‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 243 sur 300 · FUT · texte numérisé non relu

FUT

matique de drap d'or à Heurs de lis fourré dignités sur la tombe royale. Le grand d'hermines fermes par-dessus l'épaule maître rompait son bâton de e o m mandearec une agrafe de perles : un sceptre étui I ment, et le roi d'armes criait par trois placé dans la main droite du roi , une fois : Le roi est mort. Puis rel evant la main de justice dans la gauche , avec bannière de France il poussait le cri de : des anneaux aux doigts, une couronne en Vive le roi. Les funérailles royales se tète, des cbausses et des souliers sem- terminaient par un repas que Ton servait blables aux vêtements. Un drap d'or cou- daus l'abbaye môme à tous ceux qui vrait la litière , et au haut, vers la tète, , avaient fait partie du cortège. On prononétaient placés deux oreillers de velours çait souvent dans ces cérémonies un vermed ornés de perles. Au pied de la discours en l'honneur du prince défunt et litière, deux lampes d'or, une crois, un l'orateur religieux eu tirait des leçons bénitier, et deux encensoirs d'or ; au-des- pour les auditeurs. Une des plus anciensus de la litière un ciel de drap d'or sou- nés oraisons funètwes , dont le souvenir tenu par quatre lances. Les officiers de la soit parvenu jusqu'à nous, est celle qui fut maison du roi continuaient de faire leur prononcée en l'honneur de Duguesclin en service, et même on servait les repas 1 389 (voy. Oraison funèbre ). Il était comme du vivant du prince. Cet usage se d'usage qu'un catafalque portant les inpraiiquait encore au xvu» siècle; on Tob- signes du dernier roi qui avait reçu la servait aussi pour les princes. Mn,e de sépulture restât exposé au bas des de- Motte vt lie parlant du prince de Condé, gres du chœur. Les tombeaux élevés en nère du grand Condé, dit: «On servit l'honneur des rois de France, que Ton l'effigie de ce prince durant trois jours , voit encore dans l'église de Saint-Denis, selon la coutume. » sont du plus haut intérêt au point de vue Le corps des rois était primitivement de l'art. On remarque surtout le tombeau porté à Saint-Denis par les princes et les de Henri I! , dont les sculptures sont de plus grands seigneurs. Dans la suite il fut Germain Pilon.

confie aux hanouards ou porteurs de sel Des services funèbres étaient célébrés qui devaient le porter jusqu'à la première pour le roi mort, dans toutes les églises croix de Saint-Denis et là le remettre aux de France où l'on élevait des cénotaphes religieux. L'origine de ce privilège des ou tombeaux vides qui reproduisaient une banouards a donné lieu à beaucoup d'by- partie de la pompe des funérailles aopothèses. On a supposé qu'il tenait à ce lennelles. Les obsèques des princes et des qu'autrefois dans les embaumements on autres personnages d'un rang émineni faisait usage de sel. Quoi qu'il en soit de étaient accompagnées de cérémonies anaces conjectures, le corps était remis par logues aux pompes funèbres de la royauté, la corporation privilégiée aux moines de Le poêle ou drap mortuaire était soutenu Saint-Denis qui devaient le porter jusqu'à par les parents et amis du mort. On a conl'abbaye; mais, comme le fardeau leurpa- servé jusqu'à nos jours l'usage de faire rut trop pesant, ils traitèrent avec les tenir les cois* du drap mortuaire dans hanouards qui le portèrent jusqu'au lieu les funérailles célébrées avec pompe. Au de la sépulture. Les princes, les grands convoi des chevaliers, on portait les diofflciers de la couronne, les hauts digni- verses pièces de l'armure. Quelquefois on taires du clergé, les cours souveraines, faisait représenter le chevalier mort par parlement , chambre des comptes , cour un homme à gages revêtu de son armure des aides, l'université, le corps de ville et chargé d'imiter ses gestes et sa déassistaient à la cérémonie. Les vingt- marche. On ne se contentait pas de l'efquatre crieurs de ville vêtus de deuil pré- flgie qui devait rappeler ses traits et soo cédaient le cortège en sonnant perpétuel- costume ; on voulait en quelque sorte le lement leurs cloches et criant : « Priez retrouver dans un autre lui-même. Cet Dieu pour l'âme de très-haut, très-puis- usage dénote assez la grossièreté et le sant et très-magnanime prince , etc. » Le mauvais goût du temps. 11 faut attribuer chevald'honneurtoutcaparaçonné denoir également à la barbarie du moyen à«e suivait le corps ; c'était un souvenir des l'usage de ces pleureurs à gages qui defunérailles gauloises oh le cheval du chef vaient simuler et exagérer les signes de était immole sur sa tombe. Venaient en- douleur. Deux guerriers qui n'étaient pas suite tous les serviteurs du roi vêtus de du sang royal eurent l'honneur d'être endeuil, portant ses armoiries et des cierges terrés à Saint-Denis : le premier fut Duallumés, guesclin et le second Tu renne.

