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confrérie. On y lit en effet .- « Après venaient les maîtres d'école , les médecins, puis les officiers de l'université, les conseillers et les guespins d'icelle. » Ce mot parait désigner ici les écoliers de l'université d'Orléans, dont la corporation était analogue à celle des bazocniens de Paris. On trouvera une notice spéciale sur les ii un aïs d'Orléans dans le recueil des meilleures dissertations relatives à l histoire de France, par M. Le Ber.
GUET. — Le guet ou garde de nuit remonte à une époque fort ancienne, et, sous ce nom germanique dérivé de wache {garde, veille), on retrouve probablement les vigiles ou gardes de nuit établis dans Rome par les empereurs romains.
Clotaire II fit, en 1595, un règlement pour les gardes de nuit. Il portait qu'en cas de vol nocturne, les gardes du quartier seraient responsables s'ils n'arrêtaient le voleur. Si le voleur fuyait d'un quartier dans un autre et n'était pas arrêté par les gardes du quartier où il se réfugiait, la responsabilité tombait sur ces derniers. ( Capit. des rois de France, éd. Baluzc. 1. 1, p. 514). Charlemagne confirma ce règlement en 803. Le capitulaire de villis recommande d'entretenir continuellement dans les maisons des fiscs des feux et des gardes pour qu'elles n'éprouvent aucun dommage. Un autre capitulaire de Charlemagne , en date de 813 , condamne à une amende de quatre sous ceux qui ne remplissaient pas exactement le service de la garde nocturne.
Dans un capitulaire de Louis le Débonnaire , l'empereur recommande de faire les gardes , qu'on appelle vulgairement guet (ivactas). L'assemblée de Pistes sous Charles le Chauve fait la même prescription : « Que dans les villes et les marches on fasse le guet (wactas) pour la défense de la patrie ».
Dans uue charte de Chrotlegand, évêque de Metz, citée par D. Calmet (Hist. de Lorraine, t. I, i«* col. 282 )? le guet est mis à la charge des propriétaires des manses, qui devaient se le notifier à l'aide d'une clava. « Sur les terres de l'abbaye de Prum , dit M. Guérard ( Prolégotnenes du Polyptyque dlrminon, p. 777) , l'obligation de garder la maison et la cour seigneuriale est fréquemment imposée aux tenanciers. D'après le commentaire du moine Césaire, ce service consistait, depuis le jour que les blés avaient été rentrés dans la grange seigneuriale jusqu'à celui oii l'on avait achevé de les battre, à les faire surveiller et garder la nuit par les serfs chacun à son tour, pour empêcher les méchants
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d'y meure le feu S'il arrivait un malheur par défaut de surveillance , les gardiens en étaient responsables. De plus , à l'arrivée de l'abbé, lorsque les serfs en étaient requis , ils étaient tenus de monter la garde autour de sa personne et de» siens, pour éloigner d'eux tout sujet de crainte pendant la nuit. » Ces usages, communs à la plupart des domaines de la période carlovingienne , se retrouvent à l'époque féodale. Le service du guet était imposé aux vassaux pour la garde des châteaux forts. Lorsque les communes s'émancipèrent aux xir» et xui« siècles, les bourgeois furent aussi chargés de faire le guet pour la défense des villes.
Ou appelait ordinairement guet la garde qui veillait pendant la nuit à la sûreté de Parisr La plupart des villes avaient aussi une garde noctm ne chargée oe faire le guet. On distinguait, à Paris, le guet osas et le guet royal. Le premier se composait de milices bourgeoises qui avaieut des corps de garde fixes, d'où elles tiraient le nom de guet assis. Ce
Cl existait dès le xiii« siècle. De la re ( Traité de la Police, I, 256, édit. de 1713 ) cite une ordonnante de saint Louis rendue en décembre 1254 pour la sûreté de Paris et où le guet est mentionné. On y voit que les habitants de cette ville, « pour la sûreté de leurs biens, et pour remédier aux périls , aux maux et accidents qui survenaient toute» les nuits dans Paris par feu, vol, larcins, violeuces, rapts, enlèvements de meubles pur les locataires pour frustrer leurs hAtes , etc., avaient supplié le roi de leur permettre de faire le guet pendant la nuit. ». Deux inspecteurs ou clercs du guet étaient chargés d'avertir chaque communauté d'artisans du jour où elle devait fournir les soldats du guet. Il arrivait souvent que ces clercs du guet vendaient aux bourgeois des exemptions de service. Aussi, en 1363, furent-ils supprimés et remplacés par deux notaires du Châtclet chargés de rétablir la discipline dans les gardes du guet. Les milices bourgeoises commandées pour ce service devaient se présenter au Châtelet , en hiver, à l'entrée de la nuit et en été lorsqu'on sonnait le couvre-feu à sept heures du soir. On faisait l'appel des gens de métier et on les distribuait dans les quartiers où ils devaient se tenir éveillés et armés jusqu'au point du jour. Celui qui faisait sentinelle au Lhatelet sonnait la tr..mpetie, signal qu on appelait guette cornée Les compagnies bourgeoises, qui formaient le guet *>*ts, furent supprimées eu 1550; mais
en môme temps on augmenta le guet royal.
