‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 107 sur 224 · PAG PAG · texte numérisé non relu

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des outres le vin qui devait servir aux festins du moyen âge. Cet usage indiquait une grande simplicité d’habitudes. Quand l’auteur du Songe du vieux 'pèlerin veut exprimer la modestie de Philippe de Valois au festin qu’il donna aux rois de Majorque, d’Écosse, de Bohême et de Navarre il dit : « Qu’il y avait sur la table seulement deux quartes dorées, pleines de vin, •une aiguière et la coupe avec laquelle il buvait; sur le dressoir royal, il n’y avait autre vaisselle d’or et d’argent qu’une outre de cuir, dans laquelle^était le vin du roi, et des princes et des rois assis à table. »

OUVROTRS. — Établissements charitables assimilés aux écoles d’instruction primaire; on y admet des jeunes filles qui

sont exercées spécialement aux travaux d’aiguille, en môme temps qu’elles reçoivent les premiers éléments d’instruction morale et religieuse. Les personnes qui tiennent les ouvroirs sont soumises à la surveillance des autorités préposées à l’instruction primaire.

OVATES. — Prêtres du second rang dans la hiérarchie druidique. — Voy.

Druides, p. 304.

OYERS. — Marchands d’oies. On donnait autrefois ce nom à tous les rôtisseurs, parce que les oies étaient une partie essentielle de la nourriture (voy. Oies). Les cuisiniers-rôtisseurs sont appelés oyers ou oyeurs dans les anciens statuts des métiers de Paris.

PACAGE. — Le mot pacage désigne tout à la fois le droit de faire paître les troupeaux dans certains lieux et les lieux propres à nourrir et à engraisser des bestiaux.

PACTE DE FAMILLE. — On appelle pacte de famille le traité qui fut conclu le 15 août i76t , entre les diverses branches de la maison de Bourbon régnant en France, en Espagne, à Naples et à Parme. Elles s engageaient à se soutenir dans la lutte engagée contre l’Angleterre. Ce traite fut surtout l’œuvre du duc de Choiseul, qui était alors le principal ministre de la France.

PACTE DE FAMINE. — L’expression ironique de pacte de famine était tout à la fois une allusion au pacte de famille qui avait lait la gloire du ministère Choiseul et une attaque contre une association de monopoleurs, qui s’était organisée sous le règne de Louis XV, pour accaparer les blés et spéculer sur la misère du peupic. On &ccus& les ministres et plusieurs grands personnages d’avoir trempé dans ce pacte de famine. I/abbé Terray contrôleur général des finances , de 1770 à. 1774 , fut surtout accusé d’avoir protégé les accapareurs. Turgot tenta vainement de détruire le pacte ae famine. On trouvera, dans Y Histoire parlementaire de la révolution française , par MM. Bûchez et houx Ct. II» p. 46i et suiv.), diverses pièces relatives à cette criminelle association. L’existence n’en peut être contestée.

PAGANISME. — Les supersti tions païen-

nes se conservèrent dans la Gaule longtemps après l’établissement du christianisme. Le quatrième concile d'Orléans, tenu en 54i, prononça la peine d’excommunication contre ceux qui , après avoir reçu le baptême , mangeaient de la chair des animaux immolés aux idoles ou qui juraient par les dieux du paganisme. Le deuxième concile deTours, tenu en 566 ou 567 , détendit de célébrer la fête du 1er janvier, en l’honneur de Janus, d’offrir de la viande aux morts le jour de la fête de la chaire dexsaint Pierre, de manger de celle qui aurait été consacrée aux démons, et de révérer certains arbres et certaines fontaines. Saint Ouen , archevêque de Rouen au vn« siècle, a écrit une vie de saint Eloi, son contemporain, dans laquelle on trouve une nouvelle preuve de l'existence des coutumes païennes en France à cette époque. « Je vous conjure, dit-il aux fidèles , de fuir les usages sacrilèges des païens. Ne consultez ni les devins, ni les sorciers, ni les magiciens, ni les enchanteurs; ne les interrogez jamais, ni dans vos maladies, ni daus aucune autre circonstance. Celui qui commet ce péché perd aussitôt la grâce du baptême.

N observez ni les augures ni les éternuments; ne vous arrêtez pas pour écouter le chant des oiseaux ; mais, soit que vous entrepreniez un voyage ou toute autre chose, signez-vous au nom du Christ; recitez , avec foi et dévotion , le symbole et 1 oraison dominicale, et rien ne pourra vous nuire. Que nul chrétien ne remarque le jour oh il sort ni celui oh il rentre; car Dieu a fait tons les jours égaux. Que personne ne fasse attention au jour ou à

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la lune pour commencer une entreprise.

Il est interdit de se livrer aux calendes de janvier (i°r janvier) à des pratiques ridicules et criminelles, de prolonger les festins pendant la nuit et de boire avec excès. Fuyez, à la fête de saint Jean et des autres saints, les danses, les sortilèges et les cérémonies diaboliques* Que personne n'invoque les démons, Neptune, Diane, Minerve ou les génies. Évitez les temples, les pierres, les sources ouïes arbres consacrés aux démons. N’allumez pas de lampes dans les carrefours; n’y faites pas de vœux. Que personne ne suspende des amulettes au cou des hommes ou des animaux; lors même que les clercs les béniraient, évitez ces objets qui ne sont pas un remède du Christ, mais un poison du diable. Ne faites ni lustrations ni enchantements; ne faites point passer vos troupeaux par un arbre creux ou par une fossé; ce serait, en quelque sorte, les consacrer au démon.

