dans lesquels on retrouve toujours
les drapiers, épiciers, merciers, pelletiers et orfèvres. Les bonnetiers formaient le sixième corps au xvir* siècle. Les prud'hommes ou syndics de ces cor-
tiorations figuraient dans toutes les soennités et portaient le dais au-dessus de la tête des rois, reines, princes et légats, lorsqu'ils faisaient leur entrée à Paris.
S V. Abolition des corporations industrielles. — Au xviii* siècle , le système des corporations fut ruiné théoriquement par les économistes, et supprimé, en 1776, par Louis XVI ou plutôt par Turgot. l e préambule de l'edit d'abolition rappelle les principaux abus du régime des corporations : il introduisait l'inégalité (ce sont les expressions mêmes de l'edit ) jusque dans la propriété la pins sacrée et la plus imprescriptible de toutes, le droit de travailler; il éteignait l'émulation et rendait inutiles les talents de ceux que les circonstances excluaient d'une corporation ; il surchargeait l'industrie d'un impôt énorme , onéreux aux sujets, stérile pour l'Etat; il forçait les membres les plus pauvres à subir la loi du plus riche; établissait un monopole et favorisait des manœuvres dont l'effet était de hausser, au-dessus de la proportion naturelle, les denrées les plus nécessaires à la subsistance du peuple. L'abolition des maîtrises et jurandes n'était que trop justifiée par tant d'abus; elle ne fut cependant pas définitive. Les corporations lurent rétablies après la disgrâce de Turgol et ne lurent supprimées définitivement que par le décret de la Constituante rendu le 13 février 1791.
S VI. Du compagnonnage. — Si les corporations n'ont plus d'existence légale et de privilèges , il est resté quelque chose des anciennes associations industrielles dans le compagnonnage. Encore aujourd'hui les compagnons du devoir, les compagnons du tour de France ont conservé les cérémonies traditionnelles qui font passer l'apprenti au rang de compagnon. Les cordonniers, les chapeliers, les tailleurs, les tailleurs de pierre , les maçons , etc., ont des signes particuliers pour reconnaître les compagnons que l'on initie avec des pratiques mystérieuses. On croit que ces usiges , qui remontent à une antiquité immémoriale , ont donné naissance à la francmaçonnerie (voy. Sociétés secrètes).
Les compagnons avaient , en effet, conservé plus fidèlement que les corporations quelques-uns des rites symboliques du moyen âge. On trouve quelques détails sur ces rites dans une déclaration des docteurs de la faculté de théologie de Paris du U mars 1655 {Collection des
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meilleure* dissertations relatives à l'histoire de France , par C. Le Ber, t. IX , p. 472 et suiv .). Elle indique les formes de réception des compagnons chapeliers, tailleurs, selliers. « Les compagnons chapeliers, dit cet acte, choisissent deux chambres commodes pour aller de Tune à l'autre. En Tune des deux , ils dressent une table, sur laquelle ils mettent une croix et tout ce qui sert à représenter les instruments qui ont servi à la passion de Notre-Seigneur. Ils mettent aussi sous la cheminée une chaise pour représenter les fonts de baptême. Ce qui étant préparé , celui qui doit passer compagnon , après avoir pris pour parrain et marraine deux de la compagnie, qu'il a élus pour ce sujet, jure sur le livre des Evangiles, qui est ouvert sur la table, par la pan qu'il prétend au paradis, qu'il ne révélera pis, même dans la confession, ce qu'il fera ou verra faire , ni un certain mot duquel ils se servent, comme d'un mot du guet , pour reconnaître s'ils sont compagnons ou non ; et ensuite il est reçu avec plusieurs cérémonies contre la passion de Notre-Seigneur et le sacrement de baptême qu'ils contrefont en toutes ses circonstances. Les compagnons tailleurs se font recevoir de la manière suivante : ils choisissent aussi un logis dans lequel sont deux chambres, l'une contre l'autre ; en l'une des deux ils préparent une table, une nappe à l'envers, une salière, un pain, une tasse à trois pieds à demi pleine, trois grands blancs de roi , et trois aiguilles. Cela étant préparé, celui qui doit passer compagnon jure sur le livre des Evangiles, qui est ouvert sur la table, qu'il ne révélera pas, même dans la confession, ce qu'il fera ou verra faire. Après ce serment, il prend un parrain, et ensuite on lui apprend l'histoire des trois compagnons , qui est pleine d'impuretés, et à laquelle se rapporte la signification de ce qui est en cette chambre et sur la table. Le mystère de l'a très-sainte Trinité j est aussi plusieurs fois profané. — Voici la forme pour les compagnons selliers : ils choisissent un logis oh sont deux chambres, en l'une desquelles, après
Siue celui qui doit être reçu compagnon a ait le mÀme serment que les précédents de ne point révéler, pas même dans la confession , ce qu'il fera ou verra faire , ils préparent tout ce qui est nécessaire pour célébrer la sainte messe, et encon [refont toutes les actions . avec plusieurs cérémonies et paroles hérétiques et impies. 11 est aussi a observer que les catholiques sont reçus indifféremment par les hérétiques et les hérétiques par les catholiques. » On voit par une autre
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pièce, qui suit cette déclaration de la ta*
cuhe de théologie ( Le Ber, ibûl., p. 477) . que les cordonniers se faisaient aussi initier au compagnonnage avec des cérémonies analogues.
Le but du compagnonnage^ comme celui des corporations , était de former un lien d'amitie et de bonne confraternité entre tous les ouvriers d'un même métier. La corporation se bornait à une ville; la compagnonnage s'étend an monde entier.
Le danger de ces associations est dans l'esprit de secte, qui est une conséquence de leur caractère mystérieux.
