‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 273 sur 300 · H AU · texte numérisé non relu

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Caligula. Ce vêtement est encore , à peu de chose pies, celui des paysans. La blouse de drap grossier ou de toile avait souvent un ca,»u< e ou capuchon qui abritait la tète cou ire la pluie ou l'ardeur du soleil. Les moines adoptèrent et conservèrent presque sans changement le vêtement des pays n > gaulois. Les guerriers chargeaient leurs membres de bracelets <rui étaient quelquefois eurichis d'or ei de pierres précieuses.

La conquête des Romains et celle des barbares n'ont exercé que peu d'influence sur le costume des classes inférieures. Les chefs seuls adoptèrent la toge romaine , ou le vêtement serré et les fourrures qui faisaient donner aux nus francs le n<>ni de reget pelliti ( rois couverts de fourrures). Sidoine Apollinaire nous a laissé une description des guerriers francs, où il parle de leur vêtement. J'emprunte la traduction que M, Aug. Thierry a donnée de ce passage ( Lettre» sur l'histoire de France, VI* lettre) : « Les Francs rele vaient et rattachaient sur le sommet du f ront leurs cheveux d'un blond roux, qui tonnaient une espèce d'aigrette et retombaient par derrière en queue de cheval.

Leur visage était entièrement rasé, à l'exception de deux longues moustaches qui leur tombaient de chaque côté de la bouche. Ils portaient des habits de toile serres au corps et sur les membres avec un large ceinturon auquel pendait l'épée. »

Un n a que peu de renseignements sur le costume des femmes à cette époque.

Fortunat, s' adressant à Kad ego ride , fait allusion à l'usage où étaient les femmes de se couronner de fleurs. « Ces fleurs, lui dit-il , qui plaisent p*r leur parfum , plaisent encore plus, lorsque ta main les entrelace dans ta chevelure. » Il est question, dans Grégoire de Tours, de robes de soie ; mais cet historien en parle comme de vêtements magnifiques.

Charlemagne conserva, dans son costume , les usages germaniques. « U portait, dit £ginhard, le costume de sa patrie , c'est- a- <i ire le costume des Francs (vestitu patrio , id est Francisco, utebatur). Quant aux vêtements étrangers, il les rejetait, quelque magnifiques qu'ils fussent, et ne consentit jamais à s'en servir, si ce n'est deux fois à Rome , sur la demande du pape Adrien et de son successeur Léon. Il porta dans ces circonstances une longue tunique -n une chlamyde ou manteau avec des chaussures à la mode des Romains. *• Ce passage d'Eginhard s'accorde bien avec l'indignation que témoigna Charlemagne contre les Francs qui remplaçaient le costume nat4onal par les vêlements gaulois. Rencon-

trant un jour des Francs qui portaient de? braies. « Voilà, s'écria t-il , nos hommes libres qui prennent les habits du peuple qu'ils ontvaincu. » U défendit aux Francs, ajoute le moine de Saiut-(>all , d'adopter le vêtement gaulois, quoique la chronique du moine de Saint-Gai! ait souvent un caractère romanesque, il n'est pas sans intérêt de lire la description qui! nous a laissée du costume des Francs. Il affirme avoir vu lui-même ces vêtement dont il ne donne pas une idée très-nette. J'ai cherché dans la traduction suivante à rendre le plus fidèlement possible §* pensée, sans être sûr d'y avoir réussi :

« Les ornements des anciens Francs, quand ils se paraient , étaient des brodequins dorés par dehors , garnis de courroies longues de trois coudées. De* bandelettes de plusieurs morceaux leur couvraient les jambes. Sous ces brodequins ils portaient des chaussettes et des hauts • de -chausses de lin d'une même couleur, mais d'un travail précieux et varié. Par-dessus les chausses et les bandelettes , les longues courroies dont nous avons parlé étaient serrées en dedans et au dehors en forme de croix, tant par devant que par derrière. F.nfin venait une chemise d'une toile très-fine. Un baudrier soutenait leur épée , qui était placée dans un fourreau, et entourée d'une lanière et d'une toile très-blanche et rendue plus forte avec de la cire brillante, au milieu de l'épée de petites croix formaient saillie, afin de donner plus sûrement /a mort aux païens. Le vêtement que les Francs mettaient en dernier et par dessus tous les autres était un manteau blanc ou bleu de saphir, à quatre coins, doub\e et telle ment taillé que, quand on le plaçait su ses épaules , il tombait par devant et pat derrière jusqu'aux pieds , tandis que de:côtés il venait à peine aux genoux. Dans la main droite se portait un bâton de pommier, remarquable par des nœuds symétriques, droit, redoutable, avec une nomme d'or ou d'argent , enrichie de belles ciselures. »

