‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 241 sur 300 · FAA · texte numérisé non relu

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eo trouve dès le temps des Carlovingiens. Us étaient chargé» de distraire les rois et les seigneurs par leurs bouffonnerie», et on leur accordait une liberté que tout autre eût pavée de sa vie ou de sa liberté. «Le besoin des amusements, dit Voltaire* et l'impuissance de s'en procurer d'agréables et d'honnêtes dans les temps d'ignorance et de mauvais goût, avaient fait imaginer ce triste plaisii, qui dégrade l'esprit humain. » On a conservé les noms de quelques-uns de ces fous de cour:

Triboulet, sou* Louis XII et François l«r; Brusquct, sous Henri II et ses successeurs ; Chicot, sous Henri 111 et Henri IV; l'Angeli , sous Louis XIV. l/Angefl fut le dernier (ou en tiire d'office. Il avait d abord appartenu au prince de Condé et l'avait suivi en Flandre. Le comte de Grammont disait que « de tous les fous qui avaient suivi Monsieur le Prince, il n'y avait que l'Angeli oui eût fait fortune.» On trouve aussi quelques exemples de folles entretenues à la cour des princes et princesses.

FRAIRIB. — On appelait autrefois frairiês les repas et fêtes. Ce nom venait probablement des confréries qui se réunissaient pour des festins La Fontaine a employé dans ce sens le mot fratrie :

Un loup «tant de frairie, etc.

FRAISE. — Collet plissé et empesé, en usage au xvi* siècle. Yoy. Habillement.

FRAMÉE. — Hache à deux tranchants.

Voy. Armes.

FRANC. — On a désigné sous ce nom un grand nombre de monnaies. Ce fut sous le roi Jean, en 1360, que Ton frappa les premiers francs : on appela cette monnaie franc à cheval, parce qu'elle portait l'empreinte du roi Jeun représenté à cheval. Sous Charles V, l'empreinte changea; on y voyait le roi sous un portique gothique, séant en son trône. On appela cette monnaie franc à pied. Ces monnaies étaient d'or et portaient quelquefois le nom de fleurs de lis d'or, parce que les fleurs de lis y étaient représentées. Les premiers francs d'argent datent de Henri III (1575).

FRANC ALLEU. — Domaine qui ne relevait d'aucun seigneur féodal. Voy. Alleux.

FRANC ARCHF.R. — Archer exempt de taille et entretenu par chaque paroisse. L'infanterie des francs archers avait été organisée par Charles VU, en 1445. Voy.

AllMEE.

FRANC BOU KG AGE. — L»*s domaines tenus en franc bourgage n'étaient sou-

mis à aucun droit seigneurial et ne devaient que les rentes et coutumes des bourgs.

FRANCS BOURGEOIS.— Habitants d'une seigneurie qui étaient exempts de la plupart des ledevances et obligations féodales. Cependant les francs bourgeois étaient souvent astreints à quelques corvées.

FRANC DEVOIR. - Dans le cas où les droits féodaux étaient convertis en rente pécuniaire annuelle, la terre était tenue en franc devoir. Le franc devoir était dit noble ou roturier selon que les terres étaient nobles ou roturières.

FRANC FIEF (Droit de).— On appelait droit de franc fief celui que payait un roturier lorsqu'il acquérait un fief. Il était dû au seigneur immédiat et à tous les seigneurs médiats, en remontant jusqu'au roi Avant le xiu- siècle la royauté n'était pas assez puissante pour percevoir le droit de franc hef hors de son domaine. Mais, à partir de cette époque, les rois l'exigèrent dans toute la France, et mai* gré des résistances énergiques, ils contraignirent les roturiers acquéreurs de fiefs à le leur payer. Charles V réserva exclusivement à la royauté le droit de franc fief. Depuis cette époque, ce fut un droit du domaine. Les bourgeois des villes importantes regardaient comme un honneur et comme une espèce d'anoblissement d'obtenir le droit dacquérir des fiefs, même en payant une assez forte redevance. Charles V confirma ce droit aux Parisiens par une charte qui est parvenue jusqu'à nous. Quelques historiens, parmi lesquels on s'etonne de trouver le président Hénault (Abrégé chronologique, année 1371), y voient un anoblissement en masse de toute la population parisienne-, c'est une exagération inadmissible. Les rois, tout en favorisant la bourgeoisie, trouvaient moyen de créer un nouvel impôt par l'extension du droit de franc fUf.

