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" qui prirent part a la sédition de Bordeaux en 1675.
ENFANTS SANS SOUCI. — C'était une confrérie fort célèbre au moyen âge, et même au commencement du xvi* ,-iède.
Les enfants sans sow i furent établis sous Charles VI comme les confrères de la Passion. Il» étaient en grande vogue sous Louis XII . et Clément Alarot Ut partie de leur conlréiio jusqu'en i5i 5. d'après VHistoiredu Théâtre- Français des frères Parfait. La confrérie des enfants sans souci avait pou> chef le priw e des sots , et représentai i des sotties et des moralités.
ENFANTS TROUVES. — Dans l'antiquité, plusieurs pmules donnaient au père droit de vie et de mort sur ses cillants , et chez aucune nation on ne recueillait les enfants délaissés par leurs parents. Le ctiristianiMne a ouvert en leur faveur les premiers asiles. On plaçait ordinairement à la porte des églises des coquilles de marbre où l'un dépotait les enfants abandonnes. L'enfant ainsi recueilli à la porte du temple était élevé
Far les soins de l'archidiacre aux frais de église, à moins qu'il ne se trouvai quelque fidèle qui voulût s'en charger. Dès le vu* siècle, un évèque d'Angers fonda un hospice pour les enfants délaissés. Au x» siècle , il se forma en Bourgogne une congrégation religieuse pour les recueillir et les élever. En 1070, l'ordre du Saint-- Esprit s'établit à Montpellier dans le même but et fonda un hospice en iiso.
Marseille et Pans imitèrent cet exemple. A Paris surtout, plusieurs établissements s'organisèrent sous les noms d'hôpitaux desEnfants-Bleus , des Enfants- Rouges, d'après le vêtement que portaient le> enfants qu'on y recueillait i voy. Hôpitaux). Cependant jusqu'au xvn« sièels, malgré les arrêts multipliés des parlements, le sort des enfants trouvés était déplorable. Beaucoup restaient abandonnés sur la voie publique et y périssaient misérablement.
En 1G36 , une veuve charitanle fonda une maison de couche ; mais après sa mort les enfants qu'on y portait étaient souvent vendus a des vagabonds. Enfin, en 1638 , saint Vincent de Paul forma une association qui , grâce à son zèle , prit de vastes développements Elle se propagea dans les provinces; et les Hôtels Dieu, dotés par la charité privée et publique , reçurent un grand nombre d'enfants abandonnés.
La révolution mit au nombre des charges publiques les dépenses des enfants trouvés. Une loi de la Convention des 28 juin -8 juillet 1793 organisa les secours pour les indigents, les vieil-
lards et les enfants abandonnés. Une
autre loi du 17 décembre 1796 (27 (rimaire an v) ordonna que lys infants trouvés fussent reçus et élevés gratuitement dans tous les hospices civils de la république, feu de temps après parut un règlement qui prescrivait de faire élever ces enfants duns les campagnes par des nourrices placées sous la surveillance de l'autorité qui leur payait une indemnité. On devait ensuite placer les enfants chez des manufacturiers ou des cultivateurs pour leur faire apprendre un état. Plusieurs lois perfectionnèrent cette organisation. Un décret du 19 janvier un établit dans chaque hospice un tour destiné à recevoir le> enfants trouves, et ordonna de teuir un rentre qui devait constater l'époque préeise où ils auraient été déposés et les circonstances qui pourraient un iour les faiie reconnaître. Enfin un règlement du 6 février 1823 est entré dans les détails les plus minutieux pour l'admission des enfants dans les hospices, leur placement chez des nourrices, la mise en apprentissage, le payement des dépenses, la tutelle, la reconnaissance et la réclamation des enfants trouvés. Depuis celle époque on n'a cessé de s'occuper d'une question qui intéresse à un si haut degré la chanté et la moralité publiques. A la tin de 1847, le ministre de l'intérieur réunit une commission pour discuter les importants problèmes qui s'y rattachent et qui ne sont pas encore entièrement résolus.
