HÉB
' HAUTS HOMMES. — Dans un arrôl de i366, il e«t <iii que les comtes de Deux- Ponts ei de Blamont présidaient aux assises féodales de l'évèché de Metz en qualité de pairs et hauts homme* de revécus.
HAUTS JUK&S. — Jurés qui font partie de la haute cour de justice. Voy. Halte Coca os Justice.
HA VAGE , HAVEE. — Le droit de havage consistait à prendre des frnits exposés en vente sur le marché amant qu'en pouvait contenir la main. Il avuit été abandonné à Paris à l'exécuteur des hautes œuvres, qui le fsisait exercer par ses préposés. Us msrquaient avec de la craie le dos ou le bras de ceux qui avaient payé le droit de havage. Cette coutume irritait pins que l'impôt lui-même; il en résulta quelques désordres , et le droit de havage fut supprimé. A Pontoise, ce droit appartenait à l'hôpital générât — On appelait quelquefois ce drott haute, mot qui désignait d'une manière générale une poignée de quelque chose. Les abbés de Sainte- Geneviève s'étaient rachetés de la havée
en payant au bourreau une rente annuelle de cinq so sainte Geneviève.
sous le jour de ht fête de
HA VET. — Fourche à trois dents emmanchée a une hampe ou bois de lance; c'était une des armes dont on se servait au moyen âge.
HEAUME. — Casque fermé en usage au moyen âge (voy. armes, 11g. D). — Le heaume dans les armoiries était un signe de noblesse. Placé au haut des châteaux, il annonçait l'hospitalité (Sainte-Palaye,
HEAUME D'OR. — Monnaie d'or du règne de Charles VI. On appelait aussi ces pièces d'or écus heaumes , parce que les armes de France y étaient surmontées d'un heaume. On frappa des demi-iienumes su us le règne de Charles VI.
HEaumffur , H F. A( Ml FUS. — On nommait heemmerie Part de fabrique r les heaumes et le lieu où on les vendait. Il y avait à Paris «ne corporation des heaumters et
une corporation a
*Af% In HAilliniAVIS
ut la //ctii* ffirrir.
HEBERGEMENT. — Droit féodal. Les vassaux, oui devaient l'hébergement , étaient tenus oie loger et de nourrir le seigneur et aa suite lorsqu il venait nans leurs domaines voy cîte . — Le mot Heribergum se trouve déjà dans les Capitulaires, mais il indique le lieu où se réunissait une assemblée. Ainsi, dan» le capitulai re de Charles le chauve , rendu à Pistes : « Nous défendons à aucun autre de rester sans notre permission dans notre palais ou dans ce lieu de réunion (w jsto herieercqJ. •
HEBERTISTES. - Les JubertiaM» m
signalèrent par leur violence à fe>uque révolutionnaire. Ils tiraient leur nom de Jacques -René Hébert, dit le sPèrt Duché sne. Ce parti anarchique domina tas* la commune de Paris après le Si m 1 793 ■ chute des Girondins >. Leur souvr alla si loin que Robespierre et le cens, de salut public se déclarèrent contre es Hébert, Konsin, Vincent et autres héb~ tûtes forent arrêtés , condamné* et ex?
cutés le 6 ventôse an n (*4 février 1794 .
HEIDUQUE. — On appelait primitivement heiduques des fantassins hongre..
Ce nom s'étendit plus tard aux domesaques hongrois ou costumés à la hongres que les Allemands avaient presque toejours à leur suite. L'usage de ces domestiques s'introduisit en France vers la tz du xvn» siècle, où des prisonniers hongrois s'attachèrent au service de quelques grands seigneurs. Dans la suite, ot nomma souvent heiduques les raiets de pied habillés à la hongroise.
H EL1ENNE (Monnaie). — La moamie Julienne était la mounaiedes comtes te Périgueux; elle tirait son nom d'Héli de Périgord , qui vivait au x i
HELLEQUINS ou HBULKQUINS. — sonnages fantastiques qui jouent un
croyait entendre pendant les nuTts l* manie ou troupe des keliequins y poursuivant à travers les forêts des animaux également fantastiques. Cette légende se retrouve en Allemagne où Hellequin est devenu le féroce chasseur.
HELVÈTES ou HELVÉTIENS.— Ces peuples, qui habitaient une contrée correspondant à une partie de la Suisse mctuelle, étalent compris dans l'ancien ne Génie.