Qu'aucune femme ne suspende à son cou des sachets d’ambre ; qu’elle n’invoque point Minerve avant de travailler la toile, mais qu’elle implore la grâce du Christ, et qu’elle se confie de tout son cœur en la vertu de son nom. Si la lune vient à s’obscurcir, ne poussez point de cris; c’est îar la volonté de Dieu qu’elle subit des éclipses à certaines époques. Que personne ne craigne d’entreprendre un travail à la nouvelle lune; Dieu a fait la lune

[mur marquer les temps , pour éclairer ’obscurité des nuits , et non pour mettre obstacle aux travaux ou pour frapper l’homme, ainsi que le pensent les insensés, qui regardent comme tourmentés par la lune ceux qu’agite le démon. »

Ce passage nous montre encore vivantes au vji® siècle les superstitions du 'paganisme , philtres, invocations diaboliques, amulettes, orgies des saturnales , augures, culte de la nature adorée dans les génies des sources , dans les pierres et dans les forêts. Les prescriptions réitérées des conciles prouvent combien les populations de la Gaule tenaient à leurs croyances superstitieuses. L’Église eut recours , pour abolir ces restes du paganisme , 4 un moyen aussi simple qu’efficace ; elle consacra par des cérémonies chrétiennes les temples païens. « Il faut se garder, écrivait le pape Grégoire le Grand aux missionnaires qu’il envoyait en Grande-Bretagne, il faut se garder de détruire les temples des idoles; il ne faut détruire que les idoles, puis faire de l’eau bénite, en arroser les temples, y construire des autels et y placer des relique». Si ces temples sont bien bâtis, c’est une chose bonne et utile qu’ils passent

du culte des démons au service du vrai Dieu ; car tant que la nation verra subsister ses anciens lieux de dévotion , elle sera plus disposée à s’y rendre par un penchant d’habitude pour adorer le vrai Dieu. Secondement, on dit que les hommes de cette nation ont coutume d’immoler des boeufs en sacrifice, il faut que cet usage soit tourné pour eux en solennité chrétienne, et que, le jour de la dédicace des temples changés en églises , ainsi qu’aux fêtes des saints dont les reliques y seront placées, on leur laisse construire, comme par le passé, des cabanes de feuillage autour de ces mêmes églises; qu’ils y amènent leurs animaux, qui alors seront tués par eux, non plus comme offrande au diable, mais pour des banquets chrétiens, au nom et en l’honneur de Dieu, à qui ils rendront grâce après s’être rassasiés. C’est en réservant aux hommes quelque chose pour la joie extérieure, que vous les conduirez à goûter les joies intérieures. »

Peu à peu les superstitions païennes perdirent le caractère de culte idolàtrique; mais il en est resté jusqu'à nos jours de nombreux vestiges. Sans parler des mascarades et de la procession du bœuf gras, il est impossible de ne pas voir un souvenir du paganisme dans les feux de la saint Jean et dans les guilan leu y qui rappellent le gui sacré des druides. Yoy. Feux de joie et Gui.

PAGES. — Jeunes gens placés au rang inférieur de la chevalerie; on était page de sept à quatorze ans. Yoy. Chevalerie , p. 143, 2e col. — Il y eut toujours, dans l’ancienne monarchie , des pages attachés aux grands, et cette institution n’était pas sans analogie avec celle des pages y que l’exemple d’un vaillant seigneur formait aux vertus chevaleresques.

« G’est un bel usage de notre nation , dit Montaigne, qu’aux bonnes maisons nos enfants soient reçus pour y être nourris et élevés pages , comme en une école de noblesse, et est discourtoisie, dit-on , et injure d’en refuser un gentilhomme. » A l’àge de quatorze ans, on était mis hors de pages. C’était une époque importante dans la vie, et la religion intervenait pour la consacrer. Le gentilhomme mis hors de pages était présenté à l’autel par ses père et mère, qui , chacun un cierge à la main, allaient à l’offrande. Le prêtre célébrant prenait sur l’autel une epée et une ceinture qu’il attachait au côté du jeune gentilhomme après Les avoir bénies.

Quelquefois lespaq^s étaient chargés de missions. « Par l’usance du temps passé, dit Brantôme, les grands envoyaient leurs

pages en message , comme on fait bien aujourd'hui , mais alors allaient partout et par pays à cheval ; même que j’ai ouï dire à nos pères qu'on les envoyait bien souvent en petites ambassades; car en dépêchant un page avec un cheval et une pièce d’argent, on en était quitte. »

Au xvne siècle, on ne trouve plus guère de pages que chez les rois et les princes du sang royal. Les pages du roi avaient des gouverneurs, sous-gouverneurs et précepteurs, et recevaient une éducation qui les préparait aux fonctions civiles et militaires. On distinguait les pages de la chambre, les pages de la grande écurie et les pages de la petite ecurie. Deux pages de la chambre entraient le matin dans la chambre du roi avec les officiers de la chambre pour prendre les pantoufles du roi, et le soir ils les lui donnaient. Ils faisaient de même quand le roi s’habillait ou se déshabillait au jeu de paume. A l’approche de la nuit, deux pages de la chambre se tenaient dans l’antichambre du roi, et lorsque le roi sortait , ils le précédaient portant chacun un flambeau de cire blanche. Quand le roi montait en carrosse, les pages de la chambre montaient sur le devant du carrosse à côté du cocher.

Pendant les chasses, le roi était accompagné par quatre pages de la grande écurie et six de la petite écurie : ils portaient les fusils du roi. Des pages de la grande et de la petite écurie accompagnaient aussi les dames qui suivaient les chasses royales ; ils servaient les seigneurs et les dames que le roi invitait à sa table, et avaient leur place et leur service marqués dans les voyages du roi.

PALI , PAGUS. — Divisions territoriales de la Gaule qui se sont conservées sous la domination romaine et barbare et dont plusieurs uni duré jusqu’à nos jours, sous le nom de pays (pays de Caux^pays d’Ange, Amiénois, Gatinais , P an st's , Vextn, etc.). M. Guérard a publié, dans Y Annuaire de la Société d’histoire de France de l’année 1837, un tableau des pagi de la Gaule par ordre alphabétique. J’ai suivi ce travail, en l’abrégeant :

Ack (paysd’), Agnensis pagus (Finistère).

Agadès, pagus Agathensis (Hérault).

Agénois, pagus Àginninsis (Lot-et-Garonne ).

Aillas (pays d’), pagus Aliardensis (Gironde).

Alais (pays d’), pagus Alesiensis (Gard).

Albigeois > Pagus Albigensis (Tarn).

Albion ou le Bion , pagus Albionensis (Vaucl use).

Albret (pays d’), pagus Leporetanus (Landes).

Alet (pays d’), pagus Aletensis (Ille-et- Vilaine).

Aleth (pays d J), pagus Âlectensis( Aude).

Aix (pays d’ ) , pagus Aquensis ( Bouches-du-Rhône).

