BEN
Charlemagne ajouta aux riches domaines de l'Eglise la perception régulière de la d Une ou de la dixième partie des récoltes , qui , jusqu'à ce prince , n'avait été qu'un don volontaire. Pendant les premiers siècles, l'évéque administrait en commun tous les biens de son église, sans attribution spéciale d'une partie des revenus a aucune charge ecclésiastique. On faisait ordinairement quatre parts de ces biens : Tune était destinée a l'évéque , pour les dépenses de sa maison et les frais d'hospitalité, dont il était chargé ; la seconde, aux clercs ; la troisième, à l'entretien des églises; la quatrième, aux pauvres.
Vers le xi* siècle , on distingua un certain nombre de charges ecclésiastiques, auxquelles on attacha un revenu spécial. On les appela bénéfices et on les divisa en bénéfices séculiers et régulier* Les bé notices séculiers furent ï'évèché , les dignités capitulai rcs de prévôt, haut doyen, archidiacre, chancelier, chantre, écolatre, trésorier ou chevecier, lescanonicats, les cures , les vicairies perpétuelles , les prieurés, les chapelles. Les bénéfices réguliers étaient les dignités claustrales, dont les titulaires s'appelaient abbé, prieur conventuel , chambrier, aumônier, hospitalier, sacristain, cellérier, etc.
Lévèque, élu par toute la communauté religieuse, conférait seul dans le principe les charges ecclésiastiques. Mais, dans la suite . une partie des bénéfices fut à la collation des chapitres, des patrons qui avaient fondé et doté les églises et des rois qui les protégeaient. Pendant l'anarchie des temps féodaux , les bénéfices ecclésiastiques furent souvent un objet de trafic. On appela sunonie cette vente sacrilège des choses saintes , parce que Simon le Magicien avait voulu acheter des apôtres le don de faire des miracles. Les prêtres qui trafiquaient des bénéfices furent flétris du nom de simoniaques. Grégoire VII et les papes ses successeurs combattirent cet abus avec énergie. Mais en même temps ils voulurent s'emparer de la collation de tous les bénéfices et s'opposer à ce que les seigneurs temporels en donnassent l'investiture par l'anneau et la crosse. Tel fut le prétexte de la célèbre guerre du sacerdoce et de l'empire. Cette querelle n'eut jamais en France la même importance qu'en Allemagne.
Le clergé gallican s'opposa , dès l'origine, aux prétentions exorbitantes de la cour de Rome. Cependant les souverains pontifes obtinrent la collation d'un certain nombre de bénéfices, qu'on désignait sous le nom de réserves , et ils donnaient par une bulle l'expectative d'un de ces
bénéfices, lorsqu'on prévoyait la mort prochaine du titulaire On appela ces bulle» grâces expectatives. Il en résulta des abus, et, 1 Eglise gallicane fit entendre de vives réclamations à ce sujet. Les conciles de Pise, de Constance et de Baie, la pragmatique de Bourges et enfin le concordat limitèrent les grâces exspectatives ; le concile de Trente les supprima entièrement. On appelait provienne les bulle* ou lettres patentes qui conféraient un bénéfice ecclésiastique.
Le concordat de 1SI6 donna à Prançois I" et à ses successeurs le droit de disposer des bénéfices ecclésiastiques en faveur des clercs auxquels le pape ou le* supérieurs ecclésiastiques accordaient l'institution canonique, i.s (eville des bénéfices devint par la suite un ministère importaut Le roi avait encore le droit de disposer d'un certain nombre de bénéfices , en vertu de l'induif et de la régale. L'induit était une grâce par laquelle le
Eape avait permis au roi de conférer des énéflees ecclésiastiques aux conseiller»
des parlements ou à d'autres officiers des cours souveraines. Si ces officiers étaient clercs , ils pouvaient être nommés euxmêmes au bénéfice ; s'ils étaient laïques ils pouvaient désigner une autre personne, pourvu qu'elle présentât les conditions requises pour jouir d'un bénéfice ecclésiastique. L'induit s'étendait à tous les bénéfices séculiers et réguliers ; mais le roi ne pouvait en user qu'une fois en faveur de chaque officier des parlements. Les bulles de Paul 111, en 1S38, et de Clément IX, en 1668, réglaient les conditions de l'induit. La régale donnait au roi te droit de disposer de tous les bénéfices pendant la vacance d'un siège épiscopal et de percevoir une partie des revenus. En vertu du droit de joyeux avènement , il nommait , au commencement de son règne , à la première prébende qui venait a vaquer en chaque cathédrale. Enfin , à chaque changement d'évèque , le roi disposait de la première prébende vacante dans son diocèse.
La résignation des bénéfices était un moyen de les rendre en quelque sorte héréditaires dans une famille, puisque le titulaire pouvait résigner son bénéfice en faveur d'un parent. Cet usage ne s'établit
Su'aux xv« et xvi" siècles, il en résulta es abus que l'on s'efforça de prévenir en exigeant que la résignation fût rendue publique, au plus tard six mois après 1 acte. Le résignant pouvait dans certains cas demander à rentrer dans son bénéfice; cette demande s'appelait regrès.E\\*n était valable que si le demandeur établissait que la résignation lui avait été extorquée avant