‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 138 sur 224 · POT · texte numérisé non relu

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taine de cent chevau-légers. Je vous assure qu’ils étaient bien légers en toutes laçons, tant de la graisse dont ils n’étaient guère chargés que de la légèreté à bien courir, auxquels chevaux et postillons il imposait très-plaisamment les noms des bénéfices, offices, dignités, charges et états que l’on court ordinairement en toute diligence par les postes. Je vous laisse à penser le gain qu’il pouvait faire de sa poste, n’y ayant point alors de coches, comme j’ai dit, à Paris, et prenant pour chaque cheval vingt sous si l’homme était français , et vingt-cinq s'il était espagnol ou autre étranger. » On voit encore dans Brantôme que c?était l’usage des postillons de sonner de leur huchet ou cor, lorsqu’ils arrivaient aux postes pour faire acoustrer les chevaux.

Poste aux lettres. — Les particuliers se servaient alors pour le transport de leurs e«ets des messageries établies par l’Université (voy. Messageries). Ce fut seulement pendant la minorité de Louis XIII que l’on permit aux courriers du roi de se charger des lettres des particuliers.

M. dAlméras, qui était à cette époque contrôleur général des postes, organisa un service de courriers qui partaient à des heures déterminées et transportaient les lettres dans toutes les parties de la France moyennant une certaine rétribution. En 1627, les prix furent fixés par ordonnance au lieu d’être laissés, comme auparavant, à l’arbitraire des directeurs des postes. Dès lors , les postes royales firent aux messageries de l’Université une concurrence que celle-ci ne pouvait pas soutenir. Les messageries de l’Université turent réunies au domaine royal , en 1672, cest-à-dire supprimées, à condition que le fermier des postes payerait une indemnité aux anciens messagers. A cette époque les postes furent , comme toutes les branches d’administration , soumises à une organisation plus régulière. Louvois, qui en était surintendant, publia, en 1673, un tarif qui régla la taxe deslettres d’après les distances parcourues. En même temps, les charges de courriers et maîtres des postes, qui avaient été érigées en titres a office et étaient devenues héréditaires, turent supprimées ; la nomination directe appartint au surintendant. Après la mort de Louvois, un édit du mois de janvier 1692, déclara qu’à l’avenir ces nominations seraient faites par le roi.

Les postes furent tantôt affermées, tantôt mtses en régie et administrées pour le compte de l’Etat. Peu de temps avant la Révolution, en 1788, les postes et messageries étaient devenues pour l’État une branche de revenu importante .-elles pro-

duisaient environ douze millions par an, La Révolution supprima le monopole de l Etat en matière de messageries, mais elle le maintint pour la poste aux lettres. La loi du 27 août 1790 imposa aux agents des postes le serment de garder et observer fidèlement la foi due au secret des lettres. Ce service public, rattaché au ministère des finances, est administré par un directeur général et par une nombreuse hiérarchie de fonctionnaires.

L’organisation de la poste aux chevaux avait ele maintenue et perfectionnée par les lois de la Révolution et de l’Empire; elle servait à la fois pour le transport des dépêches par les malles-postes et pour les particuliers qui voulaient vovager en poste (loi du 24 juillet 1793) ; maïs depuis quelques années l’établissement des chemins de fer a désorganisé cette institution.

POSTULANTS. — On donnait ce nom aux avocats et procureurs qui plaidaient devant les justices inférieures.

POT POURRI. — Mets emprunté à 1 Espagne et composé de bœuf, de veau , de mouton, de lard et de légumes. Le pot pourri était très-estimé au xvie siècle. On lit dans les contes d'Eutrapel (cliap. xxii): «Du temps du grand roi François, on mettait encore en beaucoup de lieux le pot sur la table, sur laquelle il y avait seulement un grand plat garni de bœuf, mouton, veau et lard, et la grand’ brassée d’herbes cuites composées ensemble, dont se faisait un brouet, vrai restaurant et élixir de vie, dont est venu le proverbe la soupe du grand pot , et des friands le pot pourri . En cette mélange de vivres ainsi arrangée, chacun prenait comme bon lui semblait et selon son appétit ; tout y courait à la bonne foi. » Voy. Soupe.

POTAGIERS, POTAGERS. — Officiers de la maison du roi chargés du sel et de tout ce qui était nécessaire pour les potages.

POTE (homme de) ou de POOTE. — Voy. Hommes et Sekfs.

POTENCE. — Gibet où Fon suspendait les malfaiteurs. Voy. Supplices.

POTIERS DE TERRE, POTIERS D’É- TAIN. — Les potiers de terre et potiers d'étain ont leurs statuts dans le Livre des métiers d’Étienne Boileau. La corporation des potiers de terre fut réunie en 17 7G à celles des faïenciers et des vitriers. Du reste, les statuts de ces corporations ne contiennent que les prescriptions ordinaires sur les conditions d’apprentissage, la nécessité de vendre aux halles et la surveillance des gardes du métier.