S VII. Liste alphabétique des principales corporations. — Après avoir indiqué les caractères essentiels des corporations, il est nécessaire de donner ans liste alphabétique des plus importantes :
Agents de banque et de change. Les intermédiaires , chargés de négocier, pour le compte d autrui, les lettres de change, billets et papiers de commerce, ne commencèrent a porter le nom d'agents de banque et de change que sous le règne de Louis XIII ( édit du 2 avril 1639). Jusqu'alors ils avaient été confondus avec les courtiers. Un édit de 1705 déclara que la profession d'agent d« banque et de change ne dérogeait pojnt à la noblesse et en créa cent seize offices pour tout le royaume. Le nombre de ces offices fut augmenté dans la suite. Supprimés en 1720, rétablis en 1723, les agents de change, après de nombreuses vicissitudes , furent définitivement établis par la loi du 28 ventôse an ix (19 mars î soi >. PI usieurs règlements on t fixé, depuis cette époque, le mode de nomination , le cautionnement, l'installation, la patente, les attributions et les obligations des agents de change, auxquels la loi confère un caractère public. Seuls ils constatent le cours du change , celui des effets publics, des marchandises, des matières d'or et d'argent, et peuvent certifier devant les tribunaux ou arbitres la vérité et le taux des négociations , ventes ou achats. — Apothicaires. la corporation dos apothicaires fut pendant très-longtemps réunie à celle des épiciers. Cependant le nom û'apothicatres se trouve déjà dans le Livre des métiers d'Etienne Boileau ( p. 322 ). Us étalaient le samedi aux halles avec les marchands de cire et de poivre. L'autorité surveilla toujours la corporation des apothicaires. Plusieurs ordonnances du xnr» siècle prescrivirent aux officiers royaux de s'assurer de la qualité des drogues qu'ils vendaient. Ai nsi, une ordonnance de 1336 ordonna aux apothicaires de soumettre à la Faculté de médecine de Paris: la préparation de leurs
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drogues ( Ordonn. des rois de France, II , US). En i352, il leur fut interdit de vendre des remèdes, à moins d'être docteurs ou licenciés de cette Faculté ( ibid.t p. 609). !>epuis la suppression des corporations, les pharmaciens ou apothicaires ont continue d'être soumis à une surveillance spéciale. Les afiothicaires-épiciers du moyen âge vendaient exclusivement le sucre qm était alors une denrée fort rare. De là l'expression proverbiale apothicaire sans sucre pour indiquer un homme qui manque de ce qui lui est le plus nécessaire. Les apothicaires avaient aussi le monopole de la vente de l'eaude-vie jusqu'au ivi* siècle. Aussi Henri Etienne dit il dans son Apologie pour Hérodote : « Les marchandises des apothicaires ne sont quasi que pour les malades eu pour les friands qui sont en santé. » Il paratt que les apothicaires donnaient aux vases qui renfermaient leurs denrées des formes bizarres. « Vous recevrez de moi cctie lettre, écrit Pasquier, comme les drogues que vous voyez estre encloses aux boutiques des apothicaires dedans des rases qui par le dehors représentent des cerrs-volants et autres bêtes fantastiques. » Les apothicaires étaient exempts du guet {Livre des métiers , appendice , p. 426). — Archers. Les archers ou fabricants d'arcs . de flèches et d'arbalètes sont mentionnes dans le Livre des métiers ( p. 260). On voit par le Livre de la taille de Paris sous Philippe le Bel , publié dans la collection des Documents inédits relatifs a l'histoire de France , qu'ils habitaient à la porte Saint-Lazare. — Armuriers. Cette corporation , à laquelle les mœurs du moyen âge donnaient une si
{;rande importance, rédigea ses statuts à a fin du xni* siècle, pour empêcher les fraudes et faussetés qui étoient faites au dit métier. Ces statuts ont été publiés à la suite du Livre des métiers (p. 370 etsuiv.). — Attachiers. Les attachiers ou cloutiers ont aussi leurs statuts au Livre des métiers ( p. 64-65). Les maîtres ne pouvaient avoir qu'un apprenti.
Baigneurs , barbiers ( voy. ces mots dans le Dictionnaire). — Barilliers.
Cette corporation , qui se confondait avec celle des tonneliers, était fort ancienne. Les statuts des barilliers- tonneliers se trouventd.ms le Litre des métiers .p. 102- 104 ). — Basaniers ou cordonniers en basane ( voy. plus loin Çavetonniers . — Bateliers. Les bateliers de Puris reçurent, en 1417, an règlement du prévôt de l'aris; il établit des prud'hommes du métier
roor assurer l'exécution de ce règlement Livre des métiers, p. 422-423 ). — Batteurs d'archal. Ils réduisaient le cuivre
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Jaune en feuilles minces et légères. Cette corporation était gouvernée par deux prud'hommes qui étaient élus par tous les membres. Les amendes pour contraventions aux statuts revenaient en partie au roi, en partie aux gardes du métrer ( ibid., p. 55-56'. — Batteurs d'or et d'argent. Us éliraient l'or et l'argent pour en faire des fils d'or et d'argent; les deux prud'hommes jurés et assermentés , placés à la tète de cette corporation, étaient nommés par le prévôt de Paris; ils étaient exempts du guet et avaient une part des amendes imposées aux membres de la corporation ; ibid., p. 74-76 ). Une autre corporation de batteurs d'or et d'argent réduisait ces métaux en feuilles ( ibid., p. 77-78 ). on voit dans une réclamation qu'ils adressent au roi et que mentionne le Livre des métiers p. 78!, que cette corporation était peu nombreuse, et qu'elle travaillait surtout pour l'Eglise et pour les hauts hommes, ee>t-à-dire pour la noblesse. — Les batteurs dé tain , dont les statuts se trouvent aussi dans le Livre des métiers ( p. 76 ) , préparaient Tétai u pour être façonné et même pour recevoir un coloris. « Les batteurs détain, disent les statuts , peuvent teindre leur étain de toutes manières de couleurs. » — Les baudroiers apprêtaient le cuir épais pou faire des courroies , ceintures, baudrie s, etc. Ils avaient six prud'hommes ou gardes du métier nommes par le prévôt de Paris {Livre des métiers, p. 224-22G '. — Les blasonniers faisaient la partie de la selle sur laquelle on plaçait le blason des chevaliers, ils ont aussi leurs statuts dans le Livre des métiers ( p. 219-220 ). — Les blatiers étaient les marchands de grains en gros. Tout le monde p «rail exercer ce métier en payant les droits exigés par les officiers royaux. — Les bottiers fu saient les serrures pour boites et coffres. Us reçurent leurs statuts d'Etienne Boileau ( Livre des métiers , p. 53-55 ). On y voit que si un étranger sachant le métier de bottier venait s'établir à Paris et demandait à l'exercer, il fallait qu'il se présentât aux m-iltres de la corporation et prouvât sa capacité , et qu'il avait travaillé à ce métier au moins pendant sept ans. Quiconque l'eût employé avant qu il eût été reconnu capable par les maîtres bottiers de Paris aurait été condamné à une amende de cinq sous parisis. — Bonnetiers. \a corporation des bonnetiers date du commencement du xvi* siècle.