HÊMINAGE. — Droit féodal nrélevé en nature par le seigneur sur le o\é vendu , principalement au marché, dans sa seigneurie. On écrivait aussi étninage. Ce nom venait, dit M. Guerard (Prolégomènes du Cartulaire de Saint-Père de Chartres, g 116), de la mesure le plus e:
usage pour le blé ( voy. Hkmms ). On appelait encore hétninage un droit pay<r pour la conservation des grains mis es dépôt dans quelque endroit.
pendant une partie du moyen âge; elle équivalait, dans certaines provinces, à neuf ou dix onces. A Marseille , où ru s'en servait encore an xvur» siècle , «Se était estimée équivalente a soixante r:
quinxe livres. L'ordre de Saint- Benoît conserva IV xviii* siècle.
HENDUIS. — Nom des anciens chefs des Bourguignons. Ces chefs étaient électifs, comme ceux de la plupart des peuplades germaniques. Ce fut, ait-on, en 413, que aeâ rois héréditaires remplacèrent les chefs électifs des Bourguignons.
HENNIN. — Bonnet de femme en usage aux xiv* et xv* siècles; il était tellement large et élevé , que les femmes , selon un contemporain , ne pouvaient passer sous les portes sans se baisser ei se tourner de côte, k Les dames , dit Paradin dans ses Annales de Bourgogne, poitaientde hauts atours sur leurs tètes , et de la longueur d'une aune ou environ , aigus comme des clochers, desquels dépendaient par derrière de longs crêpes à riches franges comme étendards. » La hauteur et la richesse des hennins provoquèrent les critiques de plusieurs prédicateurs du xy* siècle. Voy. Habillement, S M.
HENOUARS. - Voy. Hanouards.
HENRI. — Monnaie d'or frappée sous Henri II ; elle représentait d'un côté ce roi armé et couronné de lauriers, et de l'autre une H couronnée ou une croix formée de quatre H surmontées d'une couronne. On appela aussi ces henris ducats , et on en frappa de doubles. Les fusnris d'or portent quelquefois l'effigie d'une femme armée , représentant IaKrance ; elle est assise sur un faisceau d'armes : une petite victoire lui présente une branche de laurier. La légende est : Optimo principi Gallia ( la France à son excellent roi ). On est frappé de la beauté du type de ces monnaies.
C'est à cette époque que fut inventé le balancier et que l'on chercha à donner aux monnaies un mérite artistique.
HKNR1CIENS. — On a donné le* nom oVhenriciens à deux sectes : l'une schismatique , l'autre hérétique. La première était celle des parti sans de Henri IV et de Henri V, empereurs d'Allemagne, en lutte avec le pape Grégoire VU et ses successeurs. La seconde tirait son nom d'un ermite nommé Henri , disciple de Pierre de Bruya. Il enseignait, comme son maître, qn il fallait ne donner le baptême qu'aux adultes et ne point bâtir d'église; il ordonnait môme dedétruire celles qui existaient et de briser les croix. Il niait la réalité de la présence du corps et du sang de J. C. dans l'Eucharistie , et rejetant la croyance au purgatoire , condamnait l'usage de prier pour les morts. Henri répandit surtout ces hérésies dans le midi de la France ; il eut pour principal adversaire saint Bernard. Ses erreurs furent condamnées et lui-même enfermé dans
f. — Recueil de contes par Marguerite de Valois , sceur de François Ier. Heptaméron veut dire les sept journées. Il y a dix nouvelles par jour, et le recueil se compose de soixante-douze nouvelles. VHeptaméron est une imitation du Décaméron de Bocace.
HÉRALDIQUE (Art ou science). — Art ou science d'interpréter les blasons. Voy. Blason et Héraut.
HERAUDERIE. — On appelait héravde-
rie l'office d'un héraut d'armes, aussi bien que la science du blason et la connaissance du cérémonial. Les hérauderies étaient aussi les provinces dont un héraut d'armes porUil le nom. II y en avait trente au xviti* siècle : Bourgogne, Normandie, Dauphiné, Bretagne, Alençon, Orléans, Anjou, Valois, Berri, Angoulème, Guyenne, Languedoc, Champagne, Toulouse, Auvergne, Lyonnais , Bresse , Navarre, Périgord, Saintonge, Tou raine, Alsace, Charolais, Rousaillon , Picardie, Bourbon, Poitou, Artois, Provence ec Mouijoie- Saint- Denis. La hérauderie de Montjoie-Saint-Denis était la première.
Le roi d'armes , qui en portait le titre , mettait une couronne royale sur ses fleurs, de lis. Le roi d'armes avait eu , dans Ko-' rigine, l'honneur de prêter serment entre les mains du roi et d être armé chevalier de sa main (voy. Rot d'armes). Dana la suite il fut placé sous les ordres du grand écuyer, qui recevait son serment.