Ces détails sur le costume préféré par Charlemagne et les Francs de son époqut ne sont pas tout à fait d'accord avec b description qu'en donnent les Grande Chroniques de Saint-Denis. Mais cet ouvrage, rédigé à l'époque des croisades, transporté Tes mœurs des xn*et xitt* siècles au temps de Charle* t.agne. C'est donc comme tableau de mœurs au temps des croisades que nous citerons la description du costume de l' empereur franc .

telle qu'elle se trouve dans les Chronique* de Saint-Denis. « De robes se revêtait à la manière de France ; sur la chair usait

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e chemises et de famnlaires (caleçons) 2 lin ; par-dessus vêtait une cotte ( robe) jriée de drap de soie ; chausses et souers étroits chaussait. En hiver vêtait n manteau fourré de peaux de loutre ou e martre ; toujours avait l'épée ceinte , ont \e pommeau était d'or et d argent, t le baudrier d'un tissu de soie, il portait uelquefois deux épées , mêmement aux grandes fêtes ou quand des messagers Le terres étrangères devaient devant lui renir. Étranges manières de robes ne voulut oneques vêtir, tant fussent belles , fors une fois tant seulement qiril vêtit une cotte et un mantel à la guise de Rome , à la prière de l'apostole ■ du pape ) Adrien ; mais , aux fêtes solennelles , avait un manteau tissu d'or et des souliers garnis de pierres précieuses , et sur son chef une couronne d'or ornée de riches pierres, aux autres jours avait peu de différence de son habit et du commuu babit du peuple. » L'auteur indique ici les principaux vêtements des Français au temps des croisades ( xi*-xur siècles ) : chausses montantes , souliers ou sandales , cotte ou longue robe recouvrant la chemise et les chausses, manteau enveloppant tout l'habillement.

S II. Habillement des Français du Xi* au xm« siècle. — Parmi les plus anciennes représentations figurées ayant un caractère authentique, on doit citer la tapisserie de la reine Mathilde, fille de Guillaume le Conquérant. Ce monument conservé à Bayeux présente une série de scènes relatives à la conquête de l'Angleterre par les Normands. On y voit figurer les Normands avec leurs casques pointus et leurs cottes de mailles formées d'anneaux de fer entrelacés. Un écrivain du xi* siècle , Raoul c.laber, parle d'une révolution qui s'accomplit dans la mode, au commencement de ce siècle, par l'arrivée des méridionaux qui accompagnaient la reine Constance, seconde femme de Robert le Pieux. « On vil alors, dit cet écri vain , arriver de l'Auvergne et de l'Aquitaine, les hommes les plus vains du monde. Leurs mœurs et leurs vêtements étaient également bizarres ; leurs armes et leurs équipages en désordre ; ils avaient la moitié de la tête rasée: semblables à des histrions , il portaient le menton ras ; leurs chaussures et leurs bottes étaient de forme inconvenante. Ces modes détestables ne tardèrent pas a être adoptées ar toute la nation frauçaise. n U est proable que ces chaussures de forme extraordinaire et inconvenante, dont se plaint Raoul Glaber, ressemblaient aux souliers à lapoulaine qui furent à la mode trois siècles plus tard.

