POR
perdre icelles armes ( Nouveau coutumier général , t. Il, p. 112, col. 1 ). Plusieurs ordonnances des rois de France prohibèrent le port d'armes au xivc siècle et principalement en i3u, 1312, 1319, J 355 ( Recueil des Ordonnances , t. I p. 493, 504 , 695, et t. III, p. 681 ). Le grand nombre de prohibitions que l’on trouve dans les edits de cette époque attestent qu'elles étaient peu respectées. François Ier interdit, en 1546 , le port d'armes aux gentilshommes eux-mêmes, à moins qu'ils n'eussent obtenu une autorisation spéciale du roi. A l'époque des troubles religieux où les querelles étaient si fréquentes et si dangereuses, la prohibition du port d'armes devint encore plus sevère. Les marchands arm-riers de Paris furent obligés en 1561, de déclarer chaque semaine à l’hôtel de ville le nombre d'armes que contenaient leurs magasins et celles qu'ils avaient vendues. Plusieurs ordonnances de Louis XIII interdirent le port d'armes aux laquais et valets des nobles , sous peine du fouet; leurs maîtres étaient responsables des désordres qu ils commettaient. A mesure que le calme s'établit en France, \eport d’armes lut de plus en plus sévèrement interdit; on le considéra comme un cas royal, dont les juges royaux pouvaient seuls connaître. Les lois modernes ont maintenu 1 interdiction du port d’armes . Une loi pS août 1789 déclarait que le port
d armes ne pouvait être toléré pour les gens sans aveu. D’autres lois des 2-3 juin 1790 et des 3-1 4 septembre 1791 défendirent le port d'armes dans les églises, les foires, les marchés et autres lieux de rassemblements.
la porte pour voir s’il est disposé à venir s exprime ainsi : Elevatoque puer vélo ostii. D’après certaines coutumes, on en- !^Vai/Jes Portes des débiteurs insolvables (Coutumier général, 1. 1, p. 778).
PORTE-CHAPES. — Nom donné aux cuisinier s- traiteurs dans les statuts de 1599. Ils y sont appelés maitres-queuxcuisiniers et porte-chapes. Ce dernier
Ienaln de-,c^ que p°ur porter les mets en ville , ils les couvraient, comme ils le font encore aujourd’hui, d’uu chapiteau de 1er -blanc quY
chape.
nommaient
PORTE - COFFRE. - Officier de la grande chancellerie de France, dont la îonction consistait à aller chaque semaine
prendre les ordres du chancelier ou du garde des sceaux pour savoir quel jour il lui plairait de donner le sceau II devait ensuite avertir le grand audiencier le contrôleur général, les secrétaires ’ du roi et les officiers nécessaires au sceau (voy. Chancellerie). Le porte-coffre était charge de préparer, dans la salle, la table sur laquelle le chancelier scellait et le coffre où l'on mettait les lettres après qu’elles avaient été scellées Voy. Miraulmont. Traité de la chancellerie .
PORTE -CORNETTE. — Officier de la maison du roi , qui portait la cornette blanche ou drapeau royal. Sous Louis XIV, les fonctions de porte - cornette furent réunies à celles d’écuyer tranchant. Voy. Daniel , De La milice française .
PORTE - ENSEIGNE ou ENSEIGNE. — VOy. HIÉRARCHIE MILITAIRE.
PORTAGE. — - Droit que prélevait celui qui était chargé pour un seigneur de la perception des redevances féodales Le portage était ordinairement du huitième ; il était principalement en usage dans le Lyonnais. — On appelait aussi portage (portagium) le droit que l'on payait aux portes des villes pour l'entrée des marchandises.
PORTAIL. — Voy. Église, § il, p. 335.
PORTATIF (Évêque). — On donnait le nom d1 évoque portatif *, soit à un évêque m partibus , soit à celui qui servait de eus iodi-nos , c'est-à-dire qui administrait nn bénéfice dont un autre touchait les revenus (Dictionnaire de Trévoux ).
PORTE -- Au vi° siècle, les portes étaient fermées par un voile ou tapisserie que l’on relevait; Grégoire de Tours (livre II, chap. xxiii), parlant d'un esclave qui attend son maître et lève le voile do
PORTE-MANTEAU. — Il y avait douze officiers porte-manteau attachés au roi.
Leurs fonctions consistaient à garderie chapeau, les gants , la canne et l’épée du roi et à les lui présenter lorsqu'il les demandait. Un de ces officiers suivait toujours le roi à la chasse avec un porte* manteau garni de linge, tel que chemises, mouchoirs, etc. Le dauphin avait aussi son porte-manteau .
PORTE-MASSE. — Il y avait encore , à la tin du xvnc siècle, des porte-masse attachés à la personne des rois. On lit, dans le Journal de Dangeau, à la date du 1er novembre 1684 : « Mousset, portemasse du roi , a eu une abbaye. »
PORTES ET FENÊTRES. — D’après la loi du 4 frimaire an vu (art. 4), la contribution est établie sur les portes et fenêtres donnant sur les rues, cours et jardins des bâtiments et usines, dans tout le territoire des communes. L'impôt des
portes et fenêtres fait encore partie aujourd'hui des contributions directes.