FRANC SALE. — Privilège accordé à quelques officiers royaux, à certaines communautés et provinces, de prendre une provision de sel déterminée, sans payer d'impôt. L'Auvergne, le Poitou, U Samtonge, le pays d'Aunis, le Périgord, l'An^oumois, le haut et bas Limousin étaient provinces de franc salé : elle> avaient acheté ce privilège du ituips de Henri II.

FRANCE. — On trouvera quelques notions sur la formation territoriale de la France au nu<t Divisions territokiaus.

Les éléments qui constituent la uatiou

fra m

z française sont indiqués aux mou Francs, Gaulois, Gallo-Romains, Romain* et, .

Quant aux institutions politiques et relirJ Rieuses, civiles et militaires de la France, -[ l'introduction en retrace la suite chrono- ■* logique , et les détails se trouvent , à cha- >• que article, dans ce dictionnaire.

FRANCHE-FÊTE. — Espèce de foire où les marchands ne payaient aucun droit.

FRANCHE-VÉRITÉ. — Terme de droit ■* coutumier qui désignait l'information fl faite par un seigneur pour parvenir à la

* connaissance des délits commis sur ses terres ; on disait comparoir à la franchevérité pour désigner l'audience ou se l'ai sait l'information.

FRANCHISE. — Domaine possédé par un 4 Franc ; le mot franchise pris dans ce sens fi était synonyme d'alleu Ce mot désignait t encore une certaine étendue de terrain qui jouissait de privilèges, comme la ban-

* lieue des villes. Enfin, on appelait frani chises toutes les libertés et prérogatives

accordées aux cités, monastères, -corporations ecclésiastiques ou laïques.

FRANCISCAINS. — Ordre soumis à la règle de Saint-François. Voy. Abbaye et Clergé régulier.

FRANCISQUE. — Hache à deux tranchants comme la f ramée. Les Francs s'en servaient pour combattre de près et de loin. Voy. Francs.

FRANCS. — Peuple de race germanique qui a formé, par son mélange avec les Gallo-Romains , la nation française. Les Francs , diusés en Salions. Titulaires et maritimes , envahirent la Gaule dès le in» siècle de l'ère chrétienne ; mais ils n'en firent la conquête qu'à la tin du v* siècle et au commencement du vr. Les Francs parlaient la langue tudesque et se séparaient profondément de la population gallo-romaine qu'ils opprimaient. Cependant les historiens ont longtemps confondu ces deux populations et en ont fait les Français. La fusion des races ne fut accomplie qu'aux ix* et x« siècles ; jusqu'à cette époque, il n'y a ni France ni Français , mais deux peuples en présence , les Francs victorieux, et les Gallo-Romains opprimés; la religion seule les rapproclie. Nous n'avons pas ici a exposer l'histoire des Francs. Cependant il est indispensable de faire connaître les mœurs d'un peuple qui a régné en Gaule pendant plusieurs siècles et qui a été un des principauxjéléments de la nation française. A peine fondé, l'empire franc avait pris une grande important e. Les textes des auteurs (trecs, Procope et Agathias, ne lais-

de l'empire franc au vr» siècle. On reconnaît facilement que c'est à leurs yeux le plus important entre le- États barbares. Ces écrivains, qui étudient les Francs avec la curiosité et l'intelligence d'étrangers instruit* , nous font connaître les mœurs et les institutions de* Francs de cette époque avec plus de soin que nos auteurs nationaux.

