‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 231 sur 300 · FI .A · texte numérisé non relu

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et fit enlever des maisons qui appartenaient au fisc un grand nombre d'hommes et de temmes qu'on entassa dans des chariots pour accompagner et servir la fiancée. Ceux oui refusaient de partir et versaient des larmes étaient jetés en prison. Plusieurs s'v étranglèrent de désespoir Beaucoup de gens, des meilleures familles, enrôles de force dans ce cortège, firent leur testament et dounèrent leur biens aux églises. « Le fils, dit Grégoin. de Tours , était séparé de son père , et h mère, de sa fille ; ils partaient en sanglotant et en prononçant de grandes maie dictions: tant de personnes étaient eu larmes dans Paris, que cela pouvait se comparer à la désolation de l'Egypte. > ( Voy. Aug. Thierry, Lettres sur l'histoirt de France , lettre Vil.)

FIVATIER. - Ce mot désignait, dan* les anciennes coutumes, un tenancier qui devait à son seigneur cens , rentes et autres redevances féodales.

FLAGELLANTS. - Secte d'hérétique* qui parut aux xn" et xiv* siècles, etqw tirait son nom de l'usage de se flageller en public. Ou prétend qu elle prit naissant a Pérouse, vers le milieu du xiu* siècle. Il est certain, d'après le témoignage des écrivains du moyen âge, que les populations tourmentées par quelque néau se soumettaient souvent à des expiation.»

publiques et ne s'épargnaient pas les flagellations La peste noire de 1348 exalta encore les imaginations, et inspira la

Eensée de nouvelles mortifications. Des andes de pénitents parcoururent l'Allemagne, la Belgique et la France, chantant des cantiques dont quelques-uns sont parvenus jusqu'à nous, se flagellant publiquement et de manière à faire ruisseler le sang sous les coups. Comme ils portaient une croix sur leurs vêtements , on les appelait les conftères de la Croix aussi Lien que les flagellants. Les imaginations s'exaltaient par ces flagellations sanglantes, et on ne tarda pas à s'inquiéter des désordres qui en résultaient. Des opinions hétérodoxes s'étaient propagées parmi les flagellants; ils prétendaient que Dieu rejetait les prêtres et leur o lui l tout pouvoir de lier et de délier sur la terre ; que le baptême de Peau était remplace par le baptême de sang ; que le corps du Christ n'était pas réellement présent dans l'eucharistie , etc. Dès 1S49, le pape Clément VI condamna la secte des flagellants : mais ils n'en continuèrent pas moins de parcourir l'Allemagne et te France. A celte époque, on en comptait, en France, près de huit cent mille. Enfin, la réprobation de l'Eglise, soutenue parte

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puissance séculière , dispersa et détruisit la secte des flagellants. On ne doit pas confondre ces hérétiques avec les confréries de pénitents d»nt les pratiques n'ont rien de contraire à la doctrine catholique. L'histoire des flagellants a été plusieurs fois écrite. Jacques Boileau, frère de Boi- Icau-Despréaux, publia, en 1700, un ouvrage intitulé : Historia (lagellantium ( Hist. des flagellants ) ; cet ouvrage , qui souleva une polémique assez vive, fut presque immédiatement traduit en français. En 1711, il parut à Leipsig une nouvelle dissertation latine sur les flagellants, par Schoettyen (déserta flageltantium commentatio).

FLAM BERGE. — Nom de l'épée de Renaut de Hontauban , un des paladins de Cbarlemagne et l'alue des quatre tils Aymon. Le mot flamberge a servi dans la suite à désigner toute espèce d'épée.

FLAMBOYANT (Style\ — Style d'architecture imitant les flammes ; on le trouve principalement au xva siècle. Voy. Église,

FLÉAU D'ARMES. — Arme du moyen âge. Voy. Armes (fig. K).

FLÈCHE. — Voy. Armes ( «g. S) et Église (ng. L).

