ECU
ECUS D'OR A LA CROISETTE- — Écus d'or que François I** fit fabriquer, et qui portaient une petite croix carrée.
ECUS D'OR AD SOLEIL— Mo dp aie frappée sous Louis XI en i47S. Voy. Monnaie.
ÊCUSSON. — Terme de blason; écu chargé d'armoiries. C'euit primitivement une espèce d'écu qui indiquait un rang inférieur dans la hiérarchie féodale.
ECUYER — Ce nom s'appliquait primitivement au jeune homme de noble naissance qui aspirait à la chevalerie, et qui portait l'ecu du seigneur auquel il s'était attaché. Les anciens romans de cbevalene cités par Lacurne Ste-Palaye ( v » Eccyer) montrent toujours les chevaliers entourés de leurs écuyer*. Am i, dans le roman de Lancelot du Lac, Cauvain est accompagné de deux écuyers, dont l'un mène son destrier en dextre ( msin droite) et porte son épée; l'autre est chargé de son heaume et de sou écu.
L' écuyer n'avait pas te droit de se revêtir des armes du chevalier ; il ne pouvait porter qu'un haubergeon, qui était plus léger que le haubert des » hevaliers (voy. A bjiks). Au lieu de heaume ou casque fermé, qui protégeait la tête du chevalier, lYcuyer n'avait que le bonnet de fer, sans cimier. La lance était réservée au chevalier ; Vécuyer n'avait que l'éoée pour arme offensive. S'il appelait en duel un roturier, il devait combattre à pied, armé comme un champion et comme le roturier. Les écuyers n'avaient pas le droit de sceller leurs actes comme les chevaliers , qui étaient représentés sur leur sceau à cheval et armés de toutes pièces. Ils ne pouvaient porter ni éperons dorés ni habits de velours , mais des éperons argentés et des habits de soie. Leurs femmes n'avaient que le titre de demoiselle.
Les écuyers étaient sujets au ban , comme les barons, les bannerels et les chevaliers. Dans une ordonnance de Philippe de Valois , qui fixe la solde des gens de guerre, il est stipulé que Vécuyer ayant un cheval de moins de vingt cinq livres aura une paye de sept sous par jour; Vécuyer, qui aura un cheval d'au moins quarante livres, couvert de fer, de cuir et de corne , aura sept sous six deniers. Une ordonnance du roi Jean < i3Si ) accordait à Vécuyer armé une solde de dix sous , et, s'il avait avec lui un valet armé d'haubergeon , de bacinet ou bonnet de fer, de gorgerette ou hausse-col et de gantelets , il avait cinq sous de plus.
Dans la suite le mot écuyer fut pris comme titre de noblesse. On le trouve , dans ce sens , dans l'ordonnance de Blois (isto) et dans les édits du mois d'août
1 583 et du mois de mars (16OO). A la fia du xvi* siècle, les roturiers usurpaient le titre d'ecuyer. Les édils que je viens de rappeler en fournissent la preuve ; ils prohibèrent cet abus , mais sans pouvoir le détruire. Louis Xltl fut obligé, par son éditdu mois de janvier 1634, d'imposer une amende de deux mille livres à ceux qui usurperaient le titre d'écuyer. Certains emplois conférèrent plus tard le droit de le porter. Une déclaration de 16S1 permettait aux gardes du corps du roi de se qualifier à' écuyers. Les commissaires et contrôleurs des guerres obtinrent la même autorisation.
Les écuyers d écurie de la maison du roi étaient souvent des personnages de haute naissance. Il en est question dès le xv* siècle. On lit dans la chronique de Monstrelet à l'année I4IS : « Après lui entra le seigneur de Xaintrailles, bailli de Berry , grand écuyer d'écurie du roi , monté sur un grand coursier couvert de drap de soie, iftenail l'une des bannières du roi. m Aux funérailles des rois , les écuyers d'écurie prétendaient que le poêle qui avait recouvert le corps leur appartenait; ce fut souvent un sujet de discussion avec les moines de Saint-Denis qui leur disputaient cette dépouille ( Lacurne Ste-Palaye, v* Eccyer ). On trouve dans la Chronique de Charles VU par Chartier la description du costume d'un écuyer d'écurie de ce roi en 1 449. « 11 était armé tout à blanc, monté sur un grand destrier couvert et enbarnacbé de velours azuré , à grandes affiches d'argent doré, ayant sur la tête un chapeau pointu , par le devant de velours vermeil , fourré d'hermine, et portait en ce harpe un manteau d ecarlate pourprée , fourré d'hermine. »•
ÊCUYEU-BOUCHE. — On appelait ainsi , dans la maison du roi , un écuyer oui rangeait les plats sur la table de l'office, avant qu'on les servit au roi.
ÉCUYER DE CORPS. — Vécuyer de corps était attaché spécialement à la personne du seigneur; il l'accompagnait à l'armée, portait sa bannière et poussait son cri de yuerre Brantôme, dans ses Capitaines français, parle ainsi des écuyers de corps : « J'ai oui dire à aucuns anciens capitaines que jadis , par les vieilles coutumes des batailles, les grands et premiers écuyers des rois de rranee devaient toujours être auprès d'eux, sans jamais les abandonner, et ne faire que parer aux coups que l'on portait à leurs maîtres, m
ECUYER D'HONNEUR. — Les écuyers d'honneur rappelaient ces anciens com-
pagnons dont les chefs germains aimaient
à s'entourer ; ce qui faisait dire à Tacite : « C'est la dignité, c'est la puissance d'être toujours entouré d'une nombreuse troupe de jeunes hommes d'élite ; c'est un ornement pendant la paix , un rempart à la guerre. » Pendant la paix , les écuyers d'honneur formaient le cortège du seigneur et veillaient au service intérieur du château. On appelai i aussi écuyers d'honneur ceux qui accompagnaient les dames châtelaines.
ECUYER (Grand). — Voy. Officiers