DIS
bunaux appelés présidiaux. Le directoire se réunissait une fois par semaine pour juger les différends des gentilshommes et de leurs vassaux. Une somme de quinze mille sept cent quarante deux livres lui était assignée pour frais du tribunal et honoraires des membres du directoire.
Toute autre réunion était interdite à la noblesse d'Alsace, a moins d'une permission spéciale du roi.
DIRECTOIRE DE DEPARTEMENT. — On appela directoire de département , de 1791 a 1800, l'assemblée des administrateurs instituée par la constitution de 1791. Les administrateurs, d'après cette constitution , étaient des agents élus à temps par le peuple pour exercer, sous la surveillance et l'autorité du roi, les fonctions administratives. Ils ne pouvaient ni s'immiscer dans l'exercice du pouvoir législatif, ni suspendre l'exécution des lois, ni rien entreprendre sur l'ordre judiciaire ni sur les dispositions ou opérations militaires. Les administrateurs avaient pour principale mission de répartir les contributions directes et de surveiller les deniers provenant de toutes les contributions et revenus publics dans leur territoire. Le roi avait le droit d'annuler les actes des directoires de département contraires aux lois ou aux ordres qu'il leur avait adressés. Il pouvait même , dans le cas d'une désobéissance persévérante, les suspendre de leurs fonctions; mais il devait en instruire l'assemblée qui pouvait lever ou confirmer la suspension. Les administrateurs de département pouvaient annuler les actes des sous-administrateurs de district, contraires aux lois ou arrêtés des direct cires de département.
DIRECTOIRE DE LA CONFESSION D*AUGSBOURG. — Le directoire des églises réformées de la confession d'Augsbourg a été organisé par un décret du 25 mars 1852. Il est composé d'un président, d'un membre laïque et d'un inspecteur ecclésiastique nommés par le gouvernement et de deux députés nommés par le consistoire supérieur. Le di'rectoire exerce le pouvoir administratif; il nomme les pasteurs et soumet leur nomination au gouvernement. Il nomme les suffragants ou vicaires et propose aux fonctions d'aumônier pour les établissements civils qui en sont pourvus. H autorise ou ordonne, avec l'agrément du gouvernement, le passage (fun pasteur d'une cure à une autre, il exerce la haute surveillance sur l'enseignement et la discipline du séminaire et du collège protestants de Strasbourg. 11 nomme les professeurs du collège ou gymnase , sous
l'approbation du gouvernement, et ceux du séminaire , sur la proposition du corps des professeurs. Il donne son avis motivé sur les candidats aux chaires de la faculté de théologie de la confession d'Augsbourg.
DIRIMANT. — On appelle empêchement dirimant un obstacle qui entraîne la nullité du mariage.
DISCIPLINE ECCLESIASTIQUE. - Voy.
Clergé.
DISCIPLINE JUDICIAIRE. - Voy. Jcs-
TICE.
DISCIPLINE MILITAIRE. — Voy. Armïe et Organisation militaire.
DISCIPLINE (Compagnies de). — Compagnies oU sont places les soldats que l'on veut soumettre & une discipline plus sCvfcre. Voy. Organisation militaire.
DISCIPLINE ( Conseil de ). — Conseil de discipline des avocats. Voy. Conseils. Il existe aussi des conseils de discipline pour la garde nationale. Voy. Garde nationale.
DISPENSES. — Ce mot indique d'une manière générale uneexemption, une permission d'agir contre le droit commun.
Ainsi les rois accordaient des dispenses d'âge pour être admis dans les tribunaux ; l'Eglise accorde des dispenses pour le jeûne , pour autoriser les mariages entre parents, etc.
DISTILLATEURS. — Voy. Corporation.
DISTINGUO. -Ce mot latin, qui signifie je distingue^ passé dans l'usage familier et s'emploie pour indiquer un argument subtil par lequel on échappe à son adversaire en distinguant dans sa proposition le vrai et le faux, ou les divers points de vue sous lesquels on peut l'envisager. Ainsi Molière introduit sur la scène, dans une de ses pièces bouffonnes , Thomas Diafoirus répondant à une femme qui soutient qu'on doit être soumis aux volontés de ce qu'on aime: Distinguo ; pour l'intérêt de son amour, concedo (je l'accorde ) ; contre sa passion , nego ( je le nie ).
DISTRIBUTION MANUELLE. — Distribution en nature ou en argent que l'on faisait autrefois aux chanoines pour récompenser leur assiduité au service divin. Saint Pallade, évèque d'Auxerre , en 636, voulant engager les clercs de son église à célébrer avec pompe la fête de Saint-Germain, ordonna que ce jour-là chacun d'eux recevrait cent sous de la main de l'évèque. C'est un des plus an-
ciens exemples de distribution manuelle.
Cette rémunération était quelquefois appelée commune.
