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minaient la longueur et la largeur du papier.
Papier vélin. — T/invention de ce papier qui imite Ja blancheur et le poli du vélin est due aux Anglais. Une édition de Virgile sur papier vélin parut en 1757. En France, on lit vers 1780 et 1782 des essais pour fabriquer du papier vélin ; mais le premier qui réussit complètement dans cette tentative fut M. Montgolfier, fabricant de papier à Annonay.
PAPIER-MONNAIE. — On peut faire remonter le papier-monnaie jusqu'au moyen âge. Les lettres de change qui datent de l'époque de Philippe Auguste ( voy. Banque ) étaient un véritable papier-monnaie. Le gouvernement se servit de papier* monnaie dans plusieurs circonstances critiques; tels furent les billets d'Etat émis au commencement de la guerre de succession d’Espagne et surtout les billets de la banque de Lato (1716). De tout le papier-monnaie employé en France le plus célèbre a été celui que l’on désigne sous le nom d’ assignats et qui fut créé ar l’Assemblée constituante en décemre 1789. Ce papier-monnaie devait être échangé contre les domaines nationaux qui étaient mis en vente. On émit par une première loi (21 décembre 1789) quatre cents millions d’assignats qui portaient intérêt à cinq pour cent et avaient pour garantie les biens nationaux. L’Assemblée constituante donna un cours forcé à ce papier-monnaie. Il y eut une nouvelle émission de huit cents millions d’assignats , le 29 septembre 1790. Bientôt les assignats se multiplièrent à tel point qu’il y avait , au commencement de 1792 , du papier-monnaie en circulation pour seize cents millions. On fabriqua des assignats de vingt, quinze et dix sous pour les besoins journaliers. Sous la Convention et au commencement du Directoire, le papier-monnaie on circulation dépassa uaranie milliards. L’énormité de la eue publique, la falsilication des assignats , la disparution du numéraire , frappèrent de discrédit ce papier-monnaie. En 1796 , ou remplaça les assignats par des mandats territoriaux, qui étaient une nouvelle espèce de papier-tnomiaie ; ils n’eurent pas plus ae crédit que les assignats. Le gouvernement leur donna cours forcé jusqu’en 1797, époque oii furent annulés les assignats et les mandats territoriaux. La banque de France , créée en 1803, émet un papier-monnaie , appelé billets de banque, dont la valeur est constante et garantie par le capital dont cet établissement dispose.
PAPIER PEINT. — Le papier peint ou
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papier à tentures est venu de la Chine; il fat d’abord introduit en Angleterre. Ce fut seulement vers 1760 qu’on commença à fabriquer en France des papiers peints* Comme ce genre d’ameublement réunissait l’économie à l’élégance, il fut extrêmement goûté, et de nombreuses manufactures de papiers peints existent aujourd’hui en France.
PAPIER-TERRIER. — Registre contenant l’état des terres en fief ou en roture d’une seigneurie, avec les cens, servitudes et redevances des vassaux , et ordinairement les aveux , dénombrements et reconnaissance des tenanciers : ces papiers-terriers , qui ont eu pendant longtemps une grande importance domaniale, sont précieux aujourd’hui pour déterminer la géographie féodale de la France.
PAPIER TIMBRÉ. — La première ordonnance relative au papier timbré remonte en France à 1655. Un édit ordonna que le papier et le parchemin porteraient une marque particulière ou timbre. Cet édit, quoique enregistré dans les cours supérieures , ne reçut pas alors d’exécution ; mais en 1673 , deux nouvelles ordonnances établirent le papier timbré ; il n’y eut que quelques pays conquis et certaines principautés qui en furent exempts. Les timbres variaient suivant les provinces, les généralités et la nature même des actes. Une déclaration de 1730 enjoignit aux notaires de Paris d’écrire leurs actes sur papier timbré. Ces marques différentes disparurent en 1791.
L’Assemblée constituante, par la loi des 12 décembre 1790 et 18 février 1 791, établit un papier timbré uniforme pour tous les actes civils et judiciaires et pour les écritures qui peuvent être produites en justice et y faire foi. Cet impôt du timbre qui a été régularisé par plusieurs lois est de deux sortes : i° On paye un droit de timbre en raison de Ja dimension du papier ; 2° Le droit de timbre est gradué à raison des sommes indiquées dans les actes civils ou judiciaires.
PAPYRUS. — Plante qui croit en Égypte le long du Nil et dont la lige est triangulaire. On se servait autrefois, pour écrire, de feuilles faites avec des tiges de papyrus battues. De là est venu le nom de papier . Voy. Papier.
PÂQUES. — Jusqu’en 1564, l’année civile commençait à Pâques . Voy. Année.
PAQUES VÊRONAISES. — Massacre des Français à Vérone le lendemain de Pâques (17 avril 1797). Les Véronais avaient été excités par les intrigues du sénat de
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Venise qui fut bientôt puni par la suppression de la république vénitienne. Les détails de ces événements qui ne rentrent pas dans notre sujet se trouvent dans toutes les histoires de la révolution.
PARADE (Lit de). — 11 était d'usage d’exposer après leur mort, sur un lit de parade, les personnages qui avaient joué un rôle important. On les revêtait des insignes de leurs dignités civiles, militaires ou ecclésiastiques. Le journal inédit de la Fronde , par Dubuîsson-Aubenay (Bibl. Maz., manus. n° 1765, t. XV), parle de cet usage à l'occasion de la mort du duc d’Angoulême , le 24 septembre 1650 : « Dès l'après-dînée, il fut vu en son lit de parade de velours rouge à larges passements d'or, un bonnet de satin blanc en tête, des bracelets et même l'ordre du Saint-Esprit au col et la robe ou grand manteau de cérémonie de l’ordre étendu sur son lit, A sa main gauche, sur un carreau de velours ou satin , son épée en son fourreau, et, à son pied droit, sa couronne de fleurs de lis d'or, comme de prince du sang , sur un semblable carreau. Sur la table du pied du lit, une grande croix d'argent avec deux grands chandeliers de chaque côté, portant chacun quatre cierges blancs ; et, par terre, des deux côtés du lit, six autres chandeliers, etc. Entre la table, auprès du lit, et la balustrade qui ferme et enclôt le lit, le séparant du reste de la chambre , un grand bénitier d'argent, d'où le peuple qui vient jusques à la balustrade prend l'eau bénite pour jeter sur le lit, et deux ruelles , et en chacune quatre ou cinq prêtres de la paroisse, qui est Saint-Paul , et deux religieux minimes. »
Un fait plus extraordinaire , c’est que Marion de Forme eut aussi les honneurs du lit de parade. Le même journal contient, à la date du 30 juin , l'article suivant : « Mort de la. demoiselle Marion de Lorme. Elle a été mise en lit de parafe et vue de tout le monde, le lendemain , comme si c'eût été une princesse. Elle avoit une couronne de fleurs d'oranger sur la tête, et étoit peu ou point changée de visage. Sur la tin du jour qu'elle eut été de cette sorte exposée, la populace s'en indigna à cause qu'elle avoit eu réputation de faire l’amour avec diverses gens, et particulièrement avec le sieur Émery, surintendant des finances, qui lui auroit beaucoup donné. Les parents surent cela et ôtèrent le corps, fermant leur porte à la populace. » J’ai cité d’autant plus volontiers ce passage du tournai inédit de Dubuisson- Aubenay , qu'il confirme et complète quelques dé-
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tails donnés par Tallemant des Réauxv dans son historiette de Marion de Lorme.
PÀRACLET. — Abbave de bénédictines près de Nogent-sur-Seine f Aube). Le Paraclet , dont Je nom veut dire saintesprit, avait d’abord été la retraite d'Abeilard^ il le donna ensuite à Héloïse, qui s’y établit avec quelques religieuses. Le pape Innocent II confirma, en 1131, l'institution de l’abbaye du Paraclet.
PARAGE. — Le mot parage indiquait autrefois l'égalité de condition entre les nobles et noblement tenans. On appelait aussi parage le partage égal d'un fiel entre frères. Les puînés tenaient alors leur part de T aîné par parage, c’est-à-dire sans h< >mmage. Les suzerains perdaient, par suite de cet usage, une grande partie de leur mouvance immédiate. Aussi, Philippe Auguste lit-il, en 1210, une constitution de concert avec Eudes de Bourgogne , Hervé, comte de Nevers, Renauld,"comte de Boulogne, Guillaume, comte de Saint- Paul , et Guy, sire de Dampierre, de Saint-Dizier et de Bourbon , portant que le seigneur, à qui serait échue une partie d'un fief, relèverait, non du copartageant, mais du suzerain dont le fief dépendait avant le partage Cette loi était d’une haute importance pour la royauté parce qu'elle s’opposait aux sous-ihfeodations qui morcelaient le territoire. Elle ne regardait pas la Normandie , où \e parage ne fut jamais admis.
PARAGEAU, PARAGEUR.— On appelait parageau le cadet qui avait une portion de la baronnie et la tenait en fief de l'aîné; ce partage ne pouvait se faire que par ordre du père ou par don du roi. Le parageau avait, comme l'aîné, droit de juridiction et noble tenure; mais sa juridiction ressortissait à l’aîné ou chef parageur .
PARANYMPHES. — • Le mot paranym plies a eu des significations très-diverses. 11 a désigné tantôt ceux qui accompagnaient des fiancés, ou des aspirants aux grades théologiques , tantôt les discours prononcés pour ces cérémonies. — Dans l’antiquité et même dans les capitulaires de Charlemagne, on appelait paranym -
fihes ceux qui conduisaient l’époux et ’épouse le jour de leurs noces. Les capitulaires ordonnaient que les époux seraient conduits à l'autel par leurs paranymphes pour recevoir la bénédiction nuptiale. — Le paranymphe , dans les anciennes universités, était en quelque sorte le mariage d’un licencié avec l'école ou la faculté dans laquelle il entrait. 11 se rendait, accompagné des appariteurs et
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bedeaux, auprès des principaux personnages pour les inviter à son acte de paranymphe , comme d'autres faisaient signer leur contrat de mariage.
On appelait encore paranymphe , dans les anciennes écoles de théologie, un discours qui se prononçait à la tin de la licence. Les premiers paranymphes commençaient le mercredi après la Sexagésime , à quatre heures après midi, en la maison des Cordeliers ou en celle des Jacobins. Ces paranymphes étaient ceux des ubiquisles, c'est-à-dire de ceux qui n'étaient ni de la maison de Sorbonne ni de celle de Navarre. Un licencié ou suppôt de la faculté , vêtu d’une robe rouge avec une fourrure, portant un mortier noir bordé de deux galons d’or, y tenait la place de chancelier. Il ouvrait la séance par un discours en prose et la terminait par un discours en vers, qui peignait de quelques traits particuliers chacun des bacheliers. L'usage de ce dernier discours fut supprimé au xviii® siècle. A la tin de la cérémonie , on distribuait des dragées aux assistants.
Le jeudi de la Sexagésime avaient lieu les paranymphes des Jacobins, dans leur maison de la rue Saint-Jacques. Le vendredi , les paranymphes des Cordeliers , des Augustins et des Carmes, se faisaient au couvent des Cordeliers. Le samedi était réservé pour les paranymphes de la Sorbonne, les plus célébrés de tous. Le dimanche de la Quinquagésime, après midi, les bacheliers de la maison de Sorbonne faisaient leurs paranymphes dans une salle de cette maison , et le lundi gras , à dix heures du matin , dans la salle de l'archevêché. Le chancelier de Notre-Dame, après un discours en forme d’exhortation , conférait le degré de licence aux bacheliers. Il y avait aussi des paranymphes dans la faculté de médecine. On invitait à ces cérémonies les magistrats du Châtelet, de Dhôtel de ville et des cours souveraines, à l’exception de celles des monnaies et du grand conseil.
PARAPLUIE , PARASOL. — L'usage du parapluie ne date en France que de 1680 Quant au parasol , il était renarde , à une époque fort ancienne , comme une marque de dignité. Dans une chronique , où est raconté le retour du pape Alexandre III de Venise à Rome, après la paix signée avec Frédéric Barberousse , on voit les habitants d'Ancône offrir deux parasols , l’un au pape et l'autre à l’empereur. Alors le pape dit : « Qu'on en apporte un troisième pour le duc de Venise, qui le mérite bien; car il nous a
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délivrés des troubles dont nous étions inquiétés et nous a procuré la paix. En mémoire de quoi , nous voulons que les ducs de Venise s’en servent toujours dans les cérémonies pudiques. » Ce parasol a donné naissance au dais, sous lequel on plaçait les princes. Voy. Dais. - ^
PARAPHERNAUX. — Les biens para phernaux étaient ceux que la femme , en se mariant, se réservait pour en disposer à sa volonté et indépendamment de son mari. — La coutume de Normandie (art. 195) attachait un sens particulier au mot paraphernaux . Elle entendait par ce mot une espèce de préciput légal qui était déféré à la femme, lorsqu’elle avait renoncé à la succession de son mari , sans avoir la précaution de stipuler, par son contrat de mariage, une reprise de sa chambre meublée, de ses habits, du linge à son usage, de ses bagues et joyaux ou d'une certaine somme d’argent , à son choix. Ce préciput légal consistait en linge, lit, robes et autres meubles à usage de la personne, qu’on appelait improprement biens paraphernaux.
PARATONNERRE. — Barre de fer terminée par une pointe de platine qu’on place sur le sommet des édilices pour les garantir de la foudre. Un cordon, composé de lils de fer ou de laiton, tressés, et enduit de vernis gras, conduit la foudre, lorsqu’elle frappe la tige métallique, jusque dans un puits ou du moins dans un souterrain constamment humide. Le paratonnerre fut inventé par B. Franklin, en 1757, et on caractérisa heureusement le rôle politique et scientifique de Franklin par ce vers latin :
* Eripuit cœlo fulmen, sceptrumque tvrannis. » Ravit la foudre nu ciel, et le sceptre aux tyrans.
L’usage du paratonnerre s’introduisit bientôt en France, et. dès 1782, les principaux monuments de Paris en étaient armés.
PARAVENT. — Ce meuble, composé d un châssis mobile, recouvert d’étoffe ou de papier, nous est venu de la Chine, si 1 on en cruit ces vers de Lemierre :
Le mobile rempart qu’inventa le Chinois,
Près de nous pour abri déployé sous nos toits, Interdisant au froid l’accès de nos .asiles.
En écarte des vents les atteintes subtiles.
donnait primitivement ce nom a de vastes enceintes où l'on enfermait les animaux destinés aux plaisirs dos rois et des grands. Philippe Auguste entoura de murs le bois de Vincennes, en 1183, et y fit enfermer un grand nom-, bre de daims, de cerfs e' de chevreuils.