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POMPES A INCENDIE, POMPIERS

Voy. Incendies, p. 577.

P-NEUF. Chanson populaire qui tirait son nom de ce qu’au xvne siècle les chansonniers qui les répétaient s'établissaient ordinairement sur le Pont-Neuf.

PONT ENA GE. — Droit perçu pour la réparation des ponts. Louis XI ordonna, le 2i juin 1476 , que le pontenage perçu à Avignon serait consacré à l’entretien du pont de cette ville ( Ord . XVIII , 197).

PONTIFES. — Voy. Evêques.

PONTIFES ( Frères ). — Association formée en Italie, au xiie siècle, pour la construction et l’entretien des ponts. Les frères pontifes ne tardèrent pas à s’établir en France. Cette association forma, au xine siècle, un ordre qui avait son cheflieu dans le diocèse de Lucques, à V Hôpital de Saint-Jacques du Haut-Pas , d’où l'ordre a été quelquefois appelé ordre de Saint-Jacques du Haut Pas. La première commanderie des frères pontifes s'établit à Paris, vers 1286 , dans l'emplacement qu’occupent maintenant l’église de Saint- .Jacques du Haut-Pas et l'établissement des Sourds-Muets. Dès le xive siècle, les frères pontifes avaient cessé de travailler à la construction des ponts; ils se bornaient à loger et soigner les pèlerins. Leur ordre fut supprimé par Pie II , en 1459.

PONTONNIERS. — Soldats que l'on emploie à l'équipage et à la construction des ponts. Les compagnies spéciales de pontonniers ne datent que de 1795. U existe aujourd’hui un régiment de pontonniers , dont la majeure partie tient garnison à Strasbourg. Il fait partie de l'artillerie et porte le n° 6 dans la nouvelle organisation de ce corps.

PONTONS. — Bateaux en cuivre que l’on transporte à la suite des armées, et dont on se sert pour jeter des ponts sur les rivières. O11 couvre les pontons de planches et de madriers, et on les amarre les uns conire les autres: on construit ainsi en très-peu de temps des ponts assez solides pour que l’artillei ie puisse les traverser. — On a encore donné le nom de pontons à des vaisseaux désarmés, sur lesquels les Anglais retinrent

les prisonniers français pendant les guerres de la révolution et de l’empire.

PONTS. — La construction et l'entretien des ponts étaient, sous l’administralion romaine, des travaux dont la direction était réservée à l’autorité centrale. Les Romains imprimèrent à ces constructions le caractère de grandeur et de solidité qu’ils donnaient à tous leurs travaux ; on en voit encore des vestiges à Vaison, à Saint- Chamas , à Saintes et à Sommiôres. L’aqueduc, que l’on appelle improprement le pont du Gard, est resté célèbre entre tous les monuments que la Gaule doit à l’empire romain. Après l’invasion des barbares, ce furent généralement les possesseurs de bénéfices (voy.

ce mot) qui furent chargés de la construction et de l’entretien des ponts . On les leur imposa comme une des charges inhérentes aux domaines qu'ils avaient obtenus. Dans la suite, Charlemagne s’efforça de rétablir dans toute sa vigueur l’autorité impériale, et, on voit par un passage du moine de Saint- Gall, qu’il ne négligea pas les ponts et chaussées. « C’était, dit le chroniqueur, une coutume à cette époque, que , toutes les fois que les ordres de l’empereur enjoignaient d'exécuter quelques travaux , comme des ponts , des navires, des chaussées , etc., les comtes fissent exécuter les travaux de moindre importance par leurs vicaires (qu’on appela dans la suite vicomtes ou viguiers). Quant aux travaux plus considérables et aux nouvelles constructions , aucun duc ni comte , aucun évêque ni abbé ne pouvait s’cn dispenser. Témoin le pont de Mayence. »

Mais, après la dissolution de l’empire carlovingien , l’entretien des ponts fut confié aux seigneurs féodaux , qui en firent souvent un moyen de défense. On plaçait quelquefois en tête et au milieu des ponts des fortiticaiions , comme on le voit dans le spécimen ci-joint.

Le pont du Saint-Esprit, sur le Rhône, remonte au xm« siècle. On voit, à Avignon , les restes du pont construit, en 1177 , par Saint* Benezel; une des piles de ce pont était surmontée d’une chapelle. Le défaut de la plupart des ponts de cette époque consiste surtout en ce que les arches sont très-étroiies , ce qui est un obstacle pour la navigation. Les fondations des piles des arches manquent aussi quelquefois de la solidité necessaire.

Dès que la royauté eut repris la direction suprême au xu\c siècle , elle s’occupa de cette partie importante de l'administration. Dans l’ordonnance du 22 juil-

let 1315, appelée charte aux Normands , 011 trouve quelques dispositions pour la réparation des ponts en Normandie ( Ordonnances des rois de France , ï , p. 587, art. 12 et 13) : « En quelque lieu que nos gens ou leurs députés aient levé des deniers pour la construction , réparation ou l'entretien des ponts , nous voulons que l’argent levé à cet effet y soit consacré et qu’il en soit tait compte loyal. S’il en reste quelque chose ou que d’autres deniers soient perçus pour cet objet, ils devront être consacrés au même usage. » (Art. 13) : « Aucun de nos sujets ne sera tenu dorénavant, en aucune manière de contribuer à la construction , réparation ou entretien des ponts que nous devons construire ou réparer à nos dépens. » Cependant , comme l’entretien de la plupart des ponts restait à la charge des seigneurs, cette partie de l’administration était très-négligée. Les États généraux de 1484 s’en plaignirent, « En ce royaume , disaient leurs cahiers de doléances, il y a plusieurs ponts , passages et chaussées, pour rentreténement desquels se cueillent et sont payés cou-

tumes, acquits, travers et péages; et néanmoins cesdits ponts et chaussées sont en ruines. »

Il faut arriver au xvme siècle pour trouver une administration spéciale chargée des ponts et chaussées. En 1760, le soin de ce service lut contié à un intendant et à un ingénieur, Trudaine et Perronet , sous la direction du contrôleur général. Us firent établir, en 1767, l’école des ponts et chaussées. En 1790, cette

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