Il est question du guet royal dès le temps de saint Louis ; il était charge de veiller à la sûreté de Paris en organisant des rondes à pied et à cheval. Ce corps n'était primitivement que de vingt sergents à cheval et de vingt sergents à pied sous les ordres du chevalier du guet.
Dès l'année i254 , le commandant du guet royal est appelé chevalier du guet (miles gueti ) dans une ordonnance de saint Louis , et il figure avec le même titre dans un arrêt du parlement de Pâques 1254). « On appelle en France chevalier, dit de La Roque ( Traité de la Noblesse ) celui qui était nommé par les Latins miles. » J'insisie sur ce point parce qu'à l'article Chevalier du guet (voy, Chevaleriei j'ai rappelé une autre opinion qui fait dériver ce nom de ce que Tordre de l'Etoile aurait été donné au commandant du guet.
La compagnie du guet royal fut portée danslasuile par François Ier(janvieri53P> à vingt hommes de cheval et quarante hommes de pied. Le guet assis ou bourgeois fut supprimé par edit du mois de mai 1559. Dans la suite, il y eut plusieurs changements dans l'organisation du service militaire de Paris. Le guet bourgeois fut rétabli au commencement des guerres de religion, puis supprimé de nouveau après la paix d'Amboise, en 1563. Un édit du mois de novembre 1563 porta le guet royal à cinquante hommes de cheval et cent hommes de pied. Le nombre des soldats du guet s'accrut à mesure que Paris s'étendit. Au xviir» siècle , il était de cent soixante cavaliers et de quatre cent soixante-douze fantassins. On peut consulter sur le guet les Antiouités de Paris par Sauvai et le Traité de ta police par de la Marre.
GUET DE SAINT-LAZARE. — Fête qui se célébrait à Marseille et qu'on appelait aussi course du cheval de baint-Victor.
Voy. Fêtes, S III.
GUETTE , GUETTEUR. -Le mot guette s'employait autrefois pour indiquer la plate-forme la plus élevée d'un château fort. Là était placée la cloche d'alarme, prés de laquelle veillait le guetteur. Au moindre indice de danger, il sonnait la cloche ou faisait retentir un cornet appelé oliphant. A ce signal, les hommes d'armes couraient aux remparts, on levait les ponis-levis, on abaissait la herse e« on se préparait à repousser l'ennemi.
GUEULES. — Terme de blason indi-
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quant la couleur rouge. Ce mot se met toujours au pluriel, l.a couleur de gueules était la plus noble , et primitivement il était défendu de porter de gueules à moins d'être prince ou d'avoir obtenu une autorisation spéciale. Les uns prétendent que ce mot vient de la gueule des animaux qui est rouge , d'autres le font dériver des langues orientales et soutiennent qu'il a été apporté de l'Asie par les croisés.
GUEUX. — Nom d'une faction qui a joué un rôle important dans les guerres des Pays-Bas. Henri de Brédérode et d'autres nobles de ce pays adoptèrent la besace et l'écuelle de bois en signe de gueuserie , vers 1566. Les gueux étaient boutenus par les protestants de France.
GUI, GUILANLFU. — Le gui de chêne était une plante sacrée pour les druides et ils allaient en grande pompe cueillir le gui le sixième jour ou plutôt dans la nuit de la sixième lune après le solstice d'hiver, oh commençait leur année. Us appelaient cette nuit, nuit mère. Le chef des druides cueillait le gui avec une faucille d'or ; les autres druides , vêtus de tuniques blanches, le recevaient dans un bassin d'or, qu'ils exposaient ensuite à la vénération du peuple. Comme on attribuait au gui les plus grandes vertus, et entre autres des propriétés curatives merveilleuses, ils le mettaient dans l'eau, et distribuaient cette eau lustrale à ceux qui en désiraient pour les préserver ou les guérir de toutes sortes de maux.