Jusqu'à celte époque les bonnets avaient été fabriqués exclusivement par les marchands drapiers. En 1672 , les bonnetiers au tricot fuient réunis aux bonnetierschaussiers. Cette corporation formait, aux
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xnr» et xvttr* siècles, an des six corps de métiers de Paris.— BoocherM. La coi
métier*, p. 381), il est q
tien des touchers avait conserve quelqt traces de rorganisation romaine; toute famille vouée a ce métier y restait forcément attachée. \ oy. le mot Bouchirs dans ce Dictionnaire. — Boucliers, Les bouclier* ou fabricant* de boucle* sont mentionnés dans le Livr* des métiers (p. 57- 61 ). Il y avait des boucliers de fer et des bouclier* d'archal, dt cuivre et * laiton. On trouve dans les statuts de cette corporation une preuve de l'espèce de fraternité qui existait entre les membre» des corporations. « Si un fils de maître devient pauvre , dit le règlement, et qu'il veuille apprendre le métier, les prud'hommes doivent le lui faire apprendre à leurs frais et y employer les cinq sous qu'ils reçoivent des au ires apprentis. ■ — Boulanger*. Cette corporation avait conservé un cérémonial particulier pour la réception des maîtres. Voy. Boulangers dans ce Dictionnaire. Ils obtinrent d'avoir des fours chez eux , contrairement aux prétentions des prévôts de Paris qui voulaient faire abattre tous les fours particuliers ( Lirre des métiers, p. 349-350 ). — Bourreliers. La corporation des bourreliers est une des plus anciennes; l'importance de son industrie, au moyen âge , tenait au grand développement qu'avait pris la chevalerie Les bourreliers s'occupaient spécialement fie la fabrication des colliers et dossiers de selles ( voy. leurs règlements dans le Livre des métiers , p. 220 et suiv. ). Les bourrelier* eurent un procès ave*: la corporation des lormiers ( fabricants de mors, freins et étriers) qui s'opposait à ce qu'ils achetassent et vendissent des frein» et étaiers. Les bourreliers gagnèrent leur procès eu 1289 (tout*. , p. 420-121 ). — Boursiers. On trouve les règlements de la corporation des boursiers ou faiseurs de bourses, dans le Livre des métiers ( p. 204-206 ). Ces statuts furent modifiés , en 1342, parPirilippe de Valois ; on-voit qu'à cette époque les boursiers fabriquaient des bonnets, des caleçons, etc. Dans la suite, les règlements leur permirent de fabriquer et vendre des parapluies , parasols , culottes, gibecières, gibernes, etc. 11 fallait, pour être admis dans cette corporation , quatre ans d'apprentissage et cinq ans de compagnonnage. Les femmes étaient aussi occupées de la fabrication de bourses imitées du costume oriental et appelées aumdnière* sarrazinoises.
Les aumônières se portaient à la ceinture et étaient souvent enrichies de broderies et de pierres précieuses. Dans le dit du aweier cité par M Depping ( Livre des
J'ai let diverict aumônitrfj fit de •«)• ci da «ordoaaa ;
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lai corporation des femmes qui fabriquaient ces bourbes avait des statuts qui
forent enregistrés par le garde de la prévôté de Pans en 1299. — Boutormier*. La corporation des boutonniers , occupée de la fabrication des boutons de métal, de verre et pierreries , a ses statuts dans le Livre des métier* ( p. 1 84-187 ). Ces statuts furent renouvelés en 1558 et 1835.
Dans les dernières confirmations des règlements de la corporation , les boutonniers sont confondus avec les passementiers , crépiniers } blondiniers , etc. L'apprentissage qui était d'abord de huit ans fut réduit à quatre; mais on exigeait quatre années de compagnonnage. L'apprenti qui épousait une fille de maître, était exempt de cette dernière épreuve. — Braaliers- Les braaliers fabriquaient les braies ou hauts-de-chausscs en fil. — Une autre corporation, cetle des braiers , dont les statuts se trouvent aussi dans le
Litre des métier* ( p. 204) , éuit chargée des braies en cuir. Elle se servait ordinairement de peaux ee vache, de cerf, détruis, de cheval uu de mouton. — Brasseurs. La corporation des brasseurs au cervoisier»
reçut ses statuts d'Etienne Boileau ( Livr* de* métier*, p. 29 et suiv. ). On y détermina les denrées qui devaient servir à faire la bière ou cervoise, savoir: l'orge, le métcil et la dragée ou menues graines , comme vesce, lentilles, etc. Ces statuts interdisent, sous i v ne d amende, l'emploi du piment et de la poix-résine. Les mêmes rêglewe ts défendaient la vente de la bière hors de la brasserie; ils furent confirmés en H89, 1515, 1630, 1686 et 1714, avec de lèpres modifications. Cinq années d'apprentissage et trois années de compagnonnage étaient nécessaires pour être reçu maître brasseur; on exigeait d'ailleurs un chei-d'œuvi e, comme dans presque toutes les corporations. Vers 1750, il n'y avait plus à Paris, selon Le Grand d'Aussy, que quarante hrasseur*.
La corporation fut supprimée à la révolution en même temps que les autres maîtrises et jurandes. — Brodeur*. I.a cor-
Îo ration des brodeurs et brodeuses reçut la fin du «m* siècle ses statuts , qui furent rédiges devant Guillaume de Hangest , garde de la prévôté de Paris ( Itère des métiers , p. 379 et suiv. ). Un nouveau règlement lut arrêté en i3i6. Enfin, en 1648 , la corporation des brodeur* tut en- II fallait six
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d'apprentissage et trois années de compagnonnage pour passer maître. — Buffetitré. I es buffetiers ou taverniers tenant buffet faisaient partie de la corporation des sauciers, dont les statuts Turent rédigés en 1394. Voy. plus loin sauciers.
l'ardeur s. La corporation des cardeurs, ou ouvriers travaillant à préparer la laine . reçut ses statuts de Louis XI , en 1467 ; il * fallait trois années d apprentissage pour devenir maître. Ces statuts furent renouvelés en 1688. — Çavatiers. Les çavatiers ou savetiers, formaient une corporation spéciale, du temps de saint Louis; pour en faire partie il fallait obtenir un brevet de l'officier préposé à la corporation par les écuyers du roi (Livre des métiers, p. 333). — Ç ave tourne rs. La corporation des çavetonniers. chavetonniers, ou datamers . était soumise , au xui* siècle , au chambellan du roi qui vendait les lettres de maîtrise. Ces artisans ne fabriquaient que les souliers légers en basane, à la différence des cordonniers qui se servaient ducordouan ou cuir de chèvre non tanné. Les çavetonniers payaient au roi une redevance de trois deniers par an , entre les mains du maître cordonnier, pendant la semaine sainte. Etienne Boileau donna un règlement à cette corporation ( Livre des métiers , p 231 et suiv. ). Il est aussi question , dès cette époque , de savatiers ou savetiers qui recousaient les vieux souliers. — Ceintuners. La corporation des ceinturiert avait déjà des statuts à l'avénement de saint Louis. Elle se subdivisait en ceinluriers d'etain, qui ornaient de dons d'étainles ceintures de cuir, et cetn- I urters-corroyeur* ; il y eut de longues discussions, et même des procès entre ces deux corporations. Enfin, Henri il, en 1551, les réunit en une seule jurande. — Chandeliers. La corporation des chandeliers remontait à une époque fort ancienne. Dès 1O61, les chandeliers de Paris avaient des statuts. On voit , nar la Taillé de Paris sous Philippe le Bel , qu'en 1292 il y avait à Paris soixante et onze chandeliers. Leurs statuts , renouvelés par Etienne Boileau (1264), furent confirmés par Charles VI (1392). Réunis , au commencement du xv* siècle, aux épiciers, les chandeliers en furent séparés en 1450. Une ordonnance du xm* siècle prouve que, dès cette époque , on savait faire de la chandelle plongée et de la chandelle moulée. Il y avait des chandelles de diverses qualités , Buivant la nature du suif que Ton employait. Un arrêt du parlement (22 septembre 156 s) fixait à trois sous tournois la livre de chandelle faite avec du suif de bœuf; à trois sous six deniers celle qui
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était faite avec du suif de mouton; enfin, à trois sous quatre deniers, celle où il entrait un tiers de suif de bœuf, et deux tiers de suif de mouton. L'apprentissage du métier de chandelier était de six ans auxquels il fallait ajouter deux ans de compagnonnage pour arriver à la maîtrise.
