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priaient toujours dans leurs voyages (Sainte-Palaye, v° Pierres).

PIERRES PRÉCIEUSES. — Il est question à toutes les époques de notre histoire de 'pierres précieuses servant de parure aux femmes. Eustaehe des Champs parle , dans ses poésies , d'annelets et autres joyaux en rubis , saphirs, topazes, émeraudes, perles, que les femmes suspendaient à leur poitrine ou portaient en forme de couronne sur leur tète.

Une partie de la science des alchimistes consistait à fabriquer de fausses pierreries. Au xvie siècle, et par suite des progrès du luxe, les pierres précieuses devinrent plus communes : « Les perles et pierreries , dit Brantôme (Capitaines étrangers ), sont si communes que les moindres femmes de nos cours et de nos villes s’en ressentent et s'en parent mieux que ne faisaient, U y a cent ans, nos princesses et nos grandes dames, et tels marchands y a-t-il en Espagne qui ont plus de belles pierreries et perles que ne valaient du temps passé les bagues de la couronne. » Jusqu'au règne de Louis XIH, les pierres précieuses consistaient surtout en perles et en pierres de couleur. Mais, à partir du xvu° siècle, les diamants ou pierres brillantes commencèrent à être préférées à toutes les autres pierres précieuses de TEurope.

PIERRIER. — Pièce d’artillerie qui tirait son nom de ce qu'on y mettait, au lieu de boulets de fer, de grosses pierres arrondies. On s'en servait encore à la lin du xve siècle , et Guichardin , dans son Histoire des guerres d’Italie , parLe de gros canons de fer que l’on appelait pierriers . Le nom en est resté à certains petits canons dont ou se sert principalement sur les navires.

PIETISTES. — Secte protestante qui s’est propagée dans une partie de la France. Spener, pasteur à Francfort, a été le fondateur de la secte des pietistes. 11 établit, vers 1760, un collège de piété dans sa maison, et y admit toute espèce de personnes, hommes et femmes. De ce collège de piété ( collegium pietatis ), est venu le nom de pietistes donné à. cette secie.

PIGEONNIER. — Le droit de pigeonnier ou de colombier était un droit féodal qui ne fut supprimé qu’en n$9. Voy. Féodalité, p. 407.

PIGEONS. — L'usage d'employer les pigeons pour transmettre des nouvelles remonte à une époque fort ancienne. Il en est question dans les poèmes du moyen

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âge, et principalement dans les chants de Bertrand de Boni (Sainte-Palaye, v° Pigeons ). De Thou ( livre LV, LIX et LXII ) parle aussi de cet usage.

PIGNON. — Mur terminé en pointe qui soutenait le faîtage des maisons, et qu’aux xv<- et XVIe siècles , on ornait avec soin. Quelquefois le pignon était crénelé. On considérait les ornements du pignon co ni me un signe de la richesse du proprietaire. Avoir pignon sur rue est devenu une expression proverbiale.

PILE. — Les anciennes monnaies royales représentaient d’un côté une croix , et de l'autre des piliers; do là, les mots de croix et pile employés pour désigner les deux côtes des monnaies, à une époque où ces signes avaient disparu depuis longtemps. °

PILORI. — Poteau ou pilier où l'on attachait ordinairement les criminels en signe d'infamie. Les seigneurs hauts justiciers faisaient placer leurs armes audessus du pilier de leur justice, et au milieu étaient les chaînes et carcans qui servaient à attacher les criminels. Ordinairement le pilori était placé dans un lieu fréquente , d'où le patient pût être vu de la multitude. Ainsi, à Paris, le p*lori étaitétabli aux halles. C'était une tour octogone, avec un rez-de-chaussée et un seul étage au-dessus. Au milieu de la tour était une roue ou cercle de fer, percé de trous, où l'on faisait passer la tête et les bras des banqueroutiers frauduleux, des concussionnaires et autres criminels. O n les y exposait par trois jours de marché consécutifs, deux heures chaque jour, et de demi-heure en demi-heure, on leur faisait faire le tour du pilori , où Us étaient vus en face et exposés aux insultes de la populace. De là vient l'expression tourner au pilori que l'on trouve dans les chroniques et mémoires de l'histoire de France. A peu de distance du pilori , il y avait une croix de pierre fort haute, au pied de laquelle les cessionnaires devaient venir déclarer qu'ils faisaient cession de leurs biens, et recevoir un bonnet vert de la main du bourreau.

J. es seigneurs , qui n'avaient que la basse et moyenne justice, n’avaient pas ordinairement droit de pilori . Cependant, dans quelques lieux, le droit de moyenne justice autorisait à avoir un pilori.

PIMENT. — Le piment était une des épices les plus estimées au moyen âge.

