‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 131 sur 224 · G POE · texte numérisé non relu

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malheur à l’homme qui est au pouvoir de ses ennemis ; chêne placé au milieu des bois qui couvrent le promontoire d'où tu vois les flots de la Saverne lutter contre la mer, malheur à celui qui voit ce qui n’est pas la mort; chêne qui as vécu au sein des orages et des tempêtes, au milieu du tumulte de la guerre et des ravages de la mort ; malheur à l’homme qui n’est pas assez vieux pour mourir, » Le sentiment de tristesse qui respire dans cette pièce , contraste avec le ion général de la poésie lyrique du midi, vif, brillant et tout à fait etranger à la mélancolie du nord.

Cours d’amour. — Parmi les institutions qui encouragèrent le développement de la poésie à l’epoque des croisades, il ne faut pas oublier les cours d'amour, espèces d’académies où le bel esprit était loué et souvent couronné par les dames. Beatrix de Provence distribuait elle-même des prix à ceux qui excellaient dans la poésie et composait des vers en leur honneur (Sainte-Palaye, v° Poésie ). Les Jeux sous l’ormel avaient aussi pour but d’encourager la poésie , de même que les puys institués en l’honneur de la Vierge dans quelques provinces.

Décadence de la poésie épique et lyrique au moyen âge. — Le xmc siècle marque à la fois le point le plus élevé et le commencement de la décadence au moyen âge.

Avec le génie chevaleresque décline la poésie, qui en était l’expression. Les troubadours ont encore, au xm« siècle, un dernier moment d’éclat. La guerre des Albigeois allume leur indignation; de poétiques invectives poursuivent la cour de Home.

Pierre Cardinal et l’auteur anonyme de la chron irue provençale ( 1209- 1219) vengent leur patrie, que les Français du nord livraient à de si cruelles dévastations.

Sordello de Mantoue trouve des accents énergiques pour stigmatiser une époque qu’il ne comprend plus, et oh tout lui paraît décadence, vice, lâcheté. La conquête de la Provence par Charles d’Anjou ranime encore la verve des troubadours.

Mais c’est la dernière lueur d’un l'eu qui s'éteint; vainement on cherche à lui donner une nouvelle activité par l’institution ries mainteneurs de la gaie science et des jeux floraux de Toulouse. Il ne reste, de la poésie provençale, qu’une institution académique; la langue du midi tombe à l’état de patois. Elle cède à l’ascendant de la langue du nord, qui marche à la conquête de la France. L’unité de langue commence avec l’unité de gouvernement.

La France septentrionale subit un changement analogue. Au xnc siècle , elle avait une littérature épique. Ses trouvères s’efforçaient avec plus de zèle que

de succès de redire les exploits d’Arthur, de Charlemagne , des Amadis, dea Normands, d’Alexandre transformé en chevalier du moyen âge. Vers la fin du xnie siècle, l’enthousiasme chevaleresque s’éteint; l’ardeur des croisades s’épuise; les légistes succèdent aux barons et aux prélats , l’inspiration religieuse et féodale fait place à l’âge de la loi. La littérature est l’ expression fidèle de cette révolution. Sous Philippe-Auguste, on trouve un dernier écho de la poésie chevaleresque; Helinand chante Alexandre et place la reine de France au milieu des Grecs et des Perses. C’est le dernier de nos poètes cycliques.

Poésie allégorique . — Thibaut de Champagne, Guillaume de Lorris, les poètes du règne de saint Louis ont un tout autre caractère. Le premier est lyrique . Il chante l’amour; il demande un regard de merci à la dame de ses pensées. Le doux printemps , l’influence de la nature s'unissent à l’amour pour l’inspirer. Quant aux anciens poètes cycliques, il les dédaigne comme ayant travesti l’histoire. Guillaume de Lorris est surtout un conteur agréable, qui déguise sous l’allégorie la stérilité de sa pensée. Il commence le prolixe Roman de la Rose , et met en scène Bel-AccueiL Faux üangier et tous les personnages allégoriques de cet Art d’aimer . On lui pardonne la lenteur de l’action en faveur de quelques détails gracieux, de la peinture de V Amour , de 1 y Oisiveté ^ du Temps .

11 a encore une certaine délicatesse chevaleresque, mais déjà l’ironie perce; l’arnour idéal s’évanouit; le rêve du moyen âge, le culte de la femme, fait place à une triste et prosaïque réalité.