Aliodrensis pagus (Oise).

Altaccensis pagus (Isère).

Amiénois, pagus Ambianensis (Somme).

Amognes ( les ) , pagus Amoniensis (Nièvre).

Amous (pays d’), pagus Amausus (Saône et Loire, Côte d’Or et Jura).

Andorre (vallée d’), pagus Andorrensis (Catalogne).

Angoumois, pagus Engolismensis (Charente).

Anjou, pagus Andegavus (Maine-et- Loire).

Apt ( pays d’ ), pagus Aptensis ( Vaucluse ),

Arcis ( pays d’ ) , Arctacensis pagus (Aube).

Arebrignus pagus , pays d’Autun et de Beaune (Côte-d’Or).

Ariasinensis pagus , Champagne.

Arles (pays d’), pagus Arelatènsis (Bouches-du-Rhône).

Armagnac , pagus Armeniacensis (Gers).

Aronalensis pagus , Picardie.

Artois, pagus Atrebatensis (Pas-de- Calais ).

Asnacensis pagus , Limousin (Haute- Vienne).

Astarac , pagus Astaracensis (Gers).

Attouares (pays des , pagus A loriacen sis (Gers).

Auch ( pays d’ ) , pagus Ausciensis

(Gers).

A ulnay (P ), pagellus A Inetensis (Seine).

Aunis (pays d’;, pagus Alinensis (Charente-lnferieure).

Auribat, pagus Aturiripensis (Landes).

Autunois , pagus AugustodunensîM (Saô ne-et- Loire ) .

Auvergne, pagus Arvernicus (Puy-de- Dôme ).

Auxerrois , pagus Autissiodorensis (Yonne).

Auxois, pagus Alsensis (Côte-d’Or).

Avalonnais, pagus Avalensis (Yonne).

Avignonnais, pagus Avenionensis (Vaucluse).

Avranchin , pagus Abrincatinus (Manche ).

Barrois, pagus liarrensis (Meuse).

Bar rois , pagus Barrensis , Barre-sur- Seineet Bar-sür-Aube (Aube)>

Bassigny, pagus Bassiniaç£nsis(H&ute- Marne , Aube et Meuse).

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Barroil* pagus Berravensis ( Indre-et- Loire).

Baugé, pagus Balbiacensis (?) (Maineet-Loire).

Bail né, Bagaunensis pagus (Maine-et- Loire ).

Béarn, pagus Benearrieiisis (Basses- Pyrénées).

Bearnecensis pagus , Gévaudan.

Beaujolais3pa#its Bellojocensis(\\hbnv).

Beaunois , pagus Btlnensis ( Côted’Or).

Beauvaisis, pagus Belvacensis (Oise),

Béderrois, pagus Biterrensis ( Hérault).

Bèlesmois , pagus Bellimcnsis (Orne).

Beîin , pagus Bellinus (Sarthe).

Benauges , pagus Benaugensis (Gironde ).

Berry, pagus Biluricus (Indre).

Besanconnais , pagus Vesontiensis (Doubs).

Bessin , pagus Baxocensis (Calvados).

Bigorre , pagus Bigerricus ou Beg orrens is Hautes-Pyrenées).

Biseheim , pagus de Bischovisheim (Bas-Rhin).

Blamonto-is , pagus Albensis ( Meurîlie).

Biaye. pagus Blaviensis (Gironde).

Blois (Je), pagus Blesensis (Meuse).

Bogensis pagus , Bordelais ( Gironde et Landes ).

Bologne, (pays de) , pagus Boloniensis (Haute- Marne).

Bordelais , pagus Bardegalensis (Gironde ).

Born (le), pagus Burnensis (Landes).

Boulonnais , pagus Bononiensis (Pasde-Calais ).

Bourbonnais , pagus Burbunensis (Allier).

Briançon nais, pagus Brigantionensis ou Brigantinus i Hautes-Alpes).

Brie, pagus Briegius (Seine-et-Marne).

Briennois , pagus Breojiensis (Aube).

Broverech pagus ( Ille-et-Vilaine et Morbihan).

Calaisis , pagxis Calesiensis ( Pas-de- Calais).

Carnbrésis, pagus CaineracensisÇ^ovrl).

Carnizisus ou Camiacensis pagus , Chalonnais (Marne).

Cainsiacensis pagus , pays de Chançay (?) (Indre-et-Loire).

Careassès, pagus Carcassonensis (Aude ).

Garintensis pagus , pays de Créans (?) (Sarthe '.

Carladès, pagus Cartilatensis (Cantal).

Cas tri rendis pagus , ancien diocèse de Reims (Ardennes).

Gaux, p1 gus Caletensis ( Seine - Inférieure).

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Cavaiiton (Pays de), pagus Cavilonen sis ou Cavellicus (Vaucluse).

Chalonnais, pagus Cabilo7iensis (Saôneet-Loire).

Chalonnais, pagus Catalaunicus (Marne).

Chambly, pagus Camliacensis (Oise).

Charolais , pagus Quadrigellensis ou Quadrellensis ( Saône-et-Loire).

Chartrain (pays), pagus Carnotinus (Eure-et-Loir).

Chatelleraudois, pagus Castro-À irai densis (Vienne).

Châtrais , pagus Castrensis ( Scine-et* Oise).

Chaumontois , pagus Calvo-Montensis (Meurthe et Vosges).

Cherbourg (pays de), pagus Cortoval lensis (Manche)/

Chinonais, pagus Cainonensis (Indreet-Loire).

Clermontois , pagus Claromonterisis (Puy-de-Dôme).

Comavois, pagus Commavorum (Saônect-Loire, Côte-d’Or et Jura).

Comminges , pagus Convennensis (Haute-Garonne et Gers).

Comtat-Venaissin , pagus Vendascinus (Vaucluse).

Condomois, pagus Condomtensis (Gers).

Gonflent ou Conflans, pagus Con(luentinus (Pyrénées-Orientales).

Conserans , pagus Consoranensis (Ariége).

Corbonnais, pagus Corbonensis (Orne).

Corilisus pagus , probablement diocèsede Séez ( Orne).

Cotentin, portes Cons tantinus (Manche).

Coulmier (pays de), pagus Columba rensis (Côte-d’Or).

Curiensis pagus , Rouerge (Aveyron).

