‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 22 sur 300 · Anciennes lois françaises, t. XIX, p · texte numérisé non relu

Anciennes lois françaises, t. XIX, p

ixn INTRODUCTION.

derne. — Malgré ces essais d'organisation , il n'y avait pas d'unité dans l'instruction publique avant la révolution, de 1789. L'Assemblée constituante s'occupa d'établir un vaste système d'écoles qui devait embrasser la France entière ; un rapport remarquable de l'évéque d'Àutun , Talleyrand , témoigne du zèle de l'assemblée ; mais le temps lui manqua. La Convention s'efforça de tout organiser; mais elle ne put qu'ébaucher les institutions. A Paris, une école normale, dont les leçons étaient suivies par douze cents instituteurs, des écoles spéciales pour la marine, les travaux publics (plus tard École polytechnique); une école militaire, appelée dans l'origine École de Mars; des écoles centrales dans chaque département; des écoles primaires , dans chaque commune , prouvent avec quelle ardeur fut conçu et exécuté lo projet d'un vaste système d'instruction publique. Mais il y avait plus de grandeur que de maturité dans les idées de cette époque. Napoléon , avec cet esprit pratique et ce ferme bon sens qui s'unissaient en lui au génie créateur et en rehaussaient le mérite , Napoléon ramena lo système d'instruction publique à des proportions plus raisonnables. Les écoles centrales devinrent des lycées soumis à une discipline régulière et donnant un enseignement approprié à déjeunes intelligences ; l'École normale fut la pépinière du professorat, et l'Université, qui s'étendait à la France entière, eut son grand maître et son conseil , dépositaires des traditions et gardiens de la discipline. L'enseignement public eut le même caractère d'unité que les autres institutions de la France.

Le temps a peu à peu modifié l'organisation universitaire ; il en a fait disparaître ce qu'elle avait d'exclusif et de tyrannique ; les sciences morales y ont déjà pris et y conserveront sans doute la place qui leur appartient dan s les sociétés modernes. La liberté, dans une juste mesure, a été consacrée par la loi du 15 mars 1 850. Mais quant au principe même de l'Université, c'est-à-dire l'unité de direction appliquée à l'instruc- -, tion publique, il est la conséquence de notre organisation administrative tout entière; y porter atteinte, ce serait attaquer l'unité même de la France *. Aussi la dernière loi, promulguée en 1854,

i. Voy. les articles Collège de France, Écoles , Instruction publique, Université , et les indications bibliographiques à la suite de ces articles. Un des ouvrages les plus importants à consulter, est celui de M. Troplong, intitulé : Du pouvoir de CEtat sur l'enseignement, & après l'ancien droit public français (Paris, 1844, în-8).

LETTRES, SCIENCES ET ARTS. Lun

dans le but de reconstituer les anciennes universités, nécessaires à la vie intellectuelle des provinces, a maintenu avec soin l'unité administrative.

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