Quelques conteurs spirituels, comme Henri d’Andelv, l’auteur à’Aucassin et de Nicolette , produisent des fabliaux , modèles de gracieuse naïveté. C’est là une littérature- qui ne manquera jamais à la France. La puissance et les ruses de l’amour seront un sujet inépuisable de contes ingénieux.

Poésie satirique. — Mais si l’on cherche le caractère d’une époque, il faut laisser oette poésie légère et s’adresser aux hommes qui peignent leur temps. L'époque de Philippe le Bel a ses poètes, Jean Clopinel, Guillaume Guiart, Guiot de Provins, ou plutôt Hugues de Bercy, les auteurs du Roman du Renard. Le premier, né en J280, écrivait à l’époquede l’emprisonnement de Boni face VIII et du supplice des templiers; il prend pour cadre le roman inachevé de la Rose, et dans un poème de près de trente mille vers , poème dont Panalyse est impossible, il entasse satires sur satires,

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satires du clergé, des nobles, des rois, des riches , des magistrats. Tout ce que le moyen âge avait aimé et vénéré , clergé, noblesse, chevalerie, amour, il prend à tâche de le flétrir. Triste poëme ou l’esprit ne peut sauver du dégoût des doctrines! La royauté même n’échappe pas à ses coups. La force, voilà, selon Jean Glopinel, son origine et son droit.

Guillaume Guiart n’est qu’un prolixe versificateur. Cependant, sa chronique rimée, qui embrasse tous les règnes, de Philippe-Auguste à Philippe le Bel, ne manque pas de traits satiriques contre les poeies cycliques, contre les merveilles ries anciens preux et ces coups d’épée qui fendaient un chevalier de part en part.

La bible Guiot qui déchire tomes les classes, depuis le clergé jusqu’aux avocats ; le Roman du Renard , apothéose de la ruse opposée à la force qu’exaltait le système féodal, tout cela peint une époque de critique prosaïque et do mordante satire : le moyen âge se venge du joug féodal et sacerdotal. L’esprit français est bien plus à l’aise dans cette poésie légère et railleuse que dans le récit des traditions héroïques.

Caractère de la poésie aux xive et xve siècles. — Pendant cette période, la poésie prit une nouvelle forme; la langue d’oil s’épura et eut une poésie légère et gracieuse, en même temps que les myslèves, soties et moralités obtenaient un grand succès (voy. Théâtre). La poésie lyrique eut alors deux écoles, l'une féodale. et l’autre populaire : la première, représentée par Froissart , Charles d’Orléans, Martial d’Auvergne, Alain Chartier; la seconde, par Olivier Basselin et Villon, pour me borner aux noms les plus illustres. On imagina à cette époque de nouvelles formes de poésie, parmi lesquelles les plus remarquables sont le chant royal , la ballade et le rondeau.

Chant royal . — Le chant royal fut inventé au xive siècle et a été en usage jusqu’au xvie. Il devait traiter quelque sujet élevé emprunté à la fable ou à l’histoire, être adressé à quelque grand personnage et se terminer par l’explication de la moralité. Le chant royal se composait de cinq strophes, dont chacune avait onze vers qui se terminaient par les mêmes rimes ; à la fin , se trouvait un envoi de cinq ou sept vers qui reproduisaient les rimes des strophes. Les vers étaient primitivement de dix syllabes; on leur substitua dans la suite les vers alexandrins. On avait multiplié les difficultés de détail oui donnaient plus de prix au chant royal . IL devait surtout avoir un ton de grandeur et de majesté.

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Ballade. — « Quant â la ballade , dit Pasquier ( Recherches , livre VH), c’était un chant royal au petit pied, auquel toutes les règles de l'autre s’observaient et en la suite continuelle de la rime et en la clôture du vers et à l’envoi ; mais ils ne passaient pas trois ou quatre dizains ou hui tains, et encore en vers de sept, huit ou dix syllabes à la discrétion du fatiste (poète), et en tel argument qu’il voulait choisir. » On cite parmi les ballades les plus célèbres celle de Charles d’Orléans , oh se retrouvent les allégories mises à la mode par le Roman de la Rose. Dangier est un des personnages principaux de ce poëme :

Rafraîchissez le cliA.tel do mon cœur D'aucuns vivres de joyeuse plaisance ;

Car faux Dangier, avecque son alliance L’a assiégé en la tour de Douleur.

