‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 195 sur 300 · G0 EH · texte numérisé non relu

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vreuils, so place sur un terirc pour les attendre au passade, en tue un, le dépose sur une pierre plate . en exprime le sang en le chargeant de pierres , et, lorsque la chair est mortifiée, il la couvre de cette poudre d'épices nue portaient toujours les chevaliers en quête d'aventures.

ÉPICIER DU KOI. — Parmi les offic de la maison du roi , il y en avait un spécialement chargé de la confection des épicéa, et qui, pour ce motif, portait le litre i'épicier du roi.

EPICIEUS. - Les épiciers formaient une des plus anciennes corporations de la France ; elle comprenait dans l'origine les apothicaires. Voy. Corporation.

ÉPIDÉMIE. — Mal contagieuxqui affecte dans un môme temps, et en un môme Heu , un grand nombre de personnes. La France a été autrefois ravagée par de nombreuses épidémie», entre lesquelles on signale la peste noire de i 348, qui enleva, dit Froissait, la tierce partie du monde. De nos jours , le choléra qui a sévi en 1 832 et en 1848 , n*a pas été moins funeste que les épidémies du moyeu àgc.

ÉPIEU. — C'était, au moyen àgc, une arme de guerre garnie d'un fer large et acéré. Dans la suite, on ne se servit de l'epieu que pour la chasse.

ÊPIGKAMME. — Genre de poésie satirique qui fut cultivé avec beaucoup de succès, dès le xvi« siècle, par Clément Marot. Pendant longtemps on employa le mot épigramme dans le même sens qu'eptgraphe , pour indiquer une inscription mise sur une maison ou un ouvrage.

ÉPINETTE (Fête de 1' ). — La féte ds l'Épi nette se célébrait autrefois a Lille avec une grande pompe. Le mardi gras de chaque année, on élisait un roi pour présider à cette solennité Le premier dimanche de carême, le roi de l'Epinette se rendait avec un nombreux cortège à la place où devait se célébrer le tournoi. Les champions joutaient à la lance, et le vainqueur recevait un épervier for. Les quatre jours suivants, le roi de l'Epinette, les jouteurs, et surtout le chevalier victorieux, devaient se trouver au lieu du combat pour rompre des lances contre tous ceux qui se présenteraient. En i4i6, Jean sans Peur, duc de Bourgogne , assista à cette féte; Louis XI et Philippe le Bon s'y trouvèrent aussi en 1464.

EPINGLES. — On prétend que les premières épingles furent fabriquées en Angleterre vers if>43, et qu'antérieurement on se servait de brochettes de bois. Cependaut Eustache des Chumps , poète qui

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vivait sous Charles VI, parle d'épingles dorées employées de son temps pour la toilette des dames. I a ville de l'Aigle Orne) est depuis longtemps renommée pour ses fabriques d'épingles. — Ce mot a été employé, à une époque ancienne, pour indiquer le présent qu'on faisaiiaux filles ou aux femmes, lorsqu'elles avaient rendu quelques services ou lorsque Ton concluait un marché. L'abbé Lebœuf rapporte, dans son Histoire civile d Auxerre , qu'en i,i cette ville envoya à Jacqueline d'Aillv une grande quantité de vin pour ses épingles. On se sert encore maintenant du mot. épingles pour designer un présent.

ÉPINGL1EKS. — Corporation des fabricants d'épingles. Voy. Corporation.

EPIPHANIE. — Ce mot, qui signifie en giec apparition, désigne la fèie instituée à l'occasion de l'adoration des rois mages. Le pape Jules l«r, qui occupa le trône pontifical de 337 à 35'2, est le premier qui ait séparé la fête de ['Epiphanie de celle de la Nativité , et qui en ait fixé le jour. D'après les anciens rituels, cette fête se célébrait avec une grande pompe et un appareil scénique. On y voyait lès rois niâmes guidés par l'étoile se diriger vers Bethléem et offrir de riches présents à l'enfant Jésus.

ÊPISCOPAT. — Dignité des évèques.

Voy. Evéques.

ÊPISCOPAT DES ENFANTS. - Il existait autrefois dans les églises une fête oh un des enfants de cheeur remplissait les fonctions d'évèque ( voy. Fi n>. S lrr Le concile de Sal/bourg, en U7L d. ■fendit de célébrer celte fête dans les églises , dans le cas oh ceux qui devaient y prendre part auraient plus de seize ans.

ÉPITAPHE. — Inscription mise sur les tombeaux. Une des plus anciennes épitaphes citées dans notre histoire est l'epitaphe latine de Pépin le Bref, dont voici la traduction :

Ci-git Pépin , père de Charlemagne.

