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(tileTours pour se convaincre de la cruauté les chamades accoutumées. On le cou- ' les guerres des v« et vt« siècles. Lorsqu'on duisit dans la ville où il attendit long- • 32 Thierry, un des fils de Clovis, enva- temps que le cardinal infant fût prêt à Te lit l'Auvergne, tout fut dévasté; les recevoir, ce qui était toujours retardé églises et les monastères furent rasés sous divers prétextes. Enfin , voyant la 1 usqu'aux fondements; les jeunes gens et journée se passer *ans qu'il eût audience, les jeunes femmes traînés les mains il tira de sa poche la déclaration écrite liées, & la suite du bagage, pour être dont il était porteur, et voulut la remettre -vendus comme esclaves. « Kien ne fut aux hérauts du pays qui l'étaient venus laissé aux malheureux habitants de ce trouver. Ceux-ci ayant refusé de la prenqu'ils possédaient, si ce n'est la terre dre, il sortit avec eux du logis où il avait seule que les barbares ne pouvaient era- été reçu et jeta sa déclaration par terre porter.»» (Script, rer. Gall., III, 191 à leurs pieds. Elle portait que, « le caret 356. ) La chevalerie et les efforts du dinal infant n'ayant pas voulu rendre la clergé introduisirent quelque adoucisse- liberté à l'archevêque de Trêves, électeur ment dans les usages de la guerre (voy. de l'empire, qui s'était nus sous la pro- Chevalerie). Certaines armes furent tection du roi , alors qu'il ne pouvait reprohibées entre chevaliers , et d'ailleurs cevoir de secoursde l'empereur ni d'aucun l'appât d'une rançon faisait presque tou- prince , ets'obstinant contre la dignité de * jours épargner les ennemis d'un rang l'empire et le droit des gens, à retenir élevé. Cependant l'histoire des xiv* et prisonnier un prince souverain qui n'avait xv« siècles est encore remplie de traits pas de guerre avec l'Espagne, le roi de d'une cruauté sauvage. Il faut arriver France était résolu de tirer raison par les aux xvi« et xvir» siècles pour trouver un armes de cette offense qui intéressait adoucissement au droit de la guerre, tous les princes de la chrétienté.» Cela L'usage d'entretenir des ambassadeurs fait, il traversa la ville, reprit le chemin ebaz les peuples voisins, les relations de la France; et, arrivé au dernier village commerciales et les intérêts qui liaient des Pays-Bas sur la frontière, il planta ainsi les nations entre elles , l'humanité en terre un poteau portant copie de la qui commençait à pénétrer dans les même publication. (Bazin, Histoire de mœurs, tout contribua à rendre moins France soue Louis XIII.) atroce le droit de la guerre. Grotius put S H. Guerre au moyen âge ; cris de écrire , en 1625 , le traité qui détermi- guerre. — Au moyen âge , la guerre était naît le droit des gens en cas de guerre, moins une lutte régulière soumise aux Parmi les anciens usages qui se rattachent lois de la tactique , qu'une mêlée confuse à la guerre, il faut d'abord parler de la où la force physique, la trempe des armedéclaration qui la précédait et qui était la vigueur des coursiers, l'adresse asscu, une tradition de l'antiquité. ratent le succès. Chaque chevalier était , S Déclaration de guerre. — Au comme le chef de bande , chez les Gerraoyen âge, la déclaration de guerre était mains, le centre dune troupe qui se accompagnée de formes solennelles. Le ralliait à son cri de guerre. Ces cris d'ardue de Bourgogne se préparant à faire la mes variaient à l'infini : Jérusalem pour guerre aux Liégeois ( 1 467 » envoya des hé- les sires de Chaulieu ; Passavant pour les rauts pour leur signifier la déclaration de comtes de Sancerre ; Chastelvtlain à guerre ; ils tenaient d'une main une épée l'arbre d'or, pour les seigneurs de Chànue, et fie l'autre une torche allumée pour teauvilain, etc. (voy. un grand nombre indiquer une guerre impitoyable , à feu de cris d'armes dans du Cange, dissertaet k sang. Dans une autre circonstance , tions à la suite de Joinville). Les villes Artois , roi d'armes de Bourgogne, n'ayant avaient aussi leur cri d'armes , à l'époque pas été reçu par les Parisiens qui gar- où les milices communales combattaient daient la porte Saint-Antoine, et auxquels sous la bannière de la cité. C'était tantôt il présentait les lettres de son maître, le nom de la ville même, tantôt celui du plaça la déclaration de guerre dans un patron. Ce ne lut qu'à la longue que dobàton fendu qu'il planta en terre. Un des mina le cri d'armes des rois de France, derniers exemples de cette coutume eut Montjoye Saint- Denys! Enfin, au xvi«siè- Heu en 1635, lorsque la France déclara cle, la tactique militaire commença a la guerre à l'Espagne. Un héraut d'armes substituer aux mêlées du moyen âge une de Frauce, sous le titre d'Alençon, se discipline savante qui faisait mouvoir sous rendit à Bruxelles, se revêtit de la l'impulsion d'une pensée et d une volonté cotte d'armes violette, parsemée de uniques, des milliers d hommes dont toufleurs de lis en or, avec les armes de tes les manœuvres devaient se concerter. France et de Navarre par devant et par Peu à peu la guerre *^™J*£** derrière, et fit sonner par un trompette S M. Guerte dans les temps modernes.
