‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 283 sur 300 · HIE · texte numérisé non relu

HIE

AU de M"« de Sévigoé devint colonel avant dix- huit an> et éprouva sans doute des difficultés qui Taisaient djre à son aïeule : « Ce-l une affaire a cet âge que de commander d'anciens officiers. >• ( Lettre du 22 janvier 1690 . Du V mps même de Louis XIV. l'opinion publique s'élevait contre ces jeur es colonels . qui n'avaient d'autre titre que leur argent. Dans sa comédie d'Ésope a la c^ur, représentée vers la fin du rèyne de Louis XIV, Boursault introduit un de ces officiers qui dit naïvement :

Je ne tais point »old*t, «t nul ne m'a m l'être ;

Je »un bon colonel et <<ui »ers bien l'État.

Le public applaudit à la repartie d'Ésope :

Monsieur le colonel, qui n'été* p int soldat

Louvois chercha à mettre un terme à ces abus. On en trouve la preuve dans le passage suivant d'une lettre Mw* de Sevigné, en date du 4 février 1689 :

•« M . de Louvoie dit l'autre jour tout haut à M. de Nogaret .- Monsieur, votre compagnie est en fort mauvais état. — Monsieur, dit-il. je ne le savais pas. — 11 faut le savoir, dit M. de Louvois ; l'avez-vous vue ? — Non , monsieur, dit Nogaret. — 11 "audrait l'avoir vue , monsieur. — Monteur, j'y donnerai ordre. — Il faudrait .'avoir donné : il faut prendre parti, monsieur ; ou se déclarer courû-an , ou s'acquitter de son devoir quand on est officier. » Les efforts pour remédier au mal en montrent assez la gravité.

11 y eut des lie u tenants-colonels dès le xvr siècle ; mais ils furent organisés surtout à l'époque de Louis XIV. On en établit dans l'infanterie en 1665 et dans la cavalerie en 1668. Les adjudants majors ne datent que du ministère du duc de Cboiseul (1759 : ils transmettaient les ordres du colonel à tous les capitaines. Le litre de capitaine est beaucoup plus ancien que ceux de colonel , de lieutenant-colonel et t¥ adjudant-major. Philippe le Long établit, par une ordonnance du 18 juillet 1318, des capitaines chargés du commandement des troupes dans les villes fortifiées (Ord. des H. de Fr., 1,635). Charles V ordonna aux cavilaines de lever leurs hommes d'armes dans la province qui leur était assignée. A celte époque , les capitaines avaient le commandement des compagnies d'hommes d'armes et ne relevaient que des hauts dignitaires de la couronne qui commandaient l'armée.

Mais la création des mestres de camp, des colonels et des lieutenants-colonels , au xvi* siècle, diminua l'importance des capitaines qui ne furent plus que des commandants de compagnie sous les ordres des colonels et lieutenants-colo-

nels. On achetait alors une compagnie comme un régiment. Les oçttaineétaient charges de le\er et domaiser i les hommes qui la co m mandater- 1er lieutenants du capitaine ou simpMKSt lieutenants ne datent que de Henn K.« I les sous-lieutenants , de Louis XIV; r>. ne trouve pas de sous-lieutenants, «ta»

le père Daniel De la milice françriu avant 1657. Le cornette était l'officier emportait le drapeau ou cornette des ces. -i pagnies de cavalerie légère. On appek ■ enseignes les officiers chargés du drape* | dans les compagnies d'infanterie; ils posaient après les sous-lieutenants. Le ' officiers qui avaient la même fonctiV. < dans les compagnies des gendarmes s'a:

Selaient guidons, parce que le drapeu.

e ce corps se nommait guidon.

Les sou*-offieiers établis en 1759, ave mission de transmettre les ordres à tocle corps dessous-officiers, étaient : t*te > adjudants sous-officiers ; 2° Je» mari- J chaux des logis , chargés dans la cavale- ■ rie de distribuer les fourrages aux can- l lier* et de faire exécuter les ordres dei I capitaines et lieutenants ; on faisait remonter leur ongine à 1644 ; 3° les ser- 1 gents% qui avaient dans l'infanterie ob [ grade et des fonctions analogues. Le non de sergent est ancien et était synonyo* d'huissier (voy Sergent). On distinguait le sergent de bataille chargé de compte, et de placer les hommes d'armes. Ce fut seulement à partir du règne de Louis XII (1498-1515) que le mot sergent désigna exclusivement une classe de sous -officiers; 4° '.es vaguemestres , dont le nom tiré de l'allemand veut dire maître des charrois ou équipages et indique assez la fonction , les vaguemestres furent établis sous l ouis XIV et avaient le rang de sergents; 5° les caporaux, dont le nom lire de l'italien se rencoutre pour la première fois sous Henri 11 ; 6° les anspessades qui étaient au dernier rang de la hiérarchie militait* et recevaient les ordres du caporal pour les transmettre aux soldats. Les sous-officier* étaient nommés par les capitaines.