Nous avons parlé ailleurs de l'armure dont les guerriers se couvraient à celte époque ( voy. armes ). Ils portaient encore une casaque qu'on api>elait jack ou jacque ,et d'où sont venues les ja quettes et les justaucorps. Dans son château, le seigneur déposait l'armure de fer pour un costume plus léger et plus brillant. Il portait une longue robe serrée a la taille par une ceinture et descendant jusqu'aux pieds. On appelait co te hardie ce vêtement qui était commun aux deux sexes et qui dissimulait les détails du costume. Un sac en cuir, qui servait de bourse était suspendu à la ceinture et se nommait aumônière ou escarrelle. Cette bourse était quelquefois richement ornée et enrichie de grelots et clochettes d'argent, de broderies d'or et de pierres précieuses. Un testament cité uans le supplément de D. Carpemier au Clossairo de du Cange ( *• Uursa) parle « d'une bourse de velours vermeil et d'un bourselot clocheté d'argent. > Par dessus la cotte hardie , on mettait un surtout appelé alors surcot ou surcotte , parce qu'il recouvrait la cotte. I.e surcot était quelquefois une tunique sans manches ou dont les manches ne dépassaient pas le coude; on appelait aussi ce vêtemeni colobe [du Cange, v° Colobium). Il était réservé à certaines classes et spécialement aux gens de loi. Enfin un long manteau d étone précieuse, garni ordinairement d'hermine ou de fourrures appelées menu-vair , complétait l'habillement du seigneur féodal en lemps de paix. La chaussure habituelle était de couleur noire et serrée au-dessus du cou de-pied, tel était le costume de saint Louis décrit par Joinviile. « J'ai vu plusieurs fois , dit cet historien , que le roi venait au jardin de Paris habillé d'une cotte de camelot, surcotte de futaine sans manches, ayani un manteau par dessus, et des sandales noires. » Les seigneurs portaient à cette époque un bonnet qu'on nommait mortier et qui était ordinairement de velours galonné d'or et entouré aussi de fourrures. Ce riche et noble costume des classes aristocratiques aux xt% xii" et xm« siècles , se conserva dans les parlements, lorsque les chevaliers adoptèrent les modes capricieuses et bizarres des xi v* et xv# siècles.

Vers l'époque des croisades et jusqu'à la fin du xnr» siècle, le costume des femmes ne différait guère de celui des hommes. La cotte hardie et le surcot formaient l'habillement des nobles dames comme celui des chevaliers; seulement, au lieu du mortier, les femmes se couvraient la tète d'un bonnet en pointe, d'oii pendait un voile dont les replis er.-

tou raient le cou et les épaules comme une guimpe de religieuse. Il y avait dans ce costume de la magnificence et de la sé-

Les classes inférieures n'avaient guère modifié leur habillement primitif; hommes et femmes s'enveloppaient principalement en hiver d'un long manteau appelé cape ou chape , auquel était annexé un capuchon qui se rabattait sur la tète en cas de pluie. C'était toujours la saye gauloise. I>es femmes de quelques provinces et principalement de Bretagne et de basse Normandie portent encore des capot tes qui rappellent ces anciennes capes. La capeline était une coiffure de femmes , tantôt eo velours , tantôt en paille , doublée de satin et ornée de plumes. Ce nom , comme celui de capuchon , dérivait de la cape on chape. On portait aussi , au xnr» siècle, un vêtement nommé balandran ou balandras. C'était un manteau de campagne doublé sur les épaules et la poitrine. Ce vêtement ? qui date du moyen âge, était encore usité au xvn» siècle." La Fontaine en parle dans la fable de Borée et du Soleil :

S oui ton balandrai fais qu'il sua.

Lorsquo ces manteanx étaient d'étoffe grossière , on les appelait bureaux. Villon a dit:

Mieux rut vivre sou* gros bwn Pauvr.: , qu'avoir été aaifnenr

sage

en broderie tout au longleditd#*«* son : Ma dame, je suis plui jejw noté tout au long sur chacune «s m manches; cinq cent soixante-hn»^' servaient à former les notes d« U r r son. » D'autres portaient sur leurs v< ments des figures d'hoimanx. Usir1 ries des seigneurs s'étalaient «tf manteaux , sur ceux de leurs femof leurs éouyers, de leurs varlelsrtiDS sur les housses de leurs chenoi C'est alors surtout que se rej*id* i des livrée* ou couleurs di*»* qui signalaient tous les gens M* un puissant seigneur. Biles tirais, * nom do ce que le roi , à certaines/ et , à son exemple , les sagi**, «raient des robes aux hommes suite. On trouve des traces de cet»

morne au xvm* siècle -o?^^, tion de 1789, le roi faisait «Jchambre des comptes une oeruiBe^ pour l'achat des robes Les, livrées^ [aient souvent d'une vovait des écuyers ei ™]e**l",*7,