ENFANTS DE CHOEUR. — Dans certaines contrées les enfants de chetur
jouissaient de privilèges garantis par les ordonnances des rois de France. Ainsi, à Romans, les petits clercs de l'église pouvaient prendre tous les fruits qui se vendaient dans la ville et le territoire avant le dernier coup de tierce et confisquer les éperons et armes que l'on portait dans les églises. C'était une espèce de police qu'ils exerçaient à leur profit 11 y avait aussi des fêtes célébrées dans les églises
{>ar les enfants de choeur, et entre autres, a iête des Innocents. Voy. Fêtes, S
ENFANTS DE FRANCE. — On nommait enfants de France les enfants et petitsenlants des rois, de l'un et l'autre sexe. Les frères et sœurs des rois portaient aussi ce titre. Mais les petit senfants de ces derniers princes n'avaient que le titre de princes du sang royal.
ENFANTS D'HONNEUR. — Jeunes gentilshommes élevés avec les princes, auxquels ils servaient de pages. Vîvonne, qui fut dans la suite générai des galères
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et marécbal de France , avait été enfant d'honmur de Louis XIV.
ENFANTS DE LANGUE. — Jeunes Français qui apprenaient dans les échelles du Levant les langues turque, arabe et grecque , pour devenir drogmans ou interprètes. C'étaient les capucins français du Levant qui étaient chargés de les instruire. La correspondance administra' tive sous le règne de Louis XIV ( t. III, p. 495-496, dans les Documents inédits de r histoire de France ) prouve que ce lut Louis XIV qui établit les enfants de langue (1670)- On envoyait de trois ans en trois ans six jeunes garçons aux couvents des capucins de Constantinople et de Smyrne.
ENFARINE. — Ce mot désignait en général les bouffons et les farceurs de bas étage ; il venait de l'usage où étaient les baladins de a'enfariner le visage pour faire rire le peuple.
ENGAGE. — Soldat qui a contracté un engagement volontaire. Voy. Recrutement.
ENGAGEMENT. — Enrôlement volontaire. Voy. Recrutement.
ENGAGEMENT DU DOMAINE. — Aliénation du domaine pour un certain temps (voy. Domainr ). — On appelait aussi engagement, une seigneurie aliénée pour un temps détermine.
ENGAGISTE. — Celui qui tenait par engagement quelques droits ou domaines du roi, ou des seigneurs particuliers.
Voy. Domaine.
ENGIN. — On appelait engin, au moyen âge, toute machine de guerre, et enyignour, celui qui les dirigeait, comme dans ces vers de Philippe Mouske :
...U bM maître Am»urt Le tir* des Eufignours.
Le sire des engignours a été dans la suite le grand maître de l'artillerie.
ENGOULE. — Terme de blason qui se dit d'une pièce ou d'une ligure dévorée par un animal. Les armes de Milan étaient un enfant engoulé que la givre ou guivre (serpent) tenait dans sa gueule.
EN G HÈLE. — Terme de blason ; il s'emploie lorsque les pièces honorables de l'écu sont bordées de petites pointes minces et délicates.
ENLEVEMENT. — L'ancien droit français punissait de mort l'enlèvement ou rapt, même lorsqu'il v avait consentement de la personne enlevée.
ENLUMINUHE. -- Ce mot est souvent pris en mauvaise part pour indiquer une mauvaise peinture. On l'applique quel-
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quefois aux miniateurs qui ornent les manuscrits du moyen âge.
ENNUICT. — Dans l'ancienne langue française, et dans plusieurs patois provinciaux, on dit ennuicl ou annuict pour aujourd'hui. Cet usage venait probablement de ce que les Gaulois et les Francs comptaient par nuit.
ENQUÊTE. - Preuve testimoniale des faits avancés dans un procès par une des pat lies. Venquête avait lieu verbalement quand les témoins étaient interrogés a 1 audience, ou par écrit quand le procès se jugeait sur pièces, l/enquéte de sang était l'enquête en matière criminelle. En général, le mot enquête signifie recherche pour arriver à la connaissance des faits: ainsi, une enquête administrative a lieu pour constater si un établissement peut être fondé sans inconvénient. Les enquêtes ministérielles s'appliquent à toutes les branches d'administration pour constater l'utilité d'une réforme. Lea chambres des députés ont (-«donné plusieurs fois dan» le même but des ertquéles parlementaires.
ENQUÊTES ( Chambre des ). - Il y avait dans les parlements une ou plusieurs ebambres des enquêtes. Yoy. Parlement.