HÉRAUT. — On fait dériver le mot héraut de l'allemand haren ( crier, proclamer ) , d'où serait venu également le mot haro (voy. Haro). D'autres assignent
Cur origine au mot héraut l'allemand re ( armée ), d'où l'on a formé heriban ( proclamation de guerre , levée de troupes et impôt pour la guerre ).
S r*. des hérauts d'armes au moyen âge. — Les hérauts d'armes avaient une haute importance au moyen âge : leur personne était sacrée comme celle des IVciaux chec les Romains. Ils accompagnaient les rois, princes et seigneurs d'un rang élevé dans tontes les circonstances solennelles, faisaient les proclamations, déclaraient la guerre, proposaient la paix, annonçaient les tournois et autres réjouissances. Le signe de leur dignité était un caducée ou bâton couvert de velours et de fleurs de lis d'or ; ils portaient une riche cotte d'armes sur laquelle était brodé le blason de leurs seigneurs. Ces cottes d'armes ressemblaient à des dalmatiques, dont les demimanches s' élargissant vers le bas , tombaient un peu au-dessus du coude. Celle du roi d'armes, chef des hérauts d'armes,
HÉR
HÉR
était ornée devant et derrière de trois bienvenue pour le combat à Vepée. Mai
grandes fleurs de lis et de Pecu de quand les chevaliers avaient pa^t çoor /.
Franc* couronné. Sur l'extrémité de la lance, ils étaient quittes , samot ce;
manche droite, nn lisait Montjoie- Saint- axiome îeodal que la lance a/fm*rhf
Demi, et sur la gauche, rot d'armes de l'épée . mais que l'épée n'affranchit pc
France. Son pourpoint et ses chausses la lance. Les hérauts mesuraient \aV ta
étaient de velours violet chamarté d'or, où devaient combaure les tenants et >
La coite des simples hérauts différait en assistants ils assignaienl à chacun i
ce que les fleurs de lis placées devant et place et animaient les combattante e
derrière étaient plus petites. Lorsqu'un poussant des acclamations et répéta
roi ou tuut autre seigneur tenait sa cour leur cri de guerre. Le soi ; de compter!:
plenière les hérauts criaient largesse de- morts après les batailles et de faire
vant lui. Un héraut d armes qui vivait au partage du butin aopartenait encore &
XV* siècle a décrit le cérémonial observé né' auls d'armes. Dansles premiers tenij
dans ces circonstances: au moment où ils étaient chargés de convoquer les tt
les entremèts é aient servis, le maître semblées qui se réunissaient auprès c
d'hôtel appel i ii le ioi d'armes ou le hé- souverain et d'y maintenir le bon ordre raut le plus notable. Le héraut criait trois Une des principales (onctions des ht
fois largesse devant la table du seigneur et rauts d'armes consistait & déclarer,
ajoutait tes litres du nersonnage au nom guerre. Les souverains, vers lesquels :
duquel les largesses étaient faites. Tous les envoyait, les recevaient avec un grn
les autres hérauts et poursuivants d'ar- appareil. Une déclaration de guerre à f«
mes cn*'win largesse! largesse! laru esse! et a sang se faisait quelquefois par dea
Et alors on remettait aux principaux vas- hérauts, dont l'un poitait une épee teinu
aaux des rohes que leur distribuait le sei- de sang et l'autre une torche intente
aneur ; on partageait aux autres les débris Voy. Guerre , S
du festin et quelquefois on jetai t-de l'ar- Les aspirants à la chevalerie devateo-
français , qu'on av. m conservé en Angle- et rois d'armes. On leur payâ t, à duq^
Verre le m<-t largesse, dont les hérauts réception , une rétribution , dont la quo-
<f armes se servaient encore dans les tité a plusieurs fois varié : elle était Ut
pompes de la royauté voy. du Cange, Des d'un marc d'argent, tantôt d'un écart
cours et de» fêtes solennelles des rois de par tète
France \ l es hérauts portaient quel que- Aux funérailles des rois, les hérnu
fois devant le mi de grandes coupes ou déposaient dans le tombeau les symbole
hanaps remplis de toutes sortes de mon- de la dignité souveraine : sceptre, cou
oaies qu'ils jetaient au peuple. Le compte ronne , epée , main de justice , etc., pci>
de Guillaume Charier, receveur général poussaient par trois fois le cri : Le roi
des finances, qui commence en 1422, est mort! Kclevant alors l'étendard d«
contient l'atiicle suivant : «A Ton rai ne France, le roi d'armes s'écriait : Fivr
etPontoise, hérauts du roi, la somme de le rot !