Si ne voulez le siège sans longueur Tantôt lever ou rompre par puissance.

Rafraîchissez le ch&tel de mon cœur D’aucuns vivres de joyeuse plaisance.

Ne souffrez pas que Dangier soit seigneur.

En conquêtant sous son obéissance Ce que tenez en votre gouvernance ;

Avancez vous et gardez votre honneur.

Rafraîchissez le chastel de mon cœur.

Prenez tôt ce baiser, mon cœur,

Q ue ma maîtresse vous présente,

La belle, bonne, jeune et gente ,

Par sa très-grant gr&ce et douceur.

Bon guet ferai, sur mon honneur,

Afin que Dangier rien n'en sente.

Prenez tôt ce baiser, mon cœur.

Que ma maîtresse vous présente.

Dangier, toute nuit en labeur,

A fait guet, or gît en sa tente.

Accomplissez brief votre entente ,

Tandis qu’il dort ,* c'est le meilleur.

Prenez tôt ce baiser, mon cœur.

Fuyez le trait de doux regard .

Cœur qui ne savez vous défendre ;

Vu qu’etes désarmé et tendre ,

Nul ne vous doit tenir couard.

Vous serez pris ou tôt ou tard ,

L’amour le veut bien entreprendre,

Fuyez le trait de doux regard ,

Cœur qui ne vous savez défendre

Retirez-vous sons l’étendard De Noncbaloir sans plus attendre ,

Si Plaisance vous laissiez rendre ,

Vous êtes mort. Dieu vous en gard ;

Fuyez le trait de doulx regard.

Comment se peut un povre cœur défendre , Quand deux beaux yeux le viennent assaillir . Le cœur est seul, désarmé, nu et tendre,

Et les yeux sont bien armés de plaisir.

Rondeau . — Le rondeau comprend treize vers, qui roulent sur deux rimes seulement, dont la première est employée huit fois et l’autre cinq, dans l’ordre suivant : le premier vers, les deuxième, cinquième, sixième, septième, neuvième, dixième et treizième riment ensemble, et

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sont masculins ou féminins , comme on veut; les cinq autres riment pareillement entre eux, et la rime y est d’espèce différente de celle des autres. On distribue ces rimes dans deux stances de cinq vers, séparées par un tercet, et Ton ajoute au bout du tercet et de la dernière stance un refrain pris des dernières paroles du rondeau. Ce genre de poésie tirait son nom de ce qu’il semblait se reprendre et retourner sur lui -même. Le rondeau suivant, composé par Voiture, explique les règles de ce genre de poésie et peut servir de modèle :

Ma foi, c’est fait de moi ; car Isabeau M’n conjuré de lui faire un rondeau Cela me met en une peine exti ôme *,

Quoi, treize vers, huit en eau^ cinq en ente .

Je lui ferais aussitôt un bateau.

En voilà cinq pourtant en un monceau Formons-en huit en invoquant Urodeau Et puis mettons, par quelque stratagème Ma foi . c'est fait.

Si je pouvais encor de mon cerveau Tirer cinq vers , l’ouvrage serait beau Mais cependant me voilà dans l'onzième Et si je crois que je fais le douzième En voilà treize ajustés au niveau Ma foi , c’est fait.

Ce genre de poésie était né en France et se distinguait par la naïveté, comme Ta dit Boileau .

Le rondeau, né Gaulois , a la naïveté

L’école de poètes , qui a brillé aux xive et x\e siècles, se distinguait surtout par l’élégance et la grâce ; elle a eu son expression la plus parfaite dans Clément Marot, dont Boileau lui-mème a vanté V élégant badinage.

Poésie française du xvie siècle à nos jours . — Au xvie siècle, l’imitation de la littérature italienne et surtout de l’antiquité donna un nouveau caractère à la poésie française. On emprunta le sonnet % à l’Italie. L’épopée, la poésie dramatique et lyrique s’efforcèrent de lutter avec les modèles de l'antiquité grecque et latine. Il y eut dans cet effort plus de zèle que de goût , comme l’attestent les poésies de .loacbim Pubellay, de Dubartas, de Ronsard et de toute l’école, appelée pléiade , du nom (le ses sept poêles principaux.

