‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 65 sur 300 · ARG · texte numérisé non relu

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décrets, procès-verbaux des assemblées

législatives, etc.; w la section administrative , oîi l'on réunit les papiers des divers ministères et des administrations centrales ; 3° la sertion historique, qui renierme le trésor des chartes, les ordonnances, traités et autres actes intéressant l'histoire générale de la France et les histoires locales ; 4° la section tOf>ograf>hique, dépôt de toutes les pièces et cartes relatives à la population et à la division géographique de lu France; 5° la section domaniale, qui contient les registres de la chambre des comptes, du bureau des finan. es , tous les titres du domaine national et les pièces concernant les biens du clergé et des émigrés ; 6° la section judiciaire, renfermant les registres du parlement de Pans, de la chancellerie , du Cbàlelei, des cours des aides, des monnaies et des diverses juridictions qui avaient leur siège à Paris. Les archives nationales turent d'ab-rd déposées au Temple, puis à la S.iinte-Chapelle sous saint Louis. Ko i»09, Napoléon fit transporter à l'hôtel de Soubise ce dépôt, augmenté des archives des diverses corporations ecclésiastiques et civiles. De nouvelles constructions ont agrandi considérablement le palais des archives nationales. Elles sont placées sous la surveillance d'un garde gênerai ; chaque section a un chef particulier.

ARCHIVES DEPARTEMENTALES. - Voy. Archives.

ARDENTS ( Le mal des). — Cette maladie épidémique s'appelait aussi feu sacré ou feu saint Antoine, ce dernier nom rient de ce que l'ordre de saint Antoine

ivov. Clelce régi lier ; antonins) lut onde à l'occasion du mal des ardents.

Cette maladie , dont on signale les ravages en 945, en 994, en 1089, en 1128. 1130, 1140, etc., brûlait le membre attaqué et le détachait du corps. I es médecins modernes croient y reconnaître Vergoiisme gangreneux.

ARDOISE. - Voy. Maison.

ARDOISIÈRE. - Voy. Mises.

ARENES. - Voy. Amphithéâtre.

ARGENT. — Voy. Monnaie

ARGENT JETÉ AU PEUPLE. — L'usage de jeter de l'argent au peuple, dans les cérémonies publiques, est souvent mentionné dans les historiens du xvi« siècle. Ainsi le duc d'Anjou , après la prestation du serment de garder les privilèges de la ville de Cambrai, en 1 58 1 . jeta de l'argent au peuple; après la conclusion de la paix de Vervins, en 1598, Henri IV fit aussi

jeter de l'argent; l-ouis XIV distribua de l'or à son entrée à Lille, en 1667, etc.

ARGENT VERÊ. - Pièces d'argenterie ornées d'émail.

ARGENTERIE. — Voy. TABLE.

ARGENTIER. — Au xv« siècle, on donnait ce nom au trésorier du roi. Jacques Cœur était argentier de Charles VII. On appelait enco»e argentier l'officier chargé de tenir compte des vêtements que le roi faisait faire pour sa personne. Les changeur* et les ouvriers employés à la fabrication des monnaies sont aussi désignés, au moyen âge, sou- le nom d'argentiers. Il y avait encore des officiers de ce nom au xvii*- siècle. Les Mémoires du cardinal de Retz parlent d'un argentier de la reine. On voit aussi d«ns cet ouvrage que le cardinal ava.t un argentier qui devint son maître d'hôtel en 1652.

ARGOT. - Patois ignoble particulier aux voleurs. Voy. Trlanderie.

ARGOUEETS. — Corps de cavalerie légère au wr siècle. On les appelait aussi Stradiots ou Estiuoiots. Voy. Armée.

ARGOUSIN. — Préposé des bagnes. Voy.

Peines.

ARIANISME. — Voy. Hérésies.

ARISTOCRATIE. - Voy. Féodalité et Noblesse.

ARITHMÉTIQUE. - Voy. SCIENCES.