Cuzaguez, pagus Cusacensis (Gironde)

Dagni pagus , Agénoisf Lot-et-Garonne).

Decolatensis pagus (Haute-Saône).

Digne (pays de), pagus Dignensi * (Basses-Alpes).

bijonnais, pagus Divionerisis (Côted’Or).

Diois. pagus Deensis (Drôme).

Dombes, pagus Dombensis (Ain).

Donobrensis pagus (Auvergne).

Donziais, pagus Donzeiensis (Nièvre)»

Dormois , pagus Dulco7?iensis ou Dulmensis (Marne et Meuse).

Drouais ou Dreugesin, pagus Duro cassinus ou Dorcassinus (Eure-et-Loire).

Duensis pagus , Maçonnais (Saône-et- Loire). . .

Duesmois, pagus Duesmensts (Côted’Or).

Du n ois, pagus Dunensis (Eure-et-Lo)r).

Eauzan , pagus Elusatensis ou Elusen sis (Gers).

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Elne (pays d’), pagus Elnensis ou Heletiensis (Pyrénées-Orientales).

Elsgaw, pagus Alsgaugensis (Haut- Rhin et Suisse).

Embrunois, pagus Ebredunensis (Hautes-Alpes).

Epicensis pagus (Orne).

Epotius pagus , Gapençois ( Hautes- Alpes).

Esirebieu, pagus Scir&ius (Nord et Pasde-Calais).

Esterel, pagus Suelterorum (Var).

Etampois, pagus Stampensis (Seine et- Oise).

Évrecin, pagus Ebroicinus (Eure).

Ex mes ou Hiesmois , pagus Oximensis (Orne).

Faldidiensis pagus, pays de Faudoas(?) (Haute-Garonne).

Famars (pays de), pagus Fanomartensis (Nord).

Fenouillèdes (pays de), pagus Fenolite?isis (Pyrénées-Orien taies).

Fezensac, pagus Fidentiacus (Gers).

Fleurieux (le), pagellus Floriacensis (Rhône).

Forez (haut et bas), pagus Forensis (Loire et Montbrison).

Fréjus (pays de), pagus Forojuliensis (Var),

Furidrensts pagus , Brignolle (Var).

Gabardan , pagus Gavarritanus (Landes).

Gapençois, pagus Wapincus (Hautes- Alpes).

Gatinais, pagus Wastinensis (Seine-et- Marne, Loiret et Seine-et-Oise).

Gerbecourt (pays de), pagus Gerbercursts (Meurthe).

Gesoriacus pagus. Boulonnais (Pas-de- Calais).

Gévaudan, pagus Gabalitanus ( Lozère).

Gex (pays de), pagus Gesiensis ( Ain).

Grésivaudan, pagus Gratianor>olitanus (Isère).

Guéretais, pagus Waractensis (Creuse).

Haguenau (pays d’), pagus Uagenaus (Bas-Rhin).

Hainaut, pagus Hannoniensis (Nord et Belgique).

Haspungous pagus , Toullois (Meurthe ).

Havend (pays d’), pagus Habendensis (Vosges).

Herbauge, pagus Herbadillicus (Loire- Inférieure).

Hettgovia pagus, pays de Hatten (Bas- Rhin).

Hidonensis pagus (Moselle).

Hiesmois, pagus Oximensis (Orne).

Huningue(pays d’), Huningemis pagus (Haut-Rhin). w

Hurepoix, pagus Mauripensis , Mortvenais ou Huripensis (Seine-et-Oise).

111 (pays d’), pagus llliche (Haut- i Rhin).

lluridensis pagus (Puy-de-Dôme).

Iniensis pagus { Meurthe),

Iseure (pays d’), pagus Isiodorensis (Indre-et-Loire).

Josas, pagus Joiacensis ou Josasensis (Seine-et-Oise).

Joux ou Jura, pagus Juranus ou Jurensis (Doubs et Jura).

Kembs ( pays de), pagus C ampanensxs (Haut-Rhin).

Kircheim ( pays de ), pagus Kircheimensis ou Troninaorum (Bas-Rhin).

Labourd (pays de), pagus Lapurdensis (Basses-Pyrénées).

Lacois ou Lassois , pagus Latiscensis (Côte-d'Or).

Langrois, pagus Lingonicus (Haute- Marne).

Laonnais, pagus Lauduntnsis (Aisne).

Larrey ( pays de), Elariacensis paqus (Côte-d'Or).

Lectoure (pays de), pagus Lactorensi * (Gers).

Léonnais, pagus Leoneiisis (Finistère).

Lieuvin, pagus Lexuinus (Calvados).

Limousin, pagus Lemovicinus (Haute- Vienne et Corrèze).

Limoux (pays de), pagus Limozinus (Aude).

Lipidtacensis pagus (Haute-Loire).

Lodévois, pagus Lutevensis Hérault).

Lommois , pagus Lomacensis ou Laumensis (Ardennes et Belgique).

Lordacensis pagus , Astarac (Gers).

Lorris (pays de), pagus Lauriacensis (Loiret).

Loudunois , pagus Laudunensis ou Losdunensis (Vienne).

Luçonnais, pagus Lucionensis (Vendée).

Lucovivensis pagus , Bourbonnais ou Bourgogne.

Lucretius pagusy la Crau (?) (Bouches- j du-Rhône).

Luxembourg français, pagus Lucili burgensis ( Moselle, Meuse, Ardennes).

Lyonnais , pagus Lugdunensis major et minor (Rhône et Loire).

Lys ( pays de la ) , pagus Leticus (Nord).

Maceracius pagus , pays de Mezières (Eure).

Maçonnais ? pagus Matisconensis (Saône-et-Loire).

Madrie (pays de), pagus Madrancensts (Eure et Seine-et-Oise).

Maginisius ou Maginitus pagus , Lommois (Ardennes). 1

Maguelonne (pays de), paqus Magda lonensis (Hérault).

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Maine (le), pagus Cenomanensis (Sarthe et Mayenne).

Mandensis pagus , Péronne (Somme).

Mantois, pagus Meduntensis (Seine-et- Oise).

Marseille (pays de), pagus Massiliensis ( Bouches- du -Rhône)..

Martialis pagus , pays de Marchai (?) (Cantal).