EPITHÉTES. — L'usage de d. par une épithète ou surnom les principaux rois de France remonte à une < ; >rt ancienne. Dans l'origine ces éjnth i avaient, suivant Pasquier ( Recherches , livre VI), une valeur historique, rois, dit cet écrivain , en jouissaient lors par la voix commune du peuple, en bien ou eu mal faisant . et dura cela jusques à Philippe de Valois. ». A partir de e époque , les épithft' s appliquées aux. rois ne furent plus, d'après le même e< vain , que des inventions <le la flatterie. «Bien dirai-je, ajoute Pasquier, que

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quand par flatterie , nous voulûmes honorer leurs mémoires, les affaires de notre France ne s'en sont pas mieux portées. »•

EPITOGE. — Morceau d'étoffe garni

d'hermine que les magistrats et les membres des universités portent sur l'épaule. Vépitoge était autrefois une parue du chaperon et se plaçaii sur la tète dans les cérémonies. Voy. Chaperon.

ÊPITRE DÊDICATOIRE. — Epltre placée en tète d'un ouvrage pour le dédier à quelque personnage. L'usage des épilres deàicatoires était très-commun au xvii" siècle. Les auteurs les plus éminents,et entre autres I*. Corneille, s'y sont soumis. Certains écrivains ont trouve le moyen de flatter ingénieusement leurs patrons dans ces épures, qui ne sont trop souvent que de basses flatteries. On peut citer comme un modèle Vépltre dédicaioire placée par Racine en tête de sa tragédied'il/ezandreet adressée à Louis XIV. Ce roi était alors dans tout l'éclat de la jeunesse et de la force. Mais, au lieu de céder à l'ardeur de l'âge et de tenter des conquêtes lointaines, il ne s'occupait que de reformes administratives. Les nuances, le commerce, l'industrie , les lois étaient l'objet de ses soins. En un mot Louis XIV commençait comme Auguste avait fini.

C'est ce que Racine fait habilement ressortir dans son épitre dédicatêire. « Il n'est pas étonnant, dirait-il à Louis XIV, de voir un jeune homme gagner des batailles , de le voir mettre le teu par toute la terre. Il n'est pas impossible que la jeunesse et la fortune l'emportent victorieux jusqu'au fond des Indes. L'histoire est pleine déjeunes conquérants; et l'on sa;t avec quelle ardeur Votre Majesté ellemême a cherché les occasions de se signaler dans un âge oh Alexandre ne faisait encore que pleurer sur les victoires de s<ui père. Mais elle me permettra de lui dire que , devant elle , on n'a point vu de roi, qui , à l'âge d'Alexandre, ail l'ait paraître la conduite d'Auguste ; qui , sans s'éloigner presque du centre de son royaume , ait répandu sa lumière jusqu'au bout du monde , et qui ait commencé sa carrière par où les plus grands princes oui tâché d'achever la leur, m

ÉPITRES FARCIES. — Pièces bouffonnes mélangées de latin et de français; elles étaient d'usage dans certaines fèies burlesques , comme h fête des fous , la [été de l'âne, etc. Yoy. Fêtes , S W*

ÉP1ZOOTIE. — Maladie contagieuse qui frappe les animaux. Plusieurs règlements de police, qui remontent au xYiiy siècle,

ont prescrit les mesures à prendre en cas d'épizootie. Ils ordonnent , etare titres précautions, la visite nés animaux malades par des experts vétérinaires, leur séparation de tous les autres animaux , etc.

EPOPEE. — Genre de poésie consacré I chanter les exploits ues héros. Vey.

Poésie.

EPOUSAILLES. — On appelait ainsi la

cérémonie qui se faisait à l'église pour la célébration d'un mariage. Voy. Mariage. — Dans plusieurs provinces, il était d'usage que les souverains à leur avènement lissent la cérémonie dese'pousailles. Olivier de La Marche raconte que l'abbé de Sainte-Bénigne de Dijon remettait au duc de Bourgogne un anneau comme signe des épousailles avec sa duché. Il en était de même en Normandie.

Tout le monde connaît le mariage des doges avec la mer, dans laquelle ils jetaient un anneau.

ÉPREUVES. — Les épreuves , qu'on appelait aussi jugement de Dieu ou ordalie étaient, au moyen âge, un moyen fréquemment employé pour décider de la vérité ou de la fausseté d'une accusation criminelle. Voy. Ordalie.

