GRANDS) DE LA COURONNE
ECUYER ( Premier ). — Premier écnyer de la grande écurie, qu'on appelait ordinairement monsieur le Premier. Voy.
Maison du roi.
ECUYER (Tranchant). - Ecuyer chargé de découper les viandes à la table du roi et des grands seigneurs. Voy. Maison do roi et Table Vécuyer tranchant portait la cornette blanche du roi , lorsqu'il était en campagne, d'après Galland, dans son traité des Anciennes enseignes de France.
EDDA. — Vedda , qui est souvent citée dans l'Histoire de France, à l'occasion des Northmansetde la mythologie Scandinave, est un recueil des traditions religieuses et poétiques des Scandinaves. La mythologie que contiennent les eddas n'est pas de notre sujet. On en trouvera l'exposition dans les ouvrages de M J. J. Ampère et principalement dans ses Fragments de voyages en Suide et en Norvège.
ÊDIT. — Les édits étaient des ordonnances royales dont l'objet était spécial. Le plus célèbre est Védit de Nantes, qui, en 1598, accorda aux protestants la liberté de pratiquer leur culte, le droit de s'assembler et d'avoir des places de sûreté. Il fut révoqué par Louis XIV en 1685. (Voy. Y Histoire de l'édit de Nantes, par Benoît, et V Histoire de la révocation de l'édit de Nantes , par Rulhière. ) Le Dictionnaire de Trévoux cite comme les plus remarquables parmi les anciens édits, Védit des petites dates ( 1 552) , destiné à réprimer les abus qui se commettaient a l'occasion des bénéfices ecclésiastiques ; Védit des mires ou édit de Saint-Maure , rendu en IS67, et concernant la succesrion des enfants déférée aux mères ; Védit des secondes noces (1560) relatif aux veufs et veuves qui contractaient un second mariage, etc. Lac.
Ste-Palaye (Dict. manusc. des Antiq. fr., v» Edit) donne une liste très-étendue des anciens édiis.
EDIT DE NANTES. — Voy. Edit.
ÊGL 333
ÉDITS BURSAUX. - On appelait ainsi
les édits qui établissaient un nouvel impôt.
EDREDON. — Couvre-pied fait avec du duvet d'un oiseau du nord appelé eidsr
ou éder.
EDUCATION. — L'éducation est l'art de développer les facultés momies, intellectuelles et physiques des enfants On peut voir les divers systèmes d'éducation qu'on a suivis en France aux mots : Chevalerie , Ecoles, Inktuuction publique.
Séminaires, Université.
EFFETS CIVILS. - On appelait effets civile , dans l'ancien droit , les avantages accordés aux regnicoles par les lois civiles et politiques de l'Etat; par exemple de pouvoir intenter des actions en justice, succéder, disposer de ses biens par testament, posséder des offices et bénéfices. Les aubams (voy. ce mot) étaient incapables des effets civile.
EFFIGIE. — On exécutait autrefois les contumaces en efhgie ; on suspendait à une potence un tabieau où étaient représentes le criminel et le supplice ; au bas était écrit le motif de la condamnation. Le supplice en effigie n'avait lieu qu'en cas de condamnation capitale. On se borne aujourd'hui à afficher l'arrêt de condamnation des contumaces. — On se servait aussi d'effigie dans les funérailles. Ainsi , en 1584 , VefUgic du duc d'Anjou , frère de Henri III , fut exposée en pompe dans ses funérailles. On remarqua qu'en 1588 V effigie du duc de Joyeuse fut por tée, dans ses funérailles, honneur qui n'était dû qu'aux rois (de Thou, livre XC).
EFFOUACE. — Impôt qui se payait
par feu ou par famille.
EGARD. - Institution de l'ordre de Malte. Ou appelait égard un tribunal composé de huit chevaliers , et présidé par un délégué du grand maître. Voy. les sta tuts de Tordre de Malte publiés par Vertot à la suite de son histoire de cet ordre.
ÊGARDISE. — Ce terme s'employait dans quelques coutumes comme synonyme de jurande ou réunion des syndica d'une corporation.
EGARDS -MAITRES. — On appelait ainsi à Paris les maîtres choisis dans chaque métier pour inspecter les corporations.
ÊGIDIENS. — Monnaie frappée à Saint- Gilles en Languedoc par les comtes de Toulouse.
EGLISE. — On peut étudier V Église et
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les institutions ecclésiastiques sons plusieurs points de vue. Il a dé|à été question des relations des deux puissances temporelie et spirituelle < voy. CLftnOftj et du clergé régulier et séculier ( voy. AB- BAYE , CAHDINAUX, Cil ANolN'ES , ClEISUÉ SÉOL1ER ET RÉGl'LIEK , CONCILES , ClC.).