quarante et une li% res six sous , en trente Au *vm« siècle , le roi d'armes et le.-
ccus d'or, à eux donnée par ledit seigneur hérauts portaient, dans les cérémonie-
au mois de mai 1448, tant pour eux que solennelles, une cotte d'armes de velourt
pour autres hérauts, poursuivants, me- violet cramoisi , ornée devant et derrière
nestrels et trompettes, pour avoir, le jour et sur chaque manche de trois fleurs de
de la Pentecôte, audit an , crié largesse lis d'or. Le nom de la province dootilf
devant sa personne, ainsi qu'il estaccou- portaient le titre, était aussi brodé sur
tumé. » Dans un compte du i«r octobre leur cotte d'armes Ils avaient une toqo?
1 452. cité également par du Gange, on ht : noireavec un cordon d'or Aux funérailles.
«A Pontoise, Berri et Guyenne, hérauts ils étaient revêtus d'une longue robe dr
du roi, pour avoir crié largesse au diner deuil. Les hérauts d'armes jouissaient du
dudit seigneur le jour et fête de Tous- privilège de commensaux du roi et <k
saint, ainsi qu'il est accoutumé de faire. » l'exemption du droit de franc fief ( voj
Dans les tournais, les hérauts d'armes Guyot, Traité des offices). recevaient huit sous pai isis pour aitacher A partir dn xvi* siècle, les hérauts d ■
le casque de chaque chevalier au-dessus mes perdirent une grande partie de leu-
de son blason Les chevaliers qui parais- importance. Ils ne lurent plus qu'un or-
saient p ur la première f«-is dans la lice nement des pompes solennelles, devaient abandonner leur heaume ou cas- $ II. Hiérarchie entre les hérauts Sir
que aux hérauts d'armes. 11 allait encore mis. — Il fallait passer pa> une hierarchu
leur payer une redevance pour le combat de grades et subir de sérieuses épreuve*
* la lance, après leur avoir donné une avant de devenir héraut d'armes. unetaU
HER
d'abord chevau<heur, puis poursuivant (formes pendant sept années. On ne passait d'un degré à l'autre de cette hiérarchie qu'après une initiation , dont le symbole était uneespèce de baptême du héraut, sur la tête duquel ou versait une coupe de vin. L'étude du blason , de tous les détails de l'art héraldique , des généalogies, etc., occupait \e poursuivant d'armes et le pré^ parait a devenir héraut d'armes. Au plus tiaut degré de cette hiérarchie était le rot d'armes. On place sous Hobert le Fieux le premier roi d'armes, qui portait le nom de Robert Dauphin. Dans la suite tous les hérauts et autres officiers d'armes , assemblés en chapitre dans l'église du Petit-Saint-Antoine à Pari? , choisissaient celui qu'ils croyaient le plus expert en armoiries , et le présentaient au roi. S'il était agréé, le roi se rendait à l'église, un jour de fête , accompagné de son connétable et de ses maréchaux. Là le rot d'armes élu se mettait a genoux devant le
[tri 11 ce , entre les mains duquel il prêtait e serment accoutume. Lorsqu'il avait été revêtu, par le roi lui-même, de la cotte blasonnee de ses armes, le connétable ou les maréchaux lui posaient une couronne d'or sur la tète et lui remettaient un sceptre. 11 était alors baptisé du nom de Mont' joie-Saint-Denis, et proclamé rot d'armes par les hérauts et autres officiers d'arme» présents à la cérémonie.
On a vu reparaître des hérauts d'armes sous 1 Empire et sous la Instauration. A l'époque impériale, leurs cottes d'armes étaient de velours bleu sémées d'abeilles d'or; sous la Restauration, de velours violet avec des fleurs de lis d'or. — On trouvera tous les détails relatifs aux hérauts d'armes dans les ouvrages suivants : De la primitive institution des rois, hérauts et poursuivons d'armes , par Jean Le Feron , Paris, 1555 ; Origine des cher a tiers , armoiries et hérauts, par Claude Kauchet, 1610 ; Le Théâtre d'honneur et de chevalerie, par André Favin, Paris, 1620; De l'office des rois d'armes, des hérauts et des poursuivons , par Marc de Vulson de la Colombière, Paris, 1645 ; Palais d'honneur, du père Anselme, Paris, 1663.
HERBAGE (Droit d'). — Ce mot désigne, dans les anciennes coutumes, tantôt un droit féodal , tantôt des privilèges accordés aux paysans. On appelait herbage le droit qu avait le seigueur de choisir les plus beaux animaux dans les troupeaux gui paissaient sur ses domaines. Ce droit fut souvent converti en une redevance pécuniaire.— Le drot* d'herbage était aussi le privilège accorde à quelques
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vassaux de couper l'herbe d'un pré ou d'y mener paiire leurs troupeaux. Les forestiers jouissaient ordinairement de ce droit d'herbage. Voy. D. Lobiueau, Uist. de Bretagne, t. I, p. 2o3.