Cette eau était aussi regardée comme un remède souverain contre les maléfices et sortilèges. Cet usage druidique se perpétua soas diverses formas d >ns presque toutes les parties de la France. Plusieurs textes des conciles ou synodes attestent qu'aux xvi« et xvir» siècles , on se livrait encore dans les campagnes à des fêtes qui rappellent la cérémonie du gui sacré, et qu'on appelait guilanleu ou a gui anneuf (gui de l'an neuf I. Un synode d'Angers, de isy5, prohiba cet usage. En voici Te texte : « Par certaine coutume, de longtemps observée, en quelques endroits de notre diocèse , disent les membres du synode, et principalement dans les paroisses qui sont souk les doyennés de Craon et de Condé, le jour de la fête de la Circoncision de Notre Seigneur, qui est le premier jour de l'an, et autres suivants, les jeunes gens de ces paroisses de l'un et de l'autre sexe, vont par les églises et maisons faire certaines quêtes, qu'ils appellent aguilanueuf. les deniers de laquelle ils promettent employer en un cierge en l'honneur de Notre-Dame
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ou du patron de leur paroisse. Toutefois nous bommes avertis que, sous ombre de quelque peu de bien, il s'y commet beaucoup de scandales; car, outre que de«dita deniers et autres choses provenants de ladite quête , ils n'en emploient pas la dixième partie à l'honneur de l'Eglise, mais consument quasi tout en banquets, itrogneries et autres débauches: l'un d'entre eux , qu'ils appellent leur follet , sous ce nom prend la liberté, et ceux qui l'accompagnent aussi , de faire et dire, en l'église et autres lieux, des choses qui ne peuvent être honnêtement proférées, écrites ni écoutées, même jusqu'à s'adresser souvent avecuue insolence grande au prêtre qui est à l'autel, et contrefaire par diverses singeries les saintes cérémonies de la messe et autres observées en l'église ; et , sous couleur dudit aguilanneuf, prennent et dérobent ès maisons où ils entrent tout ce que bon leur semble, et ne peut-on les empêcher, pour ce qu'ils portent bâtons et armes offensives ; et outre ce que dessus font une infinité d'autres scandales : ce qui étant venu à notre connaissance par les remontrances et plaintes qui nous en ont été faites par aucuns ecclésiastiques et autres, désirant pour le dû de notre charge , remédier à tels désordres ; considérant que Noire-Seigneur chassa bien rudement et à coups de fouet ceux qui , dans le temple, vendaient et achetaient les choses nécessaires pour les sacrifices , tant s'en faut qu'ils fissent telles méchancetés que ceux-ci , leur reprochant que de la maison d'oraison ils avaient fait une tanière et retraite de voleurs ; à l'exemple d'icelui , poussés de son Saint-Esprit et de l'autorité qu'il lui a plu nous donner, nous défendons trèsexpressément à toutes personnes , tant de l'un que de l'autre sexe, et, de quelque qualité et condition qu'elles soient, sur peine d'excommunication , de faire dorénavant la dite quête de Yaguilanneuf en l'église ni en la manière que dessus ; ni faire assemblée pour icelle plus grande que de deux ou trois personnes , pour le plus , qui à ce faire seront accompagnées de l'un des procureurs de fabrique ou de quelque autre personne d'âge ; ne voulant qu'autrement ils fassent Vaguilanneuf , et , à la charge d'employer en cire , pour le service de l'Eglise , tous les deniers qui en proviendront , sans en retenir ni dépenser un seul denier ii autre usage. Mandons et enjoignons à tous recteurs et curés des églises et paroisses . et autres ayant charge d'àmes en ce diocèse, sur peine de suspension a divins pour un mois et de plus grande
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peine par après , si elle y échet , qu'ils n'aient à permettre ni souffrir telles choses se faire en leurs paroisses , autrement que nous l'avons déclaré cidessus. »
Depuis cette époque , on ne fit plus de quête de Yaguilanneuf dans les églises au diocèse d'Angers et on n'y vit plus de follet. Mais la quête continua hors des églises avec tant de licence et de scandale qu'un autre synode de la même ville, tenu à la Pentecôte, en 1666, fut obligé de condamner de nouveau cet usage. « Il se commet un abus, disait le synode , dans la plupart des paroisses de la campagne. C'est qu'en certains temps de l'année , il se fait des assemblées de personnes qui vont quêter par les paroisses pour l'entretenement du luminaire , ce que l'on appelle vulgairement
Culanleu, ou gui l'an neuf ou hachette*, et que, durant cette quête il se fait des réjouissances ou plutôt des débauches, avec des danses, des chansons dissolues et des licences qui sont d'autant plus criminelles, qu'il semble aux simples que l'intérêt de l'Église les ait autorisées comme une louHble coutume.