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Cette révolution dans les o»^ s'accomplit pas sans P**W*£.

tes asseï vives. On eu troure ► 1 agdans le continuateurde ttj^

Nangis et dans les g™J",a-J.ét.

Saint-Denis. L^rtw^Ç Jj^

•n cuir appelées tes ou houseaux complétaient l'habillement. C'est de cette partie du vêtement que vint à Vatné des fi is de Guillaume le Conquérant le nom de Courte-heuse ou courtes bottes. Hobert était, en effet , remarquable par son embonpoint excessif e4 sa petite taille.

S III. Habillement des Français aux xiv« et xv siècles. — Aux xiv* et xv* siècles, il y eut un changement complet dans l'habillement des deux sexes. La noblesse abandonna le long manteau et le mortier ; on ne les retrouve plus que dans les classes ou se perpétue le respect des traditions, dans la magistrature et les universités. \a robe rouge des parlementaires, le manteau d'hermine des présidents et des recteurs , les robes des simples conseillers et des professeurs rappelaient l'ancien costume de la noblesse. Celle-ci adopta un vêtement court, de couleurs éclatantes et variée», serré à la taille , brodé avec luxe et orné souvent avec une richesse bizarre. Le duc d'Orléans , frère de Charles VI, portait des robes garnies de Perles. « Sur une des manches était écrit

dernier ouvrage, désastre de Crecy l^^^ni^ zarres et inconvenant^ ►fJLES alors en France. •*M**~?U w des robea si courtes qs«f* ~mt** naient pas à la <f»"*r' è dépouiller étaient si étroites à vew »

gu'il semblait qu'on les f d/un fallait aide. Ils avaierf a» ieBttCT drap et l'autre d'autre, * .bes pr.-s leurs cornettes et ***2Ï être j« terre, et, ils

pas merveilles, si lue» ( u «<*i les méfaits dos FrsnÇi^

continuateur do C*f^%v**V siste sur la magnificence ^ déplovait à œtte époque *' ; , i|Boa:

de la bataille de Po.uers 3* u ^ les Français se ebarg^0 -

pierrerieU SSfàS&^ plumes magnifiques, m ^ ^ r auteur insiste sor » v^&r

souliersqui

recourbées ressemblant ^ poule; d'où vint le nom la poulaine. B, W

Au xv* siècle, des nwy» ^„r*ornés parfois de convoi r~

jruer les rois et les principaux personnages, remplacèrent les chaperons (voy. ce mol). En temps de guerre, la noblesse se couvrit d'une armure formée de plaques de fer matelassées; la visière s'abaissa sur le visage; le haubert ou casque se prolongea jusque sur le cou et fut souvent surmonte de symboles belliqueux (voy. Armes). Un manteau, avec de longues ailes écbiquetées qu'on appelait ai 1rs à Vange, se jetait sur l'armure et flottait sur le dos du coursier.

A la même époque, les femmes quittèrent le costume sévère du xiu« siècle pour des modes bizarres. Leurs bonnets prirent des dimensions gigantesques et fu- ■ rent désignés sous le nom de hennins.

« Les dames et demoiselles, dit Juvenal ' des Ursins, historien de la fin du xnr» siè-

> cle et du commencement du xv«, menaient

> grands et excessifs états, et cornes merveilleuses, hautes eUarges, et avaient de chacun coté deux grandes oreilles si larges que quand elles voulaient passer l'huis (la porte) d'une chambre, il fallait qu'elles se tournassent de coté et se bai s-

i sussent, m Ces bonnets gigantesques s'évasaient souvent des deux côtés et pre- < naient la forme d'un cœur. On les appelait alois escop/itoiw. Ils étaient ornés d'ét toiles précieuses et de dentelles. Les prédicateurs tonnèrent contre le luxe insensé de ces coiffures ; ils s'indignaient aussi de la forme des robes qui, s 'éloignant chaque jour de l'austérité des époques antérieures, laissaient à découvert une partie de la poitrine. Ces modes extravagantes furent surtout en honneur à la cour licencieuse d'isabeau de Bavière.