HERBAN. — Même sens que Hékibak.
Voy. HÉRIBAX.
HERBATICUM. — Ce mot, qui se trouve souvent dans les capitulants et les écrivains de l'époque carlovingienne , désigne . suivant M. Guérard t Prolégomènes du Polyptyque d'lrminon,p. 677 etsuiv.), un droit analogue aux droits de paisson et de pâture. -< Dans notre polyptyque, dit cet auteur, Vherbaiicum n'est probablement pas autre chose que la redevance payée pour la faculté de faire pâturer les chevaux et même les bœufs et les moutons sur les terres seigneuriales après la récolle des foins et des blés. »
HERBAUX. — Terme des anciennes coutumes qui désignait les charges imposées à un héritage.
HERBF.RGACE. — Terme employé par les coutumes pour indiquer un manoir.
HÉRÉSIARQUE. - Auteur d'une hérésie ou chef d'une secte d'hérétiques.
HÉRÉSIE, HERETIQUES. - Vhérésiê est une erreur contraire à la foi catholique.
S t*r. Lois contre le* hérésies. — L'nérésie n'était pas seulement, dans l'ancienne organisation de la France , une attaque contre la religion , une infraction aux lois de l'Église, c'était encore une violation des lois civiles et de l'ordre établi. De là les lois de Henri II (1551), de Franc, II (1559), de Charles IX (1566 , etc., qui ordonnent aux juges nuques do poursuivre les hérétiques ou fauteurs des hérésies , sans préjudice de la sentence ecclésiastique. Je n'entrerai pus daiis le détail de toutes les persécutions exercées contre les hérétiques ; ce n'est pas mon sujet. Je remarquerai seulement que la tolérance, fondée sur les vrais prim ipes évangéliquea et respectée dans la primitive Église , avait été entièrement mise en oubli. On était loin de l'époque où saint Martin refusait de communier avec des chrétiens qui avaient fait périr des hérétiques. Au xvi« siècle , la tolérance était reietée par les protestants comme par les catholique» exaltés. Théodore de Bèze la traitait de dogme diabolique. Un petit nombre de politiques, parmi lesquels L'Hôpital figure au premier rang, eurent seuls l'honneur de défendre la tolérance qui ne triompha que sous Henri IV. Encore fut-elle sacri-
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fiée au bout d'un siècle. La Constituante proclama * nfln le principe de la liberté de conscience.
Tout en reconnaissant la supériorité de notre droit moderne, il faut chercher dans les institutions anciennes la cause des persécutions centre les hérétiques. Une foi, un roi , une loi, était un des axiomes reconnus dans l'ancien droit. On ne pou vait y porter atteinte sans troubler l'ordre. De là la proscription de l'hérésie et des] hérétiques. En général les ecclésiastiques étaient chargés de signaler l'hérésie, et les juges laïques appliquaient la peine qui étaii presque toujours la mort. Lorsque l'hérésie était manifeste, les ordonnances que j'ai rappelées enjoignaient aux juges laïques de sévir sans attendre la sentence ecclésiastique.
Les tribunaux ecclésiastiques spécialement chargés de poursuivre les hérétiques portaient le nom d'inquisition. Celte institution remonte au xiii* siècle; elle fut établie par le concile de Toulouse, en 1229, pour extirper l'hérésie des Albigeois et confiée aux moines dominicains ; mais elle rencontra , dès l'origine , une vive opposition et n'exerça jamais en France la même tyrannie qu'en Espagne.
Cependant elle exista en France jusqu'au XV* siècle. Un inquisiteur figurait parmi les juges de Jeanne d'Arc, liais la puissance croissante des parlements et de l'autorité royale détruisirent vers la fin du xv« siècle les tribunaux de l'inquiaition que la maison de Cuise tenta vainement d'imposer de nouveau à la France au xvi* siècle.
SU. Des hérésies qui ont troublé la Franc». — 11 nous reste à indiquer rapidement les principales hérésies qui ont troublé la France.