Lorsque le service funèbre était ter- $îli. Usages particuliers dans les fu-

miné, le roi d'armes appelait les hé- nérailles. — Au service qui fut célèbre à

rauts d'armes et les officiers du roi qui Saint-Denis, en 1389, pour l'âme de Du-

venaient déposer les insignes de leurs guesclin, par ordre de Charles VI, on

fun

présenta à l'offrande quatre chevaux de l'écurie du roi. Ne serait-ce pas encore un souvenir de l'usage des Gaulois et des Francs d'immolé i des chevaux aux funérailles ? Il faut encore remarquer, parmi les usages observés autrefois aux Funérailles, la coutume d'y porter des barbes de 01s d'or. Elle se pratiquait surtout aux funérailles des grands ( Sainte- Palaye , v» Habillement ).

, S IV. Funérailles des ecclésiastiques. — Les funérailles des ecclésiastiques ont seules conserve jusqu'à nos jours une partie de la pompe du moyen a-e. Dans beaucoup de villes on expose les curés défunts sur un lit de parade, au milieu d'une chapelle ardente et on promène leur corps revêtu d'ornements sacerdotaux.

La sépulture monastique donne aussi lieu à des cérémonies particulières. Quand un moine de la Grande Chartreuse vient à mourir, on l'étend tout habillé sur une planche. C'est un jour de fête pour la commun au té. On s'assemble au réfectoire ; les jeunes de l'ordre sont rompus pour célébrer ce jour qui commence une nouvelle vie(Michelet, Origines du droit). A Rouen, lorsque mourait l'abbé de Saint-Ouen , on donnait un repas, ou l'on servait du meilleur vin et des épiées de toutes sortes. D. Martène, dans le Voyage littéraire de deux bénédictins (IIe partie, p. 3), raconte ainsi les funérailles d'un bénédictin :

«Nous arrivâmes à Fontevrault comme on était occupé à faire les obsèques d uo jeune religieux qui était mort ce jour-là. Le matin, on l'avait porté dans l'église des religieuses, oh l'on avait chanté pour le repos de son âme une grand'messe, et toutes les religieuses lui avaient donné l'eau bénite. De là, on l'avait transporté dans l'église des religieux, oh il était revêtu de ses habits monastiques, tenant en sa main une bougie, avec sa règle, qui était comme la sentence de son bonheur éternel, s'il l'avait bien gardée, ou de sa damnation , s'il l'avait mal observée. »

S V. Funérailles des marins. — Autrefois la sépulture des marins morts en mer était célébrée avec des usages particuliers. On lavait le corps du défunt et on l'ensevelissait dans une couverture ou mante de natte ou dans un vieux morceau de toile à voile; ou attachait à ses pieds une grosse pierre ou un boulet, et on le jetait à la mer sous le vent de la route, avec un tison de feu.

S VI. Crieurs des morts. — Dans quelques contrées, l'usage des crieurs de morts a été conservé. A certaines époques, ils font une commémoration des dclunts, pour lesquels ils sollicitent les prières des vivants.

pus m

S VIL Cimetières. — A partir du îx# siècle et jusqu'à la révolution, on enterrait dans les églises on autour de ces monuments. Les cimetières étaient ainsi placés au centre des villes et on y élevait ordinairement des ossuaires qu'on appelait charniers. Un des plus célèbres était le charnier des Innocents à Paris. C'était une galerie voûtée , oh l'on enterrait les. personnes dont les familles réclamaient1 une sépulture particulière. Oo voit encore de» charniers auprès de quelques églises de campagne. Les aociens cimetières étaient souvent ornés de sculptures qui représentaient des sujets funèbres et principalement la danse macabre (voy.