ENQUÊTES PAU TUHBF.S. — Lorsqu'une coutume présentait un point obscur et qui ne pouvait s'expliquer que dans le pays où elle était en vigueur, des commissaires s'y transportaient et interrogeaient les habitants par turt>es , c'est à-dire par troupes de dix; chaque turbe ne comptait que pour une voix. La plupart des coutumes furent rédigées à la suite d'enque'les par turbes. Louis XIV abolit ces enquêtes par le titre xm de l'ordonnance de 1667.
ENQUÊTEURS HOYA13X. - Les enquêteurs royaux, que mentionnent les historiens de saint Louis, étaient des inspecteurs envoyés par ce prince pour surveiller la conduite des officiers royaux. Ils rappelaient les missi dominici et avaient le môme caractère. Mais l'institution des enquêteurs royaux n'eut jamais la même fixité et la même régularité que celle des missi dominici. Il n'en est plus question après le règne de s tint Louis. — D'autres officiers royuux portaient encore le nom d'enquêteurs ; tels étaient les fonctionnaires chargés de la surveillance des forêts. Du Tillet appelle le grand maître des eaux et forêts grand maitre enquêteur et général réformateur des eaux et forêts. Les commissaires du Chàtelel prenaient aussi le titre de commissaires examinateurs et ENQUÊTEURS.
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ENREGISTREMENT. — Avant le règne geuses pour la France. Ils arrêtèrent soude saint Louis, il n'est pas question de vent la royauté dans ses prétentions au registres sur lesquels on inscrivît les or- despotisme', et opposèrent uue barrière dounances des rois ou les arrêts des tri- salutaire aux dépenses excessives qu'enbunaux. On lesécrivait sur des parchemins courageaient les favoris. Mais les parlcque l'on roulait. Lorsqu'on voulait donner ments abusèrent trop souvent de leurs à un acte un caractère d'authenticité, on privilèges et entravèrent les réformes les ne disait pas qu'il avait été enregistré, pins utiles. Ils résistèrent à Yenregistremais qu'il avait été déposé entre les actes ment dcl'édit deMoulins (156G) et de l'édit publics ( depositus inter acta publica ). de Nantes ( 1 598), et provoquèrent par une Etienne Boileau , prévôt de Paris sous violente opposition les troubles de la saint Louis, fut le premier qui fit écrire Fronde; aussi Louis XIV leur enleva-trii en cahiers les actes de sa juridiction ; le droit de faire des remontrances, avant d'autres suivirent cet exemple. Le parle- d'enregistrer les lois, par sa déclaration ment de Paris, peu de temps après son or- du 24 février 1673. Condamné au silence , ganisation, au commencement du xiv» siè- jusqu'à la fin du règne de Loui3 XIV, le cle ( voy. Parlement ) , fit dresser un parlement s'en vengea en cassant le testaregistre des ordonnances royales qui de- ment du grand roi ; il reprit alors tous vaient servir de règle à «es jugements, ses privilèges , et s'en servit pendant On lisait l'ordonnance en présence de la le xviii" siècle pour agiter la France, et cour, et ensuite on l'inscrivait sur les re- faire naître dans les esprits un besoin de
Sistres. Dès Tannée 1336, on trouve au bas liberté qu'il ne pouvait ni ne voulait satis- 'une ordonnance de Philippe de Valois : faire. On vit à cette époque se multiplier Lu par la chambre et enregistré par la entre le parlement et la royauté des lutcour de parlement y dans le livre des or- tes qui contribuèrent a préparer la révodonnances royales ( Lecta per cameram , lution française ( voy. Pahlement). registrata per curiam parliamenti in Les édits s'enregistraient dans diffé-
L'enregistrement était, dans l'origine, relatifs aux impôts ordinaires et au doune simple formalité qui constatait que le maine, devaient être enregistrés par le parlement avait pris connaissance de l'or- parlement et la chambre des comptes ; les donnance du roi, et l'avait consignée sur édits concernant les dépenses extraordises registres pour v conformer ses arrêts, naires s'enregistraient à la chambre des Mais , au milieu de l'anarchie des pre- comptes et à la cour des aides mières années du xv* siècle , le parlement
devenu permanent, prétendit qu'il avait ENREGISTREMENT (Droit d'). — On
le droit de refuser 1 enregistrement d'uno appelle, dans les institutions modernes,
ordonnance royale, et de la frapper ainsi enregistrement, un impôt que l'on paye
de nullité en n'en tenant aucun compte pour tous les actes soumis à l'inscription
dans ses arrêts. En H62 , le parlement de sur des registres publics. Il date du règne