Priscillianitues ; ariens: pélagiens ; iconoclastes; ad op tiens. — Dès la ta du iv« siècle, les pris* Ulianistes, qui liraient leur nom de l'hérésiarque Prise il lion , et soutenaient, comme les Manichéens, l'existence de deux principes également puissants , l'un bon , l'autre mauvais , furent condamnés , et plusieurs même mis à mort, malgré la résistance de saint Martin de Tours. Je n'insisterai pas sur l'hérésie du Gaulois Vigilance qui attaquait le célibat des prêtres et la vie monastique. 11 fut réfuté par saint Jérôme et ses opinions n'eureux pas une grande importance. I.'artonwme, au contraire, troubla la Gaule pendant plusieurs siècles. Cette hérésie avait été adoptée par les viaifioths et les Bourguignons qui voulurent l'imposer à une grande partie de la Gaule; mais les Francs, fidèles sa catholicisme après la conversion de
Clovis, triomphèrent de Varianismê qui dispara t de la Gaule au n* siècle. Vherésie de Pelage ou Pélagian isin t , qui avait commencé à se répandre dans Ves premières années dn v* siècle , fut ut* des hérésies qui agitèrent le pins longtemps l'Eglise gallicane. Pélage soutenait que l'homme pouvait , par ses seules forces , accomplir le bieu et éviter le mal. C'était nier le péché originel et la nécessité de la grâce. Aussi Pélage ftrtn! condamné par FEglise au concile général d'Ephèse (431 ) ; mais ses disciples ne se découragèrent pas. Les semi-ptlagiens , à la tète desquels était le Gaulois Cassien , reproduisirent en l'atténuant la doctrine des pélagiens. Ils reconnaissaient la nécessité de la grâce, mais ils l'attribuaient aux mérites des hommes. Les querelles du pélagianisoe se prolongèrent jusqu'au coramencemem du via siècle. Le concile d'Orange les termina, en 529, par la condamnation des semi-pélagiens. L'hérésie des Iconeclastesto\i briseurs d'images , qui trocMa l'Orient au vin* siècle, eut peu de retentissement en Gaule. Cependant on a«a»
Charlt magne d'avoir favorisé ces hérétiques dans les traités désignés sous le nom de Livres carolins. Les AdopHens, qui ne voulaient reconnaître Jésus-Christ que pour fils adoptif de Dieu, avaient pour chef Félix, évèque d'Urgel, ville comprise dans l'empire carlovingien. Ils furent condamnés , en 799 , dans un concile tenu a Aix-la-Chapelle. Les querelles du ix* siècle, entre Godschalk et Hinc* mar, ne faisaient que renouveler la lutte du pélagiaoiame. Godschalk. qui exagérait la doctrine de la grâce, fut condamné, et l'Église consacra la doctrine qui avait été proclamée au Ve siècle et oui reconnaissait tout à la fois la grâce divine et la liberté humaine. LeurcontiUatton restait un mystère « Nous tenons fortement les deux bouts de la chaîne, dit Bossuet, sans voir le point qui les unit. »
Hérésie de Bérenger; pétrobusiens ; henriciens : paierins au cathares appelés en France albigeois; vaudois ; flagellants; beghards et béguines. — Au xi- siècle, Bérenger de Tours attaqua la présence réelle dans l'eucharisiie et fut condamné. Des hérétiques d'Orléans, accusés de manichéisme, furent brûlés vers la même ép<>que. etRoscelin fut condamné au concile de Soissons (1092 pour avoir attaqué le mystère de la Trinité. Les pétrobusiens , qui punirent au xii* siècle , tiraient leur nom de Pierre de Bruys. Ils s'opposaient au baptême des enfants, et rejetaient la présence réelle dans l'eucharistie ainsi que
plusieurs autres dogmes de l'Église catholique. Après le supplice de Pierre de Bru#s (U47:, un ermite de Toulouse, nommé Henri, se mit à la tête de cette secte , et les fauteurs de son hérésie prirent le nom de henriciens. Cne autre secte, qui a causé beaucoup plus de troubles, est celle des pattrina ou cathares. Us tiraient ce dernier nom qui signifie purs de ce qu'ils prétendaient régénérer la religion chrétienne. En France, ils furent généralement désignés sous le nom d*albigeois . parce que la Tille d* Albi était un des principaux centres de leur secte. Ils professaient les doctrines de Manès et admettaient comme lui deux principes également puissants : le principe du bien ei le principe du Mal. Ce dualisme conduisait au fatalisme , puisqu'on était soumis nécessairement à Ton des deux principes , et le fatalisme ouvrait la porte à tous les désordres. Vainement saint Bernard chercha à ramener les albigeois par ses prédications. Le pape Innocent II l fit prêcher contre eux une croisade à la tète de laquelle se plaça Simon de Montfort. Les Albigeois furent vaincus (1212). Bientôt un frère de saint Louis, Alphonse de Poitiers, recueillit l'héritage sanglant des Montfort, et à la mort d'Alphonse (1271) le Languedoc fut réuni à la couronne de France, la lutte
des pn re
religieuse, devenue guerre politique, avait eu pour conséquence de soumettre les provinces méridionales à l'autorité monarchique.