Danse macabre ). Le décret du 23 prairial an xii (i«r juin 1803) qui régit encore aujourd'hui les cimetières communaux , défendit les inhumations dans les églises et dans l'enceinte des villes et villages. Les terrains consacré» aux inhumations devaient être placés à trente-cinq ou quarante mètres au moins de l'enceinte des villes. Le même décret (art. 14) autorise l'inhumation d'une personne dans sa propriété, pourvu que celte propriété soit située à la distance exigée des villes et villages. Le choix de l'emplacement fut laisse aux communes; l'autorité ecclésiastique intervint pour le hénir. Chaque culte a maintenant son cimetière séparé. Le soin de> funérailles est confié à une administiation spéciale qui est appelée administration des Pompe» funèbres.

S VIII. Epitaphes. — L'usage des e'pitaphes remonte à "une haute antiquité. On les trouve sur les tombeaux romains qui sont si communs, surtout dans le midi de la France. Il y a aux environs d'Arles un vaste cimetière qu'on appelle les Aliscamps ou champs Êlysées et qui est presque entièrement rempli de tombeaux romains avec leurs épitaphes. A l'époque mérovingienne , on les grava dans l'intérieur du tombeau , de peur, disait-on, de provoquer les violations de sépultures.

Sous les Carlovingiens les épitaphes fu rent de nouveau placées à l'extérieur. On remarque celle de Pépin , dont voici la traduction : « Ci-gît Pépin, père de Cbarlemagne. >» Elles furent pendant longtemps rédigées en latin et quelques-unes attestent du goût et un sentiment vrai et profond. On peut citer, entre autres, celle qui montre le tombeau comme un lieu de passage, et fait allusion à la résurrection universelle : tiinc surrecturus.

FURETS. — Voy. VÉNERIE.

FUSIL , FUSILIBRS. — On appelait primitivement fusil la pierre d'où jaillit le feu. Le nom s'est, dans la suite, étendu

m GAB

aux armes munies de pierres à feu. D'an- de rotation par le simple choc du chien

ires font dériver le mot fusil de fusée , muni d'une pierre à feu contre le bassî-

parce que le tube métallique lance une net. 11 fallut trente ans avant que cerné -

véritable fusée. Ce fut seulement à lepo- canisme beaucoup plus simple remplaçât

«lue de Louis XIV que l'on substitua le le fusil à rouet: En 1 671, lorsqu'on orga-

fusii au mousquet et S l'arquebuse. L'a- nisa un régiment pour le service spécial

vantage principal consistait dans la sim- de l'artillerie , on l'arma de fusils; d*oà

pli ci te du mécanisme. On se servait anté- il prit le nom de régiment des fusiliers,

rieurerocnt d'un rouet ou disque d'acier ; Dans le même temps, on commence à ar-

on le mettait en mouvement au moyen mer les fusils de baïonnettes C voy. ce

d'un ressort . et par sa rotation rapide il mot ). Depuis cette époque on n'a cessé

faisait jaillir des étincelles d'une pierre de perfectionner les fusils. En 1S3I , on

à feu , qui communiquait avec le bassinet a commencé à se servir de gros fusils ap-

et mettait le feu à la pondre. Vers 1630 , pelés fusils de rempart dont la portée es:

remplacer ce mouvement de douze cents mètres. Voy. Armes.