Paris refusa d'enregistrer un don fait par de François Ier qui, en 1539, prescrivit
Louis XI, au comte do Tancarville; il Y enregistrement pour les ventes et suc-
fallut un ordre exprès du roi pour l'y con- cessions immobilières. Dans la suite,
traindre. Dans la suite, toutes les fois que la fiscalité étendit le droit d'enregistre-
Ja royauté rencontra dans le parlement ment aux actes notariés , aux actes des
quelque résistance à ses volontés , elle en huissiers , etc. La révolution a réuni tous
triompha par une ordonnance spéciale, et les droits particuliers d'enregistrement
ulors,enmentionnantl'enregistrement,on en un seul impôt, qui forme encore au-
ajoutait cette formule : Du très-exprès jourd'hui une des principales branches du
commandement du roi. Les rois tinrent, revenu public. I,es lois du 27 mai 1799
pour le même motif, des lits de justice où (22 frimaire an vu), du 14 août 1793,
ils faisaient enregistrer leurs ordonnan- et surtout du 12 décembre 1798, organi-
ces en leur présence (voy. Lit dc Jus- sèrent l'administration de Yenregutre-
tice ). ment. Jusqu'en l'an ix (1801) elle fut con-
Le droit de remontrances était étroite- fiée à douze régisseurs. En 1801, un dirce-
ment lié à celui d'enregistrement. Les tour général remplaça les régisseurs, et
parlements, avant de céder à l'ordre d'en- c'est encore aujourd'hui un directeur gé-
reaUtrement, exposaient au roi les con- néral qui, sous les ordres du ministre des
sidérations qui les engageaient à s'opposer finances, est préposé à la direction de
à l'ordonnance. Quoique cet usage ne Yenregistrement. Il a au-dessous de lui
puisse pas plus se justifier historiquement un grand nombre de fonctionnaires, re-
uue le droit, d'enregistrement, ils eurent ceveurs, vérificateurs , inspecteurs , di-
Fun et l'autre des conséquences avanta- recteurs , qui relèvent du ministère des
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finances. 11 y a des receveurs dans les chefs-lieux de département, d'arrondissement et de canton, l es vérificateurs et inspecteurs sont charges d* contrôler et de snrveiller les comptes des receveurs. Enfin, au chef-lieu du département, réside le directeur qui embrasse toute l'administration du département , et correspond avec l'autorité centrale Les actes de transmission de propriété, d'usufruit ou de jouissance de biens meubles ou immeubles, les obligations^ liquidations, libérations, baux, marches, contrats de vente, actes judiciaires, sont soumis au droit & enregistrement,
ENROLEMENT. — Ce mot s'appliquait surtout aux engagements volontaires qui , dans l'ancienne organisation militaire de la France, étaient le principal mode de recrutement de.l' armée. Voy. Recrutement.
ENSàISINEMENT - Ce terme de l'ancien droit français indiquait la mise en possession de l'acquéreur d'un domaine tenu en roture. Le seigneur de qui relevait ce domaine donnait Yensaisinement ou investiture sur l'exhibition du contrat d'acquisition. L'acte d'e7isaisinement se metlait à la marge du contrat. Primitivement il fallait que le vendeur se fut dessaisi entre les mains du seigneur (ce qu'on appelait devest), avant que le suzerain accordât à l'acquéreur Venmisinement, qu'on appelait vest. 11 y avait emaisinement pour des contrats de rente, aussi bien que pour des contrats d'acquisition.
ENSEIGNE. — On appelait eneeiqne , dans l'ancienne organisation militaire , l'officier d'infanterie qui portait lo drapeau ou enseigne. Dans la cavalerie, l'officier qui portait l'étendard , se nommait cornette.
ENSEIGNE. — Officier de marine qui vient immédiatement après le lieutenant de vaisseau ; il tire son nom de ce que , dans l'origine, il était chargé de protéger, en cas de combat, l'enseigne ou pavillon de poupe. Ce pavillon, place à l'arrière du vaisseau , marque à quelle nation le navire appartient.
ENSEIGNEMENT MUTUEL. — Méthode d'enseignement oh une partie des leçons est donnée par les élèves les plus instruits qu'on nomme moniteurs. L'enseignement mutuel, qu'on appelle aussi méthode lancaslrienne, du nom de l'Anglais Lancaster qui l'avait popularisée dans son pays, a eu une grande réputation en France sous la restauration. Il y eut alors près de doux mille écoles d'enseignement mutuel. Mais la vogue de cette méthode
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ne s'est pas soutenue , et l'enseignement mutuel n'est conservé aujourd'hui que dans un petit nombre d'établissements.