— Changeurs. La diversité des monnaies rendit nécessaire une corporation spéciale de changeurs : ce furent les premiers banquiers ( voy. Banque). A Paris , ils occupaient les deux côtés du pont qui en a conservé le nom de pont au Change. 11 y avait seize c/iangeurs, dans cette ville, en 1292, comme le prouve le Livre de la taille de Paris sous Philippe le Bel. Dans la suite, les changeurs devinrent officiers publics en nombre limité, et avec des privilèges et obligations déterminés par divers règlements. Charles VI les soumit à la cour des monnaies qui régla leurs fonctions et leurs salaires. — Chantiers et chanvrières.
Les légendes du moyen âge représentent les chanvrières égayant la veillée par des contes , et un poète du xive siècle , Eustacbe des Champs , donne des détails sur la manière dont on travaillait le chanvre et le lin de son temps. Quant à la corporation des chanvriers et chanvrières de Paris, elle datait des premiers temps de l'organisation des corps de métiers. Elle reçut de nouveaux statuts en 1666. — Chape*, liers, chape liera. On trouve dans le Livre des métiers ( p. 246 et sniv.) cinq ou six corporations employées à la chapellerie et à la coiffure. « On pourrait s'étonner, dit M. Depping, de cette multitude de branches d'industrie, dans des siècles où la vie était encore si simple, les besoins de luxe si restreints ; mais on voit
(>ar les statuts que c'est improprement que e nom de chapeliers a été donné à auelques-unes de ces corporations, qui d'ailleurs ne devaient occuper que peu d'ouvriers. » Les chapeliers de /leurs étaient des marchands fleuristes qui, dans la belle saison, tressaient les couronnes qu'achetaient les classes élevées. Ils cultivaient, dans les court ils ou jardins situés près de Paris , les fleurs et herbes dont on faisait une parure, et qui servaient aussi quelquefois à joncher les maisons. Les poésies du moyen âge parlent souvent de ces chapels de fleurs : ,
.... Chaptnux de rottt «Toient En le un chefs mit, •* d'aigl«nti»r,
Pour U plut doucement fliurier
On trouve à la suite des statuts des chapeliers de fleurs, ceux des chapeliers dê feutre, des chapeliers de coton, et même des chapeliers de paon. Ces derniers n'étaient probablement que des plumaa-
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sien. Les femmes s'occupaient spécialement de cette industrie. On voit qu'une Geneviève la paonnisre fit bâtir une chapelle à sa patronne (Mit. de la tille et diocèse de Paris . par l'abbé Lebeuf, t. I, p. 380). Les fourreurs de chapeaux se rattachaient aux chapeliers de feutre ; ils ont aussi leurs statuts dans le Litre des métiers (p. 254). Enfin les faiseuses de chapeaux d'orfrois ( ibid., 255 ) formaient aussi une corporation de femmes qui faisaient pour les dames riches des coiffures ornées d'or et de perles. Cette broderie brillante s'appelait orfreis ou orfrois. 11 y avait aussi une corporation spéciale de chapelières en fleurs ; rien n'était plus commun au moyen âge que le chapel de roses; il était porte par la religieuse qui prononçait ses vœux , et par la jeune fille qui se mariait. Dans les statuts donnés, en 1736, aux marchandes de fleurs artificielles, celles-ci étaient encore qualifiées de chapelières en fleurs. — Chapuiseurs. Les chapuiseurs, dont on trouve les statuts dans le Livre des métiers ( p. 215-218) , fabriquaient les selles et bâts dont la charpente s'appelait alors chapuis. En 1292, il y avait douze cha-
Suiseurs à Paris ( Livre de la taille sous hilippe le Bel ). Ils se confondirent plus tard avec les selliers. Les chapuiseurs payaient une redevance au cordonnier du roi , parce qu'ils se servaient de cuir. — Charbonniers. La corporation des charbonniers jouissait de grands privilèges et entre autres du droit d'être présentée à la cour en certaines circonstances. — Charcutiers. La corporation des charcutiers fut organisée en 1475; ils avaient le monopole de la vente du porc cuit, qu'ils pouvaient remplacer en carême par celle du hareng salé et du poisson de mer. Dans la suite, ils obtinrent aussi le droit de vendre du porc frais; mais pendant longtemps les bouchers partagèrent ce privilège avec eux. Enfin, des lettres patentes de 1705 attribuèrent exclusivement aux charcutiers la vente du porc frais. Eux seuls pouvaient aussi débiter des saucisses; mais leurs statuts leur interdisaient d'en vendre depuis le premier jour de carême jusqu'au 15 septembre , à c ause de l'abstinence du carême- et des chaleurs de l'été. Le métier des charcutiers est devenu libre depuis la suppression des corporations; mais il est resté soumis, comme la boucherie et la boulangerie, à une surveillance spéciale. — Charpentiers. On voit dans le Livre des métiers ( pages 104 - 107 ) que , sous le nom de charpentiers, on comprenait autrefois les menuisiers, tourneurs, charrons, en un mot tous les ouvriers qui tra-
cor m
veillaient le bois. Cette corporation fut soumise, jusqu'en 1313. au maître charpentier du roi. On comptait, en 1292, quatre-vingt-quinze charpentiers à Paris.