Al'.LEQUIM. — Ce nom, qui désigne encore aujourd'hui un des héros des farces populaires, se rattache aux légendes du moyen àue. U vient probablement de l'allemand brl-kœnig (le roi des aunes ) , personnage fantastique, immortalise par une ballade de Goethe. D'Er/- ( kœmg on Kl dans le latin du moyen âge Er echinus , Arlechmus, arlequin. Les traditions le représentent errant pendant les nuits avec une troupe de fantômes, tous punis de 1< urs crimes. Un des plus curieux récits de cette légende se trouve dans l' Histoire d'Orderic Vital, qui écrivait au xne siècle, il r »conte qu'un prêtre du diocèse de Lisieux, nommé Gauceîin, fut surpris pendant la nuit par la troupe fantastique et qu'il reconnut la mesnie ou compagnie d'Herlequin. Le terrible fantôme du moyen âge a eu le sort de la plupart des héros de cette époque; il a été travesti , ridiculisé par les poètes du xvi« siècle ; il est tombé aux tréteaux des foires et ne sert plus qu'à amuser les enfants. Voy. Mesme Hellequ n.

ARMAGNACS. — On appelait Armagnacs au commencement du xv« siècle la faction du duc d'Orléans, dont le fils avait

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épousé une fille du comte d'Armagnac.

De 1413 à 1435, la France fut dëcnirée par la guerre des Armagnac* et des Bourguignons.

ARMATEUR. — Voy. Navigation

ARMEE. — On peut distinguer dans les institutions militaires de la France cinq phases principales : 1° Les armées barbares sous les deux premières races; 2* le système féudal ; 3" les compagnies mercenaires ou grandes compagnies; 4* l'organisation d'une armée permanente; 5° les armées modernes. Je ne parle pas des Gaulois, dont l'organisation militaire nous est à peine connue. On sait quelle était leur bravoure, leur impétuosité ; mais ils manquaient de tactique et de prudence. Tantôt ils combattaient nus, comme à la bataille de Télamon contre les Romains ; tantôt ils se chargeaient de lourdes armures de fer, comme le corps des Clinabarii. Au commencement du combat, dit Tite Live, ils étaient plus que des hommes et à la fin moins que des femmes . Chez les Francs, tous les hommes libres étaient guerriers; les possesseurs d'alleux devaient le service militaire en cas d'invasion ; les bénéficier s étaient obligés de suivre le roi, même pour une guerre privée. Les capitulaires de Charleimgne font connaître avec plus de précision les obligations imposées aux seigneurs francs :

« Tout homme libre, propriétaire de quatre manges de terre, doit être prêt à marcher pour le service militaire et accompagner le comte. Celui qui n'en possède que trois s'adjoindra le propriétaire d'un manse , et ils s'entendront pour remplir le service militaire. ». (Capitulai iv de 803.) — « Nous ftvons ordonné, dit un capitulaire de •il, que, suivant Vancienne coutume , on se fournit de vivres dans sa province pour trois mois, et d'armes et d'habits pour six mois. » — « Que le comte ait soin que les armes ne manquent point aux soldats qu'il doit conduire à l'armée, c'està-dire qu'ils aient une lance, un bouclier, un arc, deux cordes, douie flèches, des cuirasses et des casques. » (Capitul. de 813.) Charlemagne, en organisant l'armée, réservait exclusivement au souverain le droit de faire la guerre. « En cas de fehde (guerre privée ), qu'on examine lequel des deux adversaires est contraire % la paix, et qu'on les y contraigne, malgré leur résistance. Si l'on ne peut rétablir la paix par un autre moyen , qu'on 3es amène en notre présence. Et si, la 4*ix faite, l'un tue l'autre, qu'il paye la tumpmition et perde la main par laquelle il s'est parjuré. »

