DIM
aurait en i raine la confiscation du poisson et une amende. Les moines de Saint- Bertin avaient la dlme des harengs qui se péchaient à Calais par concession du pape Alexandre 111. Les Calaisiens avaient vainement tenté de résister. L'impôt avait été militairement établi par Philippe d'Alsace comte de Flandre.
S V. Les terres des croises exemptes de ta dime. — Les terres des croisés n'étaient pas soumises à la dime. « En un village près de Soissons, dit Monstrelet, était un curé, lequel voulut avoir dîmes en une ceuse étant audit village, appartenant aux croisés d'outre-mer. Le censier, qui lors y était, refusa de payer icclles dîmes, et il fut avoué desdits frères croisés. Le procès en fut fait et parfait et en déchut ledit curé. »
S VI. Portion congrue due au curé par les gros décimaieurs. — Les curés jouissaient ordinairement des dtmes de leur paroisse. S'ils étaient privés des grosses dtmes , ceux auxquels elles avaient été inféodées et qu'on appelait gros décimateurs , étaient tenus de leur payer une pension nommée porlt'on congrue et dont le minimum fut fixé à trois cents livres au xvir» siècle, et à cinq cents livres au xviu«. Les dîmes notâtes se percevaient sur les terres qui depuis quarante ans n'avaient point été défrichées ; les dîmes de droit, au nombre desquelles était la dîme des blés, se levaient en tous lieux; les dtmes réelles portaient sur les biens ; les dîmes personnelles sur le travail et l'industrie des hommes , etc. La révolution a fait disparaître les dîmes comme tous les droits féodaux.
DIME ROYALE. — La dime royale était un impôt unique que Vauban proposait de substituer aux taxes multipliées qui grevaient la France. La dîme royale devait varier, suivant une échelle proportionnelle , du vingtième au dixième du revenu et être payée en nature pour les revenus territoriaux, en argent pour les autres biens. Vauban proposa ce système, dès 1695, et le présenta avec plus d'insistance en 1707. Il appelait surtout l'attention sur les dangers de l'inégalité en matière d'impôts et sur l'inconvénient de ces taxes multipliées et incohérentes que les différents âges avaient léguées au xviu«siècle, et qui souvent variaient de province à province. Le projet de Vauban fut mal accueilli dé Louis XIV : le livre où il l'exposait fut prohibé et l'auteur disgracié. «De ce moment, dit Saint Simon , ses services , sa capacité militaire unique en son genre , l'affection que le roi y avait mise jusqu'à croire se couronner de lau-
riers en l'élevant, tout disparut à l'instant à ses yeux; il ne vit plus en lui qu'un insensé pour l'amour du bien public, et qu'un criminel qui attentait à l'autorité de ses ministres , par conséquent à la sienne. Le malheureux maréchal , porté dans tous les cœurs français , ne put survivre aux bonnes grâces de son maître ; il mourut peu de mois après.»
DIME SALADINE. — Dîme ou dixième partie de tous les biens, meubles et immeubles, exigée de ceux qui ne prirent pas part à la croisade contre Saladin ( 1 188-t 193 ). Les ecclésiastiques ne furent pas exempts de la dime saladine. Vov.