ENSF.1GNEMF.NT PRIMAIRE, SECON- DAIRE, SUPÉRIEUR. — Voy. Isstrlctiox rUBLlQUK.
ENSEIGNES. — Drapeaux d'infanterie et de cavalerie. Voy. Armes db France et Bannière. — Il existe nn traité spécial des anciennes enseignes de France par Galland.
ENSEIGNES. - L'usage de mettre des enseignes aux maisons remonte à- une époque très- reculée ; beaucoup de rues en ont tiré leur nom. La rue de la Harpe, à Paris , a été ainsi appelée , parce qu'une maison de cette rue avait une harpe pour enseigne ; la rue de la Truie qui fi le , et beaucoup d'autres , viennent des enseignes plus ou moins bizarres suspendues aux portes des maisons. Les enseignes étaient le seul moyen de distinguer les maisons avant qu'on eût adopté des numéros; ce qui n'eut lieu qu'à la fin du xvi ii« siècle.
ENSORCELLEMENT. —Maléfice jeté sur une personne ou un objet. Voy. Superstitions.
ENTERINEMENT. — L'entérinement , disent les glossaires de droit, est une vérification a laquelle sont soumis certains actes devant l autorité judiciaire, afin de les rendre, parcelle formalité, entiers , et d'en assurer la pleine exécution. On entérine encore aujourd'hui, dans les cours d'appel , les lettres de grâce ou de commutation de peine Les parlements entérinaient autrefois presque tous les actes émanant de la chancellerie.
ENTERREMENT. -Voy. FUNÉRAILLES.
ENTERRER VIF. — Le supplice d'enterrer vif a été quelquefois usité en France. On en trouve encore des exemples au xv" siècle. Voy. Supplices.
ENTR'ACTB. — On appelait primitivement en tr'acte, un ballet ou un morceau de musique qu'on exécutait entre deux actes, pour donner aux comédiens le temps de changer de costume. Dans la suite, on a appelé entracte , l'intervalle pennant lequel est suspendue la représentation pour le changement de décors.
ENTRAGE. — Terme des anciennes coutumes pour désigner l'entrée en jouissance.
ENTRE-COURS. — Droit qu'avaient les serfs au moyen âge d'aller s'établir dans une seigneurie voisine. LVn/re-cours
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était l'opposé du droit de suite on de poursuite , en vertu duquel le seigneur poursuivait ses serfs sur les terres des autres seigneurs (voy. Serfs). — On appelait aussi entre-cours, le droit qu'avaieni les bourgeois d'aller s'établir d'une ville dans une autre.
ENTRÉE. — Droit que payent certai nés denrées , et principalement les boissons, en entrant dans les villes. Yoy. Impôt.
ENTRÉES. — Droit qu'avaient certaines personnes , en vertu de leur naissance ou de leurs fonctions, d'entrer dans les appartements royaux. Il y avait les grandes et les petites entrées.\oy. Etiquette, $ III.