Les anciens pouillés (voy. ce mot) de la cathédrale de Paris prouvent qu’aux xiu» et xivc siècles, les prieurs du doyenné de Château fort étaient tenus de fournir, le

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jour de l’Assomption , chacun à leur tour, du piment aux chanoines. On en mêlait au vin, et on désignait cette boisson aromatisée sous le nom de piment . On en donnait quelquefois aux moines. Cependant un concile, tenu en 817. ne leur permit cette boisson qu’aux jours de grandes solennités. Les deux sortes de piments les plus usités était le clairet et l’hippocras. Voy., pour les détails. Le Grand d'Aussy, Histoire de la vie privée des Français.

PIONNIER. — Soldat employé aux travaux militaires. Dans l’infanterie des légions provinciales, organisée par François Ier, il y avait, outre les quarante-deux mille légionnaires, huit mille pionniers. Depuis 1818, on a donné le nom de pionniers aux soldats employés dans les compagnies de discipline de deuxième classe.

PIQUE, PïQUIER. — La pique a été en usage dans les armées françaises, depuis Louis XI jusqu’à Louis XIV. On donnait le nom de piquiers aux soldats qui en étaient armés. Le Journal de Dangeau prouve qu’on se servait encore de piques en 1692; on y lit à la date du 1 4 octobre : « Le roi donne des piques aux douze nouveaux régiments qu'il a faits. » A la même époque, l’esponton ou demi-pique était encore le signe distinctif des chefs de corps. « Le roi, dit Dangeau, à la date du 4 février 1692, alla faire recevoir M. de Roufïlers colonel des gardes ; il lui mit le hausse-col, et puis lui mit l’esponton à la main. >• Les piques dont se servaient les fantassins avaient plus de trois mètres de longueur. On renonça entièrement à cette arme à l’époque où les baïonnettes à douille furent adoptées dans l’infanterie française, c’est-à- dire vers 1703. On forgea de nouveau des piques à l’époque de la révolution pour armer tous les citoyens.

PIQUET.^ — Jeu de cartes dont on fait remonter l'invention à l’époque de Charles Vil (voy. Jeux, p. 6 1 8). — En i676,on représenta sur le théâtre de l’hôtel Guénégaud une pièce de Thomas Corneille , intitulée le Triomphe des Dames , pièce qui n’a point été imprimée, et dont le ballet du jeu de piquet était un des intermèdes. On y vit paraître d’abord les quatre valets avec leurs hallebardes pour faire faire p'ace ; les rois arrivèrent ensuite donnant la main aux dames. Les i ois , les dames et les valets , après avoir formé par leurs danses des tierces et des quatorzes , se rangèrent tous les noirs d’un côté et les rouges de l’autre, et enfin se mêlèrent dans une danse où les couleurs se confondirent.

PIRATERIE, PIRATES. — La piraterie ou brigandage exercé à main armée sur les mers a été, de tout temps, prohibée par les lois des nations modernes. La peine de mort était portée contre les pirates , et même une ordonnance de l’amirauté , rendue en 1584 , les condamnait à périr sur la roue. Toutefois pendant longtemps , la police des mers fut presque nulle; la paix entre les États n’était point, pour leurs sujets mutuels, une garantie de navigation sûre. A mesure <1 ue l’Europe se civilisa et que le droit des gens fut mieux reconnu, la piraterie en fut bannie et se réfugia sur les côtes d’Afrique. Les pirates d’Alger et des autres ports barbaresques infestèrent longtemps la Méditerranée. Louis XIV les contraignit de rendre une partie de leurs captifs par le bombardement d’Alger en 1683. Enfin, la conquête de l’Algérie par les Français, en 1830, a détruit ces repaires de pirates.

PfSTOLE. — Monnaie d’or d’Espagne, qui avait cours en France. Une déclaration du 20 mars i652 fixa à dix livres la valeur de la pistoie. Dans la suite, les pistoles ne furent plus qu’une monnaie de compte de la valeur de dix livres.

PISTOLET. — Arme à feu courte et légère que l’on tire d’une seule main et à bras tendu. Il y a diverses opinions sur l’origine du nom de pistolet . Les uns prétendent qu’il vient de la ressemblance du pistolet avec une arme inventée à Pistoie, ville de Toscane , en i 5 1 5 . Henri Estienne en parle dans la préface de son Traité de la conformité du langage françois avec le grec : « A Pistoie, petite ville qui est à une bonne journée de Florence, se souloient faire de petits poignards, lesquels estant par nouveauté apportez en France, furent appelez du nom du lieu, premièrement pistoyers, depuis p isioliers, et enfin pistolets. Quelque temps après, étant venue l’invention des petites arquebuses, on leur transporta le nom de ces petits poignards. » D’autres écrivains font dériver le mot pistolet d’un capitaine de Sedan, nommé Sébastien Pistolet, qui en aurait été l’inventeur.

Quoi qu’il en soit de ces diverses opinions, on trouve des pistoliers ou soldats armés de pistolets établis en France, dès 1 547. On appela aussi pistoliers et diables empistolés les reîtres ou cavaliers allemands qui se servirent des pistolets avant les Français. Un édit dô Henri 11 , en i559? prohiba le port d’armes à feu et spécialement des pistolets ; mais cette défense fut impuissante , et les auteurs de cette époque nous repré-

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