— Chaudronniers. Les chaudronniers ou maignens formaient une corporation fort ancienne, dont les statuts furent confirmés par Louis XII en 1514. On distinguait les chaudronniers -grossiers qui ébauchaient l'ouvrage, Tes chaudronniersplaneurs qui l'achevaient, les chaudronniers faiseurs d'instruments de musique, enfin les chaudronniers au sifflet qui parcouraient les campagnes. — C haussiers. Les chaussiers ou faiseurs de chausses étaient soumis , à Paris , à la surveillance de trois prud hommes, gardes du métier de chauaseterie ( Livre des métiers, p. 1 38-142 ). Les chaussiers, qui devinrent plus tard fabricants de bas, furent réunis, au xviii* siècle, à la corporation des drapiers, qui prirent alors le nom de drapierschaussetiers. — Chavenaciers. Les chavenaciers ou canevassiers, marchands de grosse toile de chanvre appelée canevas, figurent dans le Livre des métiers (p. 149-152). Us avaient le monopole de la vente des toiles, en détail. Les forains ne pouvaient vendre qu'en gros et en pavant uu droit. — Chirurgiens. Voy. dan» ce Dictionnaire le mot Barbiers.- Cloutiers. Cette corporation existait dès le xiii* siècle. La taille de Paris sous Philippe le Bel compte dixneuf maîtres cloutiers établis à Paris. Ils fabriquaient, outre les clous, des anneaux, des mors de chevaux, des boucles, etc. — CofJ retiers. Les coffretiers, qu'on appelait aussi malletiers et bahutiers . furent organisés en corporation en 1596 ; ils avaient pour syndics deux jurés.
— Confrères de la Passion. Les confrères ds la Passion , qui représentaient les pièces appelées mystères et moralités, furent érigés en corporation par Charles VI (1402); ils prenaient le litre de mattres , gouverneurs et confrères de la confrérie de la Passion et résurrection de Notre-Seigneur (voy. Confrères dr la Passion ). — Cordiers. Les cordiers ont leurs statuts dans le Livre des métiers (p. 41-43); ils étaient soumis à deux prud'hommes que le prévôt de Paris pouvait nommer et destituer. — Cordonniers. I.a corporation des cordonniers ou cordouaniers tirait son nom de ce qu'elle travaillait plus hpécialement le cordouan ou peau de chèvre corroyée. Elle reçut ses statuts d'Etienne Boileau. Chaque maître payait dix sous au grand chambellan et six au chancelier. Les cordonniers devaient en outre une redevance appelée heuses ou boites du roi i elle se compen-
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sait par te payement de trente-deux sous parisis (voy. I.wre d?s métier» , p. 227- 23a ). A la tète de la corporation étaient un syndic , un doyen et un certain nombre de jurés chargés de l'inspection des marchandises, lis étaient nommés par les maîtres cordonniers le lendemain de la saint-l .nuis dans la halle aux cuirs — Cornet ter s { comuarii ). Les corne tiers travaillaient la corne et fabriquaient des cornets. — Cornière. On donnait ce nom aux fabricants de courroies ou ceintures ; ils portaient dans le latin du moyen âge le nom de corrigiarii. Hs sont appelés cuirierê dans le Livre de la taille de Paris. l es cortx>ter* nommaient trois prud'hommes chargés de faire observer les statuts (Livre èee métiers, p. 234-240). — Courtiers. Cette corporation n'est pas mentionnée dans le Livre des métiers ; il n'en est question que dans des réglemente postérieur». Lencourf ter* servaient surtout d'intermédiaires poor le commerce des vins et des chevaux. Charles VT, par une ordonnance de 1415, fixa le nombre des courtiers de vin à soixante. Ils fournissaient une caution de trente livres parisis , et étaient responsables du payement des vins qu'ils vendaient. Leur salaire était fixé par les règlements et ils étaient soumis à la surveillance des échevins. Il leur, était défendu de vendre ou d'acheter pour leur compte. Dans la suite, chaque corps de métier eut ses covrftVr* nommés par les gardes ou syndics du métier. Un édit de Charles IX (juin 1572) érigea les courtiers en officiers royaux. Henri IV (édit d'avril 1595 > en fixa le nombre dans les principales villes de France. Sous Louis XIII (édit du 2 avril 1639), on commença à distinguer les agents de banque et de change des courtiers de marchandises. Les courtiers ont continué de former une corporation même après la révolution et leurs offices constituent encore de nos jours des charges vénales. Voy.
Courtiers. — Couteliers. Les statuts des couteliers ou fèvres couteliers se trouvent dans le Livre des métiers < p. 47-49). Ils étaient soumis à deux prud hommes. Il y avait en outre une corporation de couteliers faiseurs de manches d*os et d'ivoire (ibid.,p. 49-51). — Coutepointiers. Cette corporation fabriquait sut tout des objets de literie. Ses statuts dataient de 1290 et furent plusieurs fois modifiés. — Couturier*. Ouvriers en couture, d'après le Livre de la taille de Paris sous Philippe le Bel. Du Cange entend par co*rurorti les coûtres ou sonneurs de cloches et gardiens des églises. — Crépiuiers. Les crépiniers fabriquaient des coiffes pour les femmes, les franges qu'on appelle
encore aujourd'hui crépines, les taies d'oreillers , les ornements d'autels , etc. Ils reçurent des statuts d*Et. Boileau ("Itère des métiers , p. 85-87 ). Huit maîtres jurés administraient primitivement cette corporation ; ils furent dans la suite réduits à quatre. — Crieurs. Il y avait plusieurs corporations de crieurs qui annonçaient les diverses denrées à vendre, les nouvelles, les décès , les ordonnances , les objets perdus , etc. Guillaume de Villeneuve composa sur cette multitude de crie un petit poème intitulé les Crieries de Paris. De toutes ces corporations la plus importante était celle des jurés crieurs de vin. Elle annonçait le prix du vin et en faisait la vente par criées publiques. En 1220, Philippe Auguste avait cédé le droit de nommer les crtew* de vin aux marchands de la Hanse ainsi que la perception du droit de criage. ûn trouve dans le Livre des métiers (p. 24-27) les statuts de cette corporation; us prouvent qu'à l'époque de saint Louis les jure*-crieurs de Paris dépendaient du prévôt. Lorsqu'un membre de la cornôration des crieurs mourait , tous les antres assistaient à ses funérailles en robe de confrérie. Le corps était porté par quatre crieurs. Deux autres suivaient, chargés , l'un d'un beau hanap (^aae à boire), l'autre d'un pot plein de vin. Le reste de la troupe marchait devant ayant en main des sonnettes qu'ils faisaient sonner tout le long de la route. Quand on était arrivé à un carrefour, le couvai s'arrêtait. Alors on posait le corps sur des tréteaux. Le crieur qui tenait le hanap le faisait emplir par celui qui portait le vin. Chacun des quatre porteurs buvait un coup. On en offrait autant à quiconque, passant ou spectateur, voulait l'accepter. Après quoi, le Cûjté&e continuait sa route. Une ordonnance de Charles VI (en ui 5) confirma l'usage de cette cérémonie, qui avait lieu également pour les femmes des crieurs. La même année, on ajouta aux fonctions de crieur* de vin , celle d'annoncer les morts , les jours de confrérie, les enfants et animaux perdus, enfin les ventes de denrées, sauf celles de foin et de bois. Les crieurs obtinrent, par cette ordonnance, le privilège de fournir robes, manteaux et chaperons pour les funérailles. On Ms appela alors maîtres jures -crieurs de corps et de vin. Leurs fonctions furent érigées en offices par lettres patentes de septembre i74i
ivoy. Legrand d'Aussy, Vie privée des ?rançais).— Cristallxers. Cette corporation d'ouvriers qui travaillaient le cristal et les pierres précieuses a ses statuts dans le Livre dis métiers (p. 71-74). Les
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crùtallurs tiraient encore les noms de perriers, pierreux ou perreux, des pierres fines dont ils faisaient des parures. — Cuisiniers. Les statuts de la corporation des cuisinier* oyers ou rôtisseurs d'oies se trouvent dans le Livre des métiers (p. 175-178). On les appelait quelquefois simplement oyers. Us vendaient, nonseulement des oies, mais encore de la viande rôtie de veau , d'agneau . de chevreau et de porc. Dans la suite ils se confondirent avec les cuisiniers-traiteurs.