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POUDl\E. — L'usage de la poudre pour la toilette des Sommes et des femmes a été très -.commun au xvin® siècle. Voici ce qu’en dit l’auteur d’une notice insérée dans le Recueil des meilleures dissertations sur l’histoire de France , par M. Leber : « L’Etoile est le premier de nos écrivains qui fasse mention de la poudre. Il rapporte, dans son Journal de Henri fV? qu'en 1593 on vit, dans Paris, des religieuses se promener- frisées et poudrées . Mais il faut arrivera l’époque des perruques (voy. ce mot), pour trouver l’usage de la poudre fréquent. Les perruques à cheveux blancs étaient recherchées et rares : la poudre blanche vint au secours des perruquiers. Les jeunes £ens, les acteurs, les petits-maîtres furent les premiers à l’adopter; mais elle n’était pas alors d’un usage obligé. Tel qu’on avait vu la veille la tète blanche, paraissait le lendemain la tête noire. Mademoiselle de Montpensier remarque, dans ses mémoires , que le prince de Coudé s’étant présenté un jour chez le roi sans poudre , les daines en furent choquées, et regardèrent cette négligence comme une sorte de mépris pour les beaux usages. Les grancies perruques poudrées étaient fort incommodes. Un avocat poudré répandait autour de lui , en déclamant, des flots de poudre. Les ecclésiastiques ayantadopié la poudre , les casuistes leur en firent de sévères reproches. Les statuts synodaux la prohibèrent ; mais il n’est pas de souverain plus absolu que la mode. On garda la poudre, jnalgré les statuts.

POUDRE A CANON. — L’invention de la poudre à canon est une de celles qui ont donné lieu à un grand nombre de controverses On l’a attribuée tantôt au moine anglais Roger Bacon, tantôt à l’Allemand Schwartz , tantôt aux Arabes.

L’opinion la plus vraisemblable est celle qui attribue l’invention de la poudre à canon aux Chinois, et l’importation aux Arabes. Il paraît que , dès la première moitié du xinc siècle, Gengis-Klian avait dans son armée des ingénieurs chinois qui connaissaient la poudre et s’en servaient pour faire sauter les fortifications des villes qui auraient pu arrêter îe chef tartare. Ce qui est certain, c’est qu’au commencement du xiv® siècle ( 1323) les Arabes se servirent de la poudre à canon au siège de Beza. L’historien de la Domination des Arabes en Espagne , Conde, dit que l’on employa contre cette ville des machines et engins qui lançaient des globes de feu avec de grands tonnerres . En Italie, l’usage de la poudre à canon date au-

thentiquement de 1326. M. Lifcri, dans son Histoire des sciences mathématiques en^Italiey a cité un acte de la république de Florence 1 1 février t| , par lequel on accorde aux prieurs, au gonfalonier, et aux douze bons hommes la faculté de nommer deux officiers chargés de faire faire des boulets de fer et des canons de métal pour la défense des châteaux et des villages appartenant à la république de Florence.

En France, l’usage de la poudre à canton n’a été fréquent qu'à partir de 1338. M. Lacabane, dans sa dissertation sur Y Introduction de la poudre à canon en France , cite un acte tiré de la bibliothèque nationale , oü il est reconnu que le garde du clos des galées ou arsenal de Rouen a livré un pot de fer , des garrots à feu , et du salpêtre et soufre pour faire de la poudre. Le pot de fer désigne, d’après M Lacabane, un de ces mortiers du xive siècle, qu’on appela plus tard bomïiardcs , et qui servaient à lancer des pierres, des traits enflammés et de grandes flèches , appelés carreaux ou garrots , auxquelles on attachait des pelotes incendiaires. On trouvera dans la dissertation de M. Lacabane des preuves de l’emploi de la poudre à canoii dans divers sièges qui eurent lieu sous le règne de Philippe de Valois. Les Grandes chroniques de Saint-Denis et surtout l’histoire de Jean Villani mentionnent positivement l’emploi du canon à la bataille de Grécy ( 1346).

Quant aux conséquences de cette in*vention , elles furent immenses et chan* gèrent complètement la tactique militaire. On ne vit plus de ces combats corps à corps qui signalent les batailles du moyen âge, et qui donnaient un si grand avaniage aux seigneurs féodaux couverts de leurs armures de fer. I/art du général profilant des accidents de terrain, disposant habilement ses troupes, eut beaucoup plus d’influence que la force corporelle. La guerre devint une science qui, depuis le xvie siècle jusqu’à nos jours, n’a cessé de faire des progrès. Il en fut de même des fortifications; au lieu de ces hautes murailles derrière lesquelles s’ abritaient les guerriers du moyen âge, on construisit des remparts moins élevés et assez épais pour résister au canon. Voy. Fortifications.

FOUILLÉ. — Le pouillê d’une église ou d’un diocèse était un livre qui contenait le tableau de tous les bénéfices qui en dépendaient. On y ajoutait quelquefois le revenu et même la population de chaque paroisse; ce qui donne un véritable inté-

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rêt historique à quelques pouilles du moyen âge. Le mot pouillé paraît venir du Jatin piiletum ou poleticum , usités dès le ixe siècle, pour polypticum. Voy. POLYPTIQUE.