Aprts la chute de lempire carlovm-

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sien, au milieu de l'anarchie féodale, les guerres privées sévirent avec violence , et il n'y eut plus d'armée régulière. Cependant on Hnit par organiser ce chaos ; le roi conv< qua le ban et l'arrière ban. Le ban appelait son* ses drapeaux tous les propriétaires de H ■ -, l'arriéreban, les milices communales. l,e service militaire se nommait chevauché* en cas de guerre privée: oit. lorsqu'il s'agissait d'une guerre générale. L'histoire de Louis VI présente, en M24, le premier exemple d'une véritable armée nationale répondant à l'appel du roi L'empereur d Allemagne, Henri V, menaçait la France; le roi convoqua le ban et l'arrièreban, et son historien Suger nous montre une immense multitude de vassaux se pressant sous ses drapeaux dans les plaines de Reims : « Les seigneurs du royaume distribuèrent, devant le roi, les bataillons qui devaient s'assembler. Ils firent une première division des habitants de Reims et de Chàlons , qui passait soixante mille combattants, tant à pied qu'à cheval; la seconde, qui n'était pas moins nombreuse, comprenait ceux de Laon et de Soissons; la troisième, ceux d'Orléans, d'Étampes , de Paris, avec la nombreuse armée dévouée à saint Denis et à la couronne, oh le roi voulut être en personne; le comte palatin Thibaut de Champagne, avec son oncle, le comte Hugues de Troyes, formait la quatrième, le duc de Bourgogne, avec le comte de Nevers. la cinquième; l'cxeellent comte Raoul de Vermandois , illustré par la parenté du roi. entouré d'une brillante chevalerie et de la bourgeoisie de Saint- Quentin armée de casques et de cuirasses, devait former l'aile droite; ceux du Ponthieu, d'Amiens et de Beau vais, étaient destinés à l'aile gauche. Le noble comte de Flandre, avec dix mille vaillants chevaliers, aurait triplé l'armée, s'il eût pu arriver à temps. Le duc d'Aquitaine Guillaume, l'excellent comte de Bretagne et le belliqueux Foulques, comte d'Anjou, se désolaient que la distance des lieux et la brièveté du temps ne leur permissent pas d'amener aussi leurs forces pour venger les injures faites aux Français. » Ce lut dans cette circonstance solennelle, au milieu de celte armée véritablement française, que retentit le cri de guerre de la France : Montjoie , Saint-Denis. Mont»

joie, d'après Bucange, désigne la colline de Montmartre, oh l apotrede la France, saint Bénis, souffrit le martyre; d'autres font dériver ces mots de Mons Joui* (montagne de Jupiter).

L'armée de la France , ban et arriereban, se réunit encore dans les plaines de

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Bouvines, lorsque Philippe Auguste tint combattre l'empereur d'Allemagne , Otton IV ( 12M). Là aussi se trouvaient les milices bourgeoises, qui couvrirent de leurs corps Philippe Auguste au moment du danger. Peu a peu, le service du ban et de l'arrière-ban tomba eu désuétude , et il fut bientôt d'usage de le remplacer par une contribution pécuniaire destinée à la solde des troupes. Cependant on trouve des preuves de la convocation de l'arrière-ban, même à la fin du xvn« siècle. À cette époque, le nom d'arrièreban ne s'appliquait plus qu'aux arrièrevassaux , possesseurs de fiefs qui ne relevaient pas directement du roi. La plupart des historiens supposent qu'il fut réuni pour la dernière fois en 1674, mais la correspondance de Mm« de Sévigné prouve qu'il fut convoqué encore en 1689. Elle écrivait a son cousin, Bussy-Rabutin, le 16 mars 1689 : « Le corps de la noblesse pour l'arrièrc-ftan est d'une grandeur et d'une magnificence surprenantes. » Les possesseurs de fiefs étaient tenus de servir en personne. Les femmes, les mineurs et les ecclésiastiques devaient envoyer leur contingent, suivant les prescriptions de la loi féodale. On demandait un homme à MM de Sévigné pour son fief de Bourbilly. « Je dis, écrivait-elle le 13 mai 16S9 à BussT-Rabutin, je dis que j'ai donné le f nos do ma terre de Bourbilly a ma fille en la mariant. Le lieutenant général me tourmente pour l'usufruit. Je vous demande pardon , mon cher cousin , mais j e me jetterai dans la bourgeoisie de Paris.»

Les armées féodales étaient sous les ordres du sénéchal de France, et, lorsque Philippe Auguste eut supprimé cette dignité , en u9l, le commandement suprême fut déféré au connétable. 11 avait sous ses ordres deux maréchaux et le grand maître des arbalétriers. Ce dernier commandait spécialement les milices communales, composées de soldats appelés arbalétrier*, à cause de l'arme dont ils se servaient (voy. Armes). Chacun de ces généraux avait des lieutenants chargés de veiller à la conduite de l'armée, au maintien de la discipline et de juger les soldats qui manquaient à ses lois. Les sénéchaux , baillis et prévôts des provinces cumulaient l'autorité militaire avec les fonctions administratives et même judiciaires; ils étaient chargés, entre autres fonctions, du commandement de l'arrièreban. Le service féodal de Yost et de la chevauchée était limité à quarante jours.

Saint Louis ordonna qu il eu uarcraic taxante. \[ pouvait ôt:e prolonge en cas d'invasion, mais aiors une solde était accordée aux troupes féodales.