Mœurs des Francs d'après Procopr et Agathias. — Procope, dans le livie il, chap. xxv, de la Guerre des Goths, raconte l'invasion de Théodebert en Italie. m II n'avait autour de lui , ditcet historien , qu'un petit nombre de cavaliers , seuls armés de lances. Tous les autres Francs combattaient à pied , sans arcs, sans lances; ils n'avaient qu'une épée, un bouclier et une hache , dont le fer était épais et présentait un double tranchant; le manche était en bois et très-court. Dès qu'on donnait le signal du combat, ils lançaient leurs haches, bridaient les boucliers des ennemis et les égorgeaient. » Le même historien, après avoir raconté que les Francs avaient traversé les Alpes et pénétré jusqu'à Pavie. nous les montre égorgeant les Golhs qu'ils trouvèrent en ce lieu et les jetant dans le Tessin comme les prémices de laguerre. «Car, ajoute Procope ( ibidem ), ces barbares, en embrassant le christianisme . ont conservé beaucoup de leurs anciennes coutumes païennes ; ils immolent des victimes humaines et font d'autres sacrifices impies pour découvrir l'avenir. >» L'imprévoyance des Fiancs se peint dans la suite de ce récit, et on en voit un grand nombre périr de faim. Procope revient encore sur les Francs, au livre III, chap xxxiu, de la Guerre des G«ths; il montre les rois francs dominant dans toute la Gaule, et alliés de Justinien. « Leurs rois , maîtres de Marseille , présidaient dans les arènes d'Arles aux jeux du cirque, et seuls entre les rois barbares frappaient une monnaie d'or, qui portait leur effigie et non celle de 1 empereur. » Agathias , qui a continué l'histoire de Procope, parle aussi des Francs, et en donne une idée plus avantageuse. « Les Francs, dit-il, ne sont pas nomades comme quelques-unes des nations barbares ; mais leur gouvernement se rapproche beaucoup de celui des Romains; ils ont adopte les coutumes romaines pour les contrats, les mariages et le culte de la divinité. En effet, ils sont tous chrétiens et suivent la foi orthodoxe. »

La différence que Ton remarque entre les témoignages de Procope et d'Agathias s'explique par la différence des époques et aussi par celle des tribus soumises aux

Francs dont parlent ces deux écrivains.

Dans Procope . il est question principalement des hordes germaniques que Théodebert tratnait à sa suite; ces peuples n'étaient chrétiens que de nom et on nu peut pas les considérer comme les véritables Francs . qui, sous Clovis , avaient fait la conquête de la Gaule. Ce ne sont

3ue des hordes barbares. Agalhias parie es Francs orthodoxes et devenus sédentaires. Du re»te, il faut reconnaître que môme ces derniers nous apparaissent singulièrement sauvages et dépravés , à en juger par le témoignage des contemporains les mieux instruits.

Le poète italien Venant) us Fortunatus , qui était venu s'établir dans la Gaule , où il devint évêque de Poitiers , s'est fait le panégyriste des rois barbares ; mais ce n'est pas dans ces poésies officielles qu'il faut chercher la vérité. Elle lui échappe quelquefois dans un accès d'indignation que provoquent les mœurs des barbares ; blessé par la grossièreté des Francs , le poète s exprime ainsi: «Pour eux nulle différence entie le cri de l'oie ou le chant du cygne. On n'entend que leurs chants barbares et le son de leurs harpes sauvages.... Tandis qu'ils portent des santés furieuses en entre-choquant leurs coupes de bois d'érable.... Et moi, fatigué d'une longue course ou de leurs grossiers banquets , sous un ciel brumeux , invoquaut ma muse à moitié ivre , à moitié gelée , nouvel Orphée, je jetais mes chants aux toréts. » On trouvera dans M. Ampère, dont j'emprunte la traduction , d'autres passages de Foi tunat qui attestent la grossièreté et la brutalité des Francs.