EQUILIBRE EUROPÉEN. - Système qui a pris naissance à la tin du xv* siècle et qui consiste à balancer les forces des Etats entre eux, de telle sorte que les petits États ne soient pas absorbés par les grandes puissances. Voy. Relations extérieures, x

ÉQUESTRE (Statue). — Statue qui représente un personnage à cheval. On n'élevait de statues équestres qu'aux princes qui avaient régné. Parmi les statues équestres que possédait la France avant la révolution, on citait surtout la statue de Henri IV sur le pont Neuf, par Jean de Boulogne; celle de Louis XIII, sur la place Royale, par Daniel de Vol terra ; celle de Louis XIV par Girardon à la place des Victoires; celle de Louis XV parBouehardon sur la place appelée successive tuent place Louis AT, place de la Révolution et place de la Concorde, quelquefois la dédicace des statues équestres était accompagnée de pompeuses cérémonies.

L'inauguration de la statue de Louis XIV sur la place des Victoires alla jusqu à l'idolâtrie. «J'y étais, dit Saint-Simon, et je conclus par les bassesses , dont je fus témoin, que, s'il avait voulu se faire adorer, il aurait trouvé des adorateurs. »• ÉQUIPAGE. - On comprend sous ce nom tout ce qui est nécessaire pour un voyage , une expédition , valets, chevaux.

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carrosses, habits , armes, etc. Le luxe des équipage* date principalement du xvi« siècle. Avant cette époque , il ne consistait

Suère que dans la beauté des chevaux et ans la solidité et l'éclat des armures. Les Mémoires d'olivier de La Marche attestent que i'c genre de luxe avait été porte très-loin à h» cour des ducs de Bourgogne, parlant du sire de Lalaing aux joutes ae 1445, cet historien dit que son cheval était couvert de damas gris; il était i-uiri de quatre chevaux, ornes de velours noir chargé d'orfèvrerie d»rée et argentée; «• et avaient les dits chevaux , ajoute Olivier de La Marche, chanfieins d'argent (voy. Chanfuein ), dont issait (sortait) une longue corne, tenant au front à manière de licornes, et furent iuelles ornées d'or et d'argent. » A l'entrée de Louis XI à Paris, en 1461 , les seigneurs qui l'accompagnaient déployèrent une grande magnificence dans leurs équipages. « Pour honneur lui faire , en ladite entrée , dit le chroniqueur Jean de Troyes , avaient de moult belles et riches noussures dont leurs chevaux étaient couverts, lesquelles houssiires étaient de diverses sortes et façons, et étaient les unes d'icclles de tin drap d'or, fourrées de martre zibeline, les autres de velours, fourrées d'hermine, de drap de damas, d'orfèvrerie , etc. »

Au xvi* siècle , les princes et même les seigneurs commencèrent à se faire suivre par des mulets chargés de leurs équipages. L'amiral Bonuivet, un des favoris de François l«r se fit surtout remarquer par ce luxe. « J'ai ouï dire, raconte Brantôme dans ses Capitaines français, à un milord que, quand l'amiral Bonnivelalla en Angleterre p«<ur jurer une paix avec le roi, il alla très -grandement et magnifiquement accompagné. Entre antres somptuosités, il avait vingt-cinq mulets de coffres harnachés très-superbement et les couvertes de velours cramoisi , avec ses armes, tout en broderie d'or et d'argent, que le roi d'Angleterre et sa cour admirèrent fort. Aussi quelle dépense est impossible à un favori de roi, ainsi qu'aNons vu de nos temps de même ( règne de Henri III), et cent fois plus? Feu M. le cardinal de Lorraine, quand il alla à Bruxelles jurer la paix avec le roi d'Es-

Eagne, avait trente mulets de coffres aussi ien harnachés et les couvertes de velours cramoisi, avec ses armoiries d'or et d'argent, et avec le grand chapeau de cardinal, tout en broderie. » Ce luxe d'équipages , emprunté en grande partie à l'Italie, nefltque s'accroiire au xvn«siècle. On voit dans les Mémoires de Mademoiselle qu'elle était toujours suivie dans ses voyages d'un grand nombre de mu-

lets qui portaient ses bagages. Cet attirail s'explique encore par l'usage où l'on était a celte époque de démeubler les châteaux royaux pendant l'hiver; il fallait chaque fois qu'on allait les habiter y transporter les meubles, le linge, les tapisseries, etc. Lorsqu'en 1659 6 janvier ), la cour quitta subitement et clandestinement Paris pour se retirer à Saint-Germain, on trouva le château démeublé, et, comme on n'avait pu se faire suivre des bagages ordinaires , la plupart des seigneurs couchèrent sur la paille.