A coté de ces milices toujours mal disciplinées et qui d'ailleurs restaient peu de temps sous les drapeaux , les rois eurent, dès le xir» siècle, des compagnies mercenaires que l'on trouve désignées sous les noms de bandes de routiers, cotereaux, brabançons, ribnwtt, tard-venus, et que l'on confondit plus tard sous le nom de grandes compagnies Les troupes mercenaires, accoutumées à vivre de la guerre, se livrèrent aux plus grands excès. Dès la fin du xir», leurs brigandages forcèrent les habitants de plusieurs contrées à s'armer pour les repousser par la force. Ces associations, qui se distinguaient par un capure ou capuchon , sont appelées tantôt capucièt (voy. ce mot) tantôt capuchons, tantôt frères de la paix. Mais ce fut surtout pendant le xtv« siècle, que les troupes mercenaires se multiplièrent. Philippe le Bel y ajouta un nouveau corps, qu'on appelait cranequiniers ou arbalétriers i cheval (voy. Armes ). Pendant les longues guerres du xiv* et du w siècle, ces troupes mercenaires dévastèrent la France. Le roi Charles V parvint s. éloigner les grandes compagnies et s'efforça de les remplacer par des armées permanentes, comme l'atteste l'ordonnance de Vincennes, rendue en 1373 (1374). Les troubles qui suivirent son règne s'opposèrent è la réalisation de cet utile projet. Char les Vil fut plus heureux; il institua, en 1439, la cavalerie des gens d'armes, qu'on appelait aussi compagnies d'ordonnance, et, en 1445, l'infanterie des franrs archers ou francs-taupiiis (voy. FaAtfCStaupins). Les compagnies d'ordonnance étaient au nombre de quinze, et chaque compagnie comprenait cent tuners garnies. On entendait par lance garnie hommes, savoir: l'homme d'armes, m page ou varlct, trois archers et un coutitlier ou soldat armé d'un coutil on coatcau. C'est probablement à cette organisation de la cavalerie qu'il faut attribuer l'usage longtemps conservé d'appeler chaque cavalier maître. On disait une com pagnie composée de cinquante mattres, parce que, dans l'origine, le cavalier se présentait comme un maître, up seigneur entouré de ses vassaux. Cette cavalerie des gens d'armes, ou, comme on l'appelait alors, cette gendarmerie formait ul corps de 9000 hommes; elle était composée presque exclusivement de nobles et a joué le principal rôle dans les guerres du xv.'- siècle.

Les t*anvs a*cher$ furent ht première infanterie ré^ulièie; ils riraient leur ïàom de l'exemption d'impôt accordée à tous les paysans choisis pour faire punie de

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ce corn* On en désignait un par paroisse pour être équipe à frais communs par les habitants, s'exercer an maniement des armes, les jours de fêtes, et être prêt à répondre aa premier appel. Les capitaines étaient nommes par le roi.

L'isolement des francs archers leur enlevait tout esprit militaire ; aussi ce corps fut-il supprimé par Louis XI, en h ko. Il est d'ailleurs probable que ce despote ombrageux ne se souciait pas de laisser des armes entre let mains du peuple. Il prit à sa solde des Écossais et des Suisses: les premiers formèrent le corps des archgrs de ta garde du roi ; les seconds , an nombre de six mille , servirent do modèle à l'infanterie française, telle que Louis XI la réorganisa. 11 institua aussi, en 1478, la compagnie des gentilshommes à bec-de-corbtn, pour veiller à sa sûreté; ils tiraient leur nom de leur arme, semblable à une hallebarde et nommée oec-de-corbin. Charles VIII créa une seconde compagnie de ces gardes en 1497.

Supprimés sous Louis XIII, rétablis sous Louis XIV, 1rs gentilshommes à bec-decorbin furent déHnilivement licenciés en 1776. Sous les règnes de Charles VIII et de Louis XII , on augmenta le nombre des compagnies suisses et on y ajouta des mercenaires allemands ; on appelait reftre$ les cavaliers de cette nation et lansquenets les fantassins , des mots allemands land et knecht qui signifient serviteur on défensenr du pays. Ces troupes mercenaires portaient encore le nom d'aventuriers et de bande» noires. On enrôla aussi, sous Charles VI II, des mercenaires albanais pour former la cavalerie légère, on les appelait Estradiots, du mot grec ZrpttUnai, et quelque! ois A nf ouïe te : ce dernier nom s'appliquait surtout aux corps de cavalerie légère qui servaient d'éclaireurs ; il y en avait à la bataille de Dreux, livrée en iS62. On n'avait eu dans le principe pour cavalerie légère que quelques cranequinters ou arbalétriers à cheval.