GABARE. — Bateau large et plat. Voy. à la marque que les commis des greniers

Navigation. mettaient dans le sel pour en reconnaître

GABELAGB. - Marque que les commis ,a provenance. Un grènetier, assisté d'un

des greniers à sel mettaient dans le sel clerct administrait le grenier; 11 fixait le

pour en connaître la provenance. On ap- Pnx du sel avec le marchand , et le ven-

pelait encore gabelage le temps pendant «J*1 aux acheteurs eu gros. La vente de

lequel on laissait le sel dans le grenier deuul eta,t abandonnée à des regratiers.

i ' \tïl' t ci'v «I — j x Un tarif réglait le prix de vente. Ce qui

51 d0."në B,?Jeroï" wndait surtout la gabelle odieuse, c'est

£ïnV^ 06 <ïue,'0D fwÇ* le peuple de renouveler

nom est reste comme une injure. J^us les trois mois «ne provision de sel

GABELLE. — Le mot gabelle désignait qu'on lui imposait. Il n y avait que les primitivement toute espèce d'impôt. Du propriétaires de marais salants qui pus- Gange (v*Gabella) le fait dériver du sent garder la portion nécessaire pour saxon gapol ou gapel . qui signifie tribut, leur consommation ; c'était ce qu'on ap- D'autres le tirent de l'allemand gabe, ob- pelait le franc-salé. Leprivilé^e de francgabe qui a la même signification. Les salé fut encore accorde à quelques villes percepteurs de ces sortes d'impôts s'ap- et à quelques corps qui pouvaient prendre [>elaient gabeleux , gabelous, gabella- du sel dans les greniers sans payer aucun leurs , mots qui sont restés dans le lan- droit. Les grènetiers devinrent juges pour gage populaire comme des sobriquets les procès de fraude en matière de gainjurieux. Peu à peu le nom de gabelle belles, avec appel devant la cour des ais'appliqua exclusivement à l'impôt sur des. Du reste, la gabelle ne présentait pas le sel qui éuit le plus odieux de tous, un caractère plus uniforme que la plupart Cet impôt se percevait dès le xui" siècle des impôts de l'ancienne monarchie. Les sous saint Louis et Philippe le Hardi ; provînt es d'états avaient aussi sous ce mais il n'avait pas encore été régula- rapport leurs privilèges. Ainsi, en Languerisé, et chaque seigneur le levait dans doc , il n'y avait pas de greniers à sel. Les ses domaines. Ce tut seulement en 1342 états adjugeaient l'impôt sur le sel comme qu'on établit des greniers à sel dans un impôt ordinaire. La surveillance royale toutes les provinces qui dépendaient du se bornait à faire inspecter les salines par domaine de la couronne. Philippe de Va- un visiteur. En Poitou et en Saintonge, la lois en reçut le nom de rot salique, qui gabelle était remplacée par un droit qui fdisait d'ailleurs allusion à la loi qui l'avait était le quart du prix de vente et qu'on élevé sur le trône, l e droit perçu était appelait le quart du sel. d'un cinquième du prix de la vente; lorsque la royauté fut mieux affermie il devint permanent depuis le règne de et l'administration plus régulière sous Charles V. Tout le sel fabriqué dans cha- Louis XII , François Ier, Henri II , on s'efque province devait être porté au grenier força de donner un caractère uniforme royal sous peine de confiscation. Le temps aux gabelles. François I**-, après avoir sop que le sel demeurait dans le grenier s'ap- primé les greniers à tel, auxquels il avait pelaitoofceiooe. On donnait encore ce nom substitué un droit perçu sur les marais

GAG

salants, les rétablit en 1544, et les étendit à des provinces qui n'en avaient pas antérieurement, telles que la Guyenne et la Saintonge. Il en résulta une révolte, et Henri II , pour la terminer, consentit à lu suppression des greniers à sol dans ce» provinces, où ils turent d'abord remplacés par le quart du sel. Mais, en 1553, le Poitou, le Limousin JL& Marche, la Saintonge, le Rochelois, le Péiigord, l'An-

Ï;oumois , la Guyenne, l'Àgenois, le Quercy, es pays des Landes , d'Armagnac , de Condom et de Comminges suivirent l'exemple de l'Auvergne , qui, dès 1549, s'était rachetée de tout impôt sur le sel. Ces pays prirent le nom de pays rédimés. Il leur était défendu d'exporter le sel dans les pays de gabelles ; mais toutes ces mesures furent impuissantes pour empêcher la fraude. Les minisires, qui s'occupèrent avec zèle des finances, tels que Sully, Hichelicu, et surtout Colbert, remédièrent à quelques abus des gabelles:

mais l'impôt sur le sel fut maintenu avec le monopole odieux attribué aux fermiers, la vente forcée et les différences entre les pays de salines, comme la Franche-Comté, les trois évêchés, la Lorraine et l'Alsace, où l'impôt était perçu sur les marais salants ; les pays rédimés : les pays exempts ou de franc-salé (Bretagne, Artois, Hainaut, Cambrésis et Flandre); les pays de petites gabel les (Lyonnais, Forez, Beaujolais, Maçonnais, vêlay, Vivarais, Bresse, Bugey, Vali omey, pays de Gex, Provence, comtat Venaissin , Dauphiné, Roussillon, Rouergue et une partie de la haute Auvergne) et les pays de grandes gabelles où l'impôt était plus considérable et où étaient les sièges des juridictions dites grenier» à sel ( voy. Greniers a sel). Les gabelles et les greniers à sel attaqués par Vauban , qui aurait voulu procurer au peuple a meilleur marché cette manne dont Dieu avait gratifié le genre humain, n'ont été supprimés que par la révolution (loi du 10 mai 1790).

GABELOUS.— Percepteurs des gabelles ou droits sur le sel. Ce nom est resté dans le langage populaire pour désigner les agents chargés de percevoir les taxes ou octrois aux barrières des villes.

GAFFETS. — Population semblable aux Cagots. Voy. Cagots.

GAGE. — Aux époques où les banques (voy. ce mot) n'avaient pas encore été organisées, on ne prêtait que sur gage. Les juifs, qui faisaient presque seuls le commerce d'argent, n'étaient pas scrupuleux sur le choix des objets qu'on leur remettait en nantissement. Une ordonnance de Philippe Auguste, rendue en

1218, leur défendit de recevoir en gage des ornementa d'égli&e et des vêtements souillés de sang, qui pouvaient servir à constater un crime; do prendre les instruments du travail, le soc de la charrue, les bêtes de labour ou le blé batiu , non plus que les vases sacrés et terres d'église. Saint l ouis ordonna que les juifs ne prendraient pin- de gages sans témoins. Louis X le Huvin renouvela les défenses de Philippe Auguste, et le roi Jean comprit dans les objets qu'on ne pouvait recevoir en gage les reliques, calices, livres d'église et les fers de moulin. Antérieurement, en I3i7, Philippe V le Long avait déclaré que les prêteurs sur gage ne pourraient se défaire du gage qu'au bout d'une année, et encore si l'objet qu'ils avaient reçu se détériorait. Dans le cas contraire, ils devaient le garder deux années entières.

GAGE DE BATAILLE. — L'usage des gages de bataille tnnait à l'organisation judiciaire de la féodalité où l'on procédait rarement par les voies régulières de l'audition des témoins et de la discussion des pièces. On préférait la voie des armes. Celle des parties qui demandait le duel , jetait à son adversaire un gage de bataille. C'était ordinairement un gant, gantelet ou chaperon. S'il était relevé, et que les juges autorisassent le duel , on se rendait au champ clos pour en appeler au jugement de Dieu (voy. Duel). Jusqu'au xiii* siècle, rien ne fut plus commun que le duel judiciaire. Saint Louis le restreignit à des cas très-rares. Philippe le Bel, ou plutôt les légistes ses conseillers, s'efforcèrent aussi de ramener la procédure à des principes plus équitables. Une ordonnance de ce prince défendit de relever le gage de bataille , à moins qu'il ne s'agît d'un crime capital ; que le crime fût bien constaté; que l'auteur lûtsouoçonné sans qu'on pût établir sa culpabilité ou son innocence par témoins ou par autres voies de droit. Ces précautions restreignirent considérablement l'usage des gages de bataille qui finit par disparaître avec les duels judiciaires. On appelait encore gage de bataille la caution que devaient fournir ceux qui en appelaient au duel judiciaire. Cette caution était déposée entre les mains du seigneur haut justicier.

Voy sur les cérémonies des gages de bataille un traité publié, en 1830, par M. Crapelet.

GAGE (Mort-).— On appelait mort-gage ou gage-mort nans l'ancien droit français, celui dont on laissait jouir le créancier qui percevait les fruits ou revenus de la terre donnée en gage, sans que la dette

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