GAN
GAR
du feu dans leurs maisons; leurs cheminées étaient garnies de feuillages et autres verdures , si Pou pouvait en avoir, et l'on en jonchait aussi les chambres. Une serge légère était la seule couverture qu'on vit sur leur lit. » Ces extravagances ont contribué à discréditer la chevalerie, dont les principes étaient exagérés et faussés par ces }>énitents d'amour. Quelques-uns de ces fanatiques périrent victimes de leur folie.
GALVARDINE. — Manteau dont on se servait pour se préserver de la pluie; c'étaient surtout les paysans qui se cou - Traient de galvardines.
GAMBAGE. — Droit que payaient les brasseurs ; il variait suivant les contrées.
GAMBESSON. — Espèce de plastron qu'on portail sous la colle de mailles et sous l'armure pesante des chevaliers du xi« au xvi« siècle, pour empêcher qu'elle ne meurtrit la peau. On l'appelait encore gambeson , gambison , gamboison, cotte gambiosiée , gaubisson, goubisson , etc.
GANACHE. — La ganache ou garnache était une robe de chambre qui se mettait par-dessus le surcot. M. houétrd'Arcq (Comptes de l'argenterie des roi* de France ) cite un cm pie de 1387, où sont mentionnées les fourrures pour une gamache.
GANELON. — Ce nom était synonyme de traître au moyen âge. D'après les légendes , Ganelon avaii trahi l'armée de Cbarlemagne à la bataille de Uoneevaux.
GANT, GANTELET, — Les gants et gantelets étaient une partie du costume et de l'armure ( voy Akmes et Habillement). U y avait des gants de diverses espèces, des gants de fauconnier, appelés aussi gants d'oiseau , qui étaient faits de cuir de buffle, des gants de chamois, de cuir de cerf, etc. Quelquefois les gants étaient ornés de boutons d'or. On lit dans un compte de 1352, cité par M. Douêt-d'Arcq | Comptes de l'argenterie des rois de France w Quarante-huit boutons pour deux paires de gants de chien , couverts de chevrotin , garnis au bout de quatre boutons de perles. I es gants et gantelets ne servaient pas seulement de parure et d'arme défensive ; ils élaient encore un symbole : Jeter le gant, c'était provoquer eh duel ; le relever, c'était accepter la provocation. Le cérémonial ne permettait pas de rester ganté en présence d'un supérieur ou en entrant dans un lieu qui imposait le respect. Les légendes du moyen âge menaçaient de la Tengeance divine quiconque n'ôtait pas
ses gants dans une église. On lit dans la vie de sainte Vaubourg, publiée par les hollandistes, qu'un clerc étant entré dan« une église, sans ôier ses gants , ils restèrent attachés à sa peau et il n'obtint d'en être délivré qu'après quinze jours de prières II était défendu aux juges royaux de porter des gants dans l'exerce * de leurs (onctions. Aux xvu* et xvtu* siècles, on devait se déganter en entrant l dans la petite et dans la grande écurie du roi. Si l'on manquait à celle formali té , on s'exposait aux insultes des pages et des palefreniers. — On appelait encore gantt une redevance féodale qui se payait quel quefoisen nature On voit, dans uneciiui i d'un évèque d'Amiens, qu'à chaque veift de maison ou de terre, il avait une pa de gants. Mais le plus souvent, cette redevance se payait en argent, et correspondait . dit M. Guérard ( Prolégom. du car/. de Saint- Père), k ce que nous appelons les épingles. Ce droit seigneurial existai: encore au xvin» siècle, et s'appelait rentes et gants. D'après la coutume de Chàteauneuf, les gauts appartenaient su sergent ou huissier.
GANTIERS. — Voy. Parti mfcrs.
GANTS- DE -NOTRE - DAME. - C'étai»
autrefois un usage en Lorraine, lorsque les seigneurs voulaient se faire la guerre, d'élever à une certaine hauteur une touffe d'herbe qu'on appelait les gantsde-notre-dame.
GARANT. GARANTIE. — Caution judiciaire. On distinguait, dans quelques anciennes coutumes, le garant absolu du garant contributeur. Le garant absolu était celui qui prenait complètement fait et cause pour le garanti. Le garant contributeur ne répondait que pour uue partie de la propriété ou pour un cas spécial.
GARBELAGE. — Droit de quatone sous par quintal qui était prélevé sur les marchandises expédiées pour les échelles du Levant.