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— Les capitaines espagnols et italiens du xvi* siècle, Gonzafve de Cordoue, Pedro de Navarre, Alexandre Farnèse, puis fi ustave Adolphe, Condé, Turenne, Frédéric II , Napoléon marquent les diverses phases de là tactique militaire.
Un autre progrès de la guerre, c'est qu'elle devient plus rare à mesure que l'on avance vers les temps modernes. L'état de guerre est l'état habituel du moyen âge ; la paix ne règne que de loin en loin. Les causes de la guerre sont souvent aussi futiles que les conséquences en sont déplorables. Au xvr» siècle, les guerres ont du moins des causes plus sérieuses. Soit que laFrance entreprenne au loin des conquêtes, soit que les protestants et les catholiques en viennent aux mains pour des questions religieuses, le motif qui les met aux prises a une importance réelle. Au xvir» siècle, la France combat pour conquérir ses limites naturelles et la prépondérance en Europe. Si l'ambition de Louis XIV l'entraîna par la suite hors de cette voie, on ne peut nier que, sous Richelieu et pendant les trente premières années de Louis XIV, elle n'ait poursuivi son bu t avec gloire et succès. Au x vin» siècle, la guerre ne fut pas toujours entreprise dans un intérêt national; mais pendant la révolution et le consulat, elle eut un motif glorieux , la défense dû territoire menacé et l'acquisition des frontières naturelles. Entraînée plus tard dans des conquêtes ambitieuses , la France perdit le fruit de tant d'efforts; mais depuis les grandes guerres de l'empire, et, sauf quelques expéditions de courte durée, la France a goûté une paix prolongée, dont l'histoire d'aucune époque n'offre d'exemple. La seule guerre permanente qu'elle ait soutenue est une guerre de la civilisation contre la barbarie, une guerre qui a déjà rendu au christianisme et au monde civilisé une partie considérable de PAfrique.
S IV. Des prisonniers de guerre; partage du butin. — Dans l'origine les prisonnier* de guerre étaient tués ou réduits en esclavage. Plus tard ils furent mis à rançon et l'intérêt du vainqueur fut de les épargner; car ils étaient considérés comme faisant partie du butin et appartenaient à celui qui les avait pris. C'était une loi de la guerre que le parcage égal du butin entre tous les guerriers. Chez les Francs , le roi n'avait que la part qui lui était assignée par le sort. On en trouve une preuve frappante dans l'histoire du vase de Soissons. Clovis voulait, après la bataille de Soissons (486), retirer du butin un vase d'or qu'il destinait a saint Remv, archevêque de Reims. Mais un Franc frappa le vase de sa hache en
s'écriant : « Tu n'auras du butin que ce que le sort t'accordera. >» Clovis n'osa se venger immédiatement, et ce ne fut que plus tard qu'il tua ce soldat sons prétexte que ses armes étaient en désordre. Dans la suite on renonça à ce partage du butin ; mais les soldats conservèrent ce qu'ils avaient enlevé dans les villes prises d'assaut, et mirent à rançon leurs prisonniers. Lorsque la discipline devint plus sévère et qu'une solde régulière permit de supprimer ces coutumes du moyen âge, les prisonniers appartinrent à l'État, et le butin fait sur le pays ennemi dut être versé dans le trésor public comme les contributions de guerre.