POULAINE ( Souliers à la). — Souliers dont P extrémité se terminait en pointe et recevait souvent des formes bizarres. Il en est dqjà question au xi»> siècle; mais les jjoulaines fuient surtout en usage aux xive et xv« siècles; les élégants tie cette époque affectaient de porter des poulaines dont l'extrémité était très-allongée et se rattachait au genou par une chaînette d'or ou d'argent. Le nom de poulaines fut donné à ces chaussures, parce que l'extrémité ressemblait à un bec de poule.

D'autres prétendent que les mots Poulaine et Pologne étaient synonymes au moyen âge, et que les souliers à la poulaine étaient des souliers à la polonaise .

POURPOINT. — On appelait pourpoint un vêtement des hommes qui couvrait la partie supérieure du corps , depuis le cou jusqu’à la ceinture. Au xvic siècle , les pourpoints étaient tailladés, élégants de forme et riches d’étoffes.

POURPOINTIERS. — Corporation qui fabriquait les pourpoints. Elle reçut ses statuts du prévôt de Paris en 1323. Les pourpointters pouvaient avoir à leur service un pelletier, parce qu'on garnissait les pourpoints de fourrures.

POURPRIS. — Expression de droit coutumier pour désigner l'enclos et les environs d’un domaine seigneurial.

POURSUIVANTS D’ARMES. — Aspirants à l'office de héraut d'armes. Ils ne pouvaient y parvenir qu’après sept années d'apprentissage. Leurs cottes d’armes différaient de celles des hérauts.

POURVOIR1E ( Droit de ). — Droit qu’avaient les officiers de la maison du roi de prendre tous les objets à leur convenance, chevaux, voiture, meubles, etc., lorsqu’ils les déclaraient nécessaires au service du roi. On l'appelait aussi droit de prise. C'était une conséquence du droit de gîte ( voy. ce mot 1, qui remontait jusqu’à l’empire romain. Le droit de pourvoirie donna souvent Heu à de graves abus , et les états de 1356 en demandèrent la suppression. Ces abus continuèrent cependant d’exister ; le nom seul changea. On les retrouve à peu près au x v n î ® siècle, sous le nom de réquisitions . Quand la reine Marie Leczinska vint à Paris, « on lit marcher les paysans pour réparer les chemins par oîi la reine de-

vait passer.... On commanda des chevaux de dix lieues à la ronde pour tirer les bagages. On les payait mal, et on ne les nou rrissait pas du tout. Quand les chevaux commandés n’arrivaient pas, on faisait doubler la traite aux chevaux du pays dont on s'était saisi.... À Sezanne, plusieurs paysans me dirent que leurs bêtes n’avaient rien mangé depuis trois jours. On en attelait dix la oii on en avait commandé quatre : jugez combien il en périt. Notre subdélégue commanda dix - neuf cents chevaux au lieu de quinze cents qu'on lui demandait. » Mémoire du marquis d'“Argenson sur les droits seigneuriaux .

PRAGMATIQUE SANCTION. — Le nom de pragmatique désignait d’une manière énérale les ordonnances des rois On applique spécialement à deux ordonnances, l’une attribuée à Saint-Louis et l'autre émanant de Charles VII, destinées à réformer le clergé Voici la traduction de la pragmatique sanction attribuée à saint Louis: « Louis par la grâce de Dieu, roi des Français : Pour assurer l'état tranquille et salutaire de l’Église de notre royaume, pour augmenter le culte divin, pour le salut des âmes des fidèles du Christ, et pour obtenir nous-mêmes la grâce et le secours du Dieu tout-puissant, à la domination et à la protection duquel notre royaume a toujours été soumis, ainsi que nous voulons ou’il le soit encore, nous statuons et ordonnons ce qui suit, par cet édit très-mûrement délibéré et qui devra valoir à perpétuité :

« 1° Que les prélats, les patrons, les collateurs ordinaires de bénéfices dans les églises de notre royaume, jouissent pleinement de leurs droits, et que la juridiction de chacun soit en entier conservée.

« 2° Que les églises cathédrales et les autres églises de notre royaume, aient de libres élections avec leurs effets dans leur entier.

*< 3° Nous voulons et ordonnons que le crime pestilentiel de la simonie, qui ébranle l'Église, soit entièrement expulsé de notre royaume. Voy. Simonie.

« 4° Nous voulons pareillement et nous ordonnons que les promotions, les collations, les provisions et les dispositions des prélaiures, des dignités et des bénéfices de quelque nature qu’ils soient , et des offices ecclésiastiques de notre royaume, se fassent selon la disposition , l'ordination, la détermination du droit commun, des conciles sacrés de l’Eglise de Dieu et des instituts antiques des saintspères.

« 5° Nous défendons qu’on ne lève en

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