LETTRES, SCIENCES ET ARTS
tretenir à Paris; car je l'ai fait venir pour remettre l'Université de Paris et la faire refleurir, non pour être près de moi. i Sous ce règne réparateur , les Tuileries s'achevèrent ; on construisit le château de Saint-Germain, le Pont-Neuf, la place Royale, l'hôpital Saint-Louis, œuvres d'art et monuments d'utilité publique.
Richelieu et surtout Louis XIV accordèrent une protection constante et efficace aux lettres, aux sciences et aux arts. Est-il nécessaire d'insister sur leurs titres à la reconnaissance du monde savant, de rappeler la Sorbonne rebâtie, l'Académie française fondée, le jardin du Roi créé , les savants étrangers attirés en France , l'Observatoire construit , Versailles, la colonnade du Louvre, les jardins tracés par Le Nôtre, tant de monuments merveilleux s'élevant comme par enchantement, ce concours de littérateurs, desavants, d'artistes illustres , que Richelieu et Louis XIV ne firent pas naître, sans doute, mais qu'ils surent dignement récompenser ; enfin , les académies des inscriptions et belles-lettres , de peinture et de sculpture, de musique, d'architecture, des sciences, formant autant de foyers où se concentraient l'érudition, le génie des arts et des sciences, pour jaillir en rayons lumineux sur la France et le monde entier?
État des lettres, des sciences et des arts au xviii* siècle. — A cette époque, le développement intellectuel n'est pas moins brillant qu'au siècle précédent, et il exerce sur la société une influence encore plus puissante. Mais la direction jyi échappe à l'autorité, et souvent même tourne contre elle. Si l'éloquence religieuse et la poésie déclinent, si le génie des arts perd de son élévation et se dégrade trop souvent par la licence, l'éloquence philosophique présente une heureuse compensation , soit qu'elle parle au genre humain de ses lois , soit qu'elle retrace les merveilles de la nature ou qu'elle s'élève avec une indignation poussée jusqu'au paradoxe contre l'inégalité des conditions. Les sciences morales datent de ce siècle. L'éco- Domle politique analyse les principes de la richesse publique et cherche â améliorer le sort des diverses classes de la société. Turgot et d'autres écrivains révèlent à la France cette science nouvelle. La jurisprudence prend un caractère plus philosophique et prépare d'utiles réformes. Enfin l'histoire commence à apparaître comme un immense tableau où l'humanité entière ressemble à un homme qui se développe sans cesse, sous l'oeil de la Providence.
Lit, INTRODUCTION.
Le progrès des sciences physiques et naturelles est encore plus évident. G. Cuvier Ta exposé dans le rapport qu'il présenta à l'empereur en 4808 : c La marche des affinités chimiques, ressort général de tous les phénomènes naturels, a été expliquée ; la chaleur, le principal de leurs agents, a reçu des lois rigoureuses; l'électricité galvanique est venue ouvrir des régions toutes nouvelles dont nul ne peut encore mesurer l'étendue ; la nouvelle théorie de la combustion, en jetant sûr toute la chimie la plus vive lumière, et la nouvelle nomenclature , en facilitant son étude , en ont inspiré le goût et ont occasionné une foule de travaux aussi utiles que pénibles ; la physiologie des corps vivants , l'effet et la marche des fonctions dont leur vie se compose, ont reçu de la chimie les éclaircissements les plus inattendus; l'anatomie comparée s'est jointe à la chimie pour faire pénétrer tous les secrets comme toutes les variations des forces vitales; elle a réglé l'histoire naturelle d'après ces méthodes raisonnées qui réduisent les propriétés de tous les êtres à leur expression la plus simple ; elle a déterré et recréé des espèces inconnues, enfouies dans les couches du globe ; les minéraux ont été analysés et soumis aux lois de la géométrie; des végétaux et des animaux auparavant inconnus ont été rassemblés et distingués ; leur catalogue général a été augmenté de plus du double; leurs propriétés ont enrichi les arts d'une foule d'instruments nouveaux; la yaccine enfin a donné les moyens de soustraire l'humanité à l'un des plus funestes fléaux qui la tourmentaient. » Le Système du-monde de Laplace et les travaux des mathématiciens Monge, Legendre , de Lalande, attestent les progrès des sciences mathématiques.
Les sciences morales prirent place dans l'Institut, que créa la Convention pour remplacer les anciennes académies. L'Institut n'avait d'abord que quatre classes : sciences mathématiques, physiques et naturelles, sciences morales et politiques, littérature et beaux-arts. Napoléon supprima la classe des sciences morales et politiques, et rendit à la classe des lettres les noms illustrés d'Académie française et d'Académie des inscriptions et belles-lettres* La classe des sciences morales et politiques a été rétablie en 1832
1. Voy. les articles Académie, Architecture, Bibliothèque, Collège de France, Écoles, Éloquence, Église, Institut, Médecine, Musée, Muséum, Peinture, Poésie Sciences, Sculpture, Théatrb, Troubadours, Trouvères, Université, et les indications bibliographiques à la suite de ces articles.
MOEUBS ET COUTUMES.
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