Insignes de la hiérarchie militaire. - Les insignes des différents grades ont varié avec les époques. Cependant on peut en signaler quelques-uns qui parais sent avoir eu plus de fixité. Le connétable portait une épée à manche d'or émaille de fleurs de lis Dans toutes les cérémonies publiques il avait le privilège d* marcher devant le roi l'épee nue à I»

main. L'insigne des maréchaux de France était un bâton de commandement couvert 1 de fleurs de lis d'or. Les colonels avaient le hausse-col doré et la pique qui fin

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remplacée plus lard par l'esponton ou derm-pique La hallebarde était un des insignes du caporal et de l'anspcssadc ; quand ils relevaient les sentinelles, ils les conduisaient la hallebarde en main

I es épaulettes servirent aussi à distinguer les grades à partir du xviu« siècle.

II est probable que l'épaule lie était un reste de l'agrafe du baudrier qui avait servi à rattacher les différentes pièces de l'armure. Quoi qu'il en soit, dès 1759, un règlement presetivit de porter l'épaulette, ei deux autres règlements, dates de 1767 et 1779, en déterminèrent la forme suivant les grades, depuis les épaulettes en or à grosses torsades avec les étoiles d'argent et les bâtons brodés en croix, insignes du mai-échal de France, jusqu'aux épaulettes en laine du simple soldat.

Commissaires des vivres; commissaires des guerres — Le soin d'approvisionner l'armée était confié à des commissaires des vivres, qui sont mentionnés dès le xvi* siècle. Brantôme, dans ses Capitaines fiançais, parle d'un commissaire des vivres , secrétaire du roi et surintendant des fortifications et magasins de France 11 y avait aussi dans les armées des commissaires des guerres qui étaient chargés de surveiller l'équipement et l'approvisionnement des troupes.

— Voy., pour les détails de la hiérarchie militaire sous l'ancien régime, V Histoire de la milice française, par le P. Daniel.

S II. Hiérarchie militaire depuis la révolution. — l.a révolution supprima plusieurs des grades établis 4ans l'armée, tels que ceux de maréchal de France, lieutenant général, maréchal de camp, mettre de camp, brigadier, enseigne, cornette, guidon, anspessade. Elle abolit la vénalité des charges militaires; les grades devinrent accessibles à tous et de« vnient ètreconiérés par les ministres ou leurs délégués comme récompenses des services et du courage. La hiérarchie fut simplifiée : il n'v eut plus que des généraux de division, commandant un ou plusieurs corps d'armôe, des généraux de brigade, commandant une brigade formée de la réunion de plusieurs régiments, des colonels, des lieutenants -colonels, des majors chargés de transmettre aux chefs de corps les ordres du colonel , des commandants ou chefs de bataillon et d'escadron, des adjudants-majors, des capitaines comprenant les capitaines instructeurs, capitaines d'armement, etc., des lieutenants, sous-lteutenants , maréchaux des logis, vaguemestres, sergents , divisés en sergents - majors , chargés de la paye, fourriers chargés

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des logements et des vivres et simples sergents; enfin des caporaux. L'empereur rétablit les maréchaux de France eu 1804, sous le nom de marf'e/iauzd mpire, et ils ont été maintenus jusqu'à nos jours. Les titres de lieutenants généraux et marécliaux de camp, rétablis parla restauration, ont fan de nouveau place, en 1848, à ceux de généraux de division et de brigade.

Le corps de Yétat-major se compose de trente colonels , trente lieutenantscolonels , cent chefs d'escadron , trois cents capitaines , cent lieutenants et cincante élèves sous-lieutenants. L'école etat-majer, qui se recrute parmi les élèves de l'École polytechnique et de l'École militaire de Saint Cyr, est la pépinière des officiers de l'état major Toute armée a son état-major, qui comprend le général en chef, le chel d ciatmajor, les aides de camp, les officiers d'etat-major proprement dits, les officiers d'ordonnance, les intendants et sous-intendants militaires, les payeurs généraux, les officiers de santé, chirurgiens-majors, pliai maciens, etc. Chaque régiment a au-si son étal-major qui se compose du colonel , lieutenant-colonel, chefs de bataillon ou d'escadron . major, capitaine instructeur, adjudant- major , trésorier, cauiiaiue d'habillement, officier d'armement, porte-drapeau, chtrurgien-major et chirurgiens en sousordre nommés aides-ntajo» s. Des inspecteurs pour loutes les armes visitent chaque année les diverses parties du service militaire et s'assurent de l'exécution des ordonnances et règlements. Ils forment le lien entre les adoiinistialions locales et le pouvoir central, auprès duquel sont établis des comités pour le perfectionnement de toutes les parties de l'organisation militait e. Voy. Mlnistéue oe la CUEUr.K.

Les intendants militaires sont chargés , comme les anciens commissaire* des vivres et des guerres , de pourvoir à l'approvisionnement des troupes. Voy IN- TENDANTS MILITAIRES.

HIÊRONYMITES. — Religieux appelés aussi ermites de Saint-Jér6me. Ils avaient un monastère à Saint-Quentin. Les H*éronymites suivaient la règle de Saint-Augustin.

HIPPOCRAS. — Vin de liqueur, où il entrait du miel, des épiées et des aromates d'Asie. On prétend qu'il tirait son nom du célèbre médecin Hippocrate, qui, disait-on , l'avait inventé. Quoi qu'il en soit, Yhijtpocras était un des plus estimés parmi ces vins mélangés d'épices que l'on

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