PORTION CONGRUE.— Pension que les seigneurs qui percevaient les grosses dîmes d'une paroisse étaient obligés de payer aux curés. Le minimum de la portion congrue était de trois cents livres au xviie siècle, et de cinq cents au xvuie. Rebufïe a composé un Traité de la portion congrue.
POSSÉDÉ, POSSESSION. — On appelle possession l'état d'une personne que l'on croit au pouv »r du démon. Il est souvent question de possessions et de possédés dans l'histoire de France. Parmi les plus célèbres possessions, on cite celle des religieuses de Loudun, qui donna lieu à un procès criminel dont Urbain Grandier fut victime ( 1635). De Thou (livre CXXXll) parie de plusieurs possessions , et , entre autres, de celle d'Adrienne du Fresne, en 1604. U rappelle que le père Coton , confesseur du roi Henri IV, voulait lui adresser des questions sur les langues , Tin vocation des saints, le purgatoire, etc.; mais que plusieurs personnes condamnèrent de pareilles questions, comme des pratiques criminelles.
POSSESSOIRE ( Action ). — V action possessoire est celle qu'exercent les possesseurs d'un immeuble ou d'un droit réel, à l'effet d'être maintenus ou rétablis dans leur possession en cas de trouble.
POSTE (Petite). — On appelait. petite poste celle qu'l transportait les paq'uets et les lettres dans les divers quartiers d'une même ville. La petite poste lut établie à Paris en 1653. Louis XIV venait de rentrer dans Paris longtemps agité par les troubles de la Fronde ; il y avait un redoublement d’activité dans les relations sociales, et ce fut pour le seconder que fut établie la petite poste. Loret nous apprend cette circonstance dans sa Gazette ou muse historique. On mit, dit-il,
Des boîtes nombreuses et drues Aux petites et grandes rues ,
Où par soi-mêmo ou ses laquais ,
On pourra porter des paquets ,
Et dedans a toute heure mettre Avis, billet, missive ou lettre,
Que des gens commis pour cela Iront chercher et prendre là,
Pour, d’une diligence habile ,
Los porter par toute la ville
POSTES. — Les postes , dit un écrivain du xvi° siècle (de La Loupe, De V origine des dignités et magistrats de France , Paris, 1573), tirent leur nom de ce que des chevaux sont placés en certains lieux {in certis locis POSITI suntequi) Les
postes , dont on trouve l'usage établi à une époque fort ancienne dans l'Orient (Hérodote, livre VIII, chap. xcviii), furent aussi organisées dans l'empire romain et, par conséquent, dans la Gaule.
Elles y subsistèrent même après la ruine de l’empire romain , comme le prouve un passage de Grégoire de Tours, qui dit (livre IX) que Childebert II, voulant faire périr Rauching, donna des ordres et envoya des affidés munis de lettres et autorisés à se servir des chevaux publics pour mettre la main sur tout ce qui lui appartenait. Mais bientôt les postes furent abandonnées comme les voies romaines, on prétend, mais sans preuves certaines, qu'elles furent réorganisées par Charlemagne. Le rétablissement des postes ne date d'une manière positive que du règne de Louis XI.
Poste aux chevaux établie par Louis XI en 1464. — Une ordonnance de Louis XI en date du 19 juin 1464 organisa le service des postes. Ce roi établit sur tous les grands chemins du royaume, de quatro lieues en quatre lieues , des dépôts de chevaux de légère taille, pourvus de harnais et propres à fournir les courses nécessaires. Les personnes préposées à ce service et chargées de ces dépôts étaient désignées sous le nom de Maîtres tenant les chevaux courants pour le service du roi. Ils étaient placés sous les ordres d'un conseiller grand maître des coureurs de France. Il leur était prescrit de conduire en personne sans aucun délai, s'ils en recevaient l'ordre , les courriers et autres personnes envoyées par le roi , munies de passeports, et attache du grand maître des coureurs de France . Les postes, telles que les avait organisées Louis XI , étaient réservées exclusivement au service public. Il en était encore ainsi au xvie siècle. On voit par de Tliou (livre XXVI) qu’il fut réglé sous le règne de Charles IX que le grand maître des postes porterait les paquets ou dépêches aux quatre secrétaires d'Ètat, qui les remettraient à la reine mère sans les ouvrir.
Cependant, dès cette époque , les chevaux des postes royales servaient aux particuliers, comme on le voit par plusieurs passages des écrivains du xvie siècle.
Brantôme surtout, dans ses Capitaines étrangers , donne des détails sur Brusquet, qui, par ses bouffonneries, obtint la charge de maître des postes de Paris. « Il n'y avait pour lors point de coches, de voitures ni chevaux de relais, comme il y en a pourle jourd'hui. Aussi, pour un coup, je lui ai compté cent chevaux de poste . et ce d'ordinaire ; ce qui était la cause qu’en titre et qualités il s'intitulait cape-