Grégoire de Tours ne leur est pas plus favorable. Get écrivain , qui vivait au milieu d'eux et qui , par sa position officielle et son rôle politique, est digne de toute eon tiance, exprime dans un grand nombre de passages le dégoût et l'horreur que lui inspiraient les hommes violents dont il mjI nssu il la domination. La tristesse est partout empreinte dans son ouvrage. Voici , entre autres passages, le début du livre Y de son Histoire ecclésiastique des Francs : « 11 me pèse d'avoir à raconter les vicissitudes des guerres civiles qui écrasent la nation et le royaume des Francs, et, chose lamentable! nous font voir déjà ces temps marqué* par le Seigneur comme le commencement des jours de calamités. Le père s'e»l élevé contre le fils, le frère coutre le frère, le prochain contre son prochai u.... Plût au ciel que vous aussi, ô rois ! vous tournassiez votre ardeur vers ces grandes batailles qui faisaient tomber la sueur du front de vos pères ! Rappelez à votre mé-

moire tout ce qu'a fait l'auteur de vos

premières victoires , ce Clovis qui tua les rois ennemis, terrassa les nations hostiles et soumit au joug les diverses tribus franques. Et pour accomplir tout cela, il n'avait ni or ni argent, comme vous eu avez maintenant dans vos trésors. Que voulez-vous donc et que désirez-vous encore ? Les délices affluent dans vos maisons; le vin regorge dans vos caves; le froment dans vos greniers; l'or et l'argent s'entassent dans vos coffres forts. H ne vous manque qu'une chose, la paix, et, n'ayant point fa paix, vous n avez point la grâce de Dieu. Pourquoi Tan enlève t-il & l'autre ce qui lui appartient * Pourquoi tous convoi teut-ils le bien (faotrui ? Ecoutez , je vous en conjure , cette parole de l'apôtre : « Si vous vous mordez ««les uns les autres, prenez garde que « vous ne finissiez par vous dévorer mu- « lue le nient. i>

Décadence de* Francs au vi» siècle.

— Cette parole de l'apôtre ne tarda pas à s'accomplir pour le premier ban des Francs qui avait envahi et conquis It Gaule, pour les Francs Saiiens. Les luttes des descendants de Clovis , la rivalité de l'aristocratie et de la royauté, et pai-desëus tout les débauches grossières ou se plongeaient les Francs, ruinèrent en peu d'années cette race conquérante. On l'a dit avec raison : la civilisation est pour les modernes la lance d'Achille ; elle guérit les blessures qu'ella a faites; il y a, en effet , deux choses dans la civilisation : des lumières et des plaisirs; les premières dirigent dans le choix des seconds. Les barbares, jetés tout à coup au milieu de la civilisation romaine, n'en prirent que les plaisirs , s'y corrompirent rapidement et y périrent. Telle fut la destinée de ces Mérovingiens , qui, dès le vu* siècle, étaient tombés dans une si profonde décadence. Les rois , qu'on appelle fainéants, meurent presque tous à la fleur de l'âge. Un écrivain contemporain, Eginhard, a peint avec énergie leur dégradation. « Depuis longtemps, dit cet historien ; chap. i de la Vie de Chartemagne ) , il n'y avait plus en eux aucune vigueur, et toute leur illustration se réduisait au vain titre de roi. Toute la puissance était entre les mains des maires du palais, qui disposaient de la souveraine autorité. Il ne restait au roi que le litre et un vain appareil. Les cheveux longs , il siégeait sur le trône , avec l'apparence de la puissance, donnait audience aux ambassadeurs, et leur faisait, comme de sa propre volonté, les réponses qui lui avaient été dictées ou imposées. Outre ce

lo maire du palais lui payait comme bon lui semblait, le dernier Mérovingien ne possédait en propre qu'une seule métairie , d'un faible revenu, habitée par un petit nombre de serviteurs nécessaires à son service. Lorsqu'il se transportait quelque part , il était traîné sur un chariot attelé de bœufs que conduisait un rustique bouvier. C'était ainsi qu'il se rendait au palais et à rassemblée générale qui se tenait tous les ans pour délibérer sur les intérêts publics; c'était dans le même appareil qu'il retournait chez lui. Quant à l'administration du royaume et à toutes les mesures relatives au gouvernement intérieur ou extérieur, c'était le maire du palais qui s'en occupait. » Les Mérovingiens avaient dune abdiqué de fait avant que les Carlovingiens leur enlevassent la couronne.

