‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 160 sur 300 · Î8C DIV · texte numérisé non relu

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dizaines. Ces dernières dénominations se retrouvent dans tous les pays conquis par les barbares ; elles rappellent l'organisation primitive de l'armée germanique divisée en centaines et dizaines. Après la conquête , l'armée campait-en quelque sorte sur le pays conquis et y avait d'abord conservé son ordre de bataille. Dans la suite les dizaines et les centaines ne furent plus que des portions de territoire gouvernées par des dizainiers et des ceitteniers, à la fois juges, chefs militai rea , jjerc.epteurs d'impôts , comme les comtes dont ils relevaient.

Sous cette administration fort irrégulière, l'ancienne division en na«t ou pays reparut avec une nouvelle i<»rce, pendant que l'Église conservait dans ses circonscriptions diocésaines l'organisation tracée par les Romains.

$ IV. Division* féodales. — La féodalité créa en France de nouvelles circonscriptions territoriales. Les duchés , les comtés , les baronnies, les fiefs de toute nature morcelèrent lo territoire.

Au milieu de ces subdivisions s'élevèrent quelques grandes principautés qui devinrent les pairies laïques, telles que les duchés de France, de Normandie , de Bourgogne et n'A- m Mine, les comtés de Flandre, de Champagne et de Toulouse, qui avaient de nombreuses sous-inféodations.

La liste complète serait difficile à dresser. Voici les tiefs les plus importants de la France à l'époque où le système féodal eut pris tout son développement. On en comptait à celte époque une soixantaine qui se rattachaient aux sept grandes principautés que nous venons de rappeler. De l'ancien duché de France relevaient directement les fiefs suivants :

1° L'Anjou. Les ducs d'Anjou étaient sénéchaux héréditaires des rois de France);

2» La Touraine;

3° Le comté de Senlis ;

4» Lo Vexin français (entre l'Oise et l'Eptei;

S» Les comtés de Montmorency , de Nontfort, de Montlhérv, Oammartin, Corbeil , Mantes ? Meulan", Élampes, Melun ;

6° I.e comte d'Orléans;

T° Après iioo la vicomte de Bourges.

Les autres pairies avaient également un grand nombre de fiefs qui leur étaient subordonnés.

Le comté de Vermandois, érigé vers 834, ne perdit son importance comme pairie qu'en 1019, époque où le comté de Troyes devenant comté de Champagne fut le principal domaine de cette contréo. Du Vermandois relevaient :

!• Le comté de Valois;

2* Le comté d'Amiens; 3° Id. de Péronne :

4° Id. de Saint-Quentin ; 5° Id. de Troyes.

Du comté de Troyes , qui devint en 1019 comté de Champagne , relevaient :

1* Les comtés de Blois et de Chartres ; 2° Le comté de Brie ; 3° Id. de Réthel ; 4° Id. de Coucy ;

5° Id. de Roacy (près de Reims ) ;

6° Id. de Joinville ;

7° Id. de Bar-sur -Seine ;

88 Id. de Brienne;

9° Id. de Vitry.

Du comté de Flandre relevaient les comté.- d'Arras,Hesdin,Saint-Pol, Guines.

Boulogne, Térouanne et le Ponthieu dont la capitale était Abbeville.

Le duché de Normandie comprenait un certain nombre de fiefs, dont les principaux étaient Èvreux, le Mans (soumis par Guillaume le Conquérant ), Eu ■ le Perche (capi taie Bellême ), Mortagne , Domfront , Mortain, Bayeux, Séez, Coutances, Avranches, Aumale.

Le duc de Bourgogne avait pour vassaux directs les comtes de Chàlons-sur- Saône, Semur, Nevers, Tonnerre, Beaune, Joigny, Sens, Auxerre, Maçon, Dijon, Auxonne , Charolles, Forez et Beaujolais.

