‹ Dictionnaire historique des institutions (volume 2)Chapitre 96 sur 300 · CAF · texte numérisé non relu

CAF

rière la tète; ce qui faisait une queue ou cadeneUe qui tombait sur les épaules.

CADETS. — Le système féodal, en proclamant le droit d'aînesse, condamnait les cadets à une infériorité qui se marquait dans les armoiries et surtout dans le partage des terres. En Bretagne, les aînés obligeaient les cadets à prendre le nom des terres qu'ils leur laissaient et à renoncer au nom de famille ( D. Moriee , Histoire de Bretagne , préface, x ). Les armoiries des cadets devaient aussi porter des traces de leur inériorité. M»« de Sévigné rappelle en plaisantant à son cousin Bussy-Kabutin qu il n'est que de la brandie cadette des Rabulin et le menace de le réduire au lambel, c'est à- dire à la brisure qui caractérisait les armes des puînés. Enfin, pendant longtemps, les cadets faisaient hommage à leurs arnés pour les terres qu'ils en avaient reçues en fief; ils ne relevaient plus du seigneur dominant qu'en arri» re-fief. Philippe Auguste abolit celte coutume qui favorisait le morcellem» nt des fiefs, et, dans une pensée d'unité monarchique, exigea que les cadets relevassent immédiatement dn seigneur suzerain. On nommait légitime la portion assez mince qui, dans la succession paternelle , était réservée aux cadets.

CADETS ( Ecole des ). — Ecole militaire sous Louis XIV. Voy. Ecoles.

CADRAN. — Décoration extérieure d'une horloge. Voy. Hoivloge.

CADRES DE I/ARMEE. — Voy. Okga-

N1SATION MILITA1KE.

CADUCEE. — Bâton fleurdelisé, symbole des hérauts d'armes. Voy. Héhalts

CAFÉ. — L'usage du carë ne date en France que de la seconde moitié du xvii» siècle. Il s'était répandu de l'Arabie, où il était très-commun dès le xv«siècie. dans les provinces turques. En 1615, le voyageur Pietro délia Valle écrivait de Constantinople à un Romain, son ami, qu'avait peu il enseignerait à l'Etfrope comment on prenait le cahué; les Tnrcs nommaient ainsi ce breuvage. En 164i, des négociants de Marseille introduisirent l'usage du café dans cette ville. Thévenot, de retour de ses voyages, en 1658, en usait à Paris et ne manquait pas d'en régaler ses hôtes ; mais le café ne fut mis à la mode qu'en 1669, par l'ambassadeur de Turquie, Soliman-Aga. Visité par plusieurs personne» distinguées, il leur fit servir du café suivant l'usage de son pays. <« Si pour plaire aux dames, dit Le Grand

d'Aussy (Vie privée des Français), un Français leur eût présenté sa liqueur ne ire et amère , il se fût rendu à jamais ridicule; mais ce breuvage était servi par un Turc,

f>ar un Turc galant; c'en était assez pour ui donner un prix infini. D'ailleurs les yeux étaient séduits par l'appareil d'élégance et de propreté qui raccompagnait, par ces tasses brillantes de porcelaine dans lesquelles il était versé , par ces serviettes ornées de franges d'or, que des esclaves présentaient aux dames. Joignez à cela des meubles, des habillements et des usages étrangers, la singularité de parler au maître du logis par interprète, celle d'être asMses par terre sur des carreaux , etc. ; et vous conviendrez qu'il y avait bien là plus qu'il ne fallait pour tourner la tète à îles Françaises. Sorties de chez l'ambassadeur avec un enthousiasme qu'il est aisé d'imauiner, elles s'empressaient de courir chez toutes leurs connaissances pour parler de ce café qu'elles avaient pris chez lui . et Dieu sait connue l'un et l'autre étaient exaltés. » Cet engouement propagea rapidement l'usage du café, quoiqu'il fût alors fort cher. On n'en trouvait qu'a Marseille, et en petite quantité. La livre se vendait jusqu'à quarante écus , qui feraient plus de trois cents fraucs de monnaie actuelle.

L'usage du café au lait est presque aussi ancien que celui du café. En 1690, Mœede Sévigné écrivait de sa terre des Rochers : « Nous avons ici de bon lait. INous sommes en fantaisie de faire bien écrémer de ce bon lait et de le mêler avec du sucre et de bon calé. »

Dans l'origine, on tirait exclusivement le cafe d'Aratiic. Un arrêt du conseil, rendu en 1 693, n'en permettait l'entrée en France

3ue par le poi t de Marsrille. Des armateurs e Saint-Malo furent les premiers qui allèrent directement le chercher a Moka.

En 1709, ils équipèrent deux vaisseaux qu'ils envoyèrent dans ce port, et qui en revinrent avec une cargaison considérable de café. La culture du café , dans nos colonies, ne date que de la première moitié du x v m ie siècle.

Déjà, antérieurement, les Hollandais avaient transporté dans leurs colonies des enfiers ou arbres à calé. Ils réussirent si bien , qu'en 1690 , l'île de Batavia en était presque entièrement couverte. De Batavia, ils en transportèrent à Surinam, sur la côte de la Guyane, où les cahers eurent le même succès. Les colonies françaises restèrent bien en arrière, et Paris eut des cafiers avant les col. «nies. F.n 1 7 1 3 ou 1 7 1 4 , le bourgmestre d'Amsterdam en envoya au roi deux boutures qui fuient cultivées au Jardin des Plantes. En 1720, Antoine

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