ÉQUIPAGES. — Marins employés au service d'un -vaisseau. Voy. Marins.

ÉQUIPAGES DE LIT. NE. — On donna ce nom en 1825 à des corps de marins destinés à faire le service militaire à bord des bâtiments de l'État. L'organisation de ces corps a été modifiée par plusieurs ordonnances subséquentes.

ÈRE.— Ce terme de chronologie désigne une époque principale à laquelle on rapporte toutes les autres. L'ère chrétienne , dont se servent tous les peuples européens, ne fui introduite en France qu'au vin* siècle, et même avant Hugues Capet elle ne fut pas d'un usage général dans les chartes royales. On la désigna dans la suite par ces formules : An de grâce , de la nativité, de la circoncision, dt l'incarnation. On a tenté, en 1793, d'introduire une ère nouvelle ou ère républicaine, qui commençait au 22 septembre 1792 et qui a duré jusqu'au i«r janvier 1806. Voy. Année.

ERMITES. — Solitaires qui se reliraient

dans des lieux déserts pour s'y livrer à la prière. Il y en avait en France dès le iv siècle, et il en existe encore aujourd'hui. Un arrêt du 17 février 1633 les déclarait inhabiles à hériter. Les membres de certains ordres religieux, comme les caraaldules, les hiéronvmites, les augustins, prenaient le litre d'ermites.

ERMITES DE SAINT-JEAN. - Il y avait en France un ordre des ermites de Saint- Jean, au xiii" siècle. On a un aete par letruel le général de cet ordre s'oblige à faire dire tous les jours trois messes poui Alphonse comte de Poitiers et de Toulouse, pour la comtesse Jeanne sa femme et pour leurs pères et mères. Voy. Hélyot , t. IV, chap. XL.

ERMITES DE SAINT-PAUL. —Ces moines sont encore désignés sous le nom Ae frères de la mort.

ESCABEAU ou ESCABELLE. — Petit siège de bois carré dont on se servait autrefois pour s'asseoir à table.

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ESCADRE. — Subdivision d'une armée navale. Voy. Marine.

ESCADRON. — Corps de cavalerie, subdivision du régiment. Voy. Organisation militaire.

ESCAFFIGNONS. — Les esmffignons étaient des chaussures du temps de Char* les Vi ; elles emboitaient les pieds et le bas de la jambe , sans être laceea ni retenues avec des boutons ou des boucles.

Elles ne couvraient d'abord que le pied; mais dans la suite on fil des escafhgnnns qui montaient jusqu'à la moitié desjambes.

ESCALES. — On appelait escales des ports situés sur l'Océan oh les navires relâchaient pour prendre des marchandises ou des provisions.

ESCALIER. —La construction des escaliers a toujours été une partie importante de l'art d'élever et d'orner des maisons. Au moyen âge, on les plaçait souvent dans une tourelle en saillie; l'escalier était alors à vis , comme dans la plupart des églises de cette époque. On admire la légèreté de quelques escaliers des xv# et xvr» siècles dont les rampes sont sculptées avec délicatesse. Au xvu- siècle on a déployé une grande magnificence dans les escaliers des palais myaux. Ils sont faits en fer à cheval, lorsqu'ils se composent d'un grand perron, dont le plan est circulaire et dont toutes les marches tendent à un centre commun, comme l'escalier de la cour du cheval Wanc à Fontainebleau. Parmi les escaliers à perron on cite comme un chef-d'œuvre le double ilier de l'orangerie de Versailles.

ESCAMRARLATS. — Ce mot de patois languedocien désigne ceux qui ont une jambe d'un côté et l'autre de l'autre. On appelait escambarlais , à l'époque des guerres de religion, ceux qu'on nommait et qui voulaient rester

ESCARCELLE. — l'escarcelle était une bourse qu'au moyen à«e on portait suspendue à la ceinture , et qui, par «a forme, ressemblait aux sacs . qu'on a appelés à une époque récente réticules , et par corruption ridicules. Ces bourses étaient richement ornées et souvent garnies d'orfèvrerie. Le fond était de velours ou d'autre étoffe précieuse. On portait encore des escarcelles au xvi* siècle , comme le prouve ce passage de Brantôme : « Il ( le maréchal de Matignon N portait ordinairement, dans une gibecière, qu'on appelle communément escarcelle, une petite douteille d'eau-de-vie. » Les croisés et les

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pèlerins ne manquaient pas , & leur départ pour la terre sainte , de faire bénir s l'église leur escarcelle avec leur bourdon ; saint Louis accomplit cette cérémonie à Saint-Denis, La bourse des rote, des reines, et des personnages d'une condition très-ëminente s'appelait aumônier e.