La découverte et les progrès des armes à feu firent remplacer le grand maître des arbalétriers par le grand maître de l'artillerie ; ce dernier titre se trouve dès le règne de Louis XI. Enfin des lieutenants des maréchaux , furent spécialement chargés, dès la fin du xv* siècle, de maintenir le bon ordre et la police dans les armées, de veiller aux approvisionnements et d'assigner des logements aux troupes sans grever le peuple.

Au xvi» siècle, on fit de nouveaux effort* ponreréer une in raoterie nationale. En 1509, Louis Xll reconnat ie danger de* troupes mercenaire», lorsque les

de Sion, Matbus Sciuntier, réfutèrent de vendre leurs service» à la France l.e roi chargea Bavard et Vsndeoesse d'organiser une infanterie nationale; nuis ils n'y parvinrent pas. le plus puissant effort fut tenté par François 1", qui institua, en iM'i, les légion* provinciale*. Elles se composaient de sept corps do six mille bommeschacun et étaient fournies par les provinces suivantes : iu Bretagne; 2* Normandie ; 3* Pieardir ; 4» bourgogne, i liMI pagne et Nivernais; s* Dauphiné, Provence, Lyonnais, Auvergne; t»' Languedoc; T« (îuyenne. Chaque légion euuismi* les ordres d'un colonel et de six capitaines qui commandaient chacun mille hommes. « Ce fut une très-bille invention, dit Montluc , §4 elle eût été bien suivie, car c'est le vrai moyen d'avoir toujours une bonne armée sur pied , comme faisaient les Uomains, et de tenir son peuple aguerri, h François l»r créa, en 1644, un colonel général de 1 infanterie française, auquel il soumit ce corps de quarante-deux mille hommes, et les vieilles bandes qu'on désignait sous le nom général à' aventurière. Tou* ees essai» d'infanterie nationale ne îoussirent pas.

L'amttassadeur nuitien, Fr. (duetiniano , oui visitait la France peu de temps après 1 institution des logions provinciales et qui la jugeait avec impartialité, constate le peu de succès de cette tentative. « Ces légionnaires français tant vantés n'ont pus réussi du tout. Ce ne sont que des paysans élevés dans la servitude, sans aucune expérience du maniement des armes, et, comme ils passaient tout à coup de l'extrême asservissement à la liberté et à la licence de la guerre, il advint ce qui arrive toujours dans tout changement subit, qu'ils ne voulaient plus obéir à leurs maîtres. Ainsi les gentilshommes de France se sont plusieurs fois plaints à Sa Majesté de ce qu'en niellant les armes aux mains des paysans eten les affranchissant des anciennes charges, elle les avait rendus désobéissants et rétifs; elle avait dépouillé la noblesse de ses privilèges, en sorte que les paysans, dans peu de temps, deviendraient gentilshommes elles nobles deviendraient vilains. C'est à cause de ces désordres et de l'impossibilité où sont ces légionnaires de rien entreprendre que leurs rangs i'éclaircissent tous les jours, et que le roi, prive de ses propres armes , est force d'avoir recours a la valeur mercenaire, h ( lîelalions des ambassadeurs vénitiens, tome I , p. 185-I8T)-

La force de l'armée consista toujours au xvi* siècle dans la cavalerie. Outre les gens d'armes t on y voit en i à bc les corps

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de carabins, armés d'une cuirasse, d'un

casque appelé cabasse, de pistolets et d'une longue esropette. Us servaient d'éclaireurs et de cavalerie légère. Les chevau-légers remontaient à Louis XII et les dragon* avaient été établis par le maréchal de Cosse- Brissac sous Henri IL Pendant la guerre de Trente ans, les Croate* ou Cravate* se tirent une giande réputation dans l'armée impériale. La France en prit à sa solde pour servir d'éclaireurs. Ils turent réunis par Louis XIV en un régiment qui prit le nom de Royal- Cravate. Ce corps composé d'étrangers a existé jusqu'à la révolution française. Il y avait aussi, au xvi* siècle, des corps d'arquebusiers à cheval que Brantôme compare au corps des carabins espagnols. Cette compagnie était de cent chevaux.

