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religieuses , semble un reste du paganisme. A la fête de saint Martial, patron du Limousin , le peuple dansait dans l'église, et, à la fin de chaque psaume, au lieu de chanter gloria patri , il repétait en patois : Saint Martial , priez pour nou s , et nous danserons pour voue. Les danses de la Saint -Jean, qui ont encore lieu de nos jours, sont un reste de ces vieilles coutumes qui se rattachaient aux usages païens.
S II. Danses savantes. Ces danses nationales et populaires furent quelquefois perfectionnées de manière à devenir un art. Le menuet était , dît-on , une danse poitevine que la science chorégraphique transforma. D'autres danses furent importées des contrées étrangères. Ce fut principalement au xvi* siècle que la France commença à emprunter aux nations voisines, à ritalie7 à l'Espagne, des danses dont les pas étaient étudiés avec art. On distingua deux espèces de danse, la danse haute ou dan.se théâtrale, et la danse basse ou terre à terre qui était réservée pou/* les salons. L'Italie, dont les mœurs et les usages régnèrent en France à la fin du xvi" siècle, nous donna, entre autres danses, la chaconne et la gaillarde ; l'Espagne, la pavane et peut-être le menuet , que d'autres font venir du Poitou; l'Angleterre , la contredanse ; l'Allemagne, la valse ; enfin, de nos jours on a emprunté à la Pologne, à la Hongrie, etc., des variations de la valse, appelées polka, mazurka , etc. Je me bornerai à quelque mots sur les plus célèbres de ces danses.
La chaconne était une des danses savantes qui furent apportées de l'Italie en France ; elle tenait le milieu entre la danse haute et la danse basse. On appelait chaconne , tantôt le pas de danse qui terminait le ballet, tantôt le ballet luimême. On représenta , en 1773 , avec le plus grand succès , un ballet -chaconne appelé l'union de Yamour et des arts.
— La gaillarde était aussi une danse importée d Italie. On la nommait encore romaine f parce qu'elle était originaire de Rome. Elle se dansait sur un air à trois temps gais, tantôt terre à terre, tantôt en cabriolant, tantôt en allant le long de la salle, tantôt en la traversant. — Le menuet avait beaucoup plus de gravité. « Le caractère du menuet, dit Milfin, est une élégante et noble simplicité; le mouvement en est plus modéré que vite, et l'on pense qu'il est le moins gai de tous les genres de danse. >» Le menuet eut de la vogue surtout aux xvi*, xvir» et xvm* siècles. La gavotte, variation du menuet, s'est soutenue plus longtemps. Elle avait passé du théâtre danB les salons et était
encore en usage dans les premières années du xix* siècle. « Elle sert, dit un écrivain de cette époqoe , à faire briller les talents des danseurs les plus habiles.»
— La pat i ne tirait son nom de ce que les figurants faisaient en se regardant une espèce de roue , à la manière des paons. Le cavalier se servait pour cette roue de sa cape et de son épée. qu'il gardait en exécutant la pavane. C'est par allusion à la vanité de cette attitude qu'on a fait le verbe se pavaner. Celte danse paraît originaire d'Espagne, et fut surtout usitée aux xvr» et xvn* siècles. La pavané était une des danses, dans lesquelles excellait Marguerite de ValoiB, reine de Navarre.
— l.a contredanse (country-dance , danse de la campagne 5 a été empruntée à l'Angleterre au xviii' siècle. C'est une danse basse et qui semble aujourd'hui se borner à quelques pas à peine caractérisés.
Plusieurs fois on tenta de réunir les danses savantes et les danses populaires. Ainsi, en 1565, a l'entrevue de Rayonne eutre Catherine de Médicis et Philippe II, des bergères vêtues de toile d'or et de salin exécutèrent des danses particulières aux diverses province»; les unes, le passe-pied elbranlegai de Bretagne; d'autres, la volte de Provence, avec des timbales; celles-ci, des danses poitevines avec la cornemuse; celles-là, des danses bourguignonnes et champenoises, accompagnées du petit hautbois et du tambourin de village. Aux danses succéda un repas, à la suite duquel des musiciens déguisés en satyres apportèrent un rocher artificiel brillamment illuminé. Il était couvert de nymphes éclatantes de parure et de beauté. Dès que le rocher eut été posé à terre, elles en descendirent et exécutèrent une de ces danses savantes, qu'on appelait ballets. Mais, dit Marguerite de Valois, témoin de cette fête, la fortune en fut jalouse et suscita un orage si violent que les danseuses furent obligées de s'enfuir ainsi que toute la cour. La mode des ballets s'accrut encore au xvn* siècle. Les plus grands seigneurs et les plus nobles dames y figuraient. En 1664, lo ballet de Versailles etbica par son éclat tous les ballets antérieurs ; il fut dansé par les douze heures et les douze signes du zodiaque. Voy. Lettres de Noverre sur la danse et sur les ballets.
DANSE MACABRE. — Un des usages les plus singuliers du moyen âge, était larfame macabre. Elle tirait son nom, d'après M. Van-Praël, du mot arabe magbarah, qui signifie cimetière. C'était , en effet , dans les cimetières, et auprès des charniers placés aux portes des églises, que