ESCARPE. — Pied de la muraille et partie du fossé qui fait face à la campagne. La contrescarpe est de l'autre coté du fossé; on n'emploie plus aujourd'hui que le mot contrescarpe.

ESCARPINS. — On appelait autrefois ne une petite pièce de canon , ou te arquebuse.

RP1NS.— Ce mot, que l'on écrivait au xvi* siècle , escharfÀn , désignait une espèce de chausson de cuir fort léger pardessus lequel on mettait une autre chaussure. On lit, en effet, dans un écrivain de cette époque, que personne n'entrait dans sa chambre sans escharpin blanc et mule de velours noir. Ce détail explique ce que dit Brantôme, dans ses Capitaines illustres, qu'an siège de U rescia Gaston de Foix allant à l'assaut se fit ôter les souliers et marchaen escharpins déchaussés. Dans la suite, on a appelé escarpins , les souliers les plus légers; c'est encore aujourd'hui le sens de ce mm. — Le mot eicarpin se prenait quelquefois figurément pour la comédie. Enfin, on appelait escarpins, des instruments de torture dans lesquels on serrait les pieds du patient.

ESCART. — Droit féodal qui, d'après certaines coutumes , se payait lorsque des biens meubles ou immeubles passaient d'un bourgeois à une personne qui n'avait pas droit de bourgeoisie.

ESCHOITE. — Dans l'ancienne organisation de la France , on appelait eschoite ou échoile , la première succession collatérale dévolue à l'alné d'une famille, après la mort du père. Les cadets ne pouvaient y prétendre que lorsqu'ils tenaient leur parage ( héritage paternel ) ensemble , c'est-à-dire pur indivis , ou lorsque Yechoite provenait du frère aîné ou du chef de la ligne L'aîné avait toujours le tiers en plus, avec le vol du chapon, comme en succession directe.

ESCLAVAGE. — L'esclavage a existé dans les Gaules , et s'est maintenu dans la France jusqu'au xiii* siècle ; il est donc nécessaire de parler de la situation que les lois faisaient aux esclaves dans notre pays, et des causes qui y ont préparé et amené l'abolition de l'esclavage.

S 1«. Condition des esclaves sous la domination des Francs. — L'empire

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romain avait adouci la condition des esclaves dans les m* et iv* siècles , mais sans abolir PtaclftVigft. Le christianisme , qui devait accomplir cette révolution, une des }>lus importantes pour l'humanité, y procéda lentement, mais avec une persévérance infatigable. Les invasions des barbares no paraissent pas, quoi qu'on ait dit, avoir hâté l'abolition de l'esclavage. Les (Germains, il est vrai, n'avaient dans leur pays que des esclaves chargés de cultiver lés terres et de prendre soin des troupeaux; mai> , lorsqu'ils furent établis dans l'empire romain , ils adoptèrent le luxe do* vaincus et l'esclavage domestique qui en était muconséquence. Les lois des Francs , des Bourguignons, des Visigoths, sont rem* plies de dispositions relatives aux esclaves , et généralement elles les traitent avec une grande cruauté, l.a flagellation , la mutilation , et souvent même la mort, sont les châtiments infligés à l'esclave. Dans la loi des Bourguignons (litre xv, $ i et 2), l'homme libre qui a violé un domicile est condamné a une amende ; l'esclave reçoit cent coups de bâton. Coupable de vol, l'esclave est livré au dernier supplice (titre îv, $ 2 ). La femme libre qui s'unit à un esclave peut être mise à mort , si ses parents veulent tirer vengeance de sa faute ; s'il s lui pardonnent , elle devient esclave comme celui qu'elle a épousé C titre xxxv, S 2). La loi aalique renferme des dispositions analogues.

Cependant on voit, dans ces lois , que l'esclave est une personne et compte devant les tribunaux. 11 peut comparaitre en justice, et citer un homme libre devant l'assemblée des Francs {Loi salique, titre xlii, S 2) Celui qui avait battu un esclave ou qui l'avait vendu au delà des mers, était condamné à payer une composition ou webrgeld , de trente-cinq sous (ibid.). l.a constitution de6i4, proclamée dans un champ de mars auquel assistèrent un grand nombre d'évêques, déclara quo l'esclave ne pourrait être mis à mort que par ordre du juge, et ce magistrat même ne pouvait le condamner sans l'entendre, à moins qu'il ne le prit en flagrant délit de vol ( neque ingenuus , neque servus , qui cum furtonon deprehenditur, ajudicifjus aut a quoeumque mterfici non debeat inauditus ; ap. Script, rer. gall., IV, H9).