La guerre offensive est celle dans Ia-
?[uelle on attaque l'ennemi ; la guerre dé* ensive, celle dans laquelle on repousse une attaque.
GUERRE (Droit de ).-0n appelait droit de guerre une somme que les propriétaires du pays où campait une armée payaient au général de cette armée pour se garantir du pillage et obtenir une sauvegarde pour eux et leurs domaines.
Ce droit de guerre était encore en usage aux xvir» et xvme siècles.
GUERRE (Ministère de la).— Voy. Ministères.
GUERRES PRIVÉES. — Les guerres privées étaient une conséquence de l'organisation sociale créée par la conquête. En effet, le partage des terres tirées au sort constitua autant de petites souverainetés rivales, dont les limites imparfaitement déterminées devenaient une source de guerres perpétuelles pour des hommes violents qui ne connaissaient d'autre loi que la force. Aussi voit-on que déjà, sous la première et la seconde race , les guerres privées désolaient la France , on les désignait sous le nom dô fehde ou fasdx ; mais du moins à cette époque le droit de guerre privée n'était pas reconnu, et lorsque le pouvoir royal était confié à une main énergique, il réprimait l'usurpation des seigneurs. Les Capitulaires de Charlemagne prohibèrent le* fehde sous des peines sévères et ordonnèrent de couper la main à ceux qui se rendraient coupables d'un pareil attentat. Mais lorsque la féodalité triompha, chaque seigneur se proclama souverain dans ses domaines, et le droit de guerre fut un des droits régaliens qu'usurpa la féodalité. On sait combien les conséquences en furent déplorables.
La France fut désolée par de cruelles famines à la fin du x« et au commencement du xt« siècle. On eu vml dans
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quelques contrées à se nourrir de chair humaine. « Sur les chemins , dit un historien contemporain, nommé Raoul Glaber, les forts saisissaient les faibles, les déchiraient, les rôtissaient et les mangeaient. Quelques-uns présentaient à des enfants un œuf, un fruit et les attiraient à l'écart pour les dévorer. Ce délire, cette rage allaient au point que la bête était plus en sûreté que l'homme. Comme si c'eut été désormais une coutume établie de manger de la chair humaine , il y en eut un qui osa en étaler à vendre dans le marché de Tournus. Il ne nia point et fut brûlé. Un au ire alla pendant la nint déterrer cette même chair, la mangea et fut brûlé de même. »
L'Église s'efforça la première de mettre un terme à ces cffrovables calamités en prêchant la paix de Dieu et la trêve de Dieu. Mais le remède ne fit que constater l'excès du mal. La trêve de Dieu (1041) ne suspendait les guerres privées que pendant quatre jours de la semaine , du mercredi soir au lundi matin. Il restait encore trois jours poifr piller les campagnes, détruire les moissons sur pied, et incendier les maisons. Lorsque la royauté devint plus puissante, elle s'ef- • força de mettre un terme à ces brigandages. On attribue à Philippe Auguste l'ordonnance appelée quarantaine-le^roi ; elle prescrivait de laisser un intervalle de quarante jours entre la déclaration de guerreetles hostilités. Pendant ce temps, la royauté intervenait et la guerre se changeait en procès. Saint Louis rendit de nouvelles ordonnances dans le même but. La quarantaine le-roi futconfirroéo par Vasseurement ou garantie que le roi donnait à la partie en faveur de laquelle les juges royaux se seraient prononcés.
Ces premiers règlements de saint Louis sont antérieurs à son départ pour la croisade. Après son retour, en 1256, il prohiba absolument les guerres privées , et , quoiqu'on en trouve encore des traces sous les règnes suivants , elles deviennent nne exception et sont punies par la royauté, lorsque celle-ci est assez forte pour faire respecter ses droits.
GUESPIN ou GL'ÊPIN. — L'usage était autrefois d'appeler guespins ou guépins les habitants d'Orléans et en général les gens fins et rusés. Ce mot paraît dérivé du mot guêpe qu'on écrivait autrefois guespe. Il semble même , d'après une ancienne relation de l'entrée de Charles- Quint dans Orléans en 1539, que Icé guespins étaient des écoliers qui formaient une espèce d'association ou de