GARDE. — Le mot garde a servi principalement à désigner les corps chargés de veiller à la sûreté des souverains ou des assemblées représentant la nation.
Dans l'ancienne monarchie, les rois ont toujours eu près d'eux une troupe d'élite désignée sous différents noms et attachée spécialement à leur personne. Telle fut . entre autres , la garde écossaise ( voy. Maison du ItOt). L'Assemblée constituante en proclamant la monarchie constitutionnelle, donna à Louis XVI une garde constitutionnelle qui devait être composée
do dix-huit cents hommes. Cette garde prêta Ferment au roi le 16 mars 1792 et l'ut licenciée dans les derniers jours de mai de la même année. La Convention s'entoura aussi d'une garde spéciale !ormée de deux bataillons. On désigna d'abord ces gardes de lu Convention par le nom de grenadiers-gendarmes près la représentation nationale. Le Directoire eut une garde de cent vingt cavaliers et deux cent quarante fantassins. Le premier consul pona à piès de sept mille hommes sa garde personnelle ou garde consulaire qui fut le noyau de la garde impériale. Napoléon fit entrer dans la garde impériale l'élite de l'armée; elle prit le nom de vieille garde, en 1807. lorsqu'on commença à organiser une nouvelle garde composée de recrues qu'on appela la jeune garde. La garde impériale s'augmenta successivement , et, en i s 12 , el le s'élevait à pins de cinquante mille nommes. En ISIS , elle dépassa quatre-vingt mille hommes. Licenciée en 1 s 1 1. reconstituée en l*i5, elle rut définitivement dispersée, après Waterloo , dans les divers corps de l'armée, outre la garde impériale Napoléon eut, en 1813, une garde d'honneur à cheval forte de dix mille hommes. Ces garde* d'honneur, choisis parmi les jeunes gens de familles riches, devaient s'habiller, s'équiper et se monter à leurs frais. Us avaient le rang et la solde des soldats de la garde impériale , à laquelle ils étaient incorporés.
La restauration rétablit les gardes du corps ( voy. Maison ou soi ) qui se composèrent de quatre compagnies. Le comte d'Artois avait aussi des gardes du corps , qui à son avènement au trône formèrent la cinquième compagnie de cette troupe d'élite. Les gardes du corps furent licenciés par ordonnance du 11 août 1830. la restauration avait encore organisé la garde royale composée de deux divisions d'infanterie , chacune de deux brigades , et de deux divisions de cavalerie qui comprenaient des cuirassiers , grenadiers à cheval, dragons, chasseurs à cheval, lanciers et hussards , un régiment d'artillerie à cheval , un régiment du train et un régiment d'artillerie à pied. Klle s'élevait à plus de vingt-six mille hommes. La garde royale a été supprimée le 11 août 1830 , en même temps que les gardes du corps. Peu de temps après ( 16 août 1830 ), la garde mumcipaie à pied et à cheval fut instituée et forma un corps d'élite composé de plus de trois mille hommes, chargé spécialement de veiller à la sûreté de Pans et placé sous les ordres du ministre de l'intérieur et du préfet de police. Licencié en iSi8,
ce corps a été réorganisé sous le nom de garde républicaine. Une ordonnance du 14 décembre 1852 vient de décider qu'il serait appelé garde de Paris.
GAKDE ( Avant-). — L'usage de faire précéder l'année par un corps chargé de reconnaître l'ennemi et qu'on appelle avantgarde, existait chez les Grecs et les Humains. Mais il ne fut pas toujours observé pendant le moyen âge. A la bataille de Courtray. en 1302, les r rauçais, avant d'attaquer les Flamands, ne tirent pas explorer le terrain et la position des ennemis. Les chevaliers, malgré l'opposition du connétable Kaoul de Nesle», se précipitèrent avec une a^eugle impétuosité, et vinrent s'engloutir, hommes et chevaux , dans un bras de la Lys, dout les Flamands avaient eu la prudence de couvrir leur camp, l orsque les armées sont retranchées dans un camn, on établit des vedettes ou sentinelles pour avertir de l'approche de 1 ennemi; puis les grandes gardes ou gardes avancées qui veiheni sur l'enceinte du camp, et sont protégées par quelque fortification naturelle ou artificielle. Le commandement du premier corps de bataille, qu'on appelait aussi quelquefois avant-garde , était un des privilèges du connétable de France.
GARDE BOUUGEOISE.— La garde bourgeoise donnait aux bourgeois de certaines villes et entre autres de Paris le droit d'administrer les biens de leurs enfants mineurs et d'en percevoir les revenus.