C'est pourquoi nous défendons à toutes personnes, de quelque âge, sexe et condition qu'elles soient, de faire à l'avenir de pareilles assemblées de guilanleu et aux curés de les souffrir, et,pourôter ce désordre, nous leur ordonnons de nommer eux-mêmes des personnes de
grobité reconnue , qui rendront cet ofce à leur église par charité , sans aucun salaire ni abus, à peine de supprimer entièrement lesdites quêtes, si le désordre ne cesse. Cependant nous exhortons les fidèles de les continuer et même de redoubler, s'il se peut , leurs aumônes pour le luminaire et les autres besoins de leurs paroisses, les donnant aux procureurs de fabrique ou autres personnes qui seront préposées pour faire les quêtes,
S Fi. les feront avec modestie et les eraûeront utilement pour les nécessités de Eglise. »'Les synodes parvinrent enfin à détruire les abus, entés sur le paganisme, qui s'étaient perpétués avec une si tenace obstination; mais ils n'ont pu effacer les derniers vestiges de ces cérémonies druidiques. Quelques traditions , fort innocentes d'ailleurs, en ont perpétué le souvenir. Ainsi, dans certaines provinces et spécialement en Normandie , on donne aux enfants, à la nouvelle année, de petits présents qu'on appelle aguignette ou hagut guette , mot qui rappelle Yaguilanneuf de l'Anjou. L'usage des enfants d'aller demander les aguigncttes rappelle
l'A naaM n^«,rit«c pSr
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les synodes dont nous avons cité les> crets. — Voy. C. I>e Ber, Collecté* meilleures dissertation* relatives û toire de France, t. IX , p. 413 eu
GUtAGE. — Droit que les payaient dans certains lieux pour rele des chemins. — On appelait estf J guiage l'obligation imposée, en fuels* provinces , aux habitants des bords **t] merde tenir des flambeaux allumé*] les tours pour diriger les vaisseaux.
GU1BRAY (La). — Nom d une foire c*lèbre qui se tient dans un faubourg- é\ Falaise; elle commence le ta août e\ dure huit jours. U y avait suitrefc** exemption de péages pendant la donr .
de la foire et l'on faisait rei privilège à Guillaui était ne à Falaise.
GUICHET , GUICHETIER.— Guichet se dit surtout de la porte d'une prison ; 1» guichetiers sont chargés de 1s gerde dès prisons. Voy. Prisons.
GUIDAGE. — Même sens quegutage.
GUIDES. — Corps de ctvalerie. Voj .
Organisation militaire.
GUIDON, GUIDONTSAGE. - \* guidon était un drapeau des ancxenues compagnies de cavalerie; il était large dans la partie supérieure et se terminait en pointe. — On appelait aussi guidon l'officier oui portait ce drapeau. Le marquis de Sevigné était guidon des gendarmes-dauphins. M™* de Sérigne, en parlant de la charge de son /lis, em-
Sloie souvent le mot gutdonnaye .- « Mon ls est désntpéré du guidonnoqe. Notre pauvre guiâon se meurt d'ennui dans le guidonnage , » etc.
GUILLELMITES, GUILLEWTES, GUIL- LKMINS , GU1LLEMINES. — Ordre religieux fondé, en USS, près de Sienne, par Guillaume de Malaval. Les guMemttes suivaient la règle de Saint-uenott. Os les appelait en France blancs-manteaux parce qu'en 1298 Philippe le Del leur avait donné le couvent des servîtes oc blancs-manteaux. Voy.CutRO* réguli**- — I! y avait des religieuses du mèwt ordre appelées guillemtnes. Elles avaient un monastère a Montpellier.
GUILLEMS. — Monnaie crue Jean XT, comte de Foix, fit frapper à Pamiers,w commencement du règne de Charles h.
GUILLOTINE. — Instrument de supplice qui rôt adopté , en 1TW sur la proposition du médecin Go?"0"!; Cet Instrument , qui parait avoir été enr