On trouvera plus loin le détail des cérémonies du culte ( voy. lin fs ecclésiastiques ). Je ne parlerai ici que des moiniments où se reunissent les fidèles. Les divers styles d'architecture ont été indiqués antérieurement ( voy. Auciiitectl-re), ainsi que l'origine des monuments calques sur la basilique romaine l voy. B asu.iour ) ; mais il importe de déa ire les ■diverses paities de ces -édifices, qui, au moyen âge, étaient le principal théâtre de l'activité populaire.
Les églises n'étaient pas seulement alors un lieu consacre a la prière. Les actes de vente, d'achat, de donation se passaient dans les temples et y étaient conservés ; là étaient les archives véritables de U cité. On y gardait quelquefois les foins et les biés. Tbéodulfe , eveque d'Orléans , à l'époque de tharlcraagne , le défend expressément. « Souvent, dit-il, nous voyons entasser dans les églises les blés et les foins; nous recommandons, et on dort observer avec soin de n'y garder que les vêtements ecclésiastiques . les vases sacrés et les livres. » C'était dans l'église que se rendait l'accusé assisié des douze conjurantes ou cojurateurs, qui venaient attester qu'il n'avait pu commettre le crime qu'on lui imputait; il prononçait sur 1 autel le serment par lequel il attestait son innocence Les épreuves judiciaires on ordalie (voy. Okdalik; étaient accompagnées de cérémonies religieuses et avaient quelquefois pour théâtre l'église ou le parvis qui y conduisait, l a politique se mêlait aussi aux cérémonies religieuses, Gontram s'adressait au peuple réuni dans l'église, et, après la lecture de l'Évangile, il conjurait les assistants de ne pas l'égorger comme ses frères et de lui laisser au moins le temps d'élever ses neveux. I/Église n'était pas toujours à l'abri des violences, si fréquentes aux époques barharcs et féodales. Prétextât, archevêque de Uouen, fut égorgé au pied des autels par ordre de Frédegonde. « Le grand nombre de dispositions que les capitulaires contiennent contre ceux qui commettent des meurtres dans les églises attestent su msamment la fréquence de oes meurtres »» ( Prolégomènes du cat tuluire de Notre-Dame de Paris, par M. Cuérard ). « on allait encore à l'église , dit le même auteur, pour y consulter les sorts
dans les livres saints; on y allait pour
recouvrer la santé. Les malades et les infirmes s'y faisaient transporter et souvent y restaient plusieurs mois , livres à diverses sortes de pratiques dont ils attendaient leur guérison ; ils y passaient même les nuits. » Qui ne sait le concours des fiiieles aux tombeaux des saints et leur empressement à se prosterner de>^ van t tous les nouveaux objets qu'en exposait à leur vénération? Amulon, archevêque de Lyon, reprochait, en 854, à des marchanda de reliques d'avoir recours à l'imposture par esprit de cupidité. C'est pouiquoi, dans son désir d'éclairer les ndèles. ii leur conseillait «de rester dans leurs paroisses et de s'en tenir à leurs églises , aux lieux oit ils avaient été baptisés, ou ils entendaient la messe, où ils recevaient de leurs curés la pénitence de leurs fautes , des secours dans leurs maladies et la sépulture à leur mort. » Quelquefois on célébrait des festins dans l'église. A Houen , les jours de grande fête , les fidèles prenaient part dans l'église même à uu repas donné par l'archevêque. Un concile d'Auxerre, tenu en 585, défendait les danses, les festins et les chants profanes dans les églises. Longtemps ai>rès cette époque, on y célébrait encore dos mystères ou représentations dramatiques où le sacré se mêlait au profane et était souvent travesti. Jusqu'au xv» siècle, certaines fêtes changeaient l'église on théâtre , et il fallut les efforts réitères des conciles pour détruire ces usages. L'église était donc, 8u moyen âge. le lieu ou l'aciivité du peuple se manifestait dans toute son énergie ; théâtre et tribunal, lieu de prières et déplaisir , dépôt des archives et des actes de la vie publique et privée, asile pour le malheur et quelquefois pour le crime, elle avait et devait avoir une immense popularité.
Les églises du moyen âge trop longtemps dédaignées sont depuis environ trente ans l'objet d'études approfondies et d'une admiration quelquefois excessive. On y trouve un mélange de grandeur et de bizarrerie, un ensemble imposant et sublime, et des détails souvent grotesques. Au pied de ces flèches qui s'élancent dans les airs grimacent des figures étranges, des animaux fantastiques, des monstres hideux. Quelquefois cea sculptures murales sont d'une rare perfection et d'une expression profondément religieuse. Ajoutez les vitraux colories qui répandaient une mystérieuse obscuiité, les peintures à fresque qui rappelaient aux yeux et à la pensée les histoires de l'Ancien et du
Nouveau Testament, les voûtes azurées et
semées d'étoiles d'or, et voua aurez anc idée de l'etTet magique que produisaient ces monuments grandioses sur des populations dont la foi était sincère et fervente.