Les Parisiens avaienlobienu de Charles Y le droit de garde bourgeoise le 9 août 1371: Charles VI confirma l'ordonnance de son prédécesseur le 5 »oùi (39u. Les parents qui avaient la garde bourgeoise devaient fournir caution à la différence de etux qui avaient la garde noble (voy. ce mot). Le gardien était tenu de pourvoir S l'entretien et à l'éducation du mineur, de payer les dettes de la succession qui avait donné ouverture à la garde, suivant la maxime du droit coutum er qui garde piend . quitte la rend. C'était encore le devoir du gardien d'entretenir les maisons et héritages du mineur en bon étal, et de payer les arrérages des rentes et charg-s annuelles dont la succession était gré ée. La garde bourgeoise finissait à quatorze ans pour les enfants mâles et à douze ans pour les filles.
GARDE CONSULAIRE, G\RDE CON- STITUTIONNELLE , GAllDF. I.MJ ÊIUALE , GAKDE MUNICIPALE, GARDE ROYALE.
— Voy. Garde.
GAR
CARDE DE LA CONVENTION , GARDE D'HONNEUR, GARDE DU DIRECTOIRE, GARDE DU CORPS LEGISLATIF. — Voy.
Gardb.
GARDE DES SCEAUX. - La garde du sceau royal fut toujours une dea plus hautes fonctions de l'Éiat Sous les Mérovingiens, on appelait référendaire celui qui en était charge. Plus tard , cette fonction fut confiée aux chanceliers et fut considérée comme une de leurs prérogatives les plus importantes. Dans Tes premiers temps , celui qui était chargé du sceau, le portail suspendu à son cou , de peur qu'on n'en abusât en son absence. Dans la suite, les chanceliers et gardes des sceaux se bornèrent à porter les clefs du coffre où étaient enfermé» les sceaux. Ce coffre, couvert de vermeil , était divisé intérieurement en trois cases, dont l'une renfermait le grand sceau de France et son contre-scel; la seconde, couverte de velours rouge et parsemée de fleurs de lis et de dauphins de vermeil, renfermait le sceau particulier dont on se servait pour la province deDauphiné. La troisième cassette contenait le sceau de l'ordre de Saint-Louis.
La charge de garde des sceaux ne parait pas remonter à une haute antiquité. Dans les actes du temps de Philippe Auguste, quand il n'y avait pas de chancelier, on écrivait au bas de la charte : pendant la vacance de la chancellerie (vacante cancellaria). Mais, au xvi« siècle , soit pour soulager un chancelier affaibli par l'âge ou la maladie, soit pour écarter un chancelier inamovible et lui enlever tout pouvoir, on créa des gardes des sceaux. Louis XII confia les sceaux à Etienne Poncher, évêque de Paris , parce que la santé du chancelier, Jean de Gannay, était altérée. Dans la suite, on nomma souvent des gardes des sceaux pour cause politique, et, en ce cas, le chancelier était presque toujours exilé.
Le garde des sceaux prêtait un serment dont voici la formule : « Vous jurez Dieu votre créateur, et sur la part que vous prétendez en paradis, que bien et loyaument vous servirez le roi à la garde des sceaux qu'il vous a commise et commet présentement; que vous garderez et ferez garder, observer et entretenir inviolablement les autorités et droits de la justice, de sa couronne et de son domaine, sans faire ni souffrir faire aucuns abus, corruptions et malversations, ni autre chose que ce soit ou puisse être, directement ou indirectement, contraire, préjudiciable ni dommageable à iceux ; que vous n'accorderez, expédierez ni
ferez sceller aucunes lettres incivile-
et déraisonnables ni qui soient contr.
les commandements et volontés dudi.