Les Vaudous ou Pauvres de Lyon étaient contemporains des Albigeois. Us tiraient leur nom de Pierre Valdo, qui vivait au XII* siècle. On les appelle aussi les humiliés, de la vie humble qu'ils menaient, et sabotés de leur chaussure. Ils s'attachaient à la lettre de l'Evangile et aff ectaient la pauvreté. Du reste tis ne paraissent pas avoir professé les mêmes doctrines que les albigeois , avec lesquels on les a souvent confondus. Us furent persécutés au xv« siècle, dans le nord de la France et principalement à An as. Dans la suite ils vécurent cachés en Provence et en Piémont jusqu'au xvr» siècle. Les troubles du calvinisme attirèrent de nouveau l'attention sur ces hérétiques. \jc parlement de Provence rendit contre eux un arrêt de proscription qui fut cruellement exécuté. Bn 1545 , vingtrdeux bourg* ou villages furent livrés au fer et aux flammes, si Von en croit de Thon, historien véridiqueet presque contemporain. Depuis cette époque les vaudois ont disparu de France ou se sont confondus avec les calvinistes.
On les retrouve encore au xvti* siècle en Piémont. Je n'inaisterai pas sur les
les flagellants et les berjhnrds
(voy.cea mots . Les premiers paruren* au milieu du xut* siècle, et, sous prétexte de détivrer saint Louis, ravagèrent la France (i2Se-mi . Le> ;laqelk%nU par-
siècles en se frappant de verges et récitant des prières. Ce» processions donnèrent «ordres qui les tirent con- Les btqhanis et brquinss vos*, se soustraire à luut nie eccté- (voy. Blghasps ). Te hérésies furent effacée» yar les religieux du xvr* siècle.
Luthériens ; calvinistes ou huguenots ; axmisards anabaptistes. — Les luthériens et les calvinistes, d'abord tolérés, puis persécutés , finirent par allumer des guerres terribles qui ne se terminèrent que par l'édit de Nantes (1598). On appelait ordinairement les calvinistes huguenots (dn hollandais huisgenossen, corruption de eidgtnossen, conjurét\ Le nom de protestants a prévalu dans la suite. L'édit de Nantes leur accorda des villes de sûreté, le libre exercice de leur culte, le droit de tenir des assemblées, des chambres de parlement composées par moitié de protestants et de catholiques. Richelieu leur enleva les droits politiques après la prise de la Rochelle ( 1 629) ; mais il leur laissais liberté religieuse. L'édit de Nantes fut révoqué en I6S5 par Louis XIV, et les protestants réduits à abjurer, à émigrer ou à se cacher. On sait ce que la révocation de l edit de Nantes coûte à la France. Les camisards défendirent énergiquement leur religion dans les Cévennes. Néanmoins, pendant presque tout le xviii* siècle, les protestants furent réduite à une condition misérable. Places hors la loi, ils étaient forcés de se retirer dans des solitudes, ou, comme ils disaient, au désert pour entendre leurs lébrer leur | fier. Louis XVI, peu de temps avant la révolution (1781), leur rendit la liberté religieuse, oui a été maintenue et complétée par les diverses constitutions de la France.
Il y a aujourd'hui en France des luthériens de la confession d'Augsbourg qui ont une faculté de théologie à Strasbourg et un grand nombre de pasteurs rétribués par l'Etat (voy. Consistoire. 1» faculté de théologie calviniste est établie A Moniauban et rétribuée également par lointains» (jiic j Hisi#Ciii "S do© c^lis^© Cfti^mi^l^^ (voy. CossiSTOisa). Il y a aussi en Franco un pâtit nombre d'on/ifropliste». Ils se trouvent principalement en Alsace, etl oriirine de cette aecte remonte jusqu au xvf siècle, oh les anabaptistes lie Tho-
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mas Mùncer el de Jean de Leyde ravagèrent l'Alleraugue Us liraient leur nom de ce qu'il* ne reconnaissaient pas le baptême des enfanta, et demandaient un second baptême pour les adultes. Les anabaptistes n'ont pas de clergé. 1-e chef de famille est le seul prêtre. Les jansénistes, qui ont paru au xvu* siècle, auront leur article spécial. Voy. le Dictionnaire des hérésies par l'abbé Pluquet, V Histoire des églises du désert par le pasteur Coquerel , V Histoire des vaudois par M. Mulson, ï'Htstoire ecclésiastique par Fleury, ctc )
HÊRIBAN. — Vhériban , ou ban de guerre, était la proclamation qu'un seigneur faisat aire dans ses domaines pour appeler ses vassaux aux armes. — On nom au encore hertaun l'amendeque Ton payait pour ne s'être pts rendu à celle convocation. — Enfin les prestations * et corvées, exigées surtout pour la guerre, étaient au>si des^nces sous le nom d'hériban. D'après un passage du Polyptyque de Saint- J/aur, cité par M. Guérard Prolégomènes du Polyptyque d'irminon , p. 666), vingt manses soumis à Vhériban payaient vinjU sous pour deux bœufs et trots sous pour racheter l'homme qui devait les conduire.
