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plus Paris, mais uni- véritable cavermde bêles farouches , asile des meurtriers et d'assassins étrangers , ne veux-tu plus te souvenir de la dignité ? te guérir de celte frénésie , qui , pour un roi légitime , t'a d<>nné cinquante tyrans ? te voila aux fers de l'inquisition d'Kspagne , plus intolérable mille lois pour les Français nés libres que touies les morts ne le seraient pour les Espagnols. Tu endures qu'on pille tes maisons, qu'on te rançonne jusqu'au sang , qu'on massacre tes magistrats. Tu le vois et lu l'endures! tu le vois et tu l'opprouves !» L'éloquence politique a déjà du nerf et de l'éclat.
Les états généraux de i6i4 fournirent aux orateurs politiques une occasion de faire briller leurs taU-nts. On y remarqua Miron, prévôt des marchands de Paris, et Savuron, député de Clermont; mais il y eut plutôt des pensées généreuses et des vues fécondes qu'une véritable éloquence dans les discours prononcés par ces orateurs, bétournée pour longtemps de la politique par le triomphe du pouvoir absolu , l'éloquence se réfugia dans la chaire chrétienne oh elle prit tout son essor dans la se. onde moitié du xvir siècle. Les grands orateurs religieux de cette é:>oque lurent précédé^ par des écrivains m- ins connus qui eurent l'utile mission d'épurer la langue , et d'en Caire un instrument flexible et harmonieux.
Balzac est un de ceux oui y ont le plus contribué il a lui-même défini l'éloquei^ce dans un style qui prouve que la langue française était déjà formée. « L'éloquence, riil-il, ee rare privilège que les dieux ontaivordé aux hommes , corn m <• un ray>n de leur divinité, ne devrait jamais être employée que pour protéger l'innoeon. e ou p ur immortaliser la M-nu. Ceux qui ont fait une déesse delà persuasion n'avaient pas dessein de la rendre esclave du caprice des hommes:
ils savaient qu»' l'éloquence est un don «lu ciel qui ne doit jaunis être profané. 1 o [m m\ mr ipi'rll,- ;i u'extiler ou o'apais**r l<-s passions U-s plus viol, nies, riVmou<ser ios faims les plus endurcis, ne lui a pas été dom é pour s'en servir avee injustice Au contraire, «'est elle que les dieux ont choisie pour montrer au nr>nnc la justice dans tout son éclat, et pour loi donner de l'autorité C'est lVbquence qui , malgré le temps ei la vicissitude des chose», conserve la mémoire des belles actions ; c'est elle qui , malgré la deatst tion ries royaumes et des empires, per- ]>étue le souvenir des vois el des empereurs et fait voir en» or^ à U terre une iniauc de leur vertu , lorsque leurs cendre!" ne sont plus dans leurs tombeaux
et que leurs royaumes marnes ont changé
de nom. »
Je n'ai pas à parler dos orateurs religieux du xvii* siècle, des Bessuet. des Bourdaloue , des Fléchier, des Masnllon.
Tout le monde connaît leurs œuvres et cette hauteur divine a laquelle ils portèrent l'éloquencede la chaire. L'éloquence du barreau resta bien inférieure. Malgré les efforts de Paira, de d'Ablancourt et même du chancelier d'Aguesseou, elle ne s'éleva guère au-dessus de la médiocrité. L'éloquence politique ne reparut en France qu'à l'époque de la révolution.
Mirabeau , Barnave, Vergniaud et beaucoup d'autres furent des orateurs politiques éminents ; ils eurent le pouvoir de passionner et d'entralne. les assemblées; mais il est rare que leurs discours soutiennent à la lecture la réputation que le succès politique leur avait conquise: il est rare que la pureté et la beauté du stylo s'y trouvent réunis à la profondeur et à l'élévation des pensées Nous avons déjà parlé ( voy. Eloges ACAt»tisiQf es) . d'un autre genre d'éloquence, qui s'est surtout fait remarquer par la tinesso des peasées et l'élégance du siyle. Il suffît ici «l'indiquer ces questions qui sont traitées avec développement dans toutes les histoires littéraires.
ÉLOQUENCE f Chaire d' ). — T? existe des chaires d'éloquent e latine et française dans les facultés de lettres. Voy. Isstruc-