seigneur, ou qui puissent préjudiciel* à ses droits et autorités, privilèges, franchises et libertés de son royaume ; que vous tiendrez la main a l'observation ses ordonnances, mandements, édite, et à la punition des tran agresseurs M contrevenants à iceux ; que vous ne prendrez ni n'accepterez d'aucun roi. prince , potentat , seigneurie , communauté, ni d'autre personnage particulier, de quelque qualité et condition qu'il sou aucuns états, pensions, dons, présea** et bienfaits , si ce n'est du gre et consentement dudit seigneur; et, si auc vous en avaient jà été promis , vous le quitterez et y renoncerez ; et généralement vous ferez, exécuterez et accoaplirez en cette charge et commission d< garde des sceaux du roi , en ce qui la concerne et en dépend , tout ce qu bon, vrai et loyal chancelier de France, duquel vous tenez le lieu, peut et d faire pour son devoir, en la qualité de sa charge, et ainsi vous le promettez et jurez. »
Le garde des sceaux avait le mène costume que le chancelier, et comme lui il avait la tapisserie fleurdelisée. Aux Te Deum, il avait un siège de la même forme que celui du chancelier, mais placé à gauche. Au-dessus de se»
armes, il portait le mortier a double galon , et derrière le manteau deux masses passées en sautoir. Lorsqu'il sortait, il était accompagné d'un lieutenant de la prévôté de l'hôtel et de deux hoquetons ou gardes de la prévôté. Au conseil , il siégeait immédiatement après le chancelier. 11 y avait cependant une différence essentielle entre les fonctions de chancelier et celles de garde des sceaux : les premières étaient inamovibles et les secondes temporaires. En 1760. la charge de garde des sceaux fut supprimée; rétablie en 1815, elle a été réunie , depuis cette époque, au ministère delà j
Les principaux gardes des sceaux ont étérPun ippe d'Antognï sous saint Louis. Nicolas m-. Ghosparmt, archidiacre de Chartres et narde du scel royal en 1249; li accompagna saint Louis à la croisade, et y mourut en 1250: < . ii i.es de Sacbui, archevêque de Tyr, garde du scel royal en 1258; Kaoix "de Grospaamy. ; d'Évreux, également sous saint Louis; Simon de Mont pincé, qui devint pape en 1281 , sous le nom de Martin IV, avait été pendant quelque temps garde des sceaux sous saint Louis. M atthieh de Vendôme, abbé de Saint-Denis, et Simo>
de Clkrmomt, seigneur de Nesle, furent
munis d'un sceau particulier pour l'expédition des lettres et chartes pendant la croisade de saint Louis (1270). Foulque de Bardoul, conseiller au parlement de Paris, eut la garde des sceaux pendant la captivité du roi Jean en Angleterre (1356). Ithier ne Martrbuil, évèque du Pu y, et ensuite de Poitiers, fut successivement maître des requêtes et garde des sceaux; il mourut en 1403. Jean de vmlly, Arnaud de Marle, Guillaume t ho re Ar , Bureau Boucher, Guillaume Guéri* et Adam de c ambra y turent commis ensemble à la garde des sceaux , en l'absence du chancelier, en 1418. Robert de Rouvres , garde des sceaux en 1442. Adam Fumée , seigneur des Roches et de Saint-Quentin, médecin des rois Char»
les vu et Louis XI, fut commis par ce dernier à la garde des sceaux de France pendant la disgrâce du chancelier Pierre d'Oriole; il remplit encore cette charge après la mort de Guillaume de Hochefoi t, en 1494. Étiehne PonCBER , évoque de Paris , puis archevêque de sens, fut commis à la garde des sceaux de 1512 à 1515. Matthieu de Longiejoue , seigoeur d*Yverny, évèque de Soissons, fut garde des sceaux de France en 1538, avant que Guillaume Poyet entrât en exercice; il reprit les sceaux en 1544 et ne les garda qu'une année. François de Montholon , président au parlement de Paris , garde des sceaux en 1542 ; François Errault , président au parlement de Turin , garde des sceaux en 1543 ; Jean Bertrand, premier président au parlement de Paris, puis évèque de Gomminges, archevêque de Sens et cardinal, garde des sceaux en 1551; Jean de Morvilliers, évèque d'Orléans, garde des sceaux en 1568 , après la retraite du chancelier de L'Hôpital. François de Montholon , fils d'un ancien garde des sceaux, fut pourvu de cette charge en 1588. Charles de Bourbon, cardinal de Vendôme et roi de la Liguettint lui-même les sceaux en 1589.
Guillaume du Vair, évèque de Lisieux, garde des sceaux en 1616; Claude Ma ncot de Villarceau, premier président au parlement de Bordeaux, garde des sceaux en 1616 et 1617. Charles d'Albert, duc de Luynes, fut chargé des sceaux en 162t. Mert de Vie, conseiller d'État, garde des sceaux (1621-1622).
Une commission du sceau fut formée en 1622; elle se composait des conseillers d'Etat Caumartin, Despréaux, de Léon et d'Aligre , assistes des maîtres des requêtes Godard et Machault. Louis Lefebvre DE Caumartin, garde des sceaux (1622-1623) ; Michel de Mahillac , garde