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Le livre, intitulé la Taille de Parti sou* Philippe le Bel, peut «tonner une idée de ces registres , au moyen desquels on déguisait à peine l'arbitraire des impôts.
Lorsque Charles Vil eut rendu la taille permanente, on chercha à réoartir avec • galité cet impôt foncier. Quelques provinces firent cadastrer les propriétés. On appelait le livre terrier du i»auphinë/Vrfyuaire : il remontait a une époque fort ancienne; celui du Lanuuedoc se nommait Compoix. D'autres provinces, etsui tout la Provence, suivirent cet exemple. Charles VII avait ordonné | 1401 ) que toute la France fût cadastrée, mais cette ordonnance ne fut pas exécutée. Cependant l'opinion publique s'occupait de cette question. Bodm | livre V! de la République) , rappelle l'institution du cadastre romain, et montre combien elle serait utile à la France : « Si tout le pourpris de l'empireromain étoit baillé par dénombrement, afin qu'on sût les charges que chacun devoit porter, eu égard aux biens qu'il avoit, combien est il plus nécessaire à présent, oii il y a mille >ortes d'impôts en toutes républiques, que les anciens n'ont jamais connus? Ce point- là est de telle conséquence, qu'il doit suffire . quand il n'y auroit autre chose , pour qu'un chacun apporte par déclaration les Liens ei revenus qu'il a. Parce moyen, il seroit pouvù aux justes plaintes et "doléances des pauvres, que les riches ont accoutume do charger. » Malgré ces justes réclamations, il s'ecoula plus d'un demi - siècle avant qu'on s'occupât du cadastre gênerai. Colbert reprit ce pr jet. bç 1666 à I6G9, il fit dresser le cadastre de la généralité de Montauban. 11 se proposait d'étendre cette institution à la France entière; mais les guerres de Louis XIV l'en empêchèrent.
Cependant la pensée de Colbert ne fut pas entièrement perdue. Plusieurs pays d'états firent cadastrer leur territoire aux trais de la province. Au moment de la révolution , le Languedoc, la Provence, le Dauphiné, la Guyenne, la Bourgogne, l'Alsace, la Flandre, le Qucrcy et l'Artois étaient cadastrés ( voy. M. P Clément, Histoire de Colbertjp. 267 .L'Assemblée constituante, en proclamant l'égale répartition des impôts et en établissant la contribution foncière, décréta la confection d'un cadastre général. Mais il fut impossible de s'en occuper au milieu des agitations révolutionnaires. Le gouvernement consulaire reprit , en 1 800 , le projet de cadastre On s'efforça de le réaliser rapidement sans arpentage préalable, en obtenant des propriétaires une déclaration de leurs terres : mais on reconnut bientôt l'impossibilité dkvoir des déclarations exactes , et d'ar-
river par ce moyen à une répartition équitable de l'impôt. La loi du 1 s septembre 1807 ordonna le c«dustrement de toutes les propriétés, et, jusqu'en i82i les ingénieurs géomètres uni exécuté cet immense travail qui consistait à mesurer, sur plus de quarante mille lieues 1 arrée* plus de cent millions de propriétés Repérées. A partir de ce moment, l'impôt foncier a eu une base solide et a pu étro établi avec équité.
CADAVRE. — Daus les temps barbare*, et d'après le droit germanique, le cadavre de l'homme assas-fné demandait lui même vengeance. Lorsqu'on ne pouvait conserver le cadavre tout entier, on lui coupait la main droite et on t'apportait devant la ]uge. Plus tord , eetto coutume parut odieuse , et on permit aux parents , au lieu d'apporter la main sanglante du mort, de présenter une main de cire qu'ils plaçaient sur une epée nue, et déposaient devant le tribunal. Les anciennes lois françaises avaient conservé quelques traces de ce droit primitif des Germains. Ainsi, les Assise* de Jérusalem ordonnent de porter le corps de l'homme assassiné à la porte du seigneur, et ensuite les parents doivent se présenter devant le tribunal du seigneur et lui dire : « Sire, mandez qu'on vote ce corps qui a été meurtri. »» Alors le seigneur envoyait trois hommes , l'un pour le représenter, et les deux autres comme juges de son tribunal. Ces trois hommes, après avoir vu le cadavre et consulté le meurtie, revenaient vers le seigneur, et alors le parent delà victime demandait vengeance, et dénonçait celui qu'il regardait comme coupable. La croyance populaire que le cadavre accusait son meurtrier dura fort longtemps au moyen âge ; on racontait que le cadavre de Henri 11 avait saigné à la vue du son fils Itic-hard 1 1189 , et celui de Louis d'Orléans , a la vue de Jean sans Peur C H04); ils avaient, disait-un , reconnu leur meurtrier.
CADENAS. — Coffret où l'on tenait sous clef les couteaux, four, bettes, et autre» ustensiles ou service de table On se servait encore de ces cadenas k la table du roi et des grands aux xvu« et xwm siècles. Voy. 1 ABLfc.
CADENETTK. — Poignée de cheveux qu'on laissait croitre autrefois du côte gauche, tan 1 lis que les cheveux du côté droit étaient courts Cette mode, d'après Ménage, fut introduite par Henri d'Albert, seigneur deCadenet, maréchal de France.
Au xvm* siècle, on appelait cadenettts les cheveux entortillés d'un ruban der-