Matensis pagus , pays Messin (Moselle).

M auges (les ), pagus Aledalgicus (Maineet-LoireL

Mauripensis ou Morivensis pagus , le Montois (Aube).

Médoc, pagus Medulicus ou Medulcensis (Gironde).

Mélantois , pagus Medeletensis (Nord ).

Meldois , pays de Meaux , pagus Meldicus ou Meldensis (Seine-et-Marne).

Melle (pays de), pagus Metulensis ou Metullus (Deux-Sèvres).

Melunais, pays de Melun , pagus Meludunensis (Seine- et- Marne h

Mémontais , paqus Maqnimontensis (Côte-d’Or).

Mempiscus pagus , Flandre, Artois et Belgique (Nord et Pas-de-Calais).

Àfenenatensis pagus , Mélantois (Nord).

Messin (pays), pagus Metensis ou Mantensis.

Méun (pays de), pagus Magduyiensis (Loiret).

Minervois, pagus Minerbensis (Hérault et Aude).

Mirecourt (pays de ), pagus Mer euriensis (Vosges).

Moirans (pays de), pagus Moriensis (Jura).

Morins (pays des), pagus Morinorum (Pas-de-Calais, Nord et Belgique).

Morvan , pagus Morvennensis (Yonne et Nièvre).

Mosellois, pagus Mosellanus ou Mosellensis (Moselle).

Mouzonois , pagus Mosomagensis ou J/osmensts (Ardennes).

Multien , pagus Melcianus (Seine-et- Marne et Oise).

Mus fa pagus , Coray (?) (Finistère).

Namurois français, pagus Namurcensis F ranciæ (Ardennes).

Nantais , pagus Namneticus ( Loire- Inférieure).

Narbonnais , pagus Narbonensis ( Aude ).

Neuillé, pagus Nobiliacensis (Indreet-Loire).

Niortais , pagus Niortensis ( Deux-Sèvres).

Nismes ( pays de), pagus Nemausensis (Gard).

Nitois, pagus Nitensis (Moselle).

Nivernais, pagus Nivernmsis (Nièvre).

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Nongencensis pagus , Montmédy (Meuse).

Nordgau, pagus Norgaviensis , Basse- Alsace (Bas-llhin).

Noyonnais, pagus Noviomensis (Oise).

Noyon (pays de), pagus Equestrinus ou Equestricus (Ain eL Suisse).

Orange ( pays d’), pagus Avausicns (Vaucluse).

Orléanais, pagus Aurelianensis (Loiret et Eure-et-Loir).

Ornois, pagus Odornensis (Meuse).

Orxois, pagus Orcensis ou Orcisus (Aisne).

Oscarois ou pays d’Ouche, pagus Oscarensis ( Bourgogne).

Osnmg (pagus), Toullois (Meurthe).

Ostrevant, pagus Ostrebantensis (Nord et Pas-de-Calais).

Otlingua Saxonia ( paqus ) , Bessin (Calvados).

Otmensis pagus , peut-être pays d'Otbe (Marne).

Ouche, pagus Uticensis (Eure et Orne).

Oxomensis pagus , peut-être le même qu* Oximensis pagus . Voy. Hiesinois.

Oye (pays d’), pagus Oviensis (Pas-de- Calais).

Parisis, pagus Parisiacus (Seine et Seine-et-Oise).

Perche, pagus Perticus ou Perticensis major (Orne et Eure-et-Loir).

Perche-Gouet , pagus Perticus - Goeli (Sarthe et Eure-et-Loir).

Percliet, pagus Perticus viinor (Eureet-Loir et Orne).

Périgord, pagus Petragoricus ou Pe~ tragoricensis ( Dordogne .

Pertois , pagus Pertensis ( Marne , Meuse et Haute-Marne)*

Pevelle ou Puelle, pagus Pabulencis (Nord).

Pincerais ou Poissiais , pagus P incia censis (Seine-et-Oise).

Piverais , pagus Pithiverensis ( Loiret ).

Poitou , pagus Pictavus (Vienne, Deux* Sèvres et Vendée).

Pontbieu, pagus Pontivus (Somme).

Porcéan ou Porcien , pagus P or censis (Ardennes).

Portois , pagus Portensis (Haute-Saône et Meurthe).

Pouilly, pagus Pauliacey2sis (Côted'Or).

Provinois, pagus Provinensis ( Seineet-Marne).

Puisaye , pagus Podiensis (Yonne et Nièvre).

Queudes (pays de), pagus Copedensi* ou Covedensts (Marne).

Quercy , pagus Cadurcinus , Cahors (Lot).

Kazès , pagus Hadcnsis ou Redensis , Limoux (Aude).

Rémois, pagus Remensts (Marne).

Rennois, pagus Redonicus ( llle-et-Vilaine).

Resson (pays de), pagus Rossontensis (Aisne).

Rhételois, pagus Reilestinus (Ardennes). .

Retz ou Ra\z , pagus Ratiatensis (Loirelnterieure.

Rhuys (pays de), pagus Reuvisus (Morbihan).

liiez , pagus Regensis (Basses-Alpes), lliom ( pays de;, pagus Riomensis (Puyde-Dôme).

Roslensis pagus , pays de Blois en Lorraine (Vosges).

Kouennais, pagus Rotomagensis major (Seine-Inferieure).

Rouergue, pagus Rutenicus , pays de Rodez (Aveyron).

lloumois, pagus Rotomagensis minor (Seine-Inférieure et Eure).

Roussillon , pagus Ruscinoncnsis ( Pyrénées-Orientales).

Rouffach (pays de), pagus Rubiacus (Haut-Rhin).

Saintois, pagus Segintensis (Meurthe et Vosges).

Saintonge, pagus Santoriensis ou San tonicus ( Charente - Inférieure et Charente).

Saint-Privat , pagus Privatensis ( Puyde-Dôme et Haute-Loire).

Salin (comté de), pagus Salmensis (Vosges).

Salmorenc (le), pagus Salmoracensis (Isère).

Santerre, pagus Sancleriensis (Somme).

Saône (pays de la), pagus Sequanus (Saône-et- Loire).

Saonois ( pagus Sagonensis (Sarthe).

Sarladais , pagus Sarlatensis ( Dordogne).

Sarregau , pagus Saravencis ou Sarachowa (Moselle et Meurthe).

Saulncis, pagus Salimensis ou Salo nensis (Moselle et Meurthe).

Scadinensis pagus , Lorraine.

Scarmensis pagus , Lorraine.

Scarponnais , pagus Scarponeiisis (Meurthe).

Scodingue ( pays de), pagus Scudensis ou Scotingorum , Salins (Jura).

Séez ou Sées ( pays de), pagus Saiensis ou Sagiensis (Orne).

Segeste ( pagus ), Bourgogne (Côted’Or).

Sernès ou Cernés , pagus Sarnensis (Gironde).

Sisteron (pays de), pagus Segestericus (Basses-Alpes).

Soissonnais, pagus Suessonicus (Aisne).

Souloissois, pagus Solocensis (Vosges).

Stonne (pays de), pagus Siadinisus (Ardennes).

Substantionensis pagus , Substancion , détruite, non loin de Montpellier (Hérault),

Talende (pays de), pagus Talendensu (Puy-de-Dôme).

Talou ou Tallau , pagus Talogiensir, (Seine- Inférieure).

Tardenois ou Tartenois , pagus Tarda nisus (Aisne et Marne).

Tauves (pays de), pagus Talvensis (Puy-de-Dôme).

Telles, Tellau ou Tillois, pagus Tellaus (Eure).

Ternois, pagus Terganensis ou 2ornensis ( Pas-de-Calais).

Terouennais, pagus T arvennensis { Pasde-Calais et Belgique).

Thiers ( pavs de), pagus Thiernensis ( Puy-de-Dôme).

Thouarsais, pagus Thouarcensis (Deux- Sèvres).

Thure (pays de la), pagus Thurensxs (Bas-Rhin ).

Tifauge (pays de), pagus Teofalgicus (Vendée).

Todornensis pagus et Tolornensis pagus (Puy-de-Dôme).

Tonnerrois , pagus Tornodorensis (Yonne).

Toulois , pagus Tullensis (Meurthe, Meuse, Vosges et Haute-Marne).

Toulonnais, pagus Telonensis ou To lonensts (Var).

Toulousan , pagus Tolosanus ( Haute- Garonne et Tarn-et-Garonne).

Touraine, pagus Turonensis ou Turo rricus (Indre-et-Loire).

Tournaisis, pagus Tomacensis (Nord et Belgique).

Tricastin ou Tricastinais , pagus Tricastinus , Saint - Paul - trois - Châteaux (Drôme).

Troyes (pays de), pagus Tricassùiui ou Trecassi7ius (Aube).

Trullins (pays de), pagus Trolianensis (Isère).

Turenne (pays de), pagus Torinensis (Corrèze).

Usson (pavs d’), pagus Ucionensis (Puy-de-Dôme).

Uzége, pagus Uceticus, Uzès (Gard).

Uzerehe (pays d*) , pagus Usercensit (Corrèze).

Yaison ( pays de) , pagus Vasensis ou Vasionensis (Vaucluse).

Valentinois , pagus Valentinus ou Valentinensis (Drôme).

Valois, pagus Vadensis , Vadicus , Va lesiensis ou Valesius (Oise et Aisne).

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Vannes (pays de) , pagus Veneticus ou Venetensis (Morbihan).

Varais, pagus Warascus (Doubs).

Vaux (pays de), pagus Vallium (Meuse).

VeJay (le), pagus Vellaus , Vellavencis ou Vellaicus (Haute-Loire).

VendeJais , pagus Vindoilisus , Vindiolensis , Vendeïlensis (Oise, Ille-et-Vilaine).

Vendelais, pagus Vendeïlensis (llle-et- ViJaine).

Vendômois , pagus Vindocinus ( Loiret-Cher).

Verbonnais (le), pagus Verbonensis (Meurthe).

Vercors, pagus Vertacomicorus ( Drôme ).

Verdunois, pagus Virdunensis (Meuse).

Vermandois , pagus Vermandensis (Aisne).

Vermois , pagus Vermensis ( Meurthe).

Vertus ( pays de ) , pagus Vertudensis (Marne).

^ Vexin français , pagus Vilcassinus Francise (Seine-et-Oise , Oise).

Vexin normand , pagus Vilcassinus Normanntæ (Eure).

Vialoscensis pagus , nommé plus tard Martialis pagus. Voy. Martialis pagus.

Vichias (le), pagus Viciasensis , pays de vichy (Allier).

Viennois , pagus Viennensis (Isère et Vaucluse).

Vimeu , pagus V tnemacus ou Vimaus (Somme).

Vi varais, pagus Vivariensis ou Alben sis ou Helvzorïim (Ardèche).

Vocance, pagus Vocontius (Ardèche).

Vocontiorum pagus , pays de Vaison , de Die et partie du Vivarais ( Vaucluse , Drôme et Ardèche).

Voide (la), pagus Bedensis (Meuse).

Vongeois ou pays de Vouzy, pagus Von gensis (Marne).

Vosagensis pagus , pays de Voussac (?) (Allier).

Vosges, pagus Vosagus ou Vosagensis (Vosges et Haute-Saône).

Voulx (pays de), pagus Alavodiensis (?) (Seine-et-Marne).

Woivre (la;, pagus Wabrensis (Meuse).

Wormo mensis pagus , Lorraine.

Yser ( pays de V) , pagus Isseretius (Nord).

Yssandonnais (V), pagus Exandonensis (Corrèze).

PAILLARD. — On suppose avec vraisemblance que le mot paillard , synonyme de débauché, venait de l’usage de donner un anneau de paille aux person-

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nés que Ton forçait de se marier. Voy. Mariage, Anneau de paille , p. 737.

PAILLE. — Paille , signe d’ investiture.

La paille a souvent été employée comme symbole d'investiture. La loi salique (art. 49) indique les formalités par lesquelles se faisait la tradition d'un bien. La paille y joue un grand rôle. En jetant un féru de paille dans le sein de Phcmme auquel on voulait transmettre la propriété on lui donnait l’investiture. On conservait le fétu de paille avec soin, et si les engagements n’éLaient pas observés, on présentait le fétu en justice. Par la transmission de la paille, on remettait à un autre le droit de poursuivre son affaire devant un tribunal. La paille rejetée était une menace et un indice de rupture. Adhémar de Chabannes dit, en racontant la déposition de Charles le Simple, que « les grands de France, réunis selon Pusage, pour traiter de 1* utilité publique du royaume, ont, par conseil unanime, jeté le fétu et déclaré que le roi ne serait plus leur seigneur. » Va paille rejetée indiquait encore une renonciation à la foi et hommage. Galbert , dans la vie de Charles le Bon , comte de Flandre, raconte que les vassaux déclarèrent qu’ils renonçaient à la foi et hommage en rejetant te fétu (exfestucantes).

De là l'expression proverbiale rompre la paille ou le fétu avec quelqu'un , pour indiquer la rupture de l’amitié. Pasquier ( Recherches ^ VIII, 58) rappelle que, dans beaucoup d’anciennes coutumes, telles que celles d’Amiens, Laon, Reims, Artois, Picardie, la possession ou saisine d’une propriété se donnait par l’investiture d’un bâton , que le vendeur mettait entre les mains de l’acheteur. La paille , ainsi que nous l’avons vu plus haut, s’employait aussi bien que le bâton comme signe d’investiture. « De là est venu, ajoute Pasquier, que nous dismes premièrement rompre le fétu ou la paille , quand nous nous voulions départir d’une ancienne amitié. Et eri cas non du tout semblable, mais aussi non du tout dissemblable, nous voyons qu’aux obsèques de nos rois , lorsque l’on a fourni et satisfait à toutes les cérémonies, le grand maître rompt son bâton sur la fosse du défunt roi. Et après avoir crié trois fois : Le roi est mort I on commence décrier : Vive le roi l comme si la rupture de ce bâton était le dernier adieu que l’on prenait du défunt. »

Paille dans les palais . — Au moyen âge, on étendait de la paille , au lieu de nattes et de tapis, meme dans les palais des souverains. On trouve dans un chroniqueur de cette époque, Albéric de Trois-

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Fontaines , une anecdote qui , en ra\sant allusion à cet usage, rappelle que la paille était un signe d’investiture, et, comme on disait alors de saisine. 11 raconte que, quand Guillaume le Bâtard vint au monde, la sage-femme qui le reçut le posa un instant sur la paille , dont la chambre était jonchée. L’enfant ayant alors saisi un peu de cette paille et la sage-femme ayant eu de la peine à la lui enlever ; Par foi , s’écria-t-elle , cet enfant commence jeune à conquérir l On sait que ce bâtard fut le conquérant de l'Angleterre. La vérité de l'anecdote importe peu; il ne s’agit ici que de constater un usage. En 1309, Philippe le Bel ordonna que toutes les fois qu’il sortirait de Paris, la paille qui aurait servi pour sa chambre , et même pour tout son palais, serait donnée à PHôtel-Dieu le pins prochain ou à la maladrerie la plus voisine {Ordonn. des rois de Franre , t. I , p. 473). En 1373, les habitants d'Auhervilliers ayant demandé à Charles V d’ètre déchargés du droit de prise , le roi y consentit , à condition qu’ils fourniraient annuellement, à son hôtel, quarante charretées de paille^ vingt à celui de la reine, et dix à celui du dauphin.

Paille dans les églises et dans les collèges. — A la messe de minuit, on jonchait l'église de paille . Les écoliers, dans les classes des collèges, n'étaient assis que sur de la paille . Il y avait même à Paris une rue particulière nommée rue du Fouare^ parce qu’on y vendait de la paille destinée à oet usage. Cette rue existe encore aujourd’hui. Les licenciés en philosophie étaient obligés de payer chacun vingt-cinq sous au chancelier de l’Universi té pour la fourniture de la pai lie .

Paille , signe de ralliement des fro?ideurs. — La paille fut, en 1652, un signe de ralliement des (rondeurs. Voici ce qu'en dit Mademoiselle, dans ses Mémoires â la date du 4 juillet 1652 : *< Pour se reconnaître, M. le Prince avait fait prendre à tous ses soldats de la paille : je ne sais comment cela fut su parmi le peuple; ils crurent que, pour être zélés pour le parti, il en fallait avoir, de sorte que le matin du 4 juillet, cela courut tellement, que même les religieux furent contraints d’en porter, et ceux qui n'en avaient point, on leur criait aux Maza rins l et ils étaient battus. » il parait , d’après le Journal inédit de Dubuisson- Aubenay, que la violence était poussée plus loin. (Voy. sur ce journal, p. 805. tre col.) U s'exprime ainsi, à la date du 4 juillet 1652 : a Cette après-dînée même, s'est introduite la manière de se déclarer non Mazarin , en portant sur la tête un

Douquet de paille . Ceux et ceLes qui n’en avaient pas, étaient dans la rue arrêtés par la canaille avec menace de mort. Les carrosses mêmes en avaient, et dit-on que c’est Mademoiselle qui a commencé d'en porter. — Vendredi 5 juiLlet et samedi 6, la marque de la paille continue. Aucuns particuliers allant par les rues à pied, et même en carrosse , ont, faute d’avoir de la paille , été attaqués et tués ou fort maltraités par la canaille. »

Une mazarinade. du 3 i mai 1652, est intitulée Statuts des chevaliers de la paille, et commence ainsi :

Tous les chevaliers de la paille ,

Estant receus, sont avertis

DTextermincr cette canaille

De Mazarins, grands et petits.

PAIN. — L'usage du pain en Gaule remonte, dit-on , à l'arrivée des Phocéens, fondateurs de Marseille. Les druides portaient solennellement un pain dans la la cérémonie oii ils cueillaient du gui. Le pain fut cuit primitivement sous la cendre , c'est-à-dire sur l’àtre du foyer ou sur une plaque de terre ou de fer échauffée que l'on couvrait ensuite d'un chapiteau par dessus lequel se mettaient des cendres chaudes. On voit encore Raimbaud, abbé de Saint-Thierry près de Reims , mort en 1084 , ordonner pendant sa dernière maladie qu'on servît aux moines des pains cuits sous la cendre. Cependant l'usage des fours était connu depuis longtemps en France, et même il y avait dans ce pays, dès le xu« et xme siècles , une grande variété de pains , comme on l'apprend par le glossaire de du Cange (v°Panis); il y est question de pain primos , de pai?i de pape , pain de cour , pain de la bouche % pain de chevalier , pain d'écuyer , pain de chanoine , pavi de salle pour les hôtes , pain de pairs , pain ?;ioyen, pain vasalor ou de servant , pain Valette te. Les pains matinaux se servaient au déjeuner ; les paùis du saint Esprit étaient ainsi nommés parce qu'on les donnait en aumône aux pauvres dans la semaine de la Pentecôte. Les pams d'étrennes étaient offerts, à Noël, parles paroissiens à leurs curés; enfin les pams de Noël étaient une sorte de redevance que les vassaux étaient tenus de payer vers ce terme à leur seigneur. Quand les pai7is de redeva7ice se payaient dans un autre temps de l'année, on les appelait patiis féodaux .

Le pain de Gonesse jouissait à Paris d’une estime toute particulière. Les Parisiens le regrettaient vivement pendant les guerres de la Fronde. Gui Patin écrivait alors à son ami Spon ; « Corbeil

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nous sera nécessaire; ce sera la première ville que nous irons prendre. Après cela, Lagny. Après cela, il faudra prendre Saint- Denis, afin d’avoir le pain de Gonesse pour ceux qui ont l’estomac délicat et qui y sont accoutumés. » Quand le pain de Gonesse manquait, c’était une calamité publique. On le voit dans les mémoires du cardinal de Retz , dont l’autorité est confirmée par le passage suivant du journal de Dubuisson Aubenay (voy. plus haut, p. 805, lre col.) : « Le 1 5 décembre 1650, les soldats du régiment des gardes attroupés, ayant , dèsles jours précédents, détroussé en tous les environs de Paris les boulangers apportant du pain des villages à vendre au marché , ont arrêté ceux de Gonesse hors de la porte et faubourg Saint-Martin, vers le Bourget, et les ont détroussés , tellement qu’il n’est point venu de pain de Gonesse au marché, dont force gens se sont trouvés incommodés et fâchés. »

Dans quelques provinces, il était autrefois d’usage, pour donner du goût à la croûte inférieure du pain , de saupoudrer d’anis pulvérisé la table sur laquelle on le posait lorsqu’il était en pâte. D’autres , selon Olivier de Serres, saupoudraient le dessus du pain avec de la marjolaine réduite en poudre. Cet usage devait être très-répandu, puisque, d’après le même auteur, un des commerces des jardiniers de Nîmes consistait à envoyer cette graine aux foires de Lyon, d'où elle se distribuait dans toute la France. On étaiL aussi dans l’usage de saler le pain. Montaigne dit expressément que c’était la coutume de son pays. L’usage du beurre et du lait , dans la confection de certains pains, contribua à leur donner plus de délicatesse. On trouve à toutes les époques de ces pains mollets , qui ont porté différents noms. Voy. pour les détails l 'Histoire de la vie privée des Français , par Le Grand d’Aussy.

Il serait curieux d’avoir le prix du pain aux différentes époques ; ce serait un des éléments dont on pourrait se servir utilement pour apprécier la valeur des monnaies. Je n’ai pas les documents nécessaires pour tenter un pareil travail, qui d’ailleurs dépasserait les limites de ce dictionnaire. Je me bornerai à recueillir une indication fournie par le journal de Dubuisson-Aubenay sur le prix du pain à l’époque de la Fronde , lorsque Paris '^tait entouré d’ennemis et en proie à la famine. Voici ce qu'il en dit, à la date du 8 juillet 1652 : « Le petit pain a été cidevant vendu jusques au prix de vingt et vingt-quatre sous la livre. Maintenant le gros pain , qui allait à plus de douze sous la livre revient à sept ou huit sous.

Le setier de blé revient à trente-six livres. »

PAIN BÉNIT. — La distribution du pain bénit dans les églises est un souvenir de la communion à laquelle prenaient part tous les fidèles dans la primitive Eglise, lorsqu'ils assistaient à la célébration des saints mystères. L’Église, redoutant les abus qui pouvaient en résulter, restreignit la communion sacramentelle à ceux qui s’y étaient préparés. Cependant, en mémoire de l’ancienne communion générale , elle ordonna la distribution d’un pain bénit à tous les fidèles. Cet usage s’est conservé jusqu’à nos jours. Les rois s’étaient astreints, comme leurs sujets, à offrir à leur tour le pain bénit dans leur paroisse. « J’ai été ce matin à Saint- Germain , écrivait Gui Patin en 1665 ; j’ai entendu la grand’ messe ; le roi y a rendu le pain bénit avec grande cérémonie.

J’y ai vu et entendu force tambours, fifres, clairons et trompettes. »

PAIN CALENDAIRE. — C’était le pain que dans certaines églises les fidèles offraient au clergé à Noël. D’après d’autres rituels, les pains calendaires s’offraient à toutes les grandes fêtes de l’année.

PAIN TRANCHOIR. — Le pain tranchoir était une sorte de pain qui servait en guise de plat ou d'assiette pour poser et couper les aliments. Humecté ainsi par les sauces et par le jus des viandes, ce pain se mangeait ensuite comme un gâteau. L’usage du pain tranchoir s’est conservé très-longtemps. Il est mentionné dans une ordonnance de Humbert II , dauphin de Viennois, rendue en 1336.

Humbert y prescrivait qu’on lui servît tous les jours des pains blancs pour sa bouche, et quatre petits pains pour tranchoirs. Alain Chartier, dans ses Vigiles de Charles F//, après avoir parlé de la vaisselle d’or et d’argent servie sur la table des grands, ajoute :

Eh ! qu’ont les pauvres ? — Ils ont les tranehouers Qui demeurent du pain , dessus la table.

Au sacre des rois, on faisait des tranchoirs en pain bis que l’on présentait pour la forme aux convives , et qu’on distribuait ensuite aux pauvres. On en servit plus de douze cents douzaines au sacre de Louis XII. Il est encore question de pains tranchoirs au sacre de Charles IX.

PAINS OUBLIES. — Voy. Oublies.

PAIRIE. — Dignité de pair ; on appelait encore pairie le fief auquel était attaché cette dignité. Voy. Pairs.

PAIRIES FÉMININES. — Pairies appartenant à des femmes. Voy. Pairs, S VII

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