Elle défigura la langue française par les emprunts maladroits qu’elle lit aux littératures anciennes. Cependant la poésie gagna en noblesse et en harmonie au milieu de ces tentatives le plus souvent malheureuses; ou commença à cultiver la poésie épique et dramatique. Jodelle , Garnier, Hardy frayèrent la route aux p êtes qui devaient porter si hautlagloirc de la scène française.

Le xviie siècle s’ouvrit par les sévères

réformes de Malherbe qui délivra notre langue du fatras de mots grecs et latins dont on l’avait embarrassée, traça les véritables règles de la poésie française et laissa des modèles du genre lyrique La poésie dramatique atteignit avec le Cid (1636) une hauteur qu’elle n’a plus dépassée ; le Menteur ( 1642) donna le premier modèle de la bonne comédie. On réussit moins dans la poésie épique, et les efforts tentés par Chapelain et par plusieurs de ses contemporains n’ont servi qu’à attester leur ardeur impuissante. Les encouragements donnés par la royauté, qui , depuis un temps immémorial, n’avait cessé de protéger les lettres, devinrent plus intelligents. Molière, La Fontaine, Racine, Boileau, marquent dans la poésie française une époque réellement classique, où la comédie, la fable, la tragédie , la poésie didactique furent fécondes en chefs-d’œuvre. Elle sut réunir le goût et l’éclat , la sobriété et la fécondité , la richesse d’invention et la perfection du style

Le xvine siècle fut certainement inférieur en génie poétique au siècle précédent. Malgré la beaute de quelques tragédies de Voltaire, ce poète ne peut soutenir la comparaison avec Corneille et Racine, encore moins avec Molière. 11 n’excelle que dans la poésie légère et philosophique. Depuis cette époque jusqu’à nos jours , ce qui frappe surtout dans la poésie française, c’est un réveil éclatant du génie lyrique et l’intelligence des littératures du Nord que l’on avait trop dédaignées. Les œuvres poétiques de l’Angleterre d’abord et ensuite de l'Allemagne ont été commentées et traduites , et on a poussé jusqu’à l’idolâtrie l’imitation de ces littératures étrangères. Du reste , le fait n'e-t pas nouveau : à toutes les époques, la France s’est inspirée des chefs-d’œuvre des littératures voisines; elle les a quelquefois admirées à l’excès ; mais elle n'a pas tardé à se les approprier et à les accommoder à son génie. Ainsi, auxvi® siècle , elle a imité l’Italie; au xvue, l’Espagne qu’elle a bientôt surpassée; au xvme, l’Angleterre , et enfin de nos jours l’Allemagne. Je ne puis qu’indiquer ici les questions nombreuses et intéressantes qui devraient être traitées à l’occasion de la poésie française. On pourra consulter, 1° pour la poésie française au moyen âge, Y Histoire de la France commencée par les Bénédictins et continuée par l’institut; I-XXU vol. in-4°, Paris, 1733- 1852. L 'Histoire littéraire de la France , par M. J. J. Ampère, 3 vol. in-8. Raynouard. Choix de poésies originales des troubadours , 6 vol. in-8, Paris, 1816-

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1821. Faut icl , Histoire de la littérature provençale , 3 vol. in-8. Villemain, Histoire de la littérature française au moyen dc/e , 2 vol. De La Kue. Histoire des trouvères normands , 3 vol. L’histoire delà poésie française depuis le xvi® siècle a été traitée dans un grand nombre d’ouvrages; nous nous "bornerons à citer V Histoire de la poeste française au seizième siècle, par Sainte- lîeuve ; l 'Histoire de la littérature française, par D. Nisard ; V Histoire de la littérature française ail xviii" siècle , par Villemain et Y Histoire de la littérature française de M. Demogeot, dans la collection de y Histoire universelle.

POÉSIES POPULA1UES. - Indépendamment de la poésie savante, travaillée dans le cabinet, il existe une poésie, fruit spontané de l’imaginaiion nationale, et qui peint les idées et les mœurs du peuple.