ENTRÉES DES ROIS. — Les entrées des rois et des reines , des princes et ambassadeurs, étaient autrefois l'occasion de cérémonies dont les historiens nous ont laissé une description minutieuse. Il était d'usage que les principaux habitants vinssent les recevoir à la porte do la ville. Ils leur offraient les clefs, du vin , des épicéa et d'autres présents. Le clergé se rendait aussi processionnellement au-devant du souverain. Puis le roi se plaçait sous un dais et faisait son entrée solennelle au milieu des acclamations du peuple qui criait Noëll Noëll Les villes qui recevaient le roi lui payaient primitivement un droit de gile ( voy. Gîte >. Lorsque les rois faisaient leur entrée dans une ville qu'ils venuient châtier, c'était par la brèche qu'il* y pénétraient, et les notables bourgeois , pieds nus, venaient se pt osterneT et crier merci sur leur passage.-
L'usaue des entrées solennelles remonte à une époque fort aucienne. Saint Victrice, archevêque de Kouen au tv« siècle, écrivait : « si quelque prince visitait notre ville , on verrait les maisons s'orner de guirlandes de fleurs , les femmes couvrir les toits, le peuple se précipiter aux portes, et les citoyens de tout âge célébrer les louanges et les exploits du prince. » Les romans de chevalerie cités par Lacurne Sainte-Palave ( v° Entrées ) parlent aussi des réceptions pompeuses faites aux rois et aux princes. Le même écrivain a réuni avec soin les récits des historiens relatifs aux entrées des rois. Comme ils ont beaucoup de ressemblance, je nie bornerai à cher le récii de Vent'ée de Charles VII à Caen ( U50 ) ; il est tiré de Monstrelet : « Au devant du roi , hors de la ville , vint le comte de bunois , qui amena les bourgeois de ladite ville en grande multitude, lesquels , après qu'ils eurent fait la révérence au roi, lui présentèrent les clefs , et il les reçut trèa-
ENT ihS
hénignement. Après ce Tinrent les gens d'En lise revêtus à processions, ainsi qu'il est de coutume en tel cas de faire: puis il entra en ladite ville , et y avait quatre gentilshommes portant un ciel (dais) sur lui, et étaient toutes les rues par où il passait tendues et couvertes à ciel grandement, èsquelles y avait grand foison de peuple criant Noël! et ainsi chevaucha ledit roi jusque devant la grande église Saint-Pierre, et descendit à la porte pour aller faire son oraison, m
BNTRKMETS. — On appelait entremets, au moyen âge , des spectacles qu'on don nait entre les mets ou service» d'un festin. Le Grand d'Aussv, dans son Histoire de la vis privée des Français , donne des détails très-curieux sur cet usage. « Le premier de ces spectacles, dit il, ni partie du banquet qu'en 1 378 Cnarles Y donna dans la grande salle du palais à l'empereur Charles IV son oncle. Il y eut au repas un entremet* qui représenta la conquête de Jérusalem par <>odefroi de Bouillon. Le premier acte offrit uu vaisseau, joliment peint, ayant châtel devant et derrière , ei garni de ses mils, voiles et autres agrès, comme un navire prêt à sortir du port. C'était le vaisseau commandant de la flotte des croisés. Les gens qui formatent l'équipage portaient sur leur orne d'armes , sur leur écu et leur bannière, les armes de Jérusalem et celles de Godet roi. Doute d'entre eux représentaient les douze principaux capitaines de la croisade. Sur le devant on voyait Pierre l'Hermiie , en habit de reclus. Le vaisseau partit, au moyen de certaines machines que mirent en jeu des hommes cachés dans l'intérieur. 11 fit un demi-cercle , et vint , du coté droit de la salle , au côté gauche. I.à était la seconde décoration qui formait le second acte.
Elle représentait la ville et le temple de Jérusalem, l'une avec ses murs garnis de tours et de créneaux , l'autre avec une tour fort haute , du sommet de 'laquelle un Sarrasin appelait, en langue arabe, le peuple à la prière. Les gens du navire mirent pied à terre et tirent leur attaque. Ceux de la ville montèrent sur les murailles pour la défendre Pendant quelque temps ils y soutinrent le combat et renversèrent même plusieurs échelles chargées de chrétiens. Mais entiu ceux-ci triomphèrent et arborèrent sur les murs la bannière de Godefroi , et en précipitèrent les Sarrasins.» Froissai t décrit un pareil spectacle donné, en 1 389, aux noces de Charles VI et d'Isabeau de Bavière.
Lorsque les ambassadeurs de l ad slas d'Autriche vinrent demauder à Charles VU
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sa fille en mariage pour leur maître , le comte de Foix donna un festin magnifique accompagné de plusieurs entremets.
11 y en eut cinq : i° Un château carré qui, dans chacun de ses angles, avait une tourelle, et, dans le milieu de son enceinte , une grosse tour à donjon avec quatre fenêtres. Des enfants , placés aux tourelles . y chantèrent des vers composés pour la fête. Le donjon de la grosse tour portait la bannière, l'écusson et la devise du roi ; à chacune des fenêtres, il y avait une jeune demoiselle, très-richement parée et d'une figure très-agréable. 2° Une machine en forme de tigre; au cou de Tanimal pendaient les armes du roi. Il vomissait du feu par la bouche, et fut apporté par six hommes habillés à la béarnaise. Ils dansèrent une danse de leur paya qu'on trouva fort plaisante.