DISTRICT. — Subdivision du département à l'époque de la révolution ; elle répond à l'arrondissement de nos jours.
VOV. DÉPARTEMENTS.
DISTRICT DE RECETTE. - Subdivision financière des généralités de pays d'états; c'étaient les villes où les états, qui faisaient la répartition de l'impôt, établissaient des bureaux de perception.
DIT. — On appelait souvent dit, au moyen âge, un écrit de peu d'étendue , en vers ou en prose. Tels sont , entre autres, le dit d'un mercier et le dit des alliés par Godefroy de Paris. Ce dernier ouvrage fut composé, au commencement du xiv« siècle, en faveur de Philippe le Bel menacé par l'aristocratie féodale, dont il avait diminué les privilèges. On reconnaît dans le dit des allies la main de quelqu'un de ces jurisconsulte* qui seconaèrent avec tant d'énergie les projets réformateurs de Philippe le Bel. — Le moi dit s'employait encore, au xvii* siècle, pour caractériser un mot, une sentence. <« il ne nous reste d'Alexandre, dit SainuEvromond, que certains dits spirituels d'un tour admirable, qui nous laissent une impression égale de la grandeur de son àme et de la vivacité de son esprit. »
DITS. — Terme de pratique indiquant les arguments qu'une pailie tirait des pièces du procès , comme dans ces vers de Voiture :
En rf s moi s Minerve plaida ; A tes dttt le ciel s'accorda.
Racine a dit dans le môme sens (P/aideurs, 1,7):
.... Je fournil De dits , de contredits....
DIVAN. — Meuble emprunté aux Orientaux et principalement aux Arabes. Voy.
Meubles.
DIVERTISSEMENTS. — Voy. Fêtes et Jeux.
DIVINATION. — Voy. Sciences occultes.
DIVISION. — On appelait division une fête que célébraient les chanoinesses de Remiremont et qui rappelait la séparation des apôtres , lorsqu'ils se dispersèrent pour aller prêcher l'Evangile dans les diverses parties du monde. Charles l«% duc de Lorraine, reconnut qu'il était tenu de porter les corps-saints de l'église de Remiremont le jour où l'on célébrait la fête de la division des apôtres.
DIV 2J35 DIVISION ( Général de). - Voy. HUiuit-
CUIE MILITAIRE.
DIVISION MILITAIRE. - Voy. Orgaîii-
SATIOS MIL1TAIHE.
DIVISIONS TERRITORIALES DE LA FRANCE. — Les divisions territoriales de la France ont varié à I infini, et nous ne nous proposons ici que d'indiquer les plus importantes.
$ 1". Divisions territoriales de la Gaule avant la conquête romaine. — La Gaule avant la conquête des Romains se divisait en trois grandes parties :
la Belgique au nord entre le Rhin et la Seine, la Celtique au centre entre la Seine et la Loire , et l'Aquitaine au sud entre la Loire et les Pyrénées. Ces contrée» se subdivisaient eu une multitude de }>agi ou pays, dont les limites étaient déterminées par des différences de tribu , par la configuration du sol , la diversité des productions et la nature du climat. Ces circonstances, plus fortes que toutes les révolutions , ont imprimé un caractère de perpétuité à la division naturelle en pays, et aujourd'hui encore, quoiqu'elle n'ait aucune valeur politique, elle a survécu à toutes les divisions ini-
fiosées par les gouvernements. La Soogne , la Brie, le pays de Caux , le pavs d'Auge, etc., sont pour le paysan les vé ritubles divisions de la France. Elles sont aussi durables que la nature sur laquelle elles se fondent.
S II. Divisions territoriales de la Gaule sous les Romains. — Les Romains, maîtres de la Gaule, la partagèrent d'abord en quatre grandes régions : Belgique, Lyonnaise , Aquitaine, province romaine qui comprenait le sud-est. Dans la suite, ils subdivisèrent ces régions ; la Gaule était partagée, au iv« siècle, en dix-sept provinces : Germanie première et Germanie seconde, Relgique première et Belgique seconde , quatre Lyonnaises . deux Aquitaines , Novempopulanie, deux Narbonaises . Alpes maritimes , Alpes grées ou grecques, Viennoise et grande Séquanaisc qui comprenait l'Helvétie ou Suisse. Les invasions des barbares tirent disparaître ces divisions politiques.
S III. Divisions territoriales établies par les Francs. — Les Francs, après avoir subjugué les royaumes des Bourguignons et des Visïgoths , divisèrent la Gaule en autant de royaumes qu'il y avait de fils de roi. Les circonscriptions de l'Austrasie ( royaume do 1 est ) , de la Neustrie (royaume de l'ouest), de la Burgondie et de l'Aquitaine étaient fort irrégulières. Ces royaumes furent subdivises erfeomtés , duchés , centaines ,