FLÉTRISSURE. — Peine infamante. La flétrissure tonsistait à marquer lo coupable d'u» signe indélébile. Autrefois on imprimait une fleur de lis sur une partie de son corps ; dans la suite on l'a marqué d'un V sur l'épaule, s'il avait été condamné pour vol, ou des lettres cal quand il avait été condamné aux galères. Les nouveaux codes substituèrent les lettres t F (travaux forcés). La peine de la flétrissure par la marque a été abolie par I,i loi du 28 avril j 832.

FLETTE. — Bateau qui servait de coche d'eau et transportait les voyageurs.

FLEURS DE LIS. - Les fleurs de lis ont été, depuis le xu« siècle jusqu'à la fin du xviu», les armes de France; il est donc nécessaire de s'y arrêter et de rappeler ce qu'en ont dit les écrivains qui se sont occupés des antiquités de la France. Louis VII , en partant pour la croisade , prit une bannière d'azur, semée de fleurs de lis. On a imaginé des hypothèses fort singulières pour expliquer l'usage de ces fleurs de lis. Quelques-uns ont prétendu que les premiers Francs avaient choisi l'iris ou lis des marais pour rappeler leur origine, parce qu'ils étaient sortis de pays marécageux D'autres ont raconté

ries soldats de Clovis s'en étaient fait couronnes après la bataille de Tolbiac.

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Sonnini a cru reconnaître la fleur de lis héraldique parmi les peintures d'un temple de Dendérah, en Egypte. On a cru aussi retrouver la fleur de lis dans l'ornement qui termine le sceptre des anciens rois babyloniens et assyriens. Je ne rappelle ces hypothèses que pour montrer avec quelle hardiesse les savants les ont entassées. En voici d'autres qui ont plus de vraisemblance. Le P. Godefroy Henschcnius, continuateur des Actes des saints que le P Bollandus avait commencés, et que l'on désigne sous le nom de Collection des bollandistes, a émis une nouvelle conjecture dans une dissertation placée en tète du troisième volume des Actes des saints du moi* de mars, et intitulée : Généalogie des rois de la première race. A l'occasion d'un sec iu do Dagobert I", apposé a une charie donnée par ce prince en faveur de l'abbaye de Saint- Max i m in de Trêves, le 5 avril de la douzième année de son règne, qui correspond à l'année 635, il dit que l'on y voyait trois sceptres liés ensemble pour signifier les royaumes d'Austrasie. de Non.- tri u et de Bouigogne, que Dagobert avait réunis. De là, ce savant jésuite conclut qu'il est à présumer que la fleur de lis héraldique représente l'union de ces trois sceptres, qui, liés ensemble, ressemblent à la plante nommée iris.

Il est plus probable que les fleurs de lis rappellent une ancienne arme offensive qui présentait au milieu un fer droit et pointu. On avait adapté aux deux côtés des pièces de fer en demi-croissant, et le tout était lié par une clavette qui formait ce qu'on appelle le pied de la fleur de lis Dans un sceau de l othaire (972), que Mabillon a publié dans son Traité de diplomatique, Lothatro est représenté tenant en sa main droite un long bâton au haut duquel on voit un fer de lance avec deux crochets; c'est déjà la fleur de lis héraldique grossièrement dessinée.

Un sceau de Hugues Capet le montre avec une couronne dont les fleurons ressemblent à des fleurs de lis Son fils Robert, sur un sceau de 1030, tient dans la main droite un petit sceptre qui se termine par un fer de lance. On voit, dans un sceau de 1058, Henri l" avec une couronne garnie de fleurons qui ont beau»

coup d'analogie avec les fers de lance. Un sceau de Louis VI filî3) présente la fleur de lis plus nettement marquée.

Enfin, son fils Louis VII, sema, comme nous l'avons dit, les (leurs de lis sur son étendard. 11 semble, d'après ces faits, que cet insigne de la royauté française rappelait les ancien ne* armes des Francs. Philippe Auguste prit le premier une

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