En 1558, Henri 11 s'efforça de réorganiser les légions provinciales. Cette infanterie fut divisée en régiments; on suppose que ce tut vers 1563. Dans l'origine, les régiments étaient partagés en compagnies dont une prenait le nom de colonelle , parce qu'elle était commandée par le colonel. I . es quatre plus anciens régiments furent les régiments de Picardie, de Champagne, de Navarre et de Piémont,

3ui occupaient toujours le premier rang ans l'infanterie française. Sous Louis XIII les régiments furent subdivisés en bataillons, t n des abus que présenta l'organisation de l'armée pendant tout* cette période fut l'emploi des passe-volants capitaines et colonels recevaient la solde de leurs troupes d'après un tableau qu'ils fournissaient et qui le plus souvent ne répondait pas à l'effectif de leurs compagnies. Aux montres ou revues passées par les officiers royaux, ils faisaient paraître de prétendus soldats, nommés passe-volants , qui ne figuraient que dans ces circonstances sur les cadres de l'armée. Vainement François !•« porta la peine de mort contre ces soldats de contrebande et menaça de la confiscation et de la dégradation le capitaine qui s'en servirait. L'abus subsista pendant tout te xvr» siècle. Afin de le détruire, Sully soumit les capitaines à des montres ou revues mensuelles. On confiait la garde de quelques châteaux forts à des vétérans que l'on appelait archersmorte-paie.

La suppression de la charge de connétable après la mort de l esdiguières, en 1627, et l'institution d'un ministre spécial pour la guerre, dès 161 9, rattachèrent de plus en plus la direction de l'armée à l'administration centrale. En 1829, les capitaines reçurent du roi l'ordre de faire les levées de troupes en personne, au Heu d'employer, comme par le

se, des racoleurs. On appelait ainsi hommes qui provoquaient les enrôlements volontaires et qui le plus souvent recrutaient l'armée dans les tavernes.

Mais, makré ces ordres, on trouve encore, même au xviu* siècle, des sergents racoleurs s occupant du recrutement de l'armée. L'établissement d'intendant* de justice et de finances près de chaque corps d'armée, avec charge spéciale de veiller à la bonne discipline, au payement des troupes et à l'approvisionne ment, date aussi du ministère de Richelieu (1635). Le service des vivres de l'armée commença, vers cette époque, à former une branche importante de» l'administration militaire; on s'occupa aussi des hôpitaux ambulants ou ambulances; enfin, le testament politique de Richelieu prouve qu'il voulait remplacer les enrôlements volontaires par un mode de recrutement plus régulier. Mais c'est surtout du règne de Louis XIV et de l'administration de Louvois que datent les grandes améliorations dans l'organisation de l'armée.

Louvois fut adjoint à son père Letellier, dans le ministère de la guerre, en 1666. Rendre plus vigoureuse la centralisation de l'armée, et améliorer dans toutes ses

f orties l'organisation militaire, tels furent es mérites de l'administration de Louvois. La charge de colonel général de l'infanterie française fut supprimée à la mort du duc d'Êpêrnon. Le comte d'Auver-

§ne, neveu de Turenne. conserva le titre e colonel général de la cavalerie; mais son autorité fut annulée, et, suivant l'ex-

Îiression pittoresque de Saint-Simon , « || ut nourri de couleuvres. » Aucune autorité ne s'interposa entre les troupes et le roi ou son ministre. Les régiments furent astreints à l'uniforme. Des inspecteurs spéciaux portèrent la pensée centrale dans tous les détails de l'administration militaire, surveillèrent la conduite des chefs et la tenue des troupes. Us étaient perpétuellement changés, « de peur, dit Saint- Simon , qu'ils ne prissent trop d'autorité. » Maréchaux , lieutenants généraux, brigadiers (généraux de brigade crées pour la cavalerie en 1665, et pour l'infanterie en 1668 ) , mesures de camp ou colonels des régiments de cavalerie, colonels, relevèrent directement de la puissance centrale. La disposition des garnisons fut enlevée aux gouverneurs des provinces. « Je renouvelai peu à peu toutes les garnisons , dit Louis XIV dans ses Mémoires, ne souffrant plus qu'elles fussent composées comme auparavant de troupes qui étaient dans la dépendance des gouverneurs. * En même temps une discipline sévère