Ainsi, les lois barbares, tout en maintenant l'esclavage , adoucissaient la condition des esclaves. Ils pouvaient contracter manage entre eux ; leur mariage devenait une union légitime que l'Église consacrait, tandis que dans l'antiquité ce n'était qu'un concubinage. Leur témoi-

gnage était admis devant les tribunaux, et leur personne protégée par la loi. L'Fglis© leur ouvrait un asile dans ses temples contre les maitres trop cruels; l'esclave ne pouvait en être arraché que si son maître promettait de le traiter avec humanité. Enfin , la loi les protégeait contre les juifs et contre les marchands qui les vendaient à l'étranger. L'esclave, livré par bn maître à des étrangers , était libre, s'il parvenait à s'échapper et à rentrer dans son pays.

S II. Influence salutaire du christianisme sur le sort des esclaves. — L'influence chrétienne se manifeste déjà par l'adoucissement des lois en faveur des esclaves; elle éclate dans la conduite des évêques. Saint Exupère, évèque de Toulouse, vendait jusqu'aux vases sacrés pour racheter les esclaves. Saint Paulin se vendait lui-même pour délivrer des prisonniers. A l'époque de l'expédition de Clovis contre les Visigoths, saint Eptadc racheta un grand nombre d'esclaves. La reine sainte Bathilde ne montra pas moi ns de zèle pour leur délivrance. Saint Eloi . évèque Je Soissons, et un des principaux ministres de Dagoberl, s'empressait de briser les chaînes des esclaves gaulois, romains , maures , bretons , saxons , sans distinction de nation. 11 affranchit tout d'abord ses esclaves , et en éleva plusieurs à la prêtrise. Le pape , Grégoire le Grand . donnait le précepte et l'exemple des affranchissements. «Comme notre Rédempteur, écrivait-il, a pris notre chair ann de nous délivrer de l'esclavage du poche, iious devons rendre à la liberté ceux qui en ont été privés par la loi des nations. » Et il renvoyait libres tous ses esclaves. S'adressent à un concile tenu à Home en 595 , le même pape s'exprimait ainsi : •« Plusieurs esclaves des églises et des séculiers se présentent pour entrer dans les monastères. Si nous le souffrons indifféremment, nous donnons occasion à tous les esclaves de se soustraire à leurs maîtres. Si nous les retenons en servitude sans examen, nous 6i<»ns quelque chose à Dieu qui nous a tout donne. Il faut donc que celui qui veut se donner à Dieu soit auparavant éprouvé en habit séculier, afin nue , si ses mœurs font voir la sincérité de son désir, il soit délivré de la servitude des hommes pour en embrasser une plus rigoureuse. »» Grégoire le Grand, dans la tioisième partie de sa règle pastorale.

recommande aux esclaves l'obéïa envers leurs maîtres et aux maîtres la douceur envers leurs esclaves. ^ Les maîtres, ajoutc-t-il. ne doivent pas s'enorgueillir des présents de Dieu ; ils doivent au contraire reconnaître pour

égaux, par droit de nature, ceux que le sort leur a assujettis (xquales sibi pcr naturx consortium ).» .

Chez les Lombards, les lois deBothana établissaient que, si quelqu'uu avait promis la liberté a un esclave pour le bien de son âme, et était mort avant d'avoir accompli sa promesse, l'esclave serait libre, parce que le Christ avait daigne se faire esclave pour racheter notre liberté. Saint Bouet, nommé par Thierry 111 gouverneur de la province de Marseille , vers 700, ne souffrit pas qu'on vendît les hommes à l'encan , comme c'était l'usage dans fX pays, ni qu'on les retint en captivité. Ceux qu'on vendait malgré ses défenses , il les rachetait et les renvoyait chez eux.

Ainsi, une voix ne cessaitde s'élever en faveur des esclaves , c'était celle du christianisme, et un grand nombre d'évêques et d'abbés joignaient l'exemple au précepte. Saint Benoît d'Aniane affranchissaules serfs des terres qu'on lui donnait. Peu à peu les monastères se remplissaient d'esclaves qui y trouvaient une règle austère, mais relevée par la foi qui l'imposait. Charlemagnc en vint à craindre que les villages ne restassent déserts , et il défendit par le capitulaire de Thionville(805), de recevoir dans les monastères un trop grand nombre de serfs.