Second ban des Francs conduits par la maison d'Héristal. — Le second ban des Francs, qui vint régénérer les Saliens dégradés , se composait principalement des tribus restées entre le Rhin et la Meuse. Ces Francs avaient conservé l'énergie des premiers conquérants adoucie par le christianisme et par les habitudes de la vie sédentaire.. Vainqueurs à Testry, illustrés par les victoires de Pépin d'Héristal et de Charles Martel, ils se donnèrent un appui redoutable en s'unissant étroitement avec la papauté alors en lutte avec les Lombards. Les ducs francs de la maison d'Héristal avaient contribue à la propagation du christianisme chez les Frisons , les Bavarois, les Thuringiens et les Saxons. Us avaient protégé les envoyés des papes, et il en était résulté une union étroite entre les chefs de l'Église et les conquérants austrasiens. Cette union contribua puissamment à la grandeur de la maison d'Héristal. Les papes Zac.hai-ie et £tienne II approuvèrent la déposition du dernier Mérovingien, et déclarèrent que celui qui avait la réalité du pouvoir devait aussi en avoir le titre. Sacré d'abord par Boni face, archevêque de Mayence , Pépin le Bref le fut bientôt par Etienne II.

Empire carlovingien.—Les Francs carlovingiens gouvernèrent avec des pensées plus hautes et mieux suivies que les rois mérovingiens. Ils arrêtèrent la barbarie envahissante et même la refoulèrent par leurs conquêtes en Germanie et en Espagne. Derrière les armées de Cbarlemagne marchaient des moines qui propageaient le christianisme parmi les vaincus. Aussi les conquêtes de l'empereur franc furentelles fécondes pour la civilisation. Les forêts de la Germanie tirent place à des villes qui envoyèrent à leur tour des colo-

nies de moines et de soldats pour porter dans les pays slaves et Scandinaves la civilisation chrétienne. A ces établissements durables , Cbarlemagne voulut en joindre un autre incompatible avec le génie des nations germaniques; il voulut relever l'administration romaine et détruire le système féodal qui commençait a s'organiser et formait autant de groupes isolés qu'il y avait de grands propriétaires. Les capitnlaires de Charlemagne(voy.

Capitulâmes ) attestent avec quelle vigueur il attaqua cet esprit d'isolement germanique ; mais il fut vaincu dans cette lutte. Pour qu'un gouvernement unitaire s'établisse solidement, il (sut ou que les parties qui composent la nation n'aient qu'un intérêt et qu'un sentiment ou que les diverses provinces nui constituent un empire aient été assouplies par une eon-

3uète habile , qui à la longue triomphe es résistances nationales et courbe les volontés les plus énergiques; ainsi se forma l'empire romain. On ne trouve rien de semblable à l'époque de Cbarlemagne.

Le conquérant avait rapproché par la violence des races opposées qu'il n'avait pu tenir réunies que par la force, et là même oh il y avait race homogène, comme en Germanie, les diversités d'intérêts, l'impossibilité d'établir des communications faciles et promptes, tout contribuait à diviser et à morceler l'empire fmne.

Dissolution de l'empire carlovingien.

— En moins d'un siècle (814-888), on vit ce vaste empire fractionné en royaumes, puis en principautés qui se divisèrent en une multitude de tleis. Le morcellement ne s'arrêta qu'à ces petites agrégations de seigneurs et de vassaux qu'unissaient des intérêts communs et une sorte de contrat ( voy. Féodalité ). — Ainsi prévalut le génie germanique sur les efforts des empereurs francs qui concevaient un ordre plus régulier, une société mieux coordonnée , et qui voulaient . avec des éléments hétérogènes , reconstruire l'empire romain. Le régime féodal fut le résultat délinitif de la conquête franque.

Les guerriers germains commencèrent au ix* siècle à se confondre avec les Gallo- Romains , et la preuve la plus certaine de cette /fusion des races se trouve dans l'apparition d'un idiome nouveau dont le plus ancien monument est le nerment de 842. En résumé , les Francs ont régénéré par une conquête violente des populations dégradées. Des immigrations successives, dont les plus remarquables forent celles des Francs Saliens , aux v* et vie siècles , et des Francs Austrasiens, aux vu* et vin* siècles, moditièrent le caractère et les institutions de la Gaule.

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