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remplaçait l'ancienne licence de la soldatesque. Des ordonnances qui onl et» publiées dans le recueil des Anciennes lots françaises (t. XV 111 et XIX), portaient lu peine de mort contrôles des. rteur», réglaient avec précision l'ordre des marches et des campements, détendaient aux soldais de s'écarter des garnisons, et déterminaient tout ce qui concernait le matériel et les approvisionnements. La baïonnette, placées l'extrémité du fusil, remplaça la pique, dont l'usage avait été maintenu jusqu'alors dans les corps d'infanterie. Chaque régiment eut ses compagnies d'éliie. On munit, en 1676 , quatre gardes du corps par brigade, d'armes à feu appelées carabines. En 1 679, chaque compagnie de cavalerie eut deux carabiniers. En 1690. tous les carabin ers furent réunis en un seul corps , qui lut complètement constitué eu i6v3, et divisé en brigades subdivisées en escadrons et en compagnies. Cette organisation se soutint avec de légères modifications jusqu'à la révolution. Aujourd'hui l'aimée compte encore deux régiments de carabiniers. Les haras assurèrent la remonte de la cavalerie; des escadrons de cuirassiers et de grenadiers à cheval turent organisés. Le corps des dragons s'accrut et eut son colonel général. Un ne connaissait de hussards que chez les ennemis; la France leur emprunta cette institution. Les gendarmes de la maison du roi rappelaient les anciennes compayntes d'ordonnance. Les compagnies de mousquetaires , instituées sous Louis Mil. furent augmentées, le nom de chevau-legersy qui avait été longtemps appliqué à toute la cavalerie léuèi e, fut réservé à une des compagnies d élite de la maison du roi, organisée en 1630. Dans la suite on rétablit le corps des chevau- légers. Ils formèrent, en 1779, quatre escadrons qui turent compris dans les cadres ordinaires de l'armée.

Louis XIV fonda des écoles d'artillerie à Douai , puis à Metz et à Strasbourg; le génie fut dirigé par V auhan, qui construisit ou fortifie plus de cent cinquante places de guerre. Lu noblesse, accoutumée à obtenir d'emblée les dignités militaires, fut obligée d'apprendre à olniir avant de commander. Des écoles de cadets , instituées en i6S2, la préparèrent au métier de la guerre. L'avancement militaire fut détermine par des règles tixes et soumis en partie à ranefennete, ou, comme on disait alors, a l'ordre du tableau.

Au commencement de la guerre de succession d'Angleterre, en 1688, on assujettit les communautés de marchands et d'artisans des villes à lever elles-mêmes des recrues pour les troupes d'infanterie.

Ces milices formèrent trente régiments; mais , dans la suite, elles uf eut réparties dans les régiments ordinaires.

Une des plus ni >guiliques institutions du règne de Louis XIV , fut la toi ds l'hôtel des Invalides, en 1671. Le service des hôpitaux militai res 'ut soumis S un règlement uni orme, en iA0l.lofln, en it Louis XIV établit l'ordre de Beint-Leu destiné à récompenser les services l lilaires.

Il y eut peu d'actes importants de l'administration militiire sous le règne de Louis XV. On tonda, à cette p u , l'École militaire Je Paris, un des prii paux monuments de l'arc' ite. ture «lu xvur» siècle Choiseul, qui (ut principal ministre de i7Sb à me, lit décider qu'a l'avenir les capitaines auraient des appointements tixes et e'exploiteruient plu » leurs compagnies, en spéculant sur la solde, dont us retenaient une p-irtie. Je ne |>arle pas de la tentative du comte de Saint-Germain, en 1773, pour introduire dans l'armée irunçaise la discipline prussienne et le régime des coups de plat de sabre. On se rappelle le mot d un soldat français: « Je ne connais du sabre que le tranchant. »

La révolution françaises profondément modifie l'armée; elle y a introduit le principe du recrutement et de l'égale admissibilité de tous les Français aux emplois militaires. Les volontaires de 1792, d'où sortirent la plupart de nos grands généraux, les levées en masse de 1793, ne donnèrent que des armées révolutionnaires.