Déchargeur». Les ouvriers dé chargeurs formaient une des corporations de Paris, comme le prouve une ordonnance de 1350 (-Ordonn. des rois de France, 11, 357). — Déciers ou déiciers , fabricants de dés. « On peut s'étonner , dit M. Depping , qu'une corporation entière ait subsisté de la fabrication des dés à jouer. Louis ÎX avait prohibé , en 1254, les jeux de dés et d'échecs, et, deux ans après % il interdit même la fabrication des des (Ordonn. des rois de France, I, 74 et 79). » Malgré ces prohibitions, la passion pour le jeu de dés était li forte que le prévôt Et. Boileau régularisa les statuts de la corporation des déciers (Livre des métiers, p. 1 80-184 ). On y défend les dés plombés et pipés , dont l'usage parait avoir été fréquent à cette époque. — Dentelières. Ouvrières en dentelles. L'industrie des dentelières ne date que du XVi* siècle , ou tout au plus du xv». Le travail de la dentelle alimentait un grand nombre d'ouvrières, principalement à Valenciennes, Caen,Alençnn, etc. Il fut souvent entravé par des pi ohibitions et des lois somptuaires; mais il a triomphé de tous les obstacles, et forme encore aujourd'hui une branche importante d'industrie. — Distillateurs. Les distillateurs faisaient d'abord partie de la corporation des sauciers. Mais vingt- trois ans après l'établissement de la corporation des sauciers, c'est-à-dire en 1 5 3 7 ,q ue Iques-un s des membres de cette corporation se séparèrent, et formèrent une association particulière , uniquement occupée de la distillation de l'ean-de-vie et de l'esprit-de-vin. Us reçurent le nom de distillateurs. — Dominotiers. Les dominotiers formaient une corporation d'ouvriers qui fabriquaient du papier marbré. Us étaient soumis par leurs statuts à la visite des syndics de la librairie. — Doreurs, La corporation des doreurs date du xme siècle. Le Livre de la taille de Paris en compte quatre a Paris en 1202. — Doubletiers. Cette corporation, établie en 1 323, faisait la partie du vilement des hommes appelée double ou gar-.
ni turc intérieure. Elle se con Tondit dans la suite avec la corporation des tailleurs.
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— Drapiers. La corporation des drapiers était une des plus anciennes de Pans.
Elle est mentionnée dans des lettres patentes de 1 188 et dans un acte de 122». Elle se divisait en menus maîtres ou tisserands , et grands maîtres ou drapiers proprement dits. Le Litre des métiers (p. 113) contient les statuts des drapiers. On trouve également des corporations de drapiers à Kouen. à Arras , Saint-Quentin , Louviers , AbbevUle et dans beaucoup de villes de la France septentrionale. D'après un règlement de 1362, les drapiers devaient donner aux pauvres le denier à Dieu de toutes les marchandises qu'ils vendaient. On appelait ainsi la pièce de monnaie que l'acheteur remettait comme gage du marché.
Ebénistes. Les ébénistes sont mentionnés sous les noms de tab /«fiers et h%chers dans le Livre des métiers ( p. 104 , 171, 273 ). — Ecrivains-jurés. Cette cor-
Bu ration fut établie en 1570. Voy. dansée ictionnaire le mot Écrivains. — Emailleurs. Les émailleurs ou ouvriers en émail furent érigés en corporation en i 56fl. Us furent reunis en 1706 aux faienciers. — Emballeurs. Les emballeurs de Paris formèrent une corporation sous Louis XIV et leur nombre fut fixe à soixante. Trente servaient ordinairement à la douane et trente à leur bureau. — Eperotmiers. C'était une des nombreuses corporations employées au service de la chevalerie. Elle fut longtemps confondue avec celle des lormiers. et ne forma une corporation distincte qu'en 1578. — Epiciers. La corporation des épiciers était un des six corps de métiers de Paris. Elle comprenait primitivement les apothicaires, les confiseurs, les ciriers, chandeliers, etc Le Livre de la taille de Paris, en 1292, ne compte à Paris que vingt-huit épiciers. Us avaient pour patron saint Nicolas. — Epinglters. La corporation des épinaliers a ses statuts dans le îtwre des métiers (p. 152 et 364). Us fabriquaient des acrafes , des chaînes, des ouvrages en fil de laiton, etc. Les statuts des épingliers furent renouvelés par Henri IV en 1602. Dsns la suite , on réunit leur cerporation à celle des ctiguil- Hers. — Esculliers. he&esculliers ou vendeurs d'écuelles , de hansps , de baquets, de pelles, etc., formaient une corporation au xm* siècle , comme le prouve le Livre des métiers, où se trouvent leurs règlements (p. 1 12 - 1 1 S ). — Escriniers. Les escriniers ou faiseurs d'écrins reçurent leurs statuts en 1291, de Guillaume de Hangest , prévôt de Paris. H y avait trois prud'hommes, gardes de ce métier. — Etuveurs ou étuvistes. Us élu-
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ceurs ou et un*'.?* formaient, dès le xiii» siècle, une corporation considérable dans Paris. Les statuts que leur donna Et. Boileau | Livre des métiers, p. 188-190 j leur défendaient de l'aire crier leurs bains avant le juur. Les Crieriez de Paris de Guill. de Villeneuve prouvent, en effet, que c'était l'usage de crier les bains dans les rues :
Oye» e on cri» an point da jour Seigneur, qu'or vont ailes " Et eiiarer tant delaier ;
Trois prud'hommes élus par la corporation des ituveurs étaient chargés de veiller à l'exécution des statuts.
