‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 133 sur 300 · S0 COU · texte numérisé non relu

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par Louis XIV, en 1704: elle fut supprimée en i77i. 1, ii cour des monnaie» de Paris a été abolie à l'époque de la révolution.

C0CR8 PLÉNIÈRES. — On désigne sous ce nom les assemblées solennelles que réunissaient les rois de la troisième race pendant les w«, xih, un», xiv» et xv* siècles. Il est question de cours plénières dès le xi« siècle dans des chartes, où des seigneurs particuliers obtiennent l'autorisation de tenir ces assemblées.

Ainsi , Guillaume le Bâtard, duc de Normandie et roi d'Angleterre, accorde à l'église de Durham de lenir librement et à perpétuité sa cour plénière ( ut curiam suam plenariam libère et quiete in perpetuum habeat ). Les vassaux devaient se rendre à ces cours plénières. Ordinairement ces assemblées étaient accompagnées de fêles et de tournois. Ce fut surtout dans les cours plénières tenues par les rois que la féodalité déploya toutes ses pompes. Join ville, décrivant la cour plénière de Saumur 1124 1), dit qu'il ne se rappelle pas « avoir vu tant de surcots f vêlement qui se mettait sur la robe appelée cotte ) ni d'autres garniments de draps d'or à une fête , comme il y en avait à celle-là. » Froissait et les chroniqueurs des xiv« et xv» siècles mentionnent souvent des fêtes royales qu'ils ne désignent pas toujours sous le nom de cours pléntères, mais qui ont le même taractère. « La veille de Noël , dit Froissait parlant de Charles VI, le roi de France alla tenir son état au palais, oh il célébra moult solennellement la fête de la nativité de Notre-Seigneur , et est à savoir que ledit jour le roi se séoit à table à dîner. Le roi était assis au milieu de la table , moult noblement orné et vêtu d'habillements royaux. Etaient pour ce jour venu3 devers le roi et à son mandement quantité de princes, c'est à savoir le roi de Navarre, les ducs de Berry, de Bourgogne, de Bourbon . de Brabam, le duc Guillaume, comte de Hainaut, le duc de Lorraine, le duc. de Bavière, frère de la reine, et bien dix- neuf comtes et plusieurs autres jusqu'au nombre de dix -huit cents chevaliers, sans les écuyers ayant accompagné les princes. » Le même historien parlant encore de Charles VI et du jour de Noël s'exprime ainsi : « Pour celui jour se tenaient près du roi moult de nobles du royaume de France, ainsi qu'à une telle solennité les seigneurs vont voir volontiers le roi, et est l'usage. » I «s rois distribuaient souvent, dans ces fètea, de riches vêtements aux principaux-seigneurs de leur suite. Saint Louis profita de cet

usage pour entratner un grand nombre de ses vassaux à la croisade. Il ht broder des croix sur les robes qu'il leur distribua, et, après les avoir revêtues, leB seigneurs se crurent engagés d'honneur à cette expédition et accompagnèrent le roi. Dès le ix» siècle, il est question de ces distribuii ns dérobes. « L'empereur, dit le moine de SataKall en parlant de Louis le Débonnaire, l'empereur distribua des présents à tous r.es serviteurs, suivant leur qualité; c'étaient des l»audriers et de riches vêtements, ou des saies de diverses couleurs pour les personnages d un rang inférieur. » Au xiv» siècle , on trouve encore • es livrées (c'était le nom qu'on donnait aux vêtements qu'on livrait ainai aux seigneurs ) mentionnées dan3 les comptas des argentiers du roi Les comptes de Jean de La Fontaine, argentier du roi en 1351 , prouvent qu'on en distribuait à Noël , à la Chandeleur , à la Pentecôte , à la mi -août et à la Toussaint.

Les rois paraissaient ordinairement, dans les cours plénières , couronne en tète et revêtus de tous les insignes de la souveraine puissance Philippe de Valois, duns son testament en date du '2 juillet H50, donne tous ses joyaux à la raine Blanche sa femme, «exceptée tant seulement notre couronne royale, de laquelle nous avons usé ou accoutumé d'user en grandes fêtes et solennités, et de laquelle nous usâmes à la chevalerie de Jean notre aîné fils. » De là l'expression de fête ou cour couronnée (curia coronata^, qui sert souvent à désigner les cours plénières. A ces fêtes accouraient ordinairtineni des ménestrels ( voy du ('.ange , des cours et des fêtes solennelles dm rois de France^. Sous ce nom étaient compris ceux qui jouaient des nacaires ou tvmbales, du cornet, de la flûte behaigne bohéemêmew), de la trompette, de la vielle, etc. 11» Mat tous nommes dans un compte de Phfttel du duc de Normandie et de Gmenne, en date de i3i8 Là aussi se réunissaient des jongleurs jaculdtares ici autres Baladins changés d 'amuser la cour par leurs facéties. Souvent ils dépassaient toutes les bornes et provoquaient des plaintes dont on trouve un echo dans plusieurs écrivains de l'époque , et principalement d ms Jacques de Vitry ( flistoire* livre II , chap. m). Les rois lew faisaient trop souvent de riches présents et se plaisaient à témoigner leur magnificence en faisant largesse à ces bouffons.