$ lll. Diminution du nombre des esclaves aux ix« et x« siècles ; cependant l'esclavage n'est définitivement aboli en France qu'au xiii« siècle. — Au ix* siècje, les hommes éminents qu'avait formés l'école palatine, et qui appartenaient presque tous à l'ordre ecclésiastique, s'élevèrent avec force contre l'esclavage. Smaragde , abbé de Saint-Miliiel, dans son traité De la voie que doit suivre un roi {de Via regxa), s'exprime ainsi (chap. xxx ) : « Entre les préceptes salutaires et les œuvres utiles, il faut placer l'affranchissement des esclaves. Ce n'est pas la nature qui nous les a soumis , mais le malheur ; car, naturellement, nous sommes tous égaux {conditione enim xqualxter creati sumus). »

Haban Maur répète plusieurs fois, dans .ses commentaires sur 1 Écriture , que les chrétiens doivent traiter les esclaves comme leurs frères Les conciles, comme les docteurs , rappellent qu'une partie des biens des églises, qui sont le patrimoine des pauvres, doit être employée à racheter les captifs.

Quelques écrivains, frappés de la puissante action du christianisme, ont pensé que dès la fin du ix- siècle l'esclavage avait dû disparaître de l'Europe, et que le servage seul s'y était maintenu. 11 est difficile d'admettre cette conclusion ; des textes précis prouvent que l'escla-

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vage , quoique sensiblement atténué , existait toujours en France et dans l'Europe occidentale. Ainsi, en 9T2, au concile de Coblentz , auquel assistèrent lo roi de France , Charles le Simple , et le roi de Germanie, Henri l'Oiseleur, on posa cette question : Comment doit-on traittr celui qui a vendu un chrétien? Tous répondirent qu'il s'était rendu coupable d'homicide. 11 s'agissait d'esclaves chrétiens vendus à des infidèles. Les décrétâtes de Burchard, évêque de Worms, rédigées au xi* siècle, traitent du mariage dune femme libre avec un esclave ; on voit qu'à cette époque elle ne perdait plus sa liberté, et que son mariage était légitime. Ives de Chartres , qui vivait à la fin du xi« siècle et au commencement du xii", discute les mêmes questions. Les Assises de Jérusalem parlent aussi d'esclaves: celui qui a vendu un esclave lépreux ou épileptique doit le reprendre en rendant l'argent (assise |36). Que si l'on répondait que les chrétiens établis dans l'Orient en avaient adopté les mœurs, et qu'on n'en peut rien conclure pour la France, il serait facile de cuer des textes d'auteurs français : Hugues de Saint-Victor, qui écrivait au xu» siècle, emmeutan t l'épitre de saint Paul aux Êphésiens, et entre autres ce passage : Esclaves, obéissez à vos maîtres , se demande si un chrétien peut avoir des esclaves, puisque l'apôtre le permet, et que l'Eglise catholique , principalement. l'Eglise de France y le tolère ( catholica quoque et maxime Gallorum Ecclesia hoc reapit). Il répond qu'il vaudrait mieux affranchir ses esclaves, et que si l'Eglise tolère l'esclavage, ce n'est pas comme un bien , mais comme un mal (quasi malum tolérât ). Ce passage, tout en montrant combien l'opinion publique était alors opposée à l'esclavage, prouve qu'il existait encore en France au xne siècle.

Un concile tenu à Toulouse, en ui9, défend (canon v- ), de réduire en servitude des hommes libres, laïques ou ecclésiastiques , et atteste par cette défense même que la liberté personnelle était encore très-exposée à cette époque. Elle n elait pas même bien garantie au HU* siècle. Joinvilleen fournit une preuve frappante : « Un jour, dit-il, que le comte de Chamoacne allait à la messe , un gentilhomme vint lui requérir un don. Artaud de logent, son trésorier, qui était derrière le comté , répondit que le comte s était déjà ruiné par s.s largesses. « Sire «»«n , vous mentez faussement, s'ecria le comte de Champagne, de dire que je n ai plus que donner ; j'ai encore de quoi donner, et vous-même que Je donnerai tout à pre-

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sent. Et, incontinent, il 1* prit et dit au gentilhomme : Tenez, non ami t je vous le donne et vous le garantirai. Le gentilhomme ne fut point étonné; mais soudainement il empoigna mon bourgeois bien étroitement, et ne le laissa aller qu'il ne lai eût baillé cinq cents livres, » Ainsi, ta liberté personnelle, même des riches bourgeois , était à la merci de leur seigneur qui pouvait les livrer au premier verni. Cependant ce fut à cette époque que l'esclavage disparut réellement. Les Eksbhssenxmts de saint Louis et les autres monuments législatifs du xiii» siècle ne parlent plus d'esclaves.