HÊR1MANS. — Ce mot, qui veut dire hommet de guerre vient de heer (armée) et man (homme) ; il désignait la classe des hommes libres chez les Francs. On les appelait aussi harimans ou ahrimans,
Voy. AHRIMANS.
HER1SI.IZ. — Ce mot, d'origine germanique, signifiait désertion. On lit dans un capitulaire : « Si quelqu'un est assez rebelle ou assez orgueilleux pour abandonner l'année et retourner cnez lui sans la permission du roi, ce que nous appelons en langue ihéotisque herisliz, qu'il soit condamné à mort comme coupable de lèse-majesté et que ses biens soient confisqués. *• Herilix vient de here (armée) et tassen (abandonner).
HÉRISSON. — Le hérisson était une des armes défensives employées autrefois par les assiégés. Il se composait d'une poutre garnie de pointes de fer et quelquefois de matières inflammables qu'on lançait sur les assiégeants.
HERMINE. — Fourrure dont on faisait un grand us tgeau moyen âge. Les robes que les chevaliers portaient en temps de paix étaient fourrées d'hermine th) de menu-vair aussi bien que leurs bonnets ou mortiers. La magistrature a conservé le costume primitif de la noblesse du
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moyen âge, et encore aujourd'hui les robes des présidents sont garnies d'une fourrure a 'hermine, signe de leur diçàté.
HEltMINE ordre de l'). — Cet ordreie chevalerie ut établi, en i38i , par le atc de Bretagne Jean IV. Le collier de Tordu se composait d'hermine avec cette devise : À ma vie. Les colliers étaient d'or ou d'argent selon la qualité des personnes; celui du duc de Bretagne était enrichi de pierreries. Les dames pouvaiec.
être admises dans l'ordre ue V hermine e. portaient le nom de chevaleresses (Lobineau, Hist. de Bretagne. I, 442).
HERMITES. — On trouve en France, dans les premiers temps qui suivirem l'invasion des barbares , des solitaire?
qui cherchaient à introduire dans l'Occident la vie des hrrmites d'Oi ient et même celle des stylites ou hermites vivant sur une colonne. Un des exemples les plu?
célèbres de cette tentative , et de l'opposition qu'elle rencont' a en Gaule, est celui de Wulfilaïch ou S. Veulfroi 11 raconta luimême à Grégoire de Tours ses aventures, et ce récit peint avec tant de vérité et d'intérêt les mœurs de cette époque que je le reproduirai tout entier d'après lt traduction de M. Guizot. « Je me rend» dans le territoire de Trêves , dit Wollllaïch à Grégoire; j'y construisis, de mes propres mains, sur cette montagne, U petite demeure que vous voyez. J y trouvai un simulacre de Diane que les geos du lieu, encore infidèles, adoraient comme une divinité. J'y élevai une colonne , sur laquelle je me tenais avec de grandes souffrances , sans aucune espèce de chaussure, et, lorsque arrivait le temps de roiver, j'étais tellement brûlé des rigueur.* de la gelée, que très-souvent elles on fait tomber les ongles de mes pieds, et l'eau glacée pendait à ma barbe en forme de chandelles ; car cette » outrée passe pour avoir souvent des hivers très-froids.» Nous lui demandâmes avec instance de nous dire quelles étaient sa nourriture et sa boisson , et comment il avait renverse le simulacre de la m >nt"gne. Il nous répondit : « Ma nourriture était un peu de pain et d'herbe et une petite quantité d'eau. Mais il commença à accourir vers moi une grande quantité de uens des villages voisins. Je leur prêchais continuellement que Diane n'existait pas; que le simulacre et les autres objets auxquels ils pensaient devoir adresser un culte, n'étaient absolument rien. Je leur répétais aussi que ces cantiques qu'ils avaient coutume de chanter en buvant et au milieu de leurs débauches étaient indignes de la Divinité et qu'il valait bien mieux
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