30 Une grande montagne, qu'apportèrent de même vingt- quatre hommes , et de la-
auelle découlaient deux ruisseaux, l'un 'eau de rose, l'autre d'eau musquée.
Quand elle fut en place, on en vit sortir des lapins et différents oiseaux vivants, puis quatre enfants sauvages et une jeune sauvagesse qui dansèrent ensemble une danse moresque. 4° Un écuyer monté sur un cheval automate. U exécuta , sur cette machine, toutes les évolutions et mouvements qu'il eût pu faire avec un cheval véritable. Après cet exercice, il alla présenter au roi un petit jardin fait en cire, qu'il tenait en main , et, au moment qu'il le présenta, le jardin produisit tout à coup différentes fleurs. 5° Enfin un navire dans lequel était un paon vivant. L'oiseau portait au cou les armes de la reine, et, tout autour du vaisseau , flottaient des banderoles aux armes des différentes dames et princesses de la cour qui étaient du festin. Voy. Le Grand d'Aussy, Histoire de la vie privée des Français.
ENTREPOSEUR. — On nomme entreposeur la personne chargée de la vente des. tabacs déposés dans un entrepôt.
ENTREPOT. — Les entrepôts sont des magasins oh l'on dépose provisoirement une denrée jusqu'à ce qu'elle ait reçu sa destination définitive. La loi distingue t l'entrepôt réel qui estfourni par une ville à l'administration des douanes, et l'entrepôt fictif, magasin particulier où la douane a toujours accès. Le négociant qui dépose des marchandises dans un entrepôt fictif, s'engage a les représenter dès qu'il en sera requis. Enfin, il y a des entrepôts spéciaux à Strasbourg, fîravelines, Calais, Boulogne, Dieppe, Fécamp, Cherbourg, Saint-Malo, Morlaix et Roscoff. Le gouvernement vient d'établir
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à Paris des entrepôts nommés docks.
dont l'institution est empruntée à l'Angleterre. Voy. Warrant.
Les entrepôts de tabacs sont les magasins qui reçoivent les tabacs fabriqués dans les manufactures nationales ; il y en a trois cent cinquante-sept qui fournissent aux débits dans un rayon qui correspond à peu près à celui des arrondissements de 6ous-préfecture. La plupart des entrepôts de tabac sont réunie aux recettes principales ou particulières des contributions indirectes.
ENTREPRISE. — En termes de coutume, entreprise était la jKjnrsuite ou "continuation d'un ouvrage malgré la clameur de haro. On appelait aussi entreprise un ouvrage fait par des compagnons d'an métier au détriment du maître, auquel seul appartenait le droit de l'exécuter.
ENTRESOL (club ou société de).— Société littéraire tonnée vers 1720 parl'abbé Alary Elle tira son nom du lieu où se réunissaient les membres de cette société : c'était Ventresol de l'hôtel du président Hénault. Les principaux membres étaient l'abbé Alary, l'abbé de Saint-Pierre, le marquis d'Argenson, etc. Comme on y traitait de matières politiques, le cardinal de Fleury s'inquiéta desréunionsde V Entresol elles fit supprimer en 17Si. Voy. pour les détails les Mémoires du marquis d'Araenson publiés par la Société d'hist. de France, 1. 1, p. 9i et suiv.
ENTREVUES. — Les entrevues des grands et des rois avaient lieu , au moyen âge , avec des précautions que les mœurs de ces temps rendaient indispensables. On élevait des barrières entre lee deux escortes, et ce n'était pas sans danger qu'on les franchissait. Jean sans Peur fut assassiné sur le pont de Montereau (i4i9), dès qu'il eut franchi la barrière qui le séparait du dauphin.
ENVOUTEMENT. — Espèce de maléfice usité en France aux xtv, xve et xvi* siècles. U consistait à fabriquer une image de cire représentant la personne qu'on voulait cm où in- ; on la plaçait sur l'autel pendant la messe et ou la perçait au cœur avec une aiguille. On se persuadait que le maléfice devait foire périr la personne que cette image représentait. Robert d'Artois fut accusé, en 1333, d'avoir voulu enrouler Philippe de Valois et sa famille. Lancelot, dont on a, dans les mémoire* de l'Académie des inscriptions et belleslettres ( t. X , p. 626-650 ) . une disserta tion spéciale sur Robert a'Artois, donne sur ce point les détails suivants: «Dans le courantd'octobre 1333, Robert avait appelé