Faïenciers. La corporation des faïenciers reçut ses premiers statuts de Henri IV, en 1600. Lu arrêt du conseil d'Etat, en 1706, y réunit celles des émailicurs, verriers, patenùtriers, etc. — Feiniers. Les feiniersou marchands de foin ont leurs statuts dans le Livre des métiers ( p. 243-246). - Ferblantiers. Les ferblantiers, dont l'industrie ne date que du xvii» siècle, faisaient partie de la corporation des taillandiers. Voy. Taillandiers.
— Fermailliers. Les fermailliers ou fremailliers formaient une corporation dès le xiu» siècle ( Livre des métiers, p. 95-97 ). Us fabriquaient des agrafes en cuivre ou en fer nommées fermails, ainsi que des anneaux , des colliers, des dés en cuivre, fer, plomb, étain et des fermoirs pour les livres. L'or et l'argent étaient réservés aux orfèvres. — Feutriers ou chapeliers de feutre. Voy. plus haut Chapeliers. — Fèvres. Ce nom s'appliquait à tous les ouvriers qui travaillaient le fer. — Fileresses ou rileuses de soie. Le Livre des métiers ( p. 80 et suir. ) distingue plusieurs corporations de fileuses de soie, d'après la finesse plus ou moins grande du travail. Il y avait les fileresses à grands fuseaux, et les fileresses à petits fuseaux. Ces deux corporations étaient soumises à deux prud'hdnmes, gardes du métier. — Fondeurs. Ces ouvriers fondaient ou moulaient des boucles, agrafes, anneaux, etc. ( Livre des métiers , p. 94- 95 ). — Forcetiers. Les forcetiers faisaient les gros ouvrages en *fer. Leurs statuts sont de 129 1 ( Livre des métiers , p. 357- 359).— Foulons. La corporation des foulons , comme celle des drapiers, était trèsanciepne ; on trouve les statuts des foulons de Paris dans le Livre des métiers (p. 130 et suiv. ). Cette corporation était si nombreuse que, lorsqu'on rapporta d'Afrique le corps de saint Louis, plus detroiscents* foulons allèrent au-devant du convoi. — Fourbisseurs. Les fourbisseurs d'épée
étaient une des corporations qu'alimentait
la chevalerie. Elle figure dans le Livre des métiers ( p. 257-259 ). Deux prud'hommes , nommés par le prévôt des marchands, dirigeaient la corporation. D'après le Livre de la taille de Paris sous Philippe le Bel , il y avait dans celte ville trente-cinq fourbisseurs. Ils ne se bornaient pas à nettoyer les armes; ils fabriquaient des épées, dagues, hallebardes , pertuisanes , etc — Fourreurs. L'usage très -commun des fourrures , aux xu»> et xiii» siècles, donna une grande importance à la corporation des fourreurs ou pelletiers. Le Livre de la taille sous Philippe le Bel , compte plusieurs centaines de fourreurs à Paris. — Fremailliers. Voy plus haut Fermailliers.— Fripiers. La corporation des fripiers a ses statuts dans le Lirre des métiers ( p. 194- 204); elle vendait des vêtements, du drap, du linge, de la pelleterie, du cuir neuf et vieux. Les fripiers, qui criaient de vieux habits dans les rues, n'étaient qu'une subdivision de la corporation. Ils criaient par la ville la cote et la chape , comme disent les statuts (p. 200), et étaient dans une sorte d'infénorité, comparés aux fripiers qui tenaient boutique. On voit dans ce même règlement que les fripiers ambulants avaient leur marché près dcSaint-Scverin. Le chambrierdu roi vendait l'autorisation d entrer dans cette corporation; il nommait le maître qui avait la garde du métier. Le statut des fripiers mérite d'être cité comme un des plus curieux du Livre des métiers.
Gainiers. Les gainiers ou gaaigniers de fourreaux formaient une corporation qui fabriquait des gaines , fourreaux , et étuis en cuir ( Livre des métiers, p. 164- 165). Une autre corporation, celle des garnisseurs dégaines, taisait les garnitures en fer, cuivre ou laiton, pour les étuis et gaines, pour les couteaux , épées, etc. — Ganfi>r*. Les statuts des gantiers se trouven t dans le Livre des métiers ( p. 240- 2431 Us étaient en même temps parfumeurs (Voy. Parfcmeurs). On en comptnit vingt etun à Paris, sous Philippe le Bel. Les gants étaient, à cette époque, un objet de luxe. Le Dit du mercier parle de gants fourrés, de gants à de moite lies, etc. Les gatttiers, dit Jean de Oarlande qui écrivait à la fin du XIII" siècle son vocabulaire latin, trompent les écolier* de Paris en leur vendant des gants fourrés en peaux d'agneau, de lupin, de renard, et des mitaines de cuir.— Greffiers, faiseurs de greffes ou fermetures de fer {Livre des métiers, p. kk). — Grossiers, marchands en gros. On appelait les taillandiers grossiers.
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Hanouards ou Henoua r». Les hanouard»
ou henouar» étaient les jurés porteurs de sel et de poisson de mer. Us for* niaient une corporation dès le Ztll* siècle (Livre des métiers, p. 336); ils avaient le privilège de porter le corps des rois à leurs funérailles. Voy. Ki m railles. — Haubanier» , artisans qui payaient au roi le droit de hauban, ou six sous parisis.
— Haubergier», fabricants de hauberts, ou cottes de mailles i voy. Armes); on trouve les statut» de cette corporation dans te Livre de» métier» (p. 66). — Heaumters, fabricants de casques appelés heaumes ( voy. armes et Livre des métier», p. 44 ). — Hongrieurs, Les ouvriers honyrieur» ou honqroyeurs , préparaient les cuirs à la manière de Hongrie. Cette industrie datait du règne de Henri IV.
— Horloger». Les horlogers reçurent leurs premiers statuts de Louis XI ; mais pendant longtemps on les considéra comme subordonnés à la corporation des orfèvres. Un arrêt du conseil, en date du 8 mai 1643, exempta les horloger» de la visite des orfèvres. Ils étaient autorisés à fabriquer toute espèce de boites en y mettant leur nom. On ne pouvait devenir maître qu'après un apprentissage de huit ans, en faisant chef-d'œuvre, et payant neuf cents livres. — Bûcher». Les huchers ou huchier» étaient des fabricants de huches ou coffrets ; ils formaient une corporation dès le xur» siècle ; ils ont leurs statuts dans le Livre des métiers (p. 104 et 273). En 1290, on comptait vingt- neuf huchers à Paris ( Livre de la taille de Parts sous Philippe le Bel). — Huilier», Les huiliers étaient à la fois fabricants et marchands d'huile ( Livré des métier» , p. 150-161 ). leur corporation fut réunie à celle des chandeliers. — Huissiers- Les huissiers ou fabricants de tut* ( portes , sont aussi mentionnés dans >e Livre dles métier» ( p. 106 ) comme une des corporations du xitt* siècle.