Un des derniers exemples de cour pleniere se trouve dans l'histoire de Louis XL Après sqn sacre, il vint à Paris. « Il s'en alla tout droit à l'église Notre-Dame, dit le continuateur de Monstre lel; il y fit ses

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dévotions et y fit serment tel que les roi* ont accoutumé de faire & leur première entrée dans la ville; puis remonta a cheval et s'en alla au palais . qui éioit tendu et paré moult noblement; et là il tint cotir plénière et y soupa . et avec lui , à sa table, soupèrent les pain* de France et ceux de son sang.» Voy. du Cange, des cours et des fêtes solennelles des rois de France.

COURS PRÊVOTALES. — Tribunaux présidés par les prévôts. Voy. Prévôts.

COURS ROYALES. — Voy. Tr.tnuNArx

COURS SOUVERA1NFS. - On appelait, dans l'ancienne monarchie, cours souveraines, celles qui jugeaient sans appel , comme les parlements, chambres des comptes, cours des aides, cours des monnaies et le grand conseil institué par Charles VIII.

COURSE AMBITIEUSE. — Lorsqu'on envoyait un courrier à Rome pour solliiitei un bénéfice avant qu'il fût vacant, un nommait cette démarche courte ambitieuse, et les provisions que l'on obtenait par ce moyen étaient frappées de nullité.

Voy. BÉflEFICRS fcCCLÉSIASI lui ES- COURSE DE CHEVAUX. — Voy. Chevaux.

COURSE DU CHEVAL DE SAINT-VIC- TOR.— Fête populaire de Marseille. Voy.

COURTAGE. — Droit prélevé par les courtier» qui servent d'intermédiaires pour la vente des marchandises.

COURTIERS. — Les corporations de courtiers remontent à une époque fort ancienne ; on en trouve dès le un* siècle (voy. Corporation) Ils servaient primitivement d'intermédiaires pour toutes les transactions commerciales, même pour les achats , ventes et négociations de rentes , changes, billets , etc. Ce fut seulement en 1 572 que les agents de banque et de change devinrent disLinrts des courtiers. Le code Je commerce art. 77 admet quatre classes de courtier» : les courtiers de marchandises , d assurance* . de transport par terre et par eau , et les courtiers interprètes et conducteurs de navires : mais , dans la pratique, il n'y a jamais eu de cotirfier* de transport par terre et par eau. Les courtiers Font nommés par le chef de l'Etat; ils sont tenus de fournir un cautionnement , de prêter serment et de payer patente. Les gourmets ou courtiers gourmets piqueurs de vins, établis à l'entrepôt de Paris pour y servir d'intermédiaires entre les vendeurs et les acheteurs, ont le même droit que les courtiers

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de marchandises. Us .«ont nommes par le ministre de l'intérieur sur la présentation du préfet de police. Pour toutes les antres denrées, ce font les courtiers de marchandises qui servent d'intermédiaires.

Les courtiers d'assurances dressent les contrats d'assurances et les garantissent par leur signature. Les courtiers interprètes traduisent, en cas de procès, les chartes-parties (voy. ce mot), contrats et autres actes commerciaux. Les courtiers conducteurs de navires se bornent aux •Bits Béaameairss pour l'aScuLtment ou louage d'un navire.

COi rtTïL ou COl U ni. I F. —On donnait autrefois ce nom aux jardins publici ; on s'en sert encore dans quelques contrées.

COURTINE. — Partie des fortifications.

Voy. Fortifications.

COURTISANS. — Les court et les eau*tisa ne ne daten t en F i anoe q ue d a ■ v p s i è» cle, époque ou Français 1er intsodaist * une étiquette qui devint beaucoup plot minutieuse sous Louis XIV. Voy. Etiquette et Maison du aou

COUSIN. — Les rois de France donnaient le nom de cousin , dans leurs lettres, aux cardinaux et aux maréchaux.

Voy. ÉTIQUETTE.

COUSINAGE. - Voy. Sociétés secrètes.

COUSTIL. — Long conteau dont étaient armés les fantassins au xvB sièele.

COUTEAUX. — Voy. Table.

COUTELIERS. — Voy Corporation

COUTEPOINTTERS. — Ouvriers qui fabriquaient les objets de literie. Voy. Corporation.

COUTIL. — Long couteau dont étaient armés les fantassins au xv« siècle.

COUTILLIER. — Fantassin armé du coutil ou coustil. Voy. Armée.

COJJTUMBS. — On appela d'abord cohtumes des usages ayant foroe de toi, puis des lois écrites et particulières à chaque localité. Voy. Droit cobtuwbr.

COTJTUMIER. — Un cou/tinti'er était un recueil de coutumes. Chaque province avait son coutumier ; on disait un coutumier de Normandie, d'Anjou, etc.

COUTUMIBR ( Droit ). — Droit contenu dans les anciennes coutumes. Voy. Dkoit coltumier.

COUVENT. — Réunion de religieux ou de religieuses. Voy. Arraye et Reliciei x.

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