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Les sentences des tribunaux ecclésiastiques donnaient aussi lieu à des appels. -Dans les premiers siècles, dit Fleury ( Institution au droit ecclésiastique, IIIe partie , chap. xxni), les appellations, comme les autres procédures, étaient rares dans les tribunaux ecclésiastiques. 1. 'autorité des évoques était telle et la justice de leurs jugements ordinairement si notoire, qu'il (allait y acquiescer. Nous voyons toutefois dans le concile de Nicée, que si un clerc ou môme un laïque prétendait avoir été déposé ou excommunié injustement par son éveque, il pouvait se plaindre au concile de la province , niais noua ne voyons point que l'on y eût recours pour de moindres sujets ni qu'il y eût de trinunal réglé au-dessus du concile de la province. Que si un évôque se plaignait de la sentence d'un concile , le remède était d'en ass» mbler un plus nombreux, joignant les éveques de deux ou plusieurs provinces. Quelquefois les évêques vexés avaient recours au p.<pe , et le concile de Sardique leur en donnait la liberté. Mais, quoi qu'il en soit de l'Orient, nous voyons depuis ce temps en Occident de fréquentes appellations à Home.
Depuis que les fausses décrétâtes eurent cours ( voy. Dkoit canon ) , les appellations devinrent toujours plus fréquentes.
Carces décrétâtes établissent les divers degrés de juridiction des arebevêques , des primats et des patriarches, comme s'ils avaient eu lieu dès le ir» siècle, et elles permettent à tout te monde de s'adresser au pape directement. Cela fit que , dans la suite , la « our de nome prélendit pouvoir juger toutes les causes , même en première instant e , et prévenir les ordinaires (les évêques dans la juridiction contentieuse , comme dans la collation des bénéfices. On y recevait sans moyen ( immédiatement , sans jugement d'un tribunal intermédiaire les appellations de l'évêqueou d'un juge inférieur.
Saint Bernard écrivant au pape Eugène se plaint fortement de ces abus et marque l'exemple odieux d'un mariage . qui , sur le point d'être célébré , lut empêche par une appellation frivole. Il représente te consistoire comme une cour souveraine chargée de l'expédition d'une infinité de procès , et la cour de Kome remplie de solliciteurs et de plaideurs ; car ils étaient obligés à s'y rendre de toute la chrétienté. Les métropolitains et les primats suivirent cet exemple; on ne vit plus qu'appellations frivoles et frustratoires ( c'est- a-dire n'ayant aucun motif sérieux et interjetées seulement pour éluder l'exécution d'un jugement). On appelait non -seulement des jugements , mais des règlements de