A ce titre les poésies populaires appellent vivement l'attention. .Montaigne en a parlé un des premiers dans le passage suivant de ses Essais ( livre I, cliap. liv) : « La poésie poptilaire et purement naturelle a des naïvetés et grâces, par où elle se compare à la principale beauté de la poésie parlai te selon l’art, comme il se voit es villanelles de Gascogne et aux chansons qu’on nous rapporte des nations qui n’ont connoissance d’aucune science ni mesme d’escripture.» Un des plus anciens chants populaires de la France est un chant basque , où il s’agit probablement de 1 armee de Charlemagne vaincue à Roncevaux par les populations gasconnes Voici quelques fragments de ce chant :

Un cri s’est élevé au milieu des montagnes dos Escualdunacs.

l’OE

osa

Ils viennent , ils viennent

Combien sont-ils ? Enfant, compte-Ies bien.

Un, deux, trois, quaire, cinq, six, sept, huit, neuf, dix. onze .

Douze . treize, quatorze, quinze, seize, dix-seDt, dix-huit, dix-neuf, vingt,

Vingt et des milliers encore,

Un perdrait son temps à les compter^ Unissons nos bras nerveux, déracinons les rochers , Lançons-les du haut des montagnes J usques sur leurs têtes ;

Ecrasons-les , tuons-les.

Le sang jaillit, les chairs palpitent.

Oh ! combien d'os broyés l quelle mer de sang î

Us fuient, ils fuient.

Combien sont-ils ? Enfant, compte-les bien.-^ Vingt , dix-neuf, dix-huit, dix-sept, seize, quinze quatorze, treize, douze, onze,

Dix, neuf . huit , sept , six , cinq , quatre , trois deux , un ,

IJn 1 11 n’y a même plus un.

r‘’écMra,*ée,sS, aÎ8'US viendr°a‘ ces chair.

Et tous ces os blanchiront durant l’éternité

T.es chants populaires peuvent se di viser en plusieurs catégories, il y a d’abord les chants religieux et légendaires qui se rapportent souvent à la Viertre et aux saints. La plupart sont consacrés à celebrer la miséricorde de la sainte Vieree eUa puissance qu’elle exerce sur Dieu meme. On peut citer comme exemple une

dùction" Peri°°Urdine ’ dü,lt voici la tra-

Une Ame est morte cette nuit ;

Elle est morte sans confession ,

Personne ne va la voir,

Excepté la sainte Vierge.

Le démon est tout à l’entour.

— Tenez, tenez, mon fils Jésus,

Accordez-moi le pardon de cctto pauvre Ame 7“ Comment voulez-vous que je lui pardonne ? Jamais elle no m’a demandé nardon.

— - Mais si bien à moi, mon fils Jésus ,

Elle m'a bien demandé pardon.

— Eh bien I ma mère , vous le voulez Dans le moment même je lui pardonne.

Quelques-unes de ces chansons rappellent des traditions druidiques ou relti- ques , d'autres font allusion à des événeit monts historiques. Les personnages les - PÏUS illustres de l'histoire de France y son t quelquefois singulièrement travestis Qui ne connaît les chansons du roi Dagobert, de La Palisse, de Biron , etc ?

Quelquefois il s'y mêle un sentiment profondément patriotique, par exemple dans une chanson que Fon répète, dit-on à Saint-Valéry en Gaux, sur la cô e de’la Seine-Inférieure, et qui raconte le désespoir de la fi le d'un roi de Fiance condamne© à épouser un prince anglais.

Quelques critiques considèrent cette chanson comme ap «cryphe. Je dois en prévenir le lecteur:

Le roi a une fille à marier A un Anglais la veut donner.

Elle ne veut mais :

— a Jamais mari n’épouserai , s'il n’est Français. »

La belle ne voulant céder,

Sa sœur s’en vint la conjurer :

— oc Acceptez, ma sœur, acceptez cetfe fois.

C'est pour paix à France donner avec l’Anglois. »

Et quand ce vint pour s'embarquer Les yeux on lui voulut bander :

— « Eh, ôte-toi, retire-toi ! franc traître Angloii, Car je veux voir jusqu’à la fin le sol françois. »

Et quand ce vint pour arriver Le cliâtel étoit pavoisé :

« Eh, ôte-toi, retire-toi. franc traître Anglois ;

Ce n’est pas là le drapeau blanc du roi françoia. i

Et quand ce vint pour le souper,

Pas ne voulut boire ou manger :

• • « Eloigne-toi, rotire-toi, franc traître An&lois5 Ce n’est pas là le pain, le vin du roi françois. «

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