‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 242 sur 300 · FRÈ · texte numérisé non relu

FRÈ

Le régime féodal fat le dernier résultat

de* invasions barbares ; il consacra, sous une nouvelle forme, l'institution des bandes guerrières que Tacite a décrites dans sa Germanie, et en même temps répondit aux goûts belliqueux de la nation franque. En tenant compte de l'influence exercée par les Francs sur l'organisation de 1m nation française, il ne faut pa« en exagérer l'importance. Le fond de notre caractère est resté gaulois, et notre langue romaine. Les institutions romaines, vaincues à l'époque de Charlemagie , reparurent plus tard , et les rois secondés pur le clergé et le tiers état leur assurèrent la victoire sur le système îeudal (voy. Féodalité , % III ).

Quant aux institutions des Francs , on peut consulter les mots Ahmmans, Ali f.i x . Antui-stions, Assemblées politiques. Leudes, Lites , Lois des bakbares , etc. Voy. sur les Francs les Lettres sur l'Histoire de France , par M. Aug.

Thierry, et les Essais de M. Guizot sur F Histoire de France.

FRANCS-MAÇONS. — Société secrète.

Voy. Sociétés secrètes.

FRANCS-SERVANTS. -Hommes de condition libre qui jouissaient d'importants privilèges. Il y avait des francs-servants de l'église de Reims , qui étaient exempts de la juridiction de l'archevêque de celle ville, lors même qu'ils habitaient dans ses domaines.

FRANCS-TAUPINS.— Le nom àe francstaupins s'appliquait à l'infanterie des francs - archers. Ce mot était dérivé de la liasse latinité talparii (mineurs travaillant comme la taupe). Ces taupins étaient peu estimés, et ce nom était appliqué comme injure aux vilains et aux fantassins organisés par Charles VIL Les francsarchers ou francs - taupins , qui vivaient isolés dans les paroisses, n'avaient ni discipline ni esprit de corps ni habitude de la guerre. Ils ne purent se soutenir en présence des mercenaires enrégimentés que les rois eurent a leur solde dès la fin du xv* siècle.

FRATERNITÉ D'ARMES. - L'usage de la fraternité d'armes était fort aneien ; on en trouve des traces dans la Grèce homérique. Chez les Germains, les frères d'armes se bornaient à échanger leurs armes. Le christianisme consacra cet usage par la communion eucharistique faite en commun. Le prêtre, qui recevait les serments des frères d'armes, partageait l'hostie entre eux. Les frères d'armes s'engageaient à se défendre dans le péril, à se soutenir envers et contre tous, et à tout sacrifier pour se protéger mutuellement.

La chevalerie n'était qu'une vaste fraternité d'armes qui unissait dans une même

pensée l'élite des seigneur* et les consacrait à la défense de la faiblesse.

FR ATÏCELLES. — Les fraticelles, qu'on appelle quelque' ois fre'i ots oapetitsfrèrr\ étaient des moines vagabonds , qui. sou> prétexte d'une vie plus parfaite , avaient rompu la règle cénobitique. Exconmoniés pour leurs désordres par le pape Jean XXII , ils attaquèrent l'autorité pontificale et prétendirent former une église

Iwriiculière dont Jésus-Christ seul était e chef. Cette querelle se confondit avec d'autres disputes bizarres et même extravagantes qui agitèrent le commencement du xiv« siècle. Les unes routaient suri* forme du capuchon ; les autres sur la propriété des aliments dont se nourrissaiet; les moines. Les fratirelles soutenaient que ne possédant rien en propre ils ne possédaient pas même ce qu'ils mangeaient. Ces extravagances furent cruellement punies. L'inquisition fit brûler un certain nombre de fraticelles a Toulouse, dans la première moitié du xiv* siècle. Ceux qui échappèrent se retirèrent en Allemagne où ils soutinrent l'empereur Louis de Bavière contre le pape Jean XXII.

FREDUM. — Amende que l'on payait au juge, d'après les lois des Francs.

Fredum dérive probablement de Fred ou Fried ( paix ), parce que c'était le prix de la paix. Il est probable que noire mol frais est formé de la même racine.

FRELAMPE. — Menue monnaie qui valait douze ou quinze deniers.

FREMAILLET. — Petite agrafe. Voy.

Fermail.

FRERAGE. — Terme de coutumes ; partage entre frères.

FRÈRES. - Ce mot servait et sert encore à désigner des religieux. Ainsi les frères barrés, les frères de la charité , les frères mineursy les frères prêcheurs, etc., étaient des moines dont nous avons parlé en traitant du clergé régulier (voy. ce mot ). Les frères çonvers ou frères lais sont des religieux employés au service du monastère. Les frères des écoles chrétiennes se consacrent à renseignement des enfants (voy. Instruction publique).

— Les petit* frères étaient des hérétiques qu'on appelait aussi fraticelles ( voy. ce mot ).

FRÈRES DE LA MORT. — Religieux dont les constitutions furent approuvées

fiar le pape Paul V le 18 décembre 1620; -ouis XIII leur permit de s'établir en France par lettres patentes données à •

Saurour au mois de mai 1621. Cet ordre fut supprimé peu de temps après.