Les principaux fiefs subordonnés au duché d'Aquitaine étaient le comté de Poitiers réuni au duché d'Aquitaine, le Périgord , la Marche . le comte d'Angoulême, l'A unis et la Saintonge, l'Auvergne, la vicomte de Turenne , le Limousin , J'Agénois. Le duché de Gascogne fut réuni en 1038 au duché d'Aquitaine; les principaux feudataires de la Gascogne étaient : les comtes de Bordeaux, Bigorre , Béam , Armagnac, Astarac (Gers), Fesenxac ( Gers ) , Albrct , Lectenre , Comminges , Pardiac (Gers), Dax et Aire.

Du comté de Toulouse dépendaient le Quercy, l'Albigeois, le Bouergue, les comtés de Saint-Gilles, Ntmes, Melgueil, Gévaudan, une panic de la marche de Narbonne, l'ancien duché de Gothie divisé en Septimanie et comté de Barcelone. Dans la Septimanie se trouvaient les seigneuries de Lodève, Saint-Pons, Narbonne, Béziers, Agde , Uzcs, Maguelone , Montpellier. Le comté de Barcelone comprenait les principautés de Roussillon , Ampurias, Carcassonne, Urgel, Conflans , Cerdagne, Ausone, Besàw, Girone et Manresa. Dans la suite, l'autorité des comtes de Toulouse s'étendit sur le marquisat de Provence ( comtat Venaissin ) qui se subdivisait en comtés d'Avignon , Cavaillon , Carpentras , Orange , Valence, Die.

La Bretagne résistait aux prétentions des ducs de Normandie qui la considéraient comme un de leurs fiefs; elle comprenait les comtés de Nantes, Renues, Vannes, Cornouailles, Fougères et Penthièvre.

$ V. Division» administratives sous l'ancienne monarohie. — Depuis Philippe Auguste , qui s'empara de la Normandie et d'une partie du duché d'Aquitaine , la royauté travailla avec une énergique persévérance à la réunion des provinces que le système féodal avait isolées et fractionnée». Sa gloire a été de rattacher successivement ces provinces à l'autorité centrale et de faire avec un duché de quelques milliers d'âmes un royaume de plus de trente millions d'habitants. A mesure qu'elle faisait une conquête, elle transformait en offices royaux les anciennes principautés féodales ou du moins elle plaçait à côté des seigneurs feudataires des baillis et des prévôts, des sénéchaux et des vicomtes, l a France se divisa bientôt en sénéchaussées , vicomtes ou rigveries dans le midi , bailliages et prévôtés dans le nord. LesofhViers royaux placés à la tête de chacune de ces circonscriptions territoriales étaient tout à la fois magistrats, hommes de guerre et administrateurs financiers, comme les délégués des rois francs Mais, à mesure

?ue l'administration se compliqua par étendue du royaume, la multiplicité des lois et l'accroissement des impôts , il fallut créer pour chaque service des fonctionnaires spéciaux. C'est ainsi que peu à peu les parlements et les présidiaux (voy. ces mots) furent chargés de l'administration de la justice ; les receveurs généraux et les trésoriers de France eurent la gestion financière , et les gouverneurs l'autorité militaire. La France fut divisée en douze ressorts de parlements .- Paris, Toulouse, Bordeaux, Grenoble, Dijon, Aix, Houen, Rennes, Pau, Metz, Douai et Besançon; trente-deux généralités financières ( voy. Gêmfk alités ) et douze gouvernements militaires ( voy. Gouvernementsï. Les intendants, créés par Richelieu, résidaient dans les généralités et surveillaient toutes les parties de l'administration. La division par intendances devint surtout importante sous Louis XIV et sous Louis XV. Néanmoins, toutes los anciennes divisions coexistaient et donnaient à la France l'aspect d'une de ces Tieilles cités oh se heurtent des constructions de tous les âges. Les bailliages, les sénéchaussées, les prévôtés, les vicomtés, d'anciens fiefs et même des alleux , figuraient à côté des intendances, des généralités et des circonscriptions judiciaires des présidiaux et des parlements.

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