Imagiers. La corporation des imagiers ( peintres et sculpteurs ) a ses statuts dans le Livre des métiers (p. 1 55 et &uiv.). U y avait deux corporations d'unayiers : la première, appelée corporation des tmagters-iaiUeurs , travaillait l'os, l'ivo.re et le bois. On admire encore les œuvres de ces maîtres imagiers que conservent les musées et les églises; elles supposent autant d'art que de patience.
La seconde corporation était celle des
Î cintres et tailleurs d'images. Voy. plus oin peintres et tailleurs d'tmages.
Jaugeurs. Les jaugeurs ou mesureursjurés formaient une corporation dès le temps de saint Louis ( Livre des métiers , p. 27-28 ). — Jongleurs. La corporation
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des jongleurs ne date que de i3?r, ils , payaient le péage du PetiUPont par ud couplet de chanson.
Laceur». Les laceurs étaient des fabricants de lacets de fil et de soie, dont les statuts se trouvent dans le Livre des métiers ( p. 7S ). — Lampiers , fondeurs de lampes et de chandeliers en métal {Livre des métier», p. ioi). — Lanterniers , faiseurs de lanternes qu'on garnissait de tablettes minces de corne ou d'ivoire et qui remplaçaient le verre (ibid., p. 170-171).
— Languayeur». Les languayeur» de porc» formaient une corporation chargée spécialement de visiter la langue des porcs et de s'assurer s'ils étaient atteints de la lèpre. Une ordonnance du prévôt de Paris (1375) et une autre ordonnance de 1403 astreignaient les languayeur» à n'exercer leurs fonctions qu'après avoir été inspectés et approuvés par le maître boucher ou chef des bouchers. Quand ils trouvaient un cochon ladre, ils le marquaient à l'oreille , afin que personne ne l'achetât. Les languayeurs furent supprimés en 1604 par Henri IV, et, à leur place, on créa trente juresvendeurt^vittteurs de porcs Ils furent rétablis peu de temps aprèsetdéQnitivementsupprimésen 1708.
— Lapidaire». La corporation des lapidaires ou tailleurs de pierres précieuse» existait déjà du temps de saint Louis, sous le nom de cristallters et perriers. Les statuts qu'il leur donna furent confirmés dans la suite par Philippe de Valois. Henri 11 , par rarticle 17 de l'ordonnance de Fontainebleau , maintint les maîtres-jurés et gardes de l'orfèvrerie dans le droit de visiter les travaux des lapidaires. En 1534, les taptrfatres reçurent de nouveaux statuts en conséquence do l'èdit rendu par Henri III pour ériger en jurande toutes les corporations d'arts et métiers de Paris.— Limonadiers, l a corporation des limonadiers lut établie par Louis XIV en 1676. Leurs statuts enregistrés au parlement, les autorisaient à vendre du café en grain , en poudre et en boisson. Outre toutes sortes de limonades ambrées et parfumées, ils pouvaient débiter des dragées en détail, noix confites, cerises, framboises , et autres fruits confit» dans l eau-de-vie ; sorbec (sic); a tore de cidre; eaux de gelées et glace» de fruits et de fleur» : eaux d'anis , de cnnelle et franchipane; populo: toute»
sortes de rossoli» ; enfin tous le» vin» comvris sous le nom de vins de liqueur». Quelques-uns de ces mots demandent uns explication. Ainsi l'aigre de cèdre était cUi jus de citron qu'on servait avec l'écorce confite du même fruit. Le popuh était une liqueur faite avec de l'espritrde-
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vin , de l'eau , du sucre , du musc , de l'ambre, de l'essence d'anis et de l'essence de cannelle. Le rossolis lirait son nom de la plante appelée ros solis, qu'on faisait entrer dans la composition Je cotte liqueur. Comme Louis XIV aimait beaucoup le rossolis , on en ûi un auquel on donna le nom do rossolis dm roi. L'usage de servir des vins de liqueur dans Us dîners éiait généralement répandu au xvu* ai Me. C'était cependant une friandise dont s'abstenaient les personnes qui faisaient profession de dévotion. « J'étais l'autre jour à dîner près de M"« de TMrngT* . écrit ■•»• de Sevigné en 1674. Un laquais lui présenta an grand verre de vin de liqueur; elle me dit : Madame, ce garçon ne suit pus que je suie dévote. Ceu nous fit rire. » La corporation des U mono die i s subitbeaucoup de vicissitudes. Kl le fut supprimée en 1704, rétablie en i7os, supprimée de nouveau en 1706, nuis rétablie en 1713. Ces vicissitudes s'expliquent par les nombreux procès qu'ebe eut avec les anciennes corporations, dont le commerce touchait au sien, telles que les distillateurs limonadiers-vinaigriers ( voy. plus loin Vinaigriers). En 1775, les limonadier* turent supprimés comme toutes les corporations; mais ils furent rétablis peu de temps après et leur corporation a existé jusqu'à la révolution ■ Us étaient deux cent cinquante au moment de leur institution ; on en comptait plus de dix- huit cents en 1782. — JJniere. Les liniers ou marchands de lin reçurent leurs statuts d'Et. Boileuu ; Livre dee métier», p. 144 et suiv.). — Larmiers. Corporation créée et entretenue par le luxe féodal ; elle labriquait des brides, des mors argentés, dorés, étamés ou blancs. On a lés statuts des lormiers dans le Livre des métiers (p. 361 et suiv.). Cette corporation fut longtemps réunie à celle des éperonniers.
Maçons, La corporation des maçons est mentionnée dans le Livre dee métiers ( p. 108 et suiv.). Elle avait pour patron saint Biaise. Le siège de sa juridiction était au Palais de Justice. — Maignants ou meignens , chaudronniers ambulants.
On trouve dans la Taille de Parie sous Philippe le Bel , Adam le meignen, Estienne le meigntn , Huguelin te meignen. Le mot de maignan ou meignen s est conservé dans quelques patois provinciaux comme synonyme de chaudronnier. — Mégiasiers. La corporation des mégissiers ou ouvriers préparant les peaux de mouton et de veau , est antérieure au xiii* siècle. On n'en trouve point les statuts dans le Livre des métiers ; mais des actes du xiii* siècle constatent l'existence déjà an-