En résumé , le christianisme, qni proclamait la fraternité des hommes, n'a cessé, depuis le iv* siècle principalement, de modifier et d'adoucir la condition des esclaves. Aux ix* et xc siècles , cette révolution était déjà presque accomplie. Cependant on trouve des traces d'esclavage jusqu'au ziii* siècle. A cette époque, ildis parait entièrement pour faire place au servage et à la domesticité. Voy. pour les détails, l'ouvrage de M. Ed. Diot, intitulé : Abolition de l'esclavage dans l'Occident.

S IV. De l'esclavage dans les colonies.— L'esclavage , aboli en Europe, s'est longtemps maintenu dans les colonies. La population américaine avait été considérablement diminuée par les barbares traitements des Européens; on chercha à suppléer au manque de cultivateurs par la traite des nègres. Dès le commencement du xvi« siècle, on enleva des côtes d'Afrique des esclaves que l'on transporta en Amérique. Ces esclaves furent longtemps livrés dans les colonies françaises au caprice des planteurs. Enfin , en 1685, Louis XIV publia le Code noir qui , malgré sa dureté pour les esclaves , apportait une véritable amélioration à leur sort. Beaucoup de dispositions de ce code sont relatives à l'affranchissement des esclaves possédés par des juifs, au baptême des esclaves , à l'observation des dimanches et des fêtes , et à la suspension du travail les jours fériés. Le Code noir prohibe les ventes d'esclaves aux mêmes jours , et punit les débauches des maîtres qui abusaient de leurs esclaves. La famille n'était plus interdite aux noirs : ils pouvaient se marier. Baptisés , ils étaient inhumés en terre sainte. La nourriture des noirs, leurs vêtements, les soins dus à l'esclave malade, étaient prévus et fixés par la loi. Le meurtre des esclaves donnait lieu à des poursuites contre le commandeur et le maître. Il était défendu de vendre séparément le mari , la femme et les enfants impubères. Le

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maître âgé de vingt ans pouvait!

ses esclaves , sans avoir à rendre compte de sa conduite. Tout esclave affranchi était réputé sujet naturel. A coté de ces mesures prolectrices de l'esclave, d'autres garantissaient la sécurité et parfois la tyrannie du maître: interdiction de port d'armes aux esclaves , prohibition des attroupements, de la vente des cannes à sucre et des denrées de toute nature.

L'esclave ne pouvait être ni propriétaire, ni fonctionnaire public, ni partie dans un procès. Il était puni de mort pour avoir frappé son maître , sa maîtresse ou leurs enfants, avec contusion ou effusion de sang. Enfin l'article 44 déclarait les esclaves meubles ou propriété mobilière.

Ils retombaient ainsi sous le coup des lois anciennes qui ne voyaient en eux que des choses. Le Code noir fut appliqué à l'Ile Bourbon en 1723.

Malheureusement les dispositions favorables aux esclaves ne furent pas longtemps observées. D'ailleurs le gouvernement encourageait la traite , et certains ports , entre autres Nantes , entretenaient un grand uombre de négriers ou navires qui faisaient ce commerce. La Convention supprima, le 17 juillet 1793, la prime de plus de deux millions accordée à cet odieux trafic. Les commissaires envoyés dans les colonies par cette assemblée

{►roclamètent l'affranchissement de tous es esclaves le 29 août 1793 , et cette mesure fut ratifiée peu de temps après par la Convention. L'esclavage fut rétabli dans les colonies sous le consulat ; maïs , dès 18U, le gouvernement français s'occupa de réprimer la traite des noirs , et conclut à cet effet des traités qui ont été renouvelés et développés sous les divers gouvernements jusqu'à nos jours. Enfin , en 1848, l'abolition de l'esclavage colonial a été -de nouveau décrétée.

ESCLAVES. — Voy. Esclavage.

ESCLAVINE. — Espèce de vêtement long et velu dont se couvraient les pèlefin s

ESCOFFION. — Voy. EscoraiOH.

ESCOMPTE. - Remise que fait le porteur d'un billet pour en obtenir le payement avant l'échéance. On a établi à plusieurs époques des comptoirs d'escompte pour faciliter les opérations commerciales. En 1776 ( 24 mars) , Turgot institua une caisse d'escompte qai avait principalement pour but d'escompter A 4 pour ioo les lettres de change. Cet établissement rendit de grands services au commerce jusqu'au moment oh il fut supprimé (24 août 1793;. La

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