Sous les règnes de Charles VII et Louis XI, les femmes renoncèrent aux hennins et les remplacèrent par des cornettes beaucoup plus simples. Nous ne pouvons pas, dans celte esquisse rapide, insister sur les variations de la mode, qui n'étaient ni moins fréquentes ni moins bixarres que de nos jours. Ainsi , sous Louis XI , en 1 467 , il y eut tout à coup un retour étrange aux costumes du siècle précédent. Monstrelet eu parle avec indignation. « En oe temps, dit-il, les hommes en vinrent à se vêtir plus court qu'ils n'eussent oneques fait , comme, l'on soûlait ( avait coutume) de vèlir les singes; ce oui était chose très-malhonnète et impudique. Us faisaient fendre les manches de leurs robes et de leurs pourpoints pour montrer leurs chemises déliées, larges et blanches. Us portaient aussi leurs cheveux si longs qu'ils leur empêchaient le visage, et mène les yeux. Sur leurs tètes , ils portaient des bonnets de drap hauts et longs, et des chaînes d'or moult somptueuses. »

S IV. Habillement des François (Ht xvi« siècle. — Le xvr* siècle modifia profondément les costumes. Les relations avec l'Italie, le développement de la richesse nationale, les progrès du luxe et du goût, l'influence d'une société élégante, donnèrent aux vêtements des formes plus légères et plus brillantes. De François I*r à Henri IV, le costume des classes aristocratiques parvint à un degré de richesse etde raffinement qui répondait à la magnificence et à la délicatesse des ornements et des meubles que ciselaient les grands artistes italiens. La toque où flottait une plume et qu'ornaient des perles et des diamants, le pourpoint tailladé et surmonté d'une fraise en dentelles, un manteau court et dont l'étoffe précieuse était enrichie de broderies , les hauts de chausses du culottes bouffantes rattachés au pourpoint par des aiguillettes, les chausses garnies de rubans ou canons, des souliers chargés des mêmes ornements, composaient le costume des seigneurs de l'époque ; il était riche, élégant, mais souvent maniéré.

Dès le commencement du xvi* siècle, dans un tournoi célébré en 1514, on voit les seigneurs étaler les plus riches costumes. Voici la description que LaColombière, dans son Théâtre d'honneur, donne de quelques-uns de ces vêtements de parade : m M. de Guise était accoutré de drap d'or découpé, de velours à ondes, avec grand plumail, les parements de velours noir. Ses compagnons étaient accoutrés de velours blanc à nne cordelière noire, tout semé de lettres d'or....

François ( Monsieur) était armé, accoutre et bardé de satin broché d'argent découpé sur satin blanc à cordelières d'argent, avec grand plumail tout blanc. ... II. d'Alencon, bien armé et accoutré, bardé tout de drap d'or par moitié et de velours noir découpe sur drap d'or. »

Montlucnous fait connaître, dans ses Mémoires, quel était, vers le milieu du xvi* siècle (1555 , l'habillement d'un sei-

S~neur élégant. « Je me fis apporter, dit-il , es chausses de velours cramoisi , couvertes de passements d'or et fort découpées. Je pris le pourpoint tout de même et une chemise ouvrée de soie cramoisie et de filet d or bien riche (en ce temps-là on pon ait les coi U-ts do chemise un peu rabattus . Je pris ensuite un collet de buffle et me fis mettre le hausse-col de mes armes qui étaient bien dorées. J'avais un chapeau de soie grise fait à l'allemande avec un grand cordon d'argont et des plumes d'aigrette bien argentées (les chapeaux en ce temps-là n'étaient pas grands comme ils sont à cette heure). Puis vêtis

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