FRÈRES DE LA PÉNITENCE. — Religieux du tiers ordre de Saint- François qu'on appelait aussi sachets ou frères sacs.

FRÈRES PONTIFES. — Les frères pontifes avaient formé une association pour la construction et l'entretien des ponts et surtout pour faciliter aux pèlerins le passage des rivières. Ce ne fut primitivement qu'une société de laïque* qui s'occupaient eux-mêmes de la construction des bacs et des ponts ; ils prirent naissance en Italie vers le x nr siècle , et portèrent comme marque de leur association un marteau brodé sur la manche gauche de leur habit. Les frères pontifes se répandirent en France dos cette époque et rendirent de grands services. Dans la suite, ils formèrent une congrégation religieuse, dont le chef-lieu était l'hôpital de Saint- Jacques du Haut-Pas dans le diocèse de Lucques en Italie; c'était là que résidait le commandeur général de 1 ordre qui en prit le nom d'ordre de Saint-Jacques du Haut-Pas. La première commanderie de cet ordre s'établit à Paris , vers 12*6 , dans le lieu qu'occupent maintenant l'église de Saint-Jacques du Haut-Pas. et l'institut des Sourds-Muets. Les religieux se bornèrent, depuis le xiv« siècle , à soigner les pèlerins qu'ils logeaient et nourrissaient dans leurs hôpitaux. Le pape Pie II supprima l'ordre de Saint- Jacques du Haut-Pas par une bulle de 1 459.

FRÉROTS. — Hérétiques appelés aussi fraticelles. Voy. Fraticelles.

FRESQUE. — Peinture murale# Voy.

FRET, FRÊTAGE. — Location d'un navire pour le transport de marchandises ou de voyageurs.

FRIPIERS. — Marchands de vieux meubles et de vieux habits. La corporation des fripiers avait une grande extension au moyen âge. Voy. Corporation.

FROC, FROCARD. — On appelait froc la partie du vêtement des moines qui couvrait la tête et tombait sur les épaules et sur l'estomac; de là le nom de Frocards donné quelquefois aux moines.

— On appelle encore froc une étoffe grossière qui se fabrique à Lisieux et dans quelques contrées voisines.

FROMENT AGE. — Droit qu'on levait en Bretagne sur des terres enclavées dans le domaine dautrui.

FRONDE , FRONDEURS. - La Fronde, qui a troublé la France de 1648 à 1653,

tirait son nom d'un jeu d'enfants qui se battaient à coups de fronde. Le chapeau des frondeurs , orné d'une paille , fut quelque temos à la mode et devint un

signe de ralliement.

FRUSTRATOIRE. — Terme de palais 8'appliquant à un acte qui n'avait poor but que de tromper et gagner du temps. On disait dans ce sens un appel frustratoire. - On donnait aussi le nom de frustratoire à un vin épicé qu'on buvait à la Hn des repas ; nn y mettait du sucre et de la muscade.

FUMAGE. — Droit qui se levait, en certains pays, sur ceux qui faisaient feu et fumée. Le fumage avait beaucoup d'analogie avec le fouage 11 était encore perçu par quelques seigneurs au xviu» siècle (liist. de tiret., par D. Lobineau, I, 201).

FUNAMBULES. — Danseurs de corde.

Voy. Fêtes , S III.

FUNERAILLES. — J Funérailles des Gaulois et des Francs. — I<es funérailles des che s gaulois se célébraient avec nompe. on élevait un tertre , qu'on appelle topbelle ou tumulus , pour indiquer le lieu où étaient déposés leurs restes mortels. Des armes de fer ou de pierre y étaient placées , et c'est en creusant le terrain recouvert par ces tombeaux que l'on a trouvé le plus grand nombre d'armes gauloises, de colliers, de vases, etc. On immolait quelquefois un cheval et même des esclaves aux funérailles des chefs gaulois. Sous la domination romaine, les Gaulois enfermèrent les urnes cinéraires dans des sarcophages en pierre

3 ni étaient placés ordinairement le long es voies publiques. Les Francs ne brûlaient pas les corps. Us ensevelissaient dans des étoffes précieuses les corps des personnages illustres et plaçaient dans les tombeaux des armes , des pièces d'or et autres objets de prix; témoin le tom- )>eau de Childéric 1«», découvert à Tournai en 1655 . Un fer de cheval et des débris de harnais tirent supposer que l'immolation du cheval avait eu lieu mit le tombeau. On y trouva des abeilles d'or de grandeur naturelle. Un anneau d'or portait l'effigie d'un guerrier à longue chevelure avec l'inscription : chu dbhic roi.

$ II. Funérailles de* rois. — L'abbaye de Saint-Denis fondée par Dagobert devint le lieu de sépulture des rois de France. Le cérémonial de ces sépultures royales est décrit fort au long dans les anciens rituels. Lorsque le corps avait été embaumé et enfermé dans un cercueil de plomb , l'effigie du roi était exposée pendant plusieurs jours sur un Ut de parade, revêtue des insignes de la royauté. Elle devait porter pourpoint , tunique et dal-

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