‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 134 sur 300 · CRE · texte numérisé non relu

CRE

CRÊ

COUVRE-FEU. — Mesure de police qui enjoignait d'éteindre le feu et la lumière à bnit heures. On sonnait, à cette heure , le couvre-feu. Voy. Police.

CRANEQUIN. — Instrument en fer qui servait à bander l'arbalète.

CRANEQUIN1ERS. - Soldats armés d'arbalètes à cranequin. On trouve des cranequinieri ou arbalétriers à cheval dès le temps de Philippe le Bel.

CRAVATE. — Celle partie de rhabillement fut empruntée, à l'époque de la guerre de Trente ans , aux Croates qu'on Appelait alors Cravates.

CRAVATE ( Royal ). — Régiment de cavalerie étrangère composé primitivement de Croates ou Cravates.

CRÈCHE. — Espèce de théâtre ou de décoration qu'on rainait pour la fête de ISoèl et qui représentait la naissance de Jésus-Christ. Les anciens rituels font souvent mention de ces crèches.

CRÈCHES. — Institutions de bienfaisance qui datent de 1844. Les crèches sont destinées à recevoir les enfants des pauvres pendant les deux premières an nées. Les premières crèches ont été fondées à Paris par M. Marbeau et soutenues par la charité publique. Cette utile institution s'est rapidement propagée et elle a été recommandée par l'administration centrale aux autorites locales.

CREDENCE. — Ce mot, qui vient de l'italien , a plusieurs significations ; il désigne le lieu ou l'on conserve ce qui dépend de la table et du buffet. On appelle aussi crédence les tasseaux placés sous la banquette des stallesdans les églises pour tenir les prêtres et les chantres dans une position plus élevée. Ces crédences sont quelquefois ornées de figures bizarres.

Millio en a donné plusieurs spécimens dans ses Antiquités nationales. On y voit un moine qui tourne un gigot à la broche, pendant qu'un autre moine reçoit dans sa bouche le jus qui découle du gigot ; des moines avec des oreilles d'àne , des marottes et une foule d'autres figures aussi singulières. Les crédences des sialles de la cathédrale de Rouen ne sont pas moins étranges. On y remarque , entre autres scènes des fabliaux , le lay d'Aristote. La tradition conservée dans ce petit poème représente le philosophe grec avec une longue barbe se traînant à terre, pendant qu'une jeune fille le tient en laisse. C'est la philosophie vaincue par l'amour. Ces scènes et d'autres plus singulières encore contrastent avec la sainieté du lieu. Enfin les crédences d'autel sont de

petites tables placées à cftté du grand autel pour recevoir tout ce qui est nécessaire au service divin,

CREDIT FONCIER. — Les institutions de crédit foncier datent d'une époque très-récente: elles ont pour but de soulager la propriété immobilière des charges énormes qui pèsent sur elle. Une enquête ouverte au conseil d'Etat, en 1 850, prouva que l'intérêt des prêts hypothécaires était, en moyenne , au moins de huit pour cent par an , y compris les frais d'enregistrement, honoraires, expédition , inscription , renouvellement , quittance , radiation , etc. La dette hypothécaire inscrite s'élevait à environ quatorze milliards. En retranchant les hypothèques éteintes, conditionnelles , légales, judiciaires, il restait plus de huit milliards garantis par des hypothèques et payant un intérêt de six cent quarante millions. Cet état de choses menaçait la propriété immobilière en France et ruinait l'agriculteur force de payer des intérêts usuraires. Ce fut pour remédier à ces inconvénients qu'un décret du 28 février 1852 établit les institutions de crédit foncier. Des associations se sont formées en vertu de ce décret pour avancer aux propriétaires fonciers les sommes empruntées à un taux raisonnable. Leur organisation offre des garanties aux capitalistes oui avancent les sommes demandées et de grandes facilités aux emprunteurs. Il suffira pour le prouver de rappeler les instructions officielles sur les sociétés de crédit foncier. Elles ne peuvent émettre des obligations ou lettres de gage que jusqu'à la concurrence des prêts qu'elles auront consentis. La stricte exécution de cette clause, disent les instructions officielles, est assurée par l'intervention du notaire, qui, dépositaire de l'acte de prêt, peut seul viser ces lettres de ga^e. Cet officier public encourrait une grave responsabilité , s'il visait des obligations qui excéderaient le montant du prêt. Les sociétés de crédit foncier ont, pour garantie des sommes qu'elles avancent, une première hypothèque sur un immeuble d'une valeur au moins double. Elles ne font de payements qu'après avoir purgé les hypothèques légales, rescisoires et résolutoires. Enfin, en cas de retard dans l'acquittement des annuités souscrites à leur profit, elle> ont le droit de séquestrer immédiatement l'immeuble hypothéqué et même de le vendre avec des formalités rapides et peu coûteuses. Ainsi les sociétés de créait foncier présentent un placement assuré aux capitalistes.

Les propriétaires d'immeubles y trou-

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vent de leur côté un immense avantage ,

s'ils ont besoin de contracter un emprunt. Le taux légal est pour eux de quatre et demi pour cent ; en ajoutant les frais de premier établissement et l'amortissement, c'est environ six pour cent, tandis qu'antérieurement ils payaient huit pour cent. De plus l'emprunteur n est tenu que de servir chaque année l'intérêt, sans jamais rembourser le capital de la dette qui s'éteint au bout de quarante ans. Ainsi la dette hypothécaire qui est aujourd'hui de huit milliards, payant un intérêt annuel de six cent quarante millions, sera éteinte au bout de quarante ans par les sociétés de crédit foncier et l'intérêt aera diminué immédiatement de deux pour cent. En un mot, la propriété immobilière est soulagée immédiatement déplus de cent millions d'intérêt annuel , et dans un avenir prochain elle sera, il faut l'espérer, libérée d'une dette écasante. Un décret impérial <Ju23 juillet 185<t a réorganise le comptoir du crédit funcier, dont les opérations ont atteint, en 1858, un milliard Soo millions.

crédit mobilier. — voy. mobilier

(Crédit,.

CRÉDIT PUBLIC. — Les institutions de crédit public ont pour but de procurer à l'État et aux particuliers l'argent dont ils ont besoin, en assurantaux prêteurs l'intérêt de l'argent et le remboursement du capital. Voy. Barque et Finances.

CRÉNEAUX. — Dentelures pratiquées au haut des murs des châteaux forts pour voir au dehors et tirer sur l'ennemi sans être à découvert. Voy. Châteaux forts (lig.F, G et H).

CREPINIERS. — Ouvriers fabricant des franges appelée crépines, des coiffes de femmes, des ornementa d'autels, etc.

Voy. Corporation.

CRJAGE. — C'était la coutume, au moyen âge , de faire crier les denrées par les rues; c'était la seule annonce de l'époque. On criait l'eau . le vin, comme les funérailles , les ventes , les réunions de confrérie ; les crieurs formaient une corporation importante ( voy. Corporation , S VII, liste des corporations, crieurs). 11 existe môme un petit poème des crieries de Paris.

CRI D'ARMES ou CRI DE GUERRE. — Chaque seigneur avait, au moyen âge, son cri de guerre auquel se ralliaient ses compagnons d'armes. Voy. Guerre.

CRIEURS. — Voy. Corporation.

CRIEURS DE NUIT. - Yoy. Pouct.

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