Les églises se composent de parties si nombreuses et si compliquées qu'il faudrait un traité complet d'arc lu-ologio pour ne rien négliger. Je me bornerai à caractériser les parties principale'' de ces édifices. L'extérieur comprend les porches, portails, contre-forts, clochers, tours et tourelles L'intérieur, le nef, les volltxtiraua ou bas côtes, le transepts, le chœur et les cha/ielles. Les détails d'ornementation, colonnes, chapiteaux, rosaces, vitraux, rentrent dans cette classification générale. J'emprunterai beaucoup aux Instructions du comité des arts et monuments.
Extérieur des églises.
S Ier. Porche. — Le porche , dans sa forme primitive, se rattachait aux anciens rites religieux. Il formait une portion de l'église , ordinairement extérieure, destinée à mettre à l'abri des injures de l'air les catéchumènes et les pénitents, qui, dans les temps primitifs, restaient sépares de l'assemblée des fidèles. Lorsqu'on eut renoncé à ces usages, les porches devinrent inutiles et furent supprimés dans la plupart des églises, cependant on en trouve encore dans un certain nombre de monuments qui ont conservé des traces des rites anciens. Quelquefois le porche servait de tribunal. Dans ce cas, il était ordiuaire-
fFig. a.;
ment soutenu par deux colonnes, dans
la décoration desquelles il entrait presque toujours des foires de lions, comme on peut le voir dans le porche de Sa, ™
lïZn,\\Qr0ne A,« (:'e*'1 ordinareineot à la porte .les églises que l'on rendait la justice au moyen âge et que s'ac-
^«pl»^ie«cWtsi,,Kac^il1J„uq,,e..
I>e a U loi-mule hiit entre les lion* Quelquefois le porchr-tril»mal , au lieu d être appelé série portail, s'appuyait sur le porche religieux et consumât a|<„, un véritable îivanuporehe. I ejmrrhe avait dans quelques églises un caractère militaire , et était construit en avant du portail pour en défendre au besoin l'entrée, et était ordinairement garni de màchi-
£«ïiî ^. 6 mineaUX ' «7« CHATEAUX
fohts ). l e nerces eeeewl était une construction légère placée en avant de l'une des entrées de l'église pour la défendre des injures de l'air. Fnlin le porche de aecoratton, souvent fort orné et fort saillant, était ajouté en avant du portail principal ou môme de quelqu'une des portes latérales dans un simple but a ornementation, lorsque la tradition du porche primitif était depuis longtemps perdue. ° r
S II. Portails. — Les églises ont ordinairement plusieurs entrées ou portmls. Le grand portail est généralement tourne vers le couchant et accompagne de deux portes ou portails secondaires.
II était aussi d'usiige de ménauer des portails latéraux placés aux extrémités du transsepts qui >épare le chœur de la nef. Les portails ont une grande richesse d ornementation dans l'architecture gothique. Ils sont surmontés de bas-reliefs qui représentent les scènes de l'Ancien et du [Nouveau Testament, et chargés de sculptures où l'on trouve lu vie entière du moyen âge avec s*s corporations, ses légendes, ses traditions promues et religieuses. Souvent dans la p irtie inférieure les diables grimacent , et au-dessus sont représentes les plus saints personnages de la iîible et de 1 Évangile. La passion, a résurrection , le jugement dernier, la mort et Pa^sompuon de la Vierge sont les sujets que les artistes du moyen âge sculptaient de préférence sur les portails, line rosace et des galeries ornées de statues de saints , de prophètes , de rois, d'évèques surmontent ordinairement le grand poi t ni.
S III. Plein cintre; ovire. — Le portail se caractérise principalement par l'arcade qui surmonte la porte. L arcade romane est celle qui est engendrée par un seul arc de cercle ; elle présente de nombreuses variétés. Elle est générale-
Ce
KGL
ment semi-circulaire ou à nlein cintre (fig. B).
îïïffi
(Fig. B.)
Quelquefois elle forme le fer à cheval , comme a Saint-Germain des Prés.
L'arcade ogivale ou ogtve résulte de deux arcs au moins formant un angle à leur sommet. Elle est neut-être née de l'intersection des pleins cintres fflg. C).
Elle est d'abord aiguë et se combine quelquefois avec l'œil de boeuf (flg. D).
I- 'arcade à contre - cour bure est formée de deux arcs convexes placés au-dessous de la ligne des centres (fig. E).
