‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 106 sur 224 · O UT · texte numérisé non relu

O UT

ORPHELINS. — Les anciennes lois do la France ordonnaient que les causes des orphelins fussent jugées avant toutes les autres ( Ordonn . des rois de France, IV, 580 et 594 ). Voy. Enfants tkouvés et Hôpitaux, p. 553, irc col.

OSCLAGE. — Nom du douaire dans la coutume de la Rochelle. Le mot osclage venait du latin osculum (baiser) et de l’usage où étaient les fiancés de se donner un baiser qui était le gage du mariage et du douaire constitué à. la femme, de même que de la dot apportée au mari.

OSCLE. — Baiser ( osculum ). Ce mot indiquait quelquefois le présent du matin fmorgengabei des lois germaniques, parce que ce présent était accompagné d’un baiser. Voy. Morganegiba.

OST. — Armée et service militaire. Voy.

Host.

OSTERLINS. — On appelait osterlins , au moyen âge, les marchands de la Hanse teutonique. Leur comptoir à Anvers portait le nom de maison des osterlins. C’est delà que sont venus par corruption les mots esterling ou sterling pour désigner une monnaie de compte qui n’est plus en usage qu'en Angleterre.

OTAGES. — I/usage de livrer des otages pour garantie d’un traité a été trèslongtemps adopté en France, comme dans la plupart des nations européennes. Lorsque le roi Jean recouvra la liberté par la paix de Bretigny ( 1 36 1 ) , on donna des otages pour repondre du payement de sa rançon. François I" n’obtint la liberté qu’en livrant ses deux fils comme otages (1526). Il est encore fait mention d’otages pour la paix de Cateau-Cambrésis (1559) et même sous Louis XIV, en 1667, les habitants de Lille réunirent des otages comme garants de la capitulation ( Pellisson. Histoire de Louis XIV, t. Il, livre V p. 195-219). ’

OUBLIAGE. — Droit féodal. A certains jours , les vassaux étaient tenus de présenter à leurs seigneurs des pains nommés oublies. Cette redevance fut souvent convertie en rente payée en argent.

OUBLIAU. — Vassal soumis à la redevance appelée oubliage.

OUBLIES. — Espèce de pâtisserie. (Voy Nourriture, p. 877). Il était d’usage dans quelques contrées de jeter des oublies du haut des églises le jour de la Pentecôte.

— On comprenait encore sous le nom a oublies des redevances de pains, de grains et de volaille. Cette offrande d’abord volontaire de quelques pains et d’au-

très denrées , fut convertie plus tard en obligation pécuniaire ( Ordonnances des rois de France , xv. 447 ), et porta le norn d oubliage. Dès l’année 124 1 le comte de Toulouse, Raymond VII, parlant de cette redevance, s'exprimait ainsi : Un denier toulousain d' oublies ou de cens ( cum uno denario Tolosæ obliarum sive census). Du Cange, v° Oblia.

.OUBLIE URS , OUBLIEUX. — On appelait oublieurs et oublieux , au xvne siècle et au commencement du xvme, des garçons pâtissiers qui, sur les huit heures du soir, allaient, l’hiver, crier des oublies dans les rues de Paris. A l’époque de a première Fronde, au mois de novembre 1648 , ceux qui circulaient de nuit pour des négociations mystérieuses reçurent aussi le nom d youblieurs. « Pendant ce temps-là, dit Mademoiselle dans ses Mémoires, ceux qui négociaient allaient tous les soirs en cachette du Pajais-lioyal à celui d'Orléans ( Luxembourg), et on les nomma parce

qu'ils erraient la nuit, comme les marchands d'oublies. » Vers 1730, la police interdit la circulation dans les rues de Pans à ces garçons pâtissiers, parce qu un grand nombre de filous se déguisaient en oublieurs pour pénétrer la nuit dans les maisons.

OUBLIETTES. — Cachots dans lesquels on jetait ceux qui étaient condamnés \ une prison perpétuelle. On appelait encore oubliettes des puits profonds garnis de lames tranchantes où , d’après certaines traditions , on précipitait les victimes des tyrans féodaux.

OURCQ (Canal de P). — Canal qui établit communication entre l'Aisne et la Seine. Il a été commencé en 1806.

OURS (Fournée de P).— Redevance féodale qui consistait à fournir un pain de chaque cuisson. Voy., pour l'origine de ce nom. Féodalité, p. 408, 2e col.

OUTILLEMENT DU VILAIN. — Pièce de vers du temps de saint Louis, dans laquelle se trouve décrite l'armure des vilains. On cite parmi les armes de cette classe les longs couteaux apoelés cotte relit (couteaux ou coustils), les havets , espèces de piques, les massues, les guibets ou gibets ( frondes ), les arcs et les lances.

Si le convient armer,

Por la terre garder,

Coterel et hauvet,

Maçue et guibet ,

Arc et lance enfumée.

OUTRE. — On plaçait quelquefois dans

Page 1