Le 21 a ni 1798, Jourdan Ht décret» r par les conseils législatifs que tout Frunçais contractait en naissant l'obligation ds servir la patrie. Enlin le consulat et l'empire établirent dans l'administration militaire une régularité qui n'était pas compatible avec les agitations révolutionnaires. l.z conscription fut organisée; elle lut vivement attaquée lorsqu'on discuta la loi du recrutement sous la restauration. Mais le ministre de la guerre, (iouvion Saint-Cyr, prouva que renoncer a la conscription , c'é tait renoncer a la force et a la grandeur militaires de la France; c'était revenir au régime des enrôlements volontaires et à tous les abus de l'ancienne organisation. Son avis prévalut, et la conscription fut maintenue par la loi sur le recrutement, que la chambre des député* adopta le 5 février 1818, et la t h ambre des pairs le 9 mars de la même année. I a révolution donna aussi une puissante impulsion à tous les services spéciaux. Elle créa l'École polytechnique, qui fournil des officiers aux corps du génie et de l'artillerie; les écoles d'app»icai>on ou sa-

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chève l'éducation de ces officiers ; l'école de cavalerie de Saumur ; l'école spéciale militaire ou école deSaint-Cyr; enfin îe collège miliiaire de la Flèche. Quant à l'égale admissibilité de tous les Français aux dignités militaires, ce principe Dosé dans la constitution de I79i. a éclaté dans toutes nos armées, et élevé parfois les plus obscurs soldats aux premiers rangs de la hiérarchie militaire.- Consoliez sur l'ancienne organisation des armées l'ouvrage du père Daniel, intitulé : Histoire de la milice française. Voy. dans ce Die • tionnaire pour les différents grades, les mots Hiérarchie militaire, pour l'histoire des milices communales Milices urbaines et l'indication des principaux corps de troupes anciens et modernes au mot Organisation militaire.

ARMÉE DE MEU.-Voy. MARINE.

ARMES. — Les armes ont varié aussi souvent que l'art militaire Les Gaulois n'avaient que des armes grossières, dont o n trouve encore des fragments dans leurs tombeaux : des flècbes, des haches souvent en pierres, et des épées qui ne tardaient pas à s'émousser ou à se briser. Les Francs portaient l'épée , la hache à deux tranchants qu'ils appelaient framée ou francisque, et dont ils se servaient pour combattre de près et de loin ; enfin le hang ou angon , espèce de javeline ou javelot. Les capitulaires de Cbarlemagne parlent, en outre, de flèches , de casques et de cuirasses. On voit qu'à cette époque on s'occupait plus d'armes offensives que de défensives. Les rois se couvraient de la dépouille des bêtes sauvages, et les anciens historiens les appellent souvent reges pelliti , rois couverts de fourrures. On employait pour assiéger ou défendre les places des machines nommées catapultes et balietes , qui lançaient des pierres , des traits et des poutres. Ces machines se composaient de nerfs ou de cordes à boyau tendus avec force, et qui, en se débandant, lançaient au loin des projectiles. L'art de diriger ces machines s'appelait balistique.

Avec l'époque féodale , les armures changèrent. Les seigneurs retranches dan s leurs forteresses s entourèrent d'une armure de fer dont les plis flexibles se pi c t; àent a tous les mouvements du corps. On appelait cotte de mailles ou haubert cette tunique d'anneaux de fer entrelacés. Une chaussurç de mailles garantissait les jambes. Le casque pointu , tel

3tt*on le voit représenté sur la tapisserie e la reine Mathilde, Vécu ou bouclier long terminé en pointe faisaient partie de l'armure défensive du chevalier, au

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xi« siècle. Le l>ooclier, en forme de carré long, s'appelait large: s'il était rond, il portait le nom de rondache ou rondelle.

casque pointu ou chapeau de fer, comme on l'appelait quelquefois , se nommait encore armet. morion ou bassmet; il n'avait ni visière ni gorgerin.

(Fig A.)

La figure A peut donner une idée d'un homme d'armes de cette époque. Elle représente la statue d'Elie, comte du Maine, telle quelle se voyait dans une église du Mans, au xvir» siècle, époque où I». Bernard de Montfaueon l'a lait graver dans ses Monuments de la Monarchie française. Le comte du Maine, mort en 1 109 , est en costume de guerre , maillé de la tète aux pied3; son écu est orné d'une croix fleurdelisée.

L'avantage du haubert, dont on se servit aux xi*, an* et xiii* siècles, parm tel que les chevaliers se l'attribuèrent exclusivement , et en interdirent l'usage aux simples écuvers.

Celte armure était à l'épreuve de 1 epée ; la lance seule était à craindre ; pour en repousser les atteintes, on se garnissait d'une camisole épaisse et fortement rembourrée, qu'on appelait yambeson, gambesson , ganbeson, auquelon ou hoc-

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