L'arcade en anse de panier, formée d'un arc surbaissé , flan-
3uée d'arcs 'un rayon beaucoup plus court à ses deux extrémités, ne parut guère avant le xv« siècle.
> IV. Ornements du portail. — Les or-
ÉGL
nements du portail, de même que l'arcade qui le surmonte , diffèrent beaucoup suivant l'âge du monument. Au M» siècle , l'architecture romane charge les arcades des portails d'ornements tordus, ondu-
la
cbe-
vronnes
(Wg. D.) guivrés,
contre-chevronnés 3n rompus (fig. G).
Les méandres , les fleurons détaches
(Fig. F.)
les pointes de diamant , les tètes de clou, les rosettes , les becs d'oiseaux , les mas-
EGL
ques et autres objets toujours en relief,
ÉGL
(Fig. G.)
caractérisent encore cette époque (fig. H).
(Fig. H.)
lage qui abecie .ui-mème diflcretites for
Auxii'sièf oie, arrivent les enroulenients , les entrelacs , les rinceaux , les dessins courants , les feuillages , que le xnt* siècle porte à leur perfection
(fig- I).
Le portail et tous les ornements dont il est chargé sont couronnés par un (aï-
(Fig.l.)
mes. Dans l'architecture romane, il suit
ia ligne du toit et forme une construction en arête de hareng ( opus spicatum ).
Quelquefois le couronnement est crénelé.
Aux époques postérieures, le couronnement du portail, est souvent formé par une balustrade ou chéneau.
S V. Conire-forts. — Les contre-forts servent à soutenir les murailles des églises qui par leur élévation , leur étendue et le poids des voûtes ont besoin d'être étayées. Dans les anciennes églises romanes, les contre-fort* ne sont que des colonnes ou pilastres plus ou moins engagés dans la muraille (fig. J).
(Fig. J.)
L'architecture ogivale, plus élancée et plus hardie que l'architecture romane, eut besoin de multiplier les contre- forts. t est alors qu'on voil les arcs-bmitants s'ajouter au contre- fort proprement dit et former des arcades tantôt massives, tantôt élégantes, qui viennent s'appuyer aux murailles pour résister à la poussée des voûtes, l^s contre-forts et arcs-boutants furent, aux xm* et xiv* siècles, un des principaux ornements de l'architecture ogivale. Ils se terminèrent par de légers clochetons, et par des édicules avec ou sans statue (fig. K).
Celle ornementation brillante, qui contribua si puissamment à donner un caractère de hardiesse et de légèreté à l'architecture ogivale , disparut à l'époque de la renaissance , et fit place d'abord aux ornements capricieux du xvi« siècle, puis aux consoles renversées et aux autres appuis empruntés à l'architecture italienne.
S VI. Clochers ; tours; tourelles; cloches. — - Les clochers , tours et tourelles ont clé ajoutés par le christianisme a
338 EGL
la basilique rutuuiuc. Les clochers les
iFig.
plus anciens sont des tours rondes , isolées do l'église. Duus la suite ils se dé-
CFig. L.)
coupèrent en flèeheB hardies et s'élancèrent dans les uirs. Ils ne servaient pas ftouleoiuni à contenir les cloches , ils
EGL
signalaient encore de loin les monuments religieux. Le clocher principal est ordinairement plat e au point d inlersectiou de la nef, des transscpls et du chœur. Quelques église* ont trois t ui», la principale au centre, et deux secondaires aux côtés du grand portail. Il y en a quelquefois un plus grand nombre daus Um églises épiscopales ou abbatiales.
Lorsque les clochers se terminent en terrasse on les appelle tours : flèches, quand ils sont surmontés d'un toit aigu (fig. L ) ; dôme y quand le toit s*arrondit en segment si>herique ou en pyramide curviligne. On trouve encore . surtout dans les campagnes , le clocher à deux «>u quatre pignons; qui se termine par un toi ( tig. M ).
Les tours ^ X
renferment ordinairement les cloches qui servent à appeler les fidèles àl'égliseetqui, pur leurs soi.s lenis ou précipités, joyeux ou lugubres , annoncent le caractère même des cérémonies. Les cathédrales ont ordinairement une cloch<* appelée bourdon à cause de »a vibration puissante. 1/église a donné une grand'importance aux elociies qui sont comme la voix du temple.
Les tourelles reproduisent, avec des proportions moins grandes, les divers caractères des tours et clochers. I .es formes élancées , les dentelures de pierre qui ornent l'édifice, les animaux gigantesques qui couvrent les tours elles galeries , tout cet ensemble grandiose , ces détails anistement travaillés donnent aux églises du moyen âge un caractère de majesté .-t vu même temps d'originalité que les éciivain* nodernes ont reconnu et justement admire.