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PERRUQUIERS. — Les perruquiers formaient une corporation dont l'importance s’explique facilement d’après les usages rappelés dans l’article précédent. Vers la fin du xvmc siècle, leurs charges se payaient à Lyon jusqu’à dix mille francs, et à Paris trois mille neuf cents livres. Leur nombre était de neuf cent soixantedouze dans cette dernière ville. Us avaient saint Louis pour patron. Les bassins qui leur servaient d'enseignes devaient être blancs pour les distinguer de ceux des chirurgiens-barbiers qui étaient jaunes.
«Vous avez en France, disait un jour Franklin , un excellent moyen de faire la guerre sans qu’il vous en coûte rien.
Vous n’avez qu’à ne point vous friser et à vous passer de poudre tant qu’elle durera. Vos perruquiers formeront une armée; l’argent qu’ils vous coûtent suffira pour leur solde, et vous les nourrirez avec le blé que vous perdez à vous poudrer. »
PERSES. — Toiles peintes qui furent primitivement tirées de l’Inde. Comme on les apportait en passant par la Perse, on leur donna le nom de perses ou personnes m Ces toiles étaient très-recherchées au xvme siècle. A cette époque, « une belle perse l’emportait sur une étoffe de soie. » ( Dict. de Trévoux . ) J’emprunte ces détails à une noie de M. de La Villegilie, éditeur du Journal de Barbier (t. Il , p. ‘271). Il parle des perses à l’occasion d’un passage oii Barbier dit que Mme de Mailly, maîtresse de Louis XV, pria l’ambassadeur de France en Russie de faire l’emplette pour elle d’une fourrure et de deux })erses .
PERSIENNES. — Châssis qui servent à garantir une chambre du soleil. Le nom de ces châssis vient de ce qu’on les a tirés primitivement de la Perse.
PE U SON AT. — On appelait personat ou jtersonnat un bénéfice des églises cathédrales ou collégiales qui donnait au titulaire la préséance sur les autres chanoines.
PERSONNE CIVILE. — Expression qui désigne un établissement public qui a papacité d’acquérir, d’aliéner, de transiger, de plaider, etc.
PERTUISANE. - Espèce de hallebarde.
Voy. Armes, fig. V, p. 42.
PESTE. — 11 n’est pas de mon sujet d’énumérer les nombreuses ])estes qui ont désolé la France depuis les temps les pins anciens jusqu’au xvni® siècle inclusivement. Une des plus terribles fut la peste noire, qui , en 1 348, vint fondre sur la France, après avoir désolé l’Asie, la
Grèce et l’Italie. Elle enleva bien la tierce partie du monde , dit Froissart. La dernière peste qui ait sévi en France a été la peste de Marseille , en 1720. On se croyait délivré de ces terribles épidémies, lorsque le choléra est venu décimer la France et l’Europe en 1832 et iS49. La peste était s' commune, au moyen âge, lorsqu’il n’y avait ni propreté ni salubrité dans les villes, qu’une corporation spéciale, celle des marqueurs , était chargée de marquer d’un signe particulier les maisons pestiférées. On condamnait à l’isolement ces maisons et ceux qui les occupaient et on les laissait succomber au fléau. l)u reste, les précautions sanitaires adoptées en cas de peste prouvent que les médecins ignoraient entièrement les précautions à prendre. A l’époque de la peste de Marseille, on alluma de grands feux dans les rues et sur les places publiques sous prétexte de purifier Pair. D’autres avaient recours aux violons et aux tambours pour bannir la tristesse et la mélancolie. Parmi les institutions destinées à prévenir l’invasion de la peste , il faut placer les lazarets, qui remontent en France à la fin du xvie siècle. Voy. Lazaret.
PETITE OIE. — Cette expression désignait, au xvne siècle, les rubans, plumes, nœud de l’épée, garniture des bas , des souliers, etc. On se rappelle le passage de Molière (Précieuses ridicules, scène x)où Mascarille dit aux Précieuses : « Que vous semble de ma petite oie ? La trouvez-vous congruente à Ebahit? »
PETITS-MAITRES. — On désigna sous ce nom une cabale qui s’était formée pendant la Fronde, vers 1650, et à la tête de laquelle était le prince de Condé. Au nombre des petits-maitres étaient Boutteville, célèbre plus tard sous le nom de maréchal de Luxembourg, La Moussaye, le duc de Nemours, Gaspard de Coligny, le duc de Chàlillon , etc. Comme ces jeunes gens affectaient beaucoup de fatuité et d’insolence, on désigna dans la suite , sous le nom de petits maîtres , tous les jeunes gens qui se faisaient remarquer par leur vanité et leurs prétentions. On appelle petites- maitresses les femmes qui ont les mêmes défauts.
PETITS PÈRES. — Augustins déchaussés. Ils avaient à Paris une église, fondée par Louis XIII en i629, et rebâtie en 1740. Elle subsiste encore sous le nom de Notre-Dame des Victoires.
PÉTRI N AL. — Espèce d’arme à feu qu* Lenait le milieu entre l’arquebuse et le pistolet. On l’appelait pétrinal ou j